Sis au cœur du golfe du Saint-Laurent, l’archipel madelinot est constitué d’une douzaine d’îlots rocheux, dont six sont reliés entre eux par des tombolas, des dunes et des ponts. La zone formée de l’archipel et des eaux et fonds marins situés dans un rayon de 100 km autour des Îles totalise une superficie de plus de 31 600 km², dont 202 km² de superficie terrestre. Un total de 13 104 habitants y vivent à l’année, ce qui signifie une densité de 64,4 habitants/km². Ce nombre augmente toutefois considérablement en période estivale avec l’arrivée des quelque 50 000 touristes qui visitent chaque année les Îles-de-la-Madeleine. Historiquement, et encore aujourd’hui, les francophones habitent les îles de Havre-Aubert, Cap-aux-Meules, Havre-aux-Maisons, Pointe-aux-Loups et Grande-Entrée, alors que les anglophones se retrouvent principalement sur la Grosse-Île et l’Île d’Entrée.

DESCRIPTION DE QUELQUES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est un milieu très particulier où les milieux terrestres, aquatiques, sociaux et écologiques, sont tous intimement liés. Les cinq principaux plans d’eau intérieurs totalisent à eux seuls plus de 122 km² de superficie sur les 202 km² de la superficie terrestre de l’archipel. Ces milieux sont reconnus pour leur productivité importante et pour la grande diversité animale et végétale qu’ils abritent. Les lagunes et leurs abords offrent des conditions idéales pour la croissance de nombreuses espèces, lesquelles font aussi l’objet de nombreuses activités récréatives telles que la pêche et la chasse sportives, l’ornithologie, la cueillette de petits fruits, etc. De plus, les habitats associés aux lagunes et baies sont très diversifiés (herbiers à zostère, milieux humides, dunes, forêts, falaises, etc.) regroupant de la sorte les principaux habitats présents le long du fleuve, de l’estuaire et du Golfe du Saint-Laurent.

Nos milieux humides, riches et diversifiés, constituent entre autres un système de filtration qui assure la qualité de la nappe phréatique. Cette dernière constitue d’ailleurs, aux Îles, l’unique source d’eau potable, étant donnée l’absence de lacs et de rivières sur notre territoire. La dune bordière, quant à elle, protège les terres intérieures contre les vents et les inondations, ce qui évite à la population du subir les désagréments de dommages importants au réseau routier et aux autres aménagements anthropiques.

Tous les écosystèmes de l’archipel sont intimement reliés entre eux et plusieurs sont sensibles aux perturbations humaines, d’où l’importance d’œuvrer en concertation afin de permettre aux usagers de poursuivre leurs activités sans nuire à l’environnement.

Nous présentons ci-dessous brièvement quelques-uns des dossiers principaux que nous menons, de pair avec usagers et intervenants, et qui sont en lien avec des enjeux jugés prioritaires par la population des Îles.

Pour des descriptions détaillées des connaissances actuelles sur le milieu, et plus spécifiquement sur les plans d’eau intérieurs, veuillez consulter nos rapports liés aux projets réalisés depuis 1999 (voir Publications et Réalisations).

 

• Accès aux plans d’eau intérieurs (baies, lagunes et bassins)

Depuis les années 50, les plans d’eau intérieurs et les milieux environnants ont subi de profondes modifications dans leur dynamique, du fait que les activités anthropiques se sont multipliées dans les plans d’eau intérieurs et dans les milieux adjacents, créant parfois des impacts importants. L’aquaculture et la cueillette artisanale de mollusques, mais aussi la cueillette de petits fruits sauvages (canneberges, bleuets, fraises, etc.), la navigation de plaisance et autres activités nautiques, la pêche, la circulation motorisée, la chasse à la sauvagine et l’ornithologie sont toutes des activités pratiquées dans ou aux abords des plans d’eau, sans omettre la construction d’infrastructures routières et portuaires. Progressivement, et en l’absence de toute planification, les divers groupes d’utilisateurs ont créé leurs propres passages pour se rendre au bord de l’eau, sans toujours être au courant des impacts potentiellement néfastes pour certains milieux et pour les autres groupes d’usagers. À certains endroits, il est possible de dénombrer jusqu’à une dizaine d’accès sur une distance d’à peine un kilomètre. C’est ainsi que le Comité ZIP a entamé en 2001 des efforts pour répertorier, caractériser et rationaliser les accès aux plans d’eau intérieurs, le tout en étroite collaboration avec des comités de bénévoles représentatifs des groupes d’usagers, afin d’inciter la population et les visiteurs à employer certains accès aménagés à cette fin, dans le but d’en délaisser d’autres qui ont été jugés plus dommageables pour l’environnement.

• Localisation, caractérisation et mise en valeur des milieux humides du territoire

En 2005, les efforts ont débuté pour localiser et caractériser les divers types de milieux humides de l’archipel (marais, étangs, tourbières, prés humides). Ces efforts proviennent à la fois d’un souci de valorisation des services écologiques que nous fournissent ces milieux et de préoccupations liées à une gestion domestique parfois non-adéquate des eaux usées, ce qui représente une menace pour ces milieux. En 2008, le projet a continué, ce qui a permis de bonifier la cartographie existante et d’instaurer un système de classification, lequel a été approuvé par le Ministère de Développement durable de l’Environnement et des Parcs et représente désormais un outil standardisé avec lequel les divers intervenants concernés du milieu peuvent évaluer les milieux humides qui n’ont pas encore été visités.

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• Inventaires, sensibilisation et efforts de régénération des mollusques

Le Comité ZIP siège en tant qu’observateur sur les comités de travail de Pêches et Océans Canada en ce qui concerne les espèces halieutiques, dont la mactre et les huîtres. De plus, en collaboration avec la Fondation Québec Labrador et Pêches et Océans Canada, un inventaire et une campagne de sensibilisation ont été conduits auprès de cueilleurs de la mactre de l’Atlantique dans la lagune de Grande-Entrée. Des outils de sensibilisation au sujet de la taille minimale acceptée pour les myes (coques) et les mactres (palourdes) sous forme de magnétiques, signets de livres et de capsules radiophoniques ont également été crées par le passé et, en collaboration étroite avec le comité de gestion intégrée du bassin aux Huîtres et avec Pêches et Océans Canada, des efforts de réensemencement d’huîtres dans le bassin se poursuivent à ce jour depuis 2007.

• Nettoyages

Autant la gestion tripartite des déchets par la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine (éléments jetables, éléments recyclables ou réutilisables, éléments compostables) représente un exemple inspirant et avant-gardiste pour l’ensemble de la province (seule Sainte-Hyacinthe emploie le même procédé), autant les vieilles habitudes persistent parmi une partie de la population des Îles pour ce qui est de laisser échapper des déchets divers par la fenêtre de la voiture ou d’aller porter des déchets à des endroits non-appropriés tels qu’en bas de falaises, en milieu forestier ou dans des milieux humides. Ainsi, le Comité ZIP des Îles, à l’instar d’autres organismes du milieu tels qu’Attention FragÎles, poursuit ses efforts de sensibilisation et de ralliement autour d’activités organisées pour ramasser ces déchets divers. Une très bonne nouvelle est que des citoyens nous contactent maintenant régulièrement pour que nous les accompagnions dans leurs efforts d’organiser de telles activités dans des lieux qui leur tiennent à cœur, que ce soit sous l’eau dans une marina, dans un milieu humide adjacent à un centre équestre ou autre. Comme le dit le vieux dicton d’ici : « Et que ça continusse! »

• Gestion des eaux usées

Plus de la moitié des résidences aux Îles est raccordée à un système d’égout municipal. Quarante pour cent de l’autre moitié possède un système de traitement adéquat pour ses eaux usées. Cela laisse environ un quart des résidences des Îles avec un risque élevé de polluer l’environnement adjacent. La responsabilité de s’assurer que la gestion des eaux usées est faite adéquatement relève de l’individu. Certes, le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de Parcs détient la responsabilité des commerces (l’équivalent de six chambres et plus) et a délégué celle concernant les individus aux municipalités, mais il n’en demeure pas moins que les citoyens sont tenus de respecter les lois, y compris celle ayant trait aux eaux usées (Règlement sur l’évacuation et le traitement des usées des résidences isolées, ch. Q-2, r.8, de la loi sur la qualité de l'environnement). Au fil des ans, le Comité ZIP a procédé à un inventaire du nombre des résidences isolées non reliées à un réseau d’égout municipal, à des études au sujet des liens entre la qualité des eaux des zones coquillières et les eaux usées, ainsi que ceux entre la qualité des eaux dans les zones coquillières et la santé humaine. De plus, deux guides ont été élaborés pour sensibiliser et accompagner les citoyens et les municipalités des Îles afin de favoriser une saine gestion des eaux usées sur l’archipel.

• Érosion

Le Comité ZIP des Îles a fait partie du comité de travail avec lequel collaborait le consortium OURANOS lors de ses études et interventions aux Îles-de-la-Madeleine. Il est certain que l’érosion représente une problématique passablement sérieuse pour les résidents et les gestionnaires de l’archipel, que ce soit à cause des risques associés à la santé publique et requérant une surveillance constante des routes et des maisons situées en zones à risque élevé ou à cause d’interventions individuelles (telles que des enrochements) qui font en sorte que les effets sont souvent aggravés. Les Îles existent dans le Golfe du St-Laurent depuis fort longtemps et elles y demeureront pour longtemps encore; toutefois la question de leur protection est incontournable pour les intervenants du territoire, et la municipalité des Îles en tient compte, par exemple en restreignant les délivrances de permis de construction trop près des falaises ou des berges susceptibles d’être touchées par la problématique.

• Espèces exotiques aquatiques envahissantes

Pêches et Océans Canada et le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec sont les intervenants principaux du territoire pour ce qui est d’identifier et de limiter la propagation de ces espèces dans l’archipel. Le Comité ZIP, à titre d’organisme de concertation et de coordonnateur des cinq comités d’usagers bénévoles des plans d’eau intérieurs des Îles, participent depuis 2007 dans des projets visant à accroître les connaissances et à favoriser les plans d’interventions concrets au sujet des espèces en question.

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• Eau potable

Il est certain que l’eau potable aux Îles demeure un enjeu d’envergure du fait que sa seule source est la nappe phréatique dont on ne connaît pas l’étendue précise. Beaucoup d’efforts sont fournis, particulièrement par des entreprises touristiques ayant un achalandage important au cours de la saison estivale, pour sensibiliser leur clientèle et la population locale à l’importance de ne pas gaspiller cette ressource. On suggère entre autres de ne pas laisser couler l’eau lorsqu’on se brosse les dents ou qu’on fait la vaisselle, d’éviter d’arroser le gazon et autres activités jugées non-essentielles, ainsi que de veiller à une gestion sanitaire de toutes les eaux usées qui peuvent représenter une source de pollution pour l’eau potable.

• Harmonisation de divers champs d’intérêt

Dans le but à la fois de s’imprégner et de contribuer au développement de l’archipel dans une optique de durabilité des ressources et des attributs naturels, le Comité ZIP est impliqué dans divers dossiers tels que la conduite des véhicules tout terrain, le développement touristique et maricole, la poursuite d’activités récréatives telles que la cueillette de la pomme de pré (canneberge), la coque (mye) ou la palourde (mactre de l’Atlantique), les aires marines protégées et les zones de pêche. Pour plus de détails, voir IMPLICATIONS sous la rubrique Concertation.

   

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