Fiches techniques sur la flore

Attention FragÎles, 1993

 

 

Rédaction : Lucie d’Amours

Photos : Michel Papageorges



Liste des conférences de la consultation publique des 28 et 29 mai 1999

 1)                 Survol du Golfe et de ses Îles

2)                 L’aménagement et l‘utilisation du territoire

3)                 Le traitement des déchets aux Îles

4)                 La problématique des pêches aux Îles

5)                 L’aquaculture aux Îles

6)                 Présentation du bilan environnemental régional ZIP

7)                 L’aménagement du territoire et le récréo-tourisme

8)                 La contamination de l’eau et des sédiments des Îles-de-la-Madeleine

9)                 Les risques pour la santé humaine associés aux usages

10)             Les habitats aquatiques

11)             Les espèces menacées

12)             L’analyse de carence : un outil au service de la conservation

13)             Les ressources halieutiques

14)             La problématique de l’Éperlan arc-en-ciel aux Îles-de-la-Madeleine

 

Annexe 3 

Liste complète des énoncés proposés par les participants

dans chacun des ateliers de la consulation publique de mai 1999

Atelier 1

   
 

 

 

1-                 Restaurer les complexes dunaires-lagunaires et rouvrir les lagunes principalement celle du
            Havre-aux-Basques.

2-                 Augmenter la sensibilisation et l’éducation auprès de toute la population dont la mise en place d’un écocentre et l’aménagement des sentiers de la Pointe de l’Est.

3-                 Mettre en place un système d’application efficace des règlements en place avec le personnel
nécessaire.

4-                 Assurer une meilleure gestion des eaux usées des maisons isolées.

5-                 Réglementer et appliquer ces règlements pour tous les usages du milieu côtier.

6-                 Évaluer l’impact des méthodes de cueillette de la canneberge et en développer d’autres, tout en
délimitant des zones pour la cueillette commerciale.

7-                 Consolider les statuts et obtenir le statut de réserve de la biosphère.

8-                 Étendre les statuts de protection aux Sillons et aux petit et grand mocôques (des dunes et des 
tourbières)

9-                 Améliorer les connaissances sur les habitats et les espèces.

10-             Établir des zones d’exclusion pour les VTT et les motos marines.

11-             État de situation, restauration des habitats et restauration concernant l’anguille et l’éperlan.

12-             Garantir la qualité de la nappe phréatique.

13-             Contrôler le niveau d’eau du Barachois

14-             Régler le problème de contamination aux huiles usées au pied de la butte du Lac.

15-             Établissement de sentiers permanents de VTT en terres publiques

16-             Améliorer la surveillance à l’Île Brion.

17-             Établir des zones d’exclusion à la villégiature en milieu dunaire.

18-             Réglementer l’exploitation des ressources naturelles en terre publique.

19-             Caractériser la population et étudier la dynamique des renards.

20-             Restaurer le site du Irving Whale.

21-             Financer adéquatement les organismes qui travaillent au niveau des territoires protégés.

22-             Mettre en place un système de permis pour la coupe forestière en terre privée.

23-             Améliorer les abords du centre de compostage.

24-             Soustraire les îlots qui entourent les Îles au développement.

25-             Effectuer un contrôle plus sévère du déballastage.

26-             Assurer la pérennité des espèces indicatrices de nos habitats côtiers et aquatiques.

27-             Étude prospective pour planifier les travaux routiers en milieu fragile.

28-             Renflouer les deux gabarres.

 

Atelier 2

   

 


1-                 Gestion des eaux usées des résidences isolées.

2-                 Réouverture et revitalisation du Havre-aux-Basques.

3-                 Plan de gestion et sensibilisation aux lagunes et plans d’eau intérieurs.

4-                 Mesures de protection des dunes.

5-                 Mesures de contrôle (interdiction) de la circulation dans les dunes et aux abords des lagunes.

6-                 Sensibilisation à la défense de l’habitat madelinot.

7-                 Établir les zones les plus fragiles du littoral (faire une planification d’intervention : court, moyen et long terme).

8-                 Révision de la réglementation des carrières et sablières en fonction des particularités (dépôts de dragage) des Îles (statut particulier).

9-                 Gestion des terres publiques par le milieu (avec les moyens nécessaires).

10-             Contrôle du développement du milieu dunaire.

11-             Plan de développement de l’hébergement et de la villégiature.

12-             Créer des outils d’interprétation pour une meilleure sensibilisation (infrastructures légères à proximité des zones fragiles).

13-             Mesures de restauration des dunes.

 

Atelier 3

 

 

   
1-                 Obtenir un portrait complet de la qualité des eaux autour des Îles et assurer la mise à jour des
            données régulièrement.

2-                 Réduire à la source le rejet d’eaux usées dans la petite Baie et au Bassin pour réouverture sans
restrictions.

3-                 Reprendre le dragage d’entretien du chenal de Havre-aux-Maisons.

4-                 Ensemencements massifs de pétoncles (50 millions/an) pour revenir au niveau des stocks des années
’70.

5-                 Diminuer de 50% le rejet des eaux usées d’ici 8 ans.

6-                 Mettre en valeur les cours d’eau à potentiel de fraie pour l’éperlan en s’attardant entre autres au
problème des eaux usées, de façon à favoriser l’éperlan tout en diminuant le rejet des polluants qui
mettent en péril certaines ressources aquicoles et marines.

7-                 Étendre l’échantillonnage d’Environnement Canada à tous les sites à potentiel maricole.

8-                 Prendre les moyens pour impliquer les utilisateurs de plans d’eau (pêcheurs, aquiculteurs,
plaisanciers, etc.).

9-                 Sensibiliser les responsables à effectuer un contrôle rigoureux de réglementation sur le déballastage.

10-             Identifier les sources de pollution des eaux (ponctuelles et/ou permanentes).

11-             Prioriser la réouverture du Havre-aux-Basques pour favoriser l’aquaculture.

12-             Définir et cibler des zones propices et exclusives au développement de l’aquaculture.

13-             S’assurer que les espaces libérés par les bateaux de Madelipêche au port de Cap-aux-Meules
demeurent à la disposition des bateaux de pêche.

 

Annexe 4 

Liste des participants aux ateliers de la consultation publique

 

 
ATELIER  1
 
 

ATELIER 2

 
ATELIER  3
Noms
Organismes
Noms
Organismes
Noms
Organismes

Fanny Arseneau,                      

Jacques Aucoin

Christian Bigué

Hélène Chevrier

Gaston Chiasson

Sébastien Cyr

Lucie d’Amours

Line Déraspe

Carolle Leblanc

Jean-François Duchesne

Jean-Pierre Ducruc

Jeannot Gagnon

Michel Gilbert

Vincent Jarry

Lucien Landry

Daniel Langford

Lucie Longuépée

Jean Munro

Michel Noël

Rosaire Noël

Jacques Poirier

Michel Poirier

Pascal Poirier

Pierre Richard

François Shaffer

Robert St-Onge

Benoit Subileau

 

Damien Turbide

Raoul Vigneau

Étudiante

Municipalité de Fatima

Faune et Parcs

Attention FragÎles

Club d’ornithologie des Îles

Société de conservation

Comité ZIP- Î. M.

Attention FragÎles

Attention FragÎles

Santé publique Québec

Ministère de l’environnement

MRC des Îles

Pêches et Océans Canada

Environnement Canada

SADC

Chasse et pêches

Club vacances

Pêches et Océans – I.M.L.

Faune et Parcs

Ass. des pêcheurs et chasseurs

Municipalité de Fatima

Secrétaire de la consultation

Attention FragÎles

Étudiant

Service canadien de la faune

Club Vacances les Îles

MRC (stagiaire-gestion déchets)

Société de conservation

Ass. lagune H.-aux-Basques

Léonard Arseneault

Nelson Boisvert

Serge Bourgeois

Suzanne Bourget

Jacques Bourque

Rita Castonguay

Josée Chartrand

Robert Chiasson

Nelson Fournier

Jean-Claude Lapierre

Richard Larue

Édouard Leblanc

Olivier Lemaître

Daniel Lesauteur

Luc Longuépée

Lucie Pagé

Daniel Renaud

Claude Richard

Serge Rochon

Donald Roussy

Jean-Yves Roy

Marie-France Valcour

Berthe Vigneau

Louis Vigneau

Municipalité Étang-du-Nord

Parcs Canada

MRC des Îles

Environnement Canada

Ressources naturelles

Centre nautique l’Istorlet

Santé publique du Québec

Ass. lagune Havre-aux-Basques

Faune et Parcs

Citoyen

Santé Canada

Attention FragÎles

Société d’agriculture des Îles

Pêches et Océans Canada

Attention FragÎles

Garde Côtière

Club VTT des Îles

Association touristique régionale

Attaché politique (provincial)

Ministère environnement Québec

Co-président SLV2000

Pêches et Océans Canada

Municipalité de Havre-Aubert

Transports Québec

Richard Bailey

Mélanie Bourgeois

François Bourque

Marie Chagnon

Sony Cormier

Denis Gauvin

Michel Gilbert

Denise Hébert

Marc Hudon

Marcel Hubert

Gabrielle Landry

Suzie Leblanc

Bruno Myrand

Jacques Sénéchal

Roger Simon

Catherine Soumagnas

Raoul Vigneau

Sylvain Vigneau

 

 

 

 

Pêches et Océans Canada

Étudiante

Terramar Environnement

Santé publique

CLD

Régie rég.  santé et service sociaux

Pêches et Océans Canada

Aquarium des Îles

Stratégies Saint-Laurent

Pêcheries Hubert inc.

Féd. pêcheurs semi-hauturiers du Qc

Étudiante

MAPAQ

Environnement Canada

Pêches et Océans Canada

citoyenne

 

Ass. des pêcheurs de pétoncles I..D.L M


 

Annexe 5

 Liste des participants à la validation des fiches techniques 

Alain Arseneau, L’Istorlet

Annie Arseneau, Élevage de myes PGS Noël

Fanny Arseneau, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Gaston Arseneau, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Jean-Guy Arseneau, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Jean-Pierre Arseneau, S.A.D.C.

Joël Arseneau, Aérosport

Léonard Arseneau, CLD

Johanne Auclair, Aquarium des Îles

Benoît Boudreau, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Lucien Boudreau, Ministère des Régions

François Bourque, MAPAQ DIT

Serge Bourgeois, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine

Nadia Bourque, étudiante

Rita Castonguay, L’Istorlet

Anatole Chiasson, CSN, Comité ZIP des Îles

Gaston Chiasson, Club d’ornithologie

Nathalie Côté, CHA, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Sébastien Côté, Aérosport

Josée Cummings, étudiante

Geneviève Cyr, Gîte la Coulée Douce

Mario Déraspe, APPIM

Normand Déraspe, résidant Grande-Entrée

Réal Déraspe, résidant Grande-Entrée

Alton Dickson, A.P.P.I.M.

Marie-Ève Dumas, CFIM

Fernand Éloquin, ACPSIM

Nancy Éloquin, étudiante

Maurice Gaudet, MAPAQ

Isabelle Hubert, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Mark Joncas, Mines Seleine, Comité ZIP des Îles

Daniel Langford, chasseur

Daniel Lapierre, Télévision des Îles

Gaston Lapierre, résidant Havre-aux-Maisons

Guy Lapierre, résidant Bassin

Léopold  Lapierre, Comité de pêcheurs d’éperlan

Carole Leblanc, Attention FragÎles

Égide Leblanc, comité de la lagune de Grande-Entrée

Mireille Leblanc, bureau du député Georges Farrah

Sandra Leblanc, étudiante

Johanne Longuépée, Collège de la Gaspésie et des Îles

Luc Longuépée, résidant Bassin

Lucie Longuépée, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Éric Marchand, Aérosport

Yves Martinet, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Brigitte Michaud, ATR- Comité ZIP des Îles

Arthur Miousse, CLSC

Michel Miousse, Canneberges des Îles

Reynald Molaison, résidant Étang-du-Nord

Antoine Morissette, résidant Havre-aux-Maisons

Michel Noël, FAPAQ

Stéphane O’Carroll, ISTEMI

Merielle Ouellet, Le Radar

Selma Pereira, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Alain Poirier, Excursions de la lagune

Jacques Poirier, Club VTT des Îles-de-la-Madeleine

Pascal Poirier, Attention FragÎles

Alain Richard, Attention FragÎles

Josée Richard, F.P.S.H.Q.

Manon Richard, TFPPIM

Daniel Renaud, FQCQ

Laurent Renaud, OstrÎles inc.

Serge Rochon, bureau du député Maxime Arseneau

Claude Roy, Attention FragÎles

Roger Simon, MPO

Damien Turbide, Société de conservation des Îles

Karen Turiff, The First Informer

André Vigneau, comité Baie de Bassin

Benoît Vigneau, résidant Bassin

Chantal Vigneau, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine

Éloi Vigneau, CLSC

Louis Vigneau, MTQ

 

 

Annexe 6

conseil d’administration du Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine
  Membres actuels

            Mme Nathalie Côté                -  Secteur santé - Présidente

Mme Lucie Longuépée          -  Secteur public et parapublic - Vice-présidente

Mme Laurette Cyr      -  Secteur municipal - Trésorière

Mme Chantal Vigneau                       -  Secteur environnement - Secrétaire

M. Gaston Arseneau  -  Secteur récréo-touristique

           M. Anatole Chiasson          -  Associations ou clubs intéressés

M. Claude Cyr           -  Population

M. Michel Fournier    -  Secteur industriel (pêche et aquaculture)

M. Marcel Hubert      -  Secteur industriel (pêche et aquaculture)

M. MarK Joncas        -  Secteur industriel  (autres)

Mme Ghislaine Lebel -  Secteur agricole

Mme Brigitte Michaud           -  Secteur touristique

M. Claude Roy                       -  Secteur environnement

 

Anciens membres

           Mme Lucie d’Amours

M. Dominique Gagnon

Mme Denyse Hébert

M. Claude Richard

Mme Hélène Tardif

M. Damien Turbide

M. Sylvain Vigneau

 

 

 

 

Fiche technique 1.1.1

Identification

Thématique :         Protection et conservation des habitats / Territoires protégés
                            Protection et restauration des habitats / Restauration de sites naturels perturbés
                            Récréotourisme et mise en valeur du territoire
                            Pêche et aquaculture
                            Santé humaine
                            Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorités visées :     Plan de gestion des lagunes et plans d’eau intérieurs.
                             Prendre les moyens pour impliquer les utilisateurs de plans d’eau (pêcheurs,
                             aquaculteurs, plaisanciers, etc.).

Nom du projet

Gestion intégrée des lagunes et des plans d’eau intérieurs des Îles.

Localisation

Problématique

De façon naturelle, le paysage lagunaire, étroitement lié à celui des dunes qui le bordent, évolue 
suivant les conditions environnementales. Les goulets, par exemple, qui assurent le renouvellement 
des eaux des lagunes, se sont, ouverts, fermés ou déplacés au cours des années, et ce, sans 
interventions humaines. Cependant, depuis les années 1950, l’homme, avec la construction 
d’infrastructures routières et portuaires, a causé des changements sur la dynamique des lagunes. 
Depuis ce temps, les activités pratiquées dans, et autour des lagunes, ainsi que leurs impacts sur le 
milieu, n’ont fait que se multiplier. L’aquiculture, la navigation de plaisance, la pêche au hareng, à 
l’éperlan et à l’anguille, la circulation motorisée, la chasse à la sauvagine, la cueillette de mollusques,
l’ornithologie et les sports nautiques sont toutes des activités qui sont pratiquées dans les lagunes, 
dans des zones voisines et parfois très proches, qui ne sont pas toutes bien délimitées. Cette 
situation cause parfois des conflits d’utilisation entre les usagers qui, plus souvent qu’autrement, ne
se consultent pas.

Bon nombre de ces activités ont de plus des impacts nuisibles sur la santé des écosystèmes. Les 
berges sont de plus en plus utilisées par les véhicules motorisés puisque l’accès aux dunes est plus
restreint suite à l’adoption, par les municipalités, d’un règlement sur la circulation motorisée hors-
route en juillet 1995. La fréquentation humaine des lagunes laisse des traces permanentes néfastes 
pour la faune et la flore. Des déchets non-dégradables ont été jetés dans le milieu naturel, sur les 
rives et le fond des lagunes. La lagune de Havre-aux-Maisons contient de nombreuses cages de 
métal imposantes et des paniers de plastique. Ces déchets ont été laissés par des activités aquicoles 
sur le homard, effectuées par une compagnie locale qui a opéré de 1981 à 1986. Les aquiculteurs 
actuels frappent régulièrement ces cages et doivent condamner certaines zones pour leurs travaux. 
D’autre part, plusieurs installations majeures sont aussi localisées au pourtour des lagunes et utilisent 
parfois des méthodes et produits dommageables pour les plans d’eau qui les bordent. Par exemple,
l’aéroport, qui se trouve à proximité de la lagune de Havre-aux-Maisons, utilise des produits de 
déglaçage (urée et glycol) dont les effets sur l’environnement n’ont pas été évalués en 
profondeur - diminution de la concentration d’oxygène dissous dans l’eau. Il arrive également que
des bouleversements majeurs surviennent dans les lagunes et que les autorités en place n’interviennent 
d’aucune façon ou ne soient tout simplement pas toujours au fait de ce qui s’y passe.

Malgré une volonté générale de préserver les lagunes et les usages, il y a donc un manque de 
planification d’ensemble qui permettrait de protéger, d’aménager, de mettre en valeur et d’utiliser
judicieusement les lagunes des Îles. On note, de plus, un manque de connaissances globales des 
lagunes et de localisations des rejets de certaines activités aquicoles passées, notamment dans la 
lagune de Havre-aux-Maisons et de Grande-Entrée, ainsi qu’un manque d’analyse de l’évolution des 
lagunes et des activités anthropiques qui influencent la qualité de ces milieux.

Solutions envisagée

Vu la complexité de la problématique, il est nécessaire, avant tout, d’établir un plan d’ensemble des 
lagunes qui identifierait précisément les sources de pollution et de dégradation ainsi que les usagers 
par secteurs. Ce projet sera donc développé en deux phases.

Première phase :

Dresser un portrait global des lagunes des Îles-de-la-Madeleine, ce qui n'a encore jamais été fait 
jusqu’à maintenant. Cette vue d'ensemble aidera à mieux planifier la gestion de ces plans d'eau et 
à conserver et/ou améliorer la qualité de ces milieux exceptionnels. De plus, l'inventaire des sources 
de pollution des lagunes et l'identification des utilisateurs et de l’impact de leurs activités
sur le milieu, dirigeront, par concertation, les actions à entreprendre pour préserver ou améliorer 
(dépendant des zones) la qualité des eaux lagunaires. Pour chacun des plans d’eau, il s’agit de mettre
en place un comité de gestion intégrée regroupant les principaux gestionnaires et utilisateurs.

Deuxième phase :

Cette deuxième phase débutera par la consolidation des comités de gestion intégrée qui devront 
ensuite, pour chacun des plans d’eau intérieurs, dégager des priorités d’action et de gestion. Après
la présentation des résultats de l’étude et suite à une concertation entre les utilisateurs, les 
intervenants et la population, un plan de gestion devrait être établi afin de satisfaire les besoins de 
protection des milieux lagunaires tout en conservant les usages. Selon la nature des problèmes 
ressortis, les actions pourront être, par exemple, un nettoyage des berges et/ou des fonds, 
l’organisation d’activités de sensibilisation, la réouverture de zones coquillières fermées ou
même l’établissement d’un plan de gestion qui amenuiserait ou préviendrait d’éventuels conflits
d’utilisation ou de problèmes majeurs de contamination des eaux.

Avantages

Ce portrait des lagunes dotera la population des Îles d'un outil qui lui fera mieux connaître ses 
lagunes et leurs problématiques associées, et qui lui servira à gérer, de façon durable, ses plans 
d'eau de grande importance pour l'écologie et l'économie des Îles.

Les différents comités de gestion intégrée mis en place assureront une meilleure implication des 
gestionnaires et des utilisateurs de ces milieux, et permettront de réaliser le développement durable 
de ces plans d’eau. C’est-à-dire, ils permettront de trouver un équilibre entre la protection des 
milieux et le développement économique, dans le respect de tous.

Faisabilité

L’implication des utilisateurs, des intervenants et de la population est primordiale pour la réalisation
et la mise en œuvre d’un plan de gestion des lagunes et des plans d’eaux intérieurs des Îles-de-la-
Madeleine.

Partenaires visés

Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (mise en place et coordination des comités), le 
programme Interactions Communautaires de Saint-Laurent Vision 2000, le MPO, le MAPAQ,
la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, le Centre local de développement (CLD) des Îles, la 
Société d’Aide au Développement des Collectivités (SADC), Association des Pêcheurs, etc.

Plusieurs autres intervenants ou usagers peuvent être appelés à participer dans une ou plusieurs 
des actions à entreprendre après l’acquisition des connaissances.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (inventaire et rapport, incluant le bénévolat) 43 354.00 $

Matériel et équipement (informatique et bateau) 4 800.00 $

Autres frais (déplacement, location des salles et gestion de projet) 8 200.00 $

Total du projet 56 354.00 $

Deuxième phase :

Main d’œuvre (coordination et confection des fiches techniques, incluant le bénévolat) 
50 828.00 $

Matériel (de bureau) et équipement (informatique) 6 675.00 $

Autres frais (déplacement et gestion de projet) 6 550.00 $

Total du projet 64 053.00 $

* Le coût prévu pour la deuxième phase comprend seulement la première année mais le travail 
  de consolidation des comités de gestion peut s’avérer un travail à plus long terme.

Échéancier

Première phase : 2000 (réalisée)

Deuxième phase : début 2001 (en cours)

Indicateurs

Nombre de personnes qui participeront aux réunions.

Nombre de actions proposées dans le plan de gestion.

Nombre d’actions dont la mise en œuvre est amorcée ou complétée.

Références

LALUMIÈRE, R ET J. MORISSET. 1998. Projet - pilote (Phase II) Cadre de référence pour la gestion intégrée
de la zone côtière les escoumins – rivière Betsiamites. Pêches et Océans Canada. 37 pages + annexes.

COMMISSION EUROPÉENNE. 1999. Les enseignements du programme de démonstration de la Commission
européenne sur l’aménagement intégré des zones côtières (AIZC). Directions générales Environnement, 
sécurité nucléaire et protection civile; Pêche et Politique régionale et cohésion.
98 pages.

PISCES. 2001. A comparative review of the coast and estuary initiatives on the North West coast of England. 
Based on compilations by Kathy Kennedy and Emily Forsythe. Edited by Susannah Bleakley and Rona Arkle.
32 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.2

Identification

Thématique :         Protection et conservation des habitats
                            / Territoires protégés

Priorité visée :      Évaluer l’impact des méthodes de cueillette de la canneberge, en développer 
                           de nouvelles et délimiter des zones pour la cueillette commerciale.

Nom du projet

La cueillette des canneberges sauvages aux Îles-de-la-Madeleine

Localisation

Problématique

De tout temps, la récolte automnale des canneberges a constitué une activité traditionnelle aux
Îles-de-la-Madeleine. Anciennement, on allait ainsi « aux graines » ou « aux pommes de pré » pour
faire provision annuelle de ce petit fruit. Dans les années 1950, une première ébauche de cueillette
commerciale s’est même dessinée mais, malgré des débuts intéressants, seule la cueillette à des fins
personnelles a perduré… jusqu’à récemment. Depuis l’automne 1998, on assiste à une nouvelle 
tentative de développement du commerce, à l’heure où l’appellation « fruit sauvage » ou 
« biologique » représente un avantage compétitif non négligeable. Ce renouveau de la cueillette 
commerciale s’accompagne en outre d’une augmentation des récoltes à des fins personnelles, les 
vertus de ce petit fruit étant de plus en plus reconnues.

Or, la canneberge est associée à des milieux particulièrement fragiles. On la retrouve en effet dans
certains milieux humides, plus ou moins intimement liés au milieu dunaire : les caoudeyres (trous de
déflation), les prés humides et les tourbières. Considérées longtemps comme des terres insalubres,
 l’intérêt des milieux humides est maintenant reconnu et largement documenté. À leurs fonctions de
répartition des eaux, de protection contre l’érosion, de filtration des eaux, s’ajoute une forte 
productivité qui profite à la grande diversité d’espèces qui en usent… ainsi qu’aux nombreuses 
activités humaines qui s’y développent. De plus, ces milieux sont des habitats propices à la présence 
de plantes menacées, vulnérables ou susceptibles de l’être. On comprend donc l’importance de les
conserver, et ce d’autant plus qu’aux Îles, ils compensent l’absence de lacs et de rivières pour 
assurer le stockage et la répartition des eaux de précipitation, ainsi que leur distribution dans la 
nappe phréatique. Au schéma d’aménagement des Îles, les milieux humides ont d’ailleurs reçu 
l’affectation « conservation », preuve de leur importance aux yeux de la MRC. Les milieux dunaires, 
qui y sont associés, sont également d’une importance cruciale pour le milieu naturel comme pour les
activités humaines. Représentant presque 30 % des superficies terrestres de l’archipel, ce type de 
milieu assure notamment une protection efficace contre les vagues de tempête et les inondations 
d’eau salée qui pourraient en résulter. La gestion de la ressource canneberge est donc fortement 
liée à la conservation de ces milieux.

Précisons tout d’abord qu’à la base de cette problématique, se trouve la question de la gestion
des terres publiques. En effet, ces terres sont propriété du Ministère de Ressources Naturelles 
du Québec (MRN), qui ne dispose malheureusement d’aucun représentant, permanent ou 
temporaire, aux Îles-de-la-Madeleine. La municipalité des Îles-de-la-Madeleine ne dispose donc
que de moyens limités pour assurer une gestion efficace des terres publiques de l’archipel. Cet état
 de fait complique énormément les différentes problématiques reliées au dossier de la récolte des
canneberges et rend souvent les solutions envisagées plus difficiles à mettre en œuvre.

L’un des principaux problèmes découle directement de la circulation reliée à la cueillette. Cette 
dernière, qui se faisait à l’origine à pied, utilise aujourd’hui de plus en plus des véhicules hors route,
notamment des VTT. Cette pratique est d’autant plus dommageable que ces véhicules sont souvent
employés pour parcourir les zones de cueillettes (et non seulement pour s’en approcher), et parfois
même équipés de systèmes de récolte bricolés pour servir à la cueillette proprement dite. Or, dans 
ces milieux fragiles, les passages répétés détériorent la végétation en place, compactant le sol et en 
modifiant le drainage (ornières) ou libère le sable jusqu’alors fixé (érosion, ensablement, etc.). Si une
intense circulation piétonne peut à elle seule causer de sérieux dommages dans ces milieux, quelques
passages de véhicules motorisés sont suffisants pour donner les mêmes résultats.

Un autre grand problème concerne la méthode de récolte. En effet, devant les impératifs de rentabilité
imposés par la cueillette commerciale, les cueilleurs ont en général recours à des outils de type 
« peigne » au lieu de la traditionnelle technique « à la main ». Mais si certains peignes peuvent être à la
 fois plus efficaces et moins dommageables pour les plants de canneberge, ce n’est pas le cas de la 
majorité des outils utilisés ici : peignes à bleuets dont les dimensions ne sont pas adaptées, peigne « à
roues », râteau à feuilles, peigne géant fixé à l’avant d’un VTT ou même à l’arrière d’un tracteur, tout
est bon pour la récolte de ce qui n’est, pour beaucoup, qu’une source de revenus « à court terme »
(traduire : avant l’épuisement de la ressource). Il va sans dire que l’utilisation de tels outils est 
dommageable non seulement pour les fruits et les plants de canneberge eux-mêmes, mais aussi pour
la végétation associée et même, dans les cas les plus extrêmes, pour le sol.

Le dernier problème majeur est lié au fait que la canneberge rencontre des conditions propices à sa
croissance aux environs d’au moins quatre dépotoirs fermés, les milieux humides ayant longtemps 
servi de zones de dépôt ou d’enfouissement des déchets. Il est difficile, sans analyse poussée de
l’historique et des conditions hydrogéologiques de ces sites, d’évaluer leur degré de contamination 
et celui des milieux environnants, mais on dénote la présence, sur plusieurs lieux de cueillette proches,
d’indices visuels de contamination (flaques irisées, déchets divers, etc.). Bien que les milieux humides
soient connus pour leurs propriétés épuratives, certains contaminants se retrouvent simplement 
« piégés » et souvent concentrés dans le sol et/ou dans les espèces végétales et animales présentes. 
Cette contamination potentielle de certaines zones de récoltes représente donc un danger bien réel 
pour la santé humaine. En ce qui concerne la cueillette commerciale, le label de production 
biologique, avec lequel la canneberge des Îles est vendue, pourrait être aisément remis en question
 si des analyses révélaient une contamination des fruits, ou même des zones de récolte.

Solutions envisagées

Au vu des différents problèmes évoqués dans le cadre de ce dossier, il devient évident qu’une 
exploitation encadrée de la ressource canneberge est nécessaire pour en assurer la pérennité. Les 
solutions envisagées, dont certaines ont déjà été mises en place, sont ici regroupées en deux 
grandes  phases.

Première phase :

La première priorité est de localiser et de cartographier les principales zones de cueillette. Il faut 
également limiter la cueillette commerciale à une période bien définie, mais qui pourra changer 
d’une année à l’autre pour s’adapter aux conditions climatiques et assurer la pérennité de la 
ressource. Une campagne de sensibilisation permettra en outre de faire comprendre, aux 
producteurs et aux cueilleurs, l’importance d’exploiter cette ressource dans le respect de 
l’environnement.

Par ailleurs, un suivi sera réalisé au cours de la cueillette et de l’après-cueillette, afin d’identifier
les différentes techniques utilisées. Il est, en effet, important d’étudier les impacts des différents 
types de peigne utilisés et de définir des caractéristiques réglementaires. À ce niveau, le principe
d’un groupe de cueilleurs sous la responsabilité d’un acheteur devrait être utilisé, car, en plus 
d’une formation ou d’une information sur les techniques à utiliser, l’acheteur pourrait fournir à ses
cueilleurs les peignes adéquats (essayé en 1999 par un acheteur). L’impact de la circulation 
motorisée sur la ressource sera également évalué (voir aussi la section Circulation sur et aux
abords des lieux de cueillette
présentée plus loin).

Les activités réalisées au cours de cette phase feront l’objet d’un rapport, qui identifiera les 
principales problématiques reliées à l’exploitation de cette ressource, et proposera les 
premières grandes lignes d’un plan de gestion visant à l’encadrer.

Deuxième phase :

Nous avons vu qu’il est difficile d’envisager la gestion des terres publiques tant que leur 
propriétaire, le MRN, ne s’en sera pas donné les moyens. Dans la mesure où ce ministère 
n’a aucun représentant aux Îles-de-la-Madeleine, il est indispensable qu’il permette à la 
municipalité de gérer elle-même ces terres publiques : la mise en place de plusieurs 
solutions en dépend. Il serait également intéressant d’étudier la possibilité de fonctionner 
avec des concessions accordées aux acheteurs ou de mettre en place un système coopératif. 
Ultérieurement, on pourra éventuellement discuter de possibilités d’aménagement, dans le 
cadre d’un développement durable et sous contrôle, mais d’autres points sont plus pressants 
à régler.

Pour ce qui est des techniques de récolte, une étude complémentaire devrait viser à évaluer 
plus précisément l’impact réel des méthodes de cueillette, par exemple, en comparant un terrain 
témoin, non récolté, avec un second où la récolte se fait à la main et un troisième où elle se fait 
au peigne.

Enfin, la cueillette commerciale des canneberges sauvages des Îles n’est envisageable, en termes 
de rentabilité et de conservation du milieu, que dans la mesure où ces fruits sont « sauvages ». Il 
faut donc axer la mise en marché sur les étiquettes « produit biologique » ou « fruit sauvage ». Or, 
pour conserver cette appellation, il faut prendre conscience qu’elle impose des contraintes de 
qualité, tant pour les méthodes de cueillette et la conservation de la ressource que pour les fruits 
eux-mêmes. Il est donc impératif d’améliorer la cartographie sur la distribution de ce fruit dans 
l’archipel, de réaliser les études nécessaires pour délimiter les zones de contamination potentielle 
à proximité des anciens dépotoirs et d’équiper ces sites de panneaux d’information destinés aux 
cueilleurs.

Circulation sur et aux abords des lieux de cueillette :

Pour envisager de régler ce problème, il faudrait que chaque acheteur soit responsable d’un 
groupe de cueilleurs, sur lequel il exerce un contrôle effectif. La formation, ou au moins la 
distribution des informations concernant cette problématique aux cueilleurs, serait assurée par 
l’acheteur, qui serait ainsi responsabilisé face aux dommages qui peuvent être causés à 
l’environnement. Cependant, la création d’un réseau de sentiers VTT balisés, ainsi que la mise
en application de l’interdiction de circuler en véhicule motorisé dans les milieux humides et 
dunaires, font aussi partie intégrante de la solution au problème de la circulation au niveau des
lieux de cueillette (voir fiche technique 1.1.3 – Gestion de la circulation VTT aux Îles-de-la-
Madeleine
). La problématique de la circulation motorisée dans les milieux naturels faisant l’objet
 d’une autre fiche technique, elle ne sera pas discutée plus ici.

Avantages

La mise en place des différentes solutions envisagées permettra de gérer plus efficacement la
récolte des canneberges aux Îles-de-la-Madeleine. En effet, si la présence de ces fruits sauvages 
atteste de l’existence de conditions favorables à leur développement sur l’archipel, les milieux qui 
les accueillent sont trop importants, et surtout trop fragiles, pour supporter une exploitation 
commerciale intensive… surtout si elle n’est pas contrôlée. De plus, la récolte commerciale ne peut 
être rentable que si elle est faite sous l’étiquette « biologique », que seule les solutions proposées 
pourront garantir à long terme.

Faisabilité

L’implication de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine dans ce dossier a déjà permis de poser 
plusieurs actions dans le cadre de ce dossier et de mettre en place certaines des solutions 
proposées dans la première phase. Si le MRN lui en donne les moyens, elle devrait continuer à 
œuvrer dans le sens d’une gestion réaliste des canneberges sauvages et de leur milieu.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, MRN, promoteurs, Union des producteurs agricoles 
(UPA), CLD des Îles, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (appui scientifique), Attention 
FragÎles, Bon goût frais des Îles, Commission sectorielle « Agriculture-Îles » du CRCD, Ministère
des Régions, MAPAQ, Fonds de création d’emplois municipaux Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (inventaire, cartographie et rapport) 33 095.00 $

Matériel de bureau et équipement informatique 3 250.00 $

Autres frais 2 450.00 $

Total du projet 38 795.00 $

Deuxième phase :

Les coûts reliés à la réalisation de cette seconde phase restent à déterminer.

Échéancier

Première phase : 1999-2000 (réalisée)

Deuxième phase : à déterminer

Indicateurs

Nombre de tracés occasionné par la circulation en VTT.

Baisse de fréquentation des zones de contamination potentielle durant la récolte.

Stabilité des récoltes et maintien de la pérennité de la ressource canneberge.

Références

BASTIEN, I. 2000. La problématique de la cueillette de la canneberge sauvage aux Îles-de-la-Madeleine
Document présenté à la MRC des Îles-de-la-Madeleine. 90 pages + 7 annexes.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. Environnement 
Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

 

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.3

Identification

Thématiques :         Protection et conservation des habitats
                              / Territoires protégés
                              Récréotourisme et mise en valeur du territoire

Priorités visées :     Réglementer et appliquer ces règlements à tous les usages du milieu côtier.
                             Mesures de contrôle de la circulation motorisée dans les dunes et aux abords
                            des lagunes.
                             

Nom du projet

Gestion de la circulation VTT aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

Depuis toujours, les habitants des Îles-de-la-Madeleine se sentent très proches de leur milieu et le
parcourent sans restriction tant les clôtures y sont rares. Cette soif de plein air, qui se traduit par la 
présence de nombreux promeneurs un peu partout dans l’archipel, est à première vue plutôt 
sympathique et s’explique aisément dans ce contexte insulaire. Pourtant, ce comportement a de plus 
en plus de répercussions sur le milieu naturel. En effet, au début des années 1980, apparaissent aux 
Îles des véhicules spécialisés dans la circulation hors-route : les VTT (Véhicules Tout Terrain). Le 
premier point de vente aux Îles s’installe en 1986 et on note ensuite une augmentation régulière des
utilisateurs, la pratique du VTT devenant même plus populaire que dans le reste du Québec. Ces 
véhicules permettent alors aux Madelinots de parcourir plus rapidement le territoire et de s’enfoncer 
de plus en plus profondément dans des milieux auparavant relativement difficiles d’accès.

Pourtant, il devient rapidement évident que les VTT causent des dommages non négligeables à
l’environnement, notamment dans certains milieux sensibles. Ainsi, dans les milieux dunaires, qui 
représentent presque 30 % de la superficie terrestre des Îles, le passage répété de ces véhicules 
détruit la végétation qui constitue le squelette des dunes remettant le sable à la merci des caprices
du vent. Dans les milieux humides, en plus des dommages causés à la végétation et de la 
compaction du sol, ornières et bourbiers altèrent le drainage, entraînant parfois l’assèchement de 
certaines zones. Or, ces milieux particulièrement sensibles sont également très importants, abritant
de nombreuses espèces animales et végétales, dont plusieurs sont rares, ainsi que diverses activités
humaines (tourisme, chasse, pêche, récolte des canneberges, etc.). En conséquence, dès 1994, sur
l’initiative d’Attention FragÎles, un comité de travail est formé pour étudier cette problématique. Ce 
comité réunit le CLSC, l’ATR, Attention FragÎles et la MRC des Îles. Suite aux travaux de ce 
comité, les municipalités des Îles se dotent d’une réglementation qui restreint la circulation dans les 
milieux dunaires, et le gouvernement provincial interdit la circulation des VTT dans les milieux 
humides à partir de 1997. Pourtant, aucun contrôle n’est exercé pour veiller à l’application de ces
règlements, et la situation ne connaît donc pas de changement majeur. Deux ans plus tard, 
Attention FragÎles présente à la MRC un avis de limitation de l’accès des VTT aux seuls anciens 
chemins déjà tracés. Ce dossier reste sans suite !

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à expliquer l’absence d’avancement du dossier : l’absence 
d’un bureau du Ministère des Ressources Naturelles du Québec (MRN), propriétaire des terres
publiques aux Îles, un manque de moyens pour contrôler et faire appliquer les règlements, mais 
aussi un manque de volonté de la part des autorités concernées. À cela s’ajoute l’absence de 
sentiers balisés, qui, en plus de rendre problématique l’application des règlements, empêche de 
tirer tous les bénéfices du regroupement progressif des utilisateurs au sein des différents Clubs 
de VTT existant maintenant aux Îles. Afin d’illustrer cet état de fait, notons que la Société 
d’Assurance Automobile du Québec (SAAQ, 1998) mentionne qu’il y a 489 VTT immatriculés
aux Îles, alors que les estimations du Club VTT des Îles porte le nombre total de ces véhicules 
sur le territoire madelinien à environ 1200, soit près de deux VTT sur trois qui ne seraient pas
immatriculés ! Mentionnons que le Club VTT compte présentement avec 350 membres 
seulement.

Pendant ce temps, la situation s’aggrave rapidement dans les milieux les plus sensibles et le 
réseau despistes « sauvages » s’étend de plus en plus à travers l’archipel. De plus, depuis 
quelques années, la récolte commerciale de canneberges prend un nouvel essor, augmentant 
d’autant la circulation VTT dans les zones de récolte (milieux humides et dunaires). Et cette 
problématique devient d’autant plus préoccupante que l’industrie du tourisme est en croissance, 
et que les risques pour la sécurité humaine augmentent d’autant chaque année. Certains adeptes 
en visite aux Îles ont d’ailleurs vanté les possibilités de randonnées motorisées sur les plages et 
les dunes : dans un numéro spécial Îles-de-la-Madeleine du journal Sentier Quad (1999), on 
peut lire « Le vent, le soleil, le sable et la mer en quad, que demander de plus ? » !

Solution envisagée

Étant donné la complexité de cette problématique et la fragilité des milieux considérés, il est 
nécessaire, de se doter d’un réseau de sentiers balisés, mais aussi d’en assurer le suivi et de se 
donner la possibilité d’y apporter des correctifs le cas échéant.

Première phase :

Mettre en place, en collaboration avec les organismes et personnes concernés, un réseau de 
sentiers balisés qui respectera autant que possible les différents intérêts en jeu, à savoir les 
activités humaines et la protection des milieux sensibles. Une homogénéisation des règlements 
municipaux et provinciaux serait par ailleurs grandement souhaitable ainsi que l’implication du 
Club VTT de Grosse-Île et les utilisateurs de Grande-Entrée dans la démarche.

Deuxième phase :

Parallèlement, il faudrait offrir aux propriétaires concernés l’expertise et l’assistance technique 
nécessaires pour que les sentiers en terres privées soient aménagés dans le même respect du 
milieu naturel (ponceaux, etc.). De plus, dans la mesure où des milieux naturels fragiles et 
importants seront concernés par certains sentiers, il est primordial d’établir un suivi annuel en 
certains points du réseau. Dans les cas où le milieu montrerait une dégradation importante, de 
nouveaux aménagements ou une modification du tracé pourront être envisagés.

Enfin, suite à l’adoption d’un réseau de sentiers balisés, les sentiers existants qui n’auront pas 
été sélectionnés devront faire l’objet de travaux de restauration. Cette restauration des sentiers 
fermés sera probablement assurée par l’organisme Attention FragÎles, qui œuvre dans ce 
domaine depuis le début des années 1990 et a développé une expertise certaine dans la 
plantation d’espèces végétales fixatrices (voir aussi fiche technique 1.2.3 – Restauration des 
dunes aux Îles-de-la-Madeleine
). Notons que ces travaux de plantation s’accompagnent 
généralement de la pose de panneaux explicatifs visant à prévenir le piétinement prématuré de 
ces secteurs et d’une campagne de sensibilisation.

Avantages

La mise en place d’un réseau officiel de sentiers balisés facilitera la mise en application, par les 
agents de la Sûreté du Québec (SQ), des règlements en vigueur pour les VTT, permettant ainsi 
de réduire le nombre de pistes « sauvages » (non balisées) qui sillonnent actuellement l’archipel. 
D’autre part, le réseau sera pourvu, par les différents clubs VTT des Îles, de patrouilleurs qui 
pourront exercer un certain contrôle sur l’immatriculation et l’état des véhicules, et même 
éventuellement sur le comportement des utilisateurs.

Le suivi régulier de certains secteurs « cibles » fournira, par la suite, des informations sur la 
résistance effective des milieux les plus sensibles, mais aussi sur le respect du tracé par les 
utilisateurs. Cette phase permettra ainsi de faire les correctifs nécessaires (nouveaux 
aménagements, modifications du tracé, etc.) avant que les dégâts au milieu soient irrémédiables.
L’identification de ces secteurs cibles permettra en outre aux agents de la SQ de concentrer 
éventuellement leurs contrôles sur les zones les plus « à risque ».

D’autre part, la restauration des sentiers non retenus dans le réseau balisé permettra de faire 
disparaître plus rapidement les traces qu’ils ont laissées dans les milieux dunaires et de diminuer 
ainsi le risque que des utilisateurs les empruntent encore par inadvertance.

Faisabilité

L’implication des différentes parties concernées par ce dossier (clubs VTT, MRC, organismes
environnementaux, ministères, etc.) est essentielle, et des compromis devront être faits de part et 
d’autre pour en arriver à un consensus.

D’autre part, la réussite de ce projet est fortement tributaire de la capacité des utilisateurs à
s’auto-discipliner… et de la volonté des autorités et des clubs VTT à faire respecter les décisions 
qui seront prises.

La mise en place d’un réseau de sentiers balisés, en collaboration avec les différents gestionnaires 
et utilisateurs du milieu (questionnaire, consultations publiques, etc.), est déjà presque complétée 
pour les municipalités de Grosse-Île et de Grande-Entrée. Ces réalisations servent de modèles 
pour l’extension de cette démarche au reste de l’archipel.

Mentionnons également, que la Réserve nationale de la Faune de la Pointe de l’Est est un lieu 
privilégié par les utilisateurs des VTT. Cette réserve, étant de juridiction du gouvernement fédéral, 
relève du Service canadien de la faune (SCF) d’Environnement Canada. Depuis 1994, le SCF a 
autorisé quelques sentiers dans la réserve dans le but de diminuer la circulation désordonnée 
observée. Ces sentiers font l’objet d’un suivi par Attention FragÎles ainsi que la régénération dans
les sentiers fermés. Cela constitue une expertise non négligeable pour les travaux qui doivent être 
mis en place.

Partenaires visés

MENV, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Club VTT des Îles et de Grosse-Île, ministère 
des Transports du Québec (MTQ), SCF, SQ, Attention FragÎles, Association touristique 
Régionale, Club Vacances Les Îles et Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (membre du comité 
de travail sur le sujet).

Coûts

Il ne devrait pas y avoir de coûts directement reliés à ce projet en dehors, bien sûr, des heures 
que les organismes impliqués lui consacreront. Par ailleurs, les coûts des travaux d’aménagement 
et de restauration des sentiers seront a priori défrayés par le club VTT concernés. En outre, il se 
peut que des panneaux d’information et une campagne de sensibilisation soient nécessaires. Ceci 
engendra de coûts supplémentaires.

Échéancier

Première phase : 2001-2002 (en cours)

Deuxième phase : à déterminer

Indicateurs

Rapidité à laquelle les sentiers « sauvages » disparaîtront du paysage madelinien.
Rapidité de « récupération » des milieux les plus endommagés.
Nombre de VTT immatriculés sur les Îles.

Références

BASTIEN, I. 2000. La problématique de la cueillette de la canneberge sauvage aux Îles-de-la-Madeleine. 
Document présenté à la MRC des Îles-de-la-Madeleine. 90 pages + 7 annexes.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. 
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 
pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

Règlement sur la circulation de véhicules motorisés dans certains milieux fragiles

Loi sur la qualité de l’environnement du ministère de l'Environnement du Québec (L.R.Q., c. Q-2,
a.31, par c et e et a. 124.1)

Les courses, rallyes et autres compétions de véhicules motorisés sont interdits dans 
les marais, marécages et tourbières ainsi que sur les dunes, cordons littoraux et 
plages.

Sur les dunes situées aux Îles-de-la-Madeleine, la circulation de véhicules motorisés n’est
permise que dans des sentiers identifiés à cette fin et aménagés conformément à la loi. 
Ailleurs aux Québec, elle est interdite sur les dunes du domaine public.

Dans les tourbières du domaine public, au sud du fleuve Saint-Laurent, de l’estuaire et du
golfe du Saint-Laurent, la circulation de véhicules motorisés, autres que les motoneiges, est
interdite.

Cependant, le présent article n’a pas pour effet d’empêcher la récupération d’un gros gibier,
au sens de l’article 1 de la loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c.
C-61.1), tué dans le cadre d’une activité de chasse autorisée.

La circulation de véhicules motorisés, autres que les motoneiges, est interdite sur les plages, sur
les cordons littoraux, dans les marais et dans les marécages, situés sur les littoraux, dans les
marais et dans les marécages, situés sur le littoral du fleuve Saint-Laurent (en aval du pont
Laviolette), l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, de la Baie-des-Chaleurs et des Îles qui y
sont situées.

Cependant, le présent article n’a pas pour effet d’empêcher l’exercice d’activités reliées à
la chasse, à la pêche ou au piégeage qui sont pratiquées légalement, ni la circulation de
véhicules motorisés conformément à la loi, ni l’utilisation de tels véhicules motorisés dans
les sentiers identifiés à cette fin et aménagés conformément à la loi, ni l’utilisation de tels
véhicules pour permettre l’accès à une propriété privée.

Pour l’application du présent article, le mot « littoral » a le sens qui lui est donné dans la
Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, adoptée par le
décret 103-96 du 24 janvier 1996.

Le présent règlement n’a pas pour effet d’empêcher l’utilisation de véhicules 
motorisés dans l’exécution d’un travail.

Le présent règlement s’applique notamment dans une aire pour fins de contrôle et dans 
une zone agricole établie suivant la Loi sur la protection du territoire agricole (L.R.Q., c.
P-41.1).

Le présent règlement entrera en vigueur le quinzième jour qui suivra la date de sa 
publication à la Gazette officielle du Québec.

 


Fiche technique 1.1.4

Identification

Thématique :         Protection et conservation des habitats / Territoires protégés

Priorité visée :       Mesures de protection des dunes.
                            Révision de la réglementation des carrières et sablières en fonction des 
                            particularités (dépôts de dragage) des Îles (statut particulier).

Nom du projet

Évaluation des possibilités d’approvisionnement en sable aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une douzaine d’îlots rocheux, dont six sont 
reliés par des cordons littoraux. C’est essentiellement au niveau de ces cordons que l’on retrouve
le milieu dunaire, qui représente presque 30 % de la superficie des milieux terrestres des Îles 
(62 km2). Ces dunes ont souvent plusieurs mètres de haut et sont en général positionnées sur 2 
ou 3 rangs parallèles à la ligne de la plage, sauf dans certaines zones particulières comme Les 
Sillons où l’on peut compter jusqu’à 30 rangs. En plus de leur importance en termes de superficie 
occupée, les dunes jouent de nombreux rôles au sein de l’archipel, avec des répercussions sur le 
milieu naturel, bien sûr, mais aussi sur le milieu humain. Ainsi, la dune bordière, colonisée 
principalement par l’Ammophile à ligule courte, protège les milieux intérieurs et les routes des 
assauts de la mer, du vent et de l’ensablement. Les milieux dunaires sont également intimement 
liés à certains milieux humides dont l’importance écologique n’est plus à prouver et dont 
dépendent certaines activités humaines, comme l’exploitation de la canneberge. De plus, ces 
dunes servent d’habitat à de nombreuses espèces animales et végétales, dont certaines sont 
rares et/ou menacées.

Les milieux dunaires sont donc essentiels pour l’équilibre des écosystèmes naturels et des 
activités humaines… mais aussi très fragiles. En effet, les dunes sont au départ des formations 
mobiles, qui sont progressivement stabilisées par une végétation herbacée, arbustive puis 
arborescente. Les racines et les tiges souterraines de ces plantes constituent donc en quelque 
sorte le squelette de ces formations qui, sans elles, seraient balayées par les vents. Cependant,
ce processus de stabilisation par les végétaux est relativement lent, et peut être rapidement et 
profondément bouleversé : si des dégâts importants sont causés à la végétation, les vents 
violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à leur mobilité originelle! 
Malgré leur fragilité, les milieux dunaires sont de plus en plus sollicités pour diverses activités 
humaines, récréatives ou commerciales. Et bien que certaines soient de toute évidence 
nuisibles pour la conservation de ces habitats, comme la circulation motorisée hors route, 
aucune mesure de contrôle n’est encore disponible pour assurer efficacement l’application 
des lois (quand celles-ci existent).

Dernièrement, un autre problème est venu s’ajouter aux différents facteurs qui menacent les 
milieux dunaires : l’exploitation des sablières. En effet, l’unique sablière légalement autorisée 
sur le territoire madelinien démontre des signes évidents d’épuisement et plusieurs 
municipalités ont entamé des démarches pour avoir le droit d’exploiter d’autres sites. En 
attendant, les prélèvements de sable nécessaires se font essentiellement dans les milieux 
dunaires. Il est vrai que les coûts de transport depuis le continent seraient élevés et que 
l’importance des superficies occupées par les milieux dunaires donne souvent aux personnes 
mal informées l’impression d’une ressource inépuisable. Les madelinots prélèvent d’ailleurs 
depuis toujours le sable nécessaire à leurs besoins individuels dans ces milieux, sans que ce 
prélèvement ne soit vraiment perceptible « à l’œil ». Pourtant, connaissant l’importance et la 
fragilité de ces milieux, il apparaît évident que d’autres techniques d’exploitation doivent être 
mises en place.

En plus des sablières, nous avons également aux Îles des carrières qui défigurent énormément
nos buttes. Comme cette question inquiète aussi les élus, le nouveau schéma d’aménagement 
de la municipalité limite l’étendu du zonage « industriel lourd », où les carrières peuvent être 
exploitées. Cela empêchera le développement de nouvelles carrières. De plus, il est prévu que 
lors de la demande de renouvellement d’un permis d’exploitation d’une carrière, le promoteur 
doit présenter un certificat de localisation de son site ce qui permettra d’empêcher le 
débordement d’exploitation. Il est sûr que cela ne réglera pas le cas des carrières aux Îles mais 
cela limitera un peu la problématique. Ce sujet concerne également la demande d’une présence 
accrue du MENV aux Îles, comme il est mentionné dans la fiche 1.1.1 – Respect de la 
réglementation dans les territoires protégés.

Solutions envisagées

Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour régler le problème de l’approvisionnement en 
sable aux Îles-de-la-Madeleine : le captage de sable en milieu terrestre, l’exploitation du sable de 
dragage et, éventuellement, le pompage sous-marin.

Captage de sable :

Les techniques de captage sont utilisées depuis de nombreuses années en différents points 
de l’archipel pour restaurer certains milieux dunaires particulièrement endommagés par les 
activités humaines. Le principe de ces capteurs est relativement simple et consiste à installer, 
en milieu terrestre, des structures permettant de retenir et d’accumuler le sable porté par les 
vents (palissades, fascines, etc.). Le suivi des sites où les capteurs ont déjà été installés, a 
déjà permis de vérifier l’efficacité de cette technique dans le cadre des travaux de 
restauration : la végétation semble s’installer d’elle-même au bout d’environ deux ans. On a 
aussi mis en évidence des différences d’ensablement importantes selon les endroits, les 
conditions optimales étant obtenues sur la Dune du nord, à proximité de Grosse-Île. À partir 
de ces données de base, les sites les mieux adaptés pourront être définis, en tenant compte 
également de leur accessibilité.

Sable de dragage :

Les activités humaines, dans les lagunes et sur les côtes, rendent nécessaires des opérations de 
dragage qui sont répétées plus ou moins fréquemment en différents points de l’archipel. 
Généralement, le sable de dragage est rejeté au large, ce qui entraîne des coûts relativement 
importants. Des études seraient nécessaires pour vérifier les volumes disponibles, la 
granulométrie et la contamination éventuelle du sable dans différentes zones de dragage afin de 
déterminer les sources les plus adaptées pour une exploitation. Les renseignements déjà 
disponibles indiquent que deux sites, soit Grosse-Île nord et Millerand, à Havre-Aubert, sont 
potentiellement intéressants : ces deux sites subissent régulièrement des opérations de dragage 
et Grosse-Île nord constitue en outre une zone d’accumulation (importants volumes de sable 
disponibles). Là encore, l’accessibilité sera prise en compte dans la sélection du ou des sites 
d’exploitation. D’autre part, dans la mesure où les sables dragués ne seront pas utilisés 
immédiatement (période de séchage), les possibilités d’entreposage devront être étudiées.

Pompage sous-marin :

Une autre solution envisageable serait le pompage de sable sous-marin. Cette technique étant 
déjà utilisée au lieu du dragage pour aspirer le sable accumulé en certains points de l’archipel, 
on pourrait simplement récupérer ce sable après vérification de sa granulométrie et de son 
degré de contamination éventuelle (voir paragraphe précédent). L’alternative à cette 
« réutilisation » serait de pomper le sable sous la mer, à proximité des côtes : cette dernière 
solution présente cependant des risques relativement importants, les bancs prélittoraux jouant 
un rôle atténuateur sur les grosses vagues de tempêtes. Pour être inoffensif, ces prélèvements 
doivent donc obéir à des contraintes de profondeur et de distance par rapport aux côtes, qui 
dépendent des caractéristiques de houles les plus fortes. Étant donné les risques potentiels de 
cette technique (mentionnés ci-haut et pour les communautés benthiques) et l’existence des 
deux alternatives mentionnées plus haut, l’option pompage sous-marin ne sera pas retenue 
pour l’étude.

Inventaire des carrières et sablières existantes et des sites potentiels d’exploitation de sable

Comme les études de faisabilité d’utilisation d’autres techniques pour l’exploitation de sable 
telles le captage de sable, l’utilisation du sable de dragage et le pompage sous-marin peuvent 
entraîner des délais importants avant d’être concluantes et que le besoin en sable est assez 
pressant dans le milieu, l’évaluation générale des sites ayant un potentiel d’exploitation peut 
également s’avérer une solution valable. Ainsi, une cartographie des sites, l’analyse générale 
des impacts d’une exploitation de sable et les pistes de solution pour palier ces impacts 
permettraient de compléter le tout.

Avantages

L’avantage principal de ce projet est la possibilité de conserver les dunes des Îles-de-la-
Madeleine dans leur état naturel, tout en permettant l’exploitation du sable nécessaire au 
développement de l’archipel.

Faisabilité

Captage de sable :

L’efficacité des « trappes à sable » a déjà été démontrée en plusieurs endroits des Îles, dans le 
cadre de la restauration de dunes, et le suivi de ces zones de captage a également permis de 
mettre en évidence des sites potentiellement propices à l’exploitation en termes de volumes de 
sable et de vitesse d’ensablement. La MRC locale et Attention FragÎles ont d’ailleurs développé 
une certaine expertise dans le domaine.

Sable de dragage :

Là encore, plusieurs secteurs de l’archipel subissent plus ou moins régulièrement des opérations 
de dragage, dont deux paraissent particulièrement indiqués pour une exploitation du sable ainsi 
récolté.

De plus, Barbara Karakiewick, spécialiste dans les domaines de l’érosion et de la sédimentation 
du littoral de l’Institut des Sciences de la Mer (ISMER) de l’Université du Québec à Rimouski, 
s’est déjà montrée intéressée à travailler en collaboration avec les organismes des Îles-de-la-
Madeleine dans le cadre du présent projet.

Inventaire des carrières et sablières existantes et des sites potentiels d’exploitation de sable :

En 1999, lors d’une demande d’utilisation d’un site provisoire d’exploitation de sable par 
l’ancienne municipalité de l’Île du Havre-Aubert afin de pourvoir à un besoin urgent en sable, 
une analyse des sites potentiels a été effectuée pour quelques sites sur cette Île ainsi que les 
impacts d’une exploitation. L’expertise acquise à ce moment peut donc être mise à profit dans 
le cadre de la mise en œuvre de cette fiche.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Travaux 
publics Canada, le MPO, le MENV, le MTQ, , l’ISMER et Bernard Long de l’Institut National 
de Recherches Scientifiques (INRS) à Québec, Attention FragÎles, MRN, SCF.

Autres organismes locaux peuvent être appelés à participer comme partenaire ou comme expert 
dans le domaine.

Coûts

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 106 274.00 $

Matériel (pour les capteurs à sable) et équipement (bateau) 8 700.00 $

Autres frais (déplacement et frais de gestion) 11 400.00 $

Total du projet 126 374.00 $

Échéancier

Prévision : 2002 - 2005

Indicateurs

Nombre de solutions validées (faisabilité technique te financière) pour résoudre le problème
d’approvisionnement en sable dans l’archipel.

Références

BERNATCHEZ, P. 2000. Évolution de la technique de restauration de plages du système d’épis Maltais-
Savard (SEMS) et analyse des composantes contrôlant la morphosédimentologie des plages. Rapport rédigé 
et remis au Comité ZIP de la rive nord de l’estuaire, Baie-Comeau, Québec. 33 pages.

BOCZAR-KARAKIEWICZ, B. et W. ROMANCZYK. 2000. Modèle conceptuel de fonctionnement d’un ouvrage 
de protection du littoral : système d’épis Maltais-Savard (SEMS). Rapport rédigé et remis au Comité ZIP de 
la rive nord de l’estuaire, Baie-Comeau, Québec. 35 pages.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. 
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 
pages.

MORIN, I. 2000. Géomorphologie et évolution du système dunaire des Îles-de-la-Madeleine, Québec. 
Mémoire de maîtrise. Université Laval.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.5

Identification

Thématique :            Protection et conservation des habitats / Territoires protégés

Priorité visée :          Instaurer un système efficace d’application des règlements en place avec le 
                               personnel nécessaire.

Nom du projet

Respect de la réglementation dans les territoires protégés

Localisation

Problématique

Les Îles-de-la-Madeleine constituent un territoire extrêmement particulier et ce, à plusieurs 
niveaux. Situé au cœur du Golfe du Saint-Laurent, à 225 km de la Gaspésie, 145 km de Terre-
Neuve et 80 km de l’Île-du-Prince-Édouard, l’archipel est en grande partie constitué de cordons 
dunaires, de milieux humides et de plans d’eau intérieurs. C’est donc un ensemble complexe 
d’écosystèmes fragiles, intimement reliés entre eux et avec le milieu humain.

Or, dans ce contexte d’isolement relatif par rapport au continent et à ses ressources, l’économie 
des Îles et le mode de vie de ses habitants reposent en grande partie sur les ressources de l’archipel. 
Depuis toujours, les madelinots se sentent très proches de leur milieu et le parcourent sans restriction 
tant les clôtures y sont rares. Avec les progrès de la technologie, ces déplacements se font de plus en
plus à l’aide de véhicules motorisés, les plus prisés étant ceux qui permettent de se déplacer dans 
tous les types de milieu : VTT, motoneiges et autres véhicules hors-route sillonnent aujourd’hui le 
territoire, y compris les milieux dunaires et humides. De plus, le développement de l’industrie 
touristique est en pleine croissance dans la région, ce qui constitue une pression supplémentaire pour 
le milieu déjà fragile des Îles-de-la-Madeleine.

De nombreuses activités mettent ainsi en péril l’environnement naturel de l’archipel, ce qui est 
d’autant plus dangereux du fait de l’exploitation importante dont font l’objet la plupart des 
ressources naturelles locales. Parmi les principales activités potentiellement dommageables, on 
trouve : le remblayage de milieux humides, l’exploitation du sable, la chasse (pratiquée 
essentiellement dans les milieux humides), la pêche à l’éperlan et à l’anguille (souvent pratiquée 
en dehors des périodes autorisées) et l’exploitation de la canneberge. Ce sont, bien entendu, les 
milieux les plus fragiles qui se ressentent le plus de ces pressions humaines. Or, ces milieux très 
sensibles sont également essentiels au maintien de l’équilibre des écosystèmes naturels et, par 
voie de conséquence, à l’intégrité du mode de vie et de l’économie des Îles. L’exemple le plus 
frappant est celui des milieux dunaires et des milieux humides associés. En effet, ces milieux, en
plus d’abriter une diversité importante d’espèces animales et végétales, dont certaines sont en 
péril, jouent un rôle important vis-à-vis des environnements naturel et humain. Ainsi, la dune 
bordière constitue le premier et parfois le seul rempart contre les assauts de la mer et des vents : 
elle protège ainsi les milieux intérieurs et les routes des phénomènes d’inondation et 
d’ensablement. De même, les milieux humides, dont l’importance n’est plus à prouver, 
constituent également une protection efficace contre les inondations, contribuent à l’épuration 
des eaux avant qu’elles ne se rendent à la nappe phréatique, et sont aussi essentiels à différentes 
activités humaines, comme la cueillette des canneberges par exemple.

Dans ces conditions, il est nécessaire de pouvoir gérer efficacement les différentes activités 
humaines qui menacent l’intégrité de l’environnement naturel des Îles-de-la-Madeleine. Or, 
plusieurs circonstances, particulières à cette région, viennent compliquer cette problématique. À la
base, se trouve la question des terres publiques. En effet, ces terres sont propriétés du Ministère 
des Ressources Naturelles du Québec (MRN), qui ne dispose malheureusement d’aucun 
représentant, permanent ou temporaire, aux Îles-de-la-Madeleine. La municipalité des Îles, qui est
appelée à régler des problèmes de plus en plus complexes (déchets, eaux usées, exploitation de la
canneberge, etc.), ne dispose donc que de moyens limités pour assurer une gestion efficace des 
terres publiques de l’archipel. Ce manque de présence se retrouve, bien que dans une moindre 
mesure, en ce qui concerne le Ministère de l’Environnement du Québec (MENV) et la Société 
de la faune et des Parcs du Québec (FAPAQ). En effet, le représentant du MENV n’est aux 
Îles que durant 8 mois et la présence de la FAPAQ est plutôt saisonnière. Or, plusieurs activités 
humaines potentiellement dommageables nécessitent l’intervention de ces Ministères en dehors 
de leurs périodes de présence actuelles. De plus, étant donné la vitesse de circulation des 
informations en milieu insulaire, leur visites « surprises » ne surprennent souvent que les touristes !

Ainsi, malgré le fait que les problématiques reliées aux activités humaines sont, pour la plupart, 
bien identifiées, et que des règlements susceptibles de permettre leur gestion existent, l’absence, 
ou le manque de permanence, des autorités responsables dans le domaine de l’environnement 
rend difficile l’application de cette réglementation.

Solution envisagée

Étant donné la complexité croissante des problématiques environnementales et l’importance des
enjeux qui y sont associés, il appartient aux ministères de combler cette lacune concernant leur 
présence et l’accomplissement de leurs mandats. Il convient donc de faire pression sur les 
responsables de ces différents ministères afin que des mesures soient prises en ce sens.

Dans le cas du MRN, il est peu probable d’obtenir un représentant, permanent ou non, sur 
l’archipel. En effet, ce ministère montre une certaine réticence à s’impliquer vis-à-vis des 
problématiques locales concernant les terres publiques (voir fiches 1.1.2 – La cueillette des 
canneberges sauvages aux Îles-de-la-madeleine
et 1.1.3 – Gestion de la circulation VTT 
aux Îles-de-la-Madeleine
). Dans ces conditions, il est indispensable qu’il transfère cette gestion 
des terres publiques à la MRC locale et qu’il donne les moyens d’accomplir efficacement cette 
tâche.

En ce qui concerne le MENV et la FAPAQ, étant donné que la plupart des problématiques 
reliées à l’environnement tombent sous leur responsabilité ou demandent leur collaboration, il
est absolument nécessaire que leur présence aux Îles soit assurée à l’année.

Avantages

La délégation des pouvoirs du MRN vers la municipalité des Îles, concernant les terres publiques, 
est une condition sine qua non à leur gestion efficace. En effet, l’isolement relatif des Îles-de-la-
Madeleine et les conditions particulières qui caractérisent cette région génèrent des problématiques
spécifiques, qui ne peuvent être totalement appréhendées depuis le continent. La municipalité 
dispose, en plus d’une présence continuelle, d’une longue expérience d’implication dans les 
problématiques du milieu et serait, pour peu qu’on lui en donne les moyens, en mesure d’y 
apporter des solutions éclairées.

Pour les mêmes raisons, la présence permanente de représentants du MENV et de la FAPAQ 
contribuerait sans aucun doute à une meilleure gestion des espaces naturels et des activités 
humaines qui peuvent interférer avec ceux-ci. C’est à ce prix seulement que la mise en 
application efficace des règlements protégeant l’intégrité des écosystèmes particulièrement fragiles
de l’archipel pourra être envisagée.

Faisabilité

Étant donné l’évidence des problèmes soulevés et des responsabilités en jeu, il semble possible, 
ou du moins souhaitable, d’obtenir une réponse favorable des ministères concernés.

Une lettre, adressée en 1999 au ministre de l’Environnement du Québec, M. Paul Bégin, a ainsi 
permis de voir la période de présence de la représentante du MENV aux Îles étendue de 6 à 8 
mois. Bien que cette concession ne soit pas jugée suffisante et que d’autres demandes écrites 
soient prévues, elle constitue un précédant encourageant dans ce dossier.

Des démarches du même type doivent être utilisées pour le MRN et la FAPAQ, qui devraient 
permettre d’obtenir satisfaction.

Les chances de succès sont d’autant plus grande que le milieu est fortement impliqué, comme 
en témoigne le fait que ces actions, concernant le MENV et le MRN, figurent au Plan d’action 
quinquennal de la Commission sectorielle « Environnement – Îles » du Conseil régional de 
conservation et de développement de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CRCD).

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Commission sectorielle « Environnement – Îles » du 
CRCD (le Comité ZIP est membre de cette commission), FAPAQ, MRN, MENV.

Coûts

La démarche proposée pour résoudre cette problématique ne devrait pas entraîner de dépenses 
en elle-même. Par contre, l’augmentation de la période de présence des représentants génèrera 
des coûts qui seront assumés par les ministères concernés.

Échéancier

Prévision : 2002 - 2005

Indicateurs

Nombre de mois de présence supplémentaires pour chacun des ministères.

Références

BASTIEN, I. 2000. La problématique de la cueillette de la canneberge sauvage aux Îles-de-la-Madeleine. 
Document présenté à la MRC des Îles-de-la-Madeleine. 90 pages + 7 annexes.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. 
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 
pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.6

Identification

Thématique : Protection et conservation des habitats / Territoires protégés

Priorités visées : Identification des zones les plus fragiles du littoral.

Nom du projet

Inventaire des zones côtières fragiles de l’Archipel.

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine, situé en plein golfe Saint-Laurent, est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux. Sept d’entre eux sont habités dont six sont reliés par d’étroites dunes 
de sable, lesquelles ont permis la formation de lagunes. Les Îles possèdent une superficie terrestre 
de 202 km2, dont le tiers est formé de sable et 35% de côtes sont constitués de milieux humides 
(en bordure des plans d’eau intérieurs). Environ 13 500 personnes vivent sur ce territoire.

Les Îles abritent cinq plans d’eau intérieurs majeurs : le Bassin aux Huîtres, la baie du Havre-aux-
Basques, la Baie du Bassin et deux lagunes, celles de Grande-Entrée et du Havre-aux-Maisons. 
Ces lagunes et baies, couvrant une superficie d’environ 122 km2, sont reliées à la mer par des 
passes ou des goulets qui, sous l’effet des courants de marées et des vents, permettent des 
échanges plus ou moins importants avec le milieu marin. De plus, comme elles sont délimitées 
par des cordons de sable, leur évolution et leur stabilité sont intimement liées à celles des dunes 
et des plages. Les lagunes et baies intérieures constituent donc des milieux aquatiques particuliers, 
influencés par les courants marins, les marées et les glaces. Leur salinité et leur température varient 
en fonction des conditions climatiques comme le vent, la pluie et la température de l’air.

Ces milieux sont généralement considérés comme très productifs, abritant une diversité de 
mollusques, de crustacés, de poissons, de plantes, etc., et constituent un environnement favorable 
à la croissance de plusieurs espèces dont le homard. Ils procurent ainsi de nombreuses 
ressources à la population. De plus, du fait des variations dans la profondeur de l’eau et de la
présence de zones d’accumulation de matière organique (vasières, herbiers aquatiques, etc.) où 
les proies sont abondantes, la faune ailée y est bien représentée.

De façon naturelle, l’évolution des plans d’eau intérieurs est étroitement liée à celle des dunes qui 
les bordent et aux conditions environnementales locales. Les goulets, par exemple, qui assurent le
renouvellement des eaux, s’ouvrent, se ferment ou se déplacent au cours des années, et ce, sans
l’intervention de l’homme. Cependant, la construction d’infrastructures routières et portuaires dans
les années 1950 a provoqué des changements majeurs sur la dynamique des plans d’eau. Depuis, 
les activités anthropiques et leurs impacts sur le milieu n’ont fait que se multiplier, d’autant qu’à 
cause des bonnes conditions de température et d’abondance de nourriture qui caractérisent ces 
milieux, presque tous les plans d’eau abritent des milieux d’élevage pour la mye commune, la moule
bleue, le pétoncle, l’huître ou l’oursin. L’aquaculture et la cueillette artisanale de mollusques, mais 
aussi la cueillette de petits fruits sauvages (canneberges, bleuets, fraises,…), la navigation de 
plaisance et autres sports nautiques, la pêche, la circulation motorisée, la chasse à la sauvagine et
l’ornithologie sont toutes des activités pratiquées dans ou aux abords des plans d’eau.

Les usagers des plans d’eau sont donc nombreux et, selon leurs besoins, utilisent souvent des sites
et des accès différents. Progressivement, les utilisateurs se sont appropriés des sites qui, sans être
officiellement désignés, sont devenus reconnus pour la pratique d’activités précises. C’est le cas, 
par exemple, du site de planche à voile de la baie du Havre-aux-Basques, et du «platier» utilisé 
pour le cerf-volant à traction sur la Dune-du-Nord. Au fil des ans et en l’absence de toute 
planification, les divers groupes d’utilisateurs ont ainsi créé leur(s) propre(s) passage(s) pour se 
rendre au bord de l’eau : à certains endroits, on peut trouver jusqu’à une dizaine d’accès sur une
distance d’à peine 1 km. Cette problématique semble être la même pour la mer où plusieurs 
utilisateurs visent l’atteindre à des fins diverses.

Or, les habitats associés aux plans d’eau sont très diversifiés (milieux humides, dunes, forêts, 
falaises, etc.), de même que la faune et la flore qu’ils abritent. Tous ces écosystèmes sont
intimement reliés entre eux et plusieurs, comme les milieux humides et dunaires, sont 
particulièrement sensibles aux perturbations humaines. Par ailleurs, en plus de leur importance 
écologique, les plans d’eau et les milieux humides et dunaires qui leurs sont associés assurent 
une bonne protection des structures et des activités humaines. Pour toutes ces raisons, selon 
les caractéristiques du milieu dans lequel se trouve un accès donné, les impacts sur 
l’environnement naturel et/ou humain ne seront pas les mêmes. D’une manière générale, la 
prolifération de passages vers l’eau perturbe la végétation en place et accélère l’érosion des 
berges. Ce phénomène est ici d’autant plus important que la majorité des plans d’eau sont 
délimités par des cordons littoraux et que, par voie de conséquence, bon nombre de ces 
accès traversent des milieux dunaires, ce qui a pour effet d’affaiblir la protection contre les 
assauts de la mer et d’accélérer l’ensablement des plans d’eau.

Comme la plupart des milieux insulaires, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine comporte des 
milieux particuliers et riches, mais cette même insularité rend ces milieux fragiles et 
vulnérables aux interventions humaines.

Aux Îles-de-la-Madeleine, nous trouvons une diversité intéressante de milieux humides dont les
marais salés, les marais d’eau douce et saumâtre, les tourbières et les étangs. Rencontre entre la 
terre et l’eau, ces milieux sont des écosystèmes en soi qui jouent un rôle très important dans le 
maintien de l’équilibre écologique de l’archipel.

La détérioration graduelle des milieux humides engendrée par les activités humaines entraîne de 
graves conséquences sur les espèces qui y vivent et menace d’autres milieux d’un éventuel 
déséquilibre écologique. Ces actes pour la plupart, involontaires ont de conséquences très 
importantes souvent irréversibles.

De plus, la dune bordière protège les terres intérieures contre les vents et les inondations. 
Les milieux dunaires sont étroitement associés à d’autres milieux naturels (lagunes, milieux 
humides, etc.), dont la qualité dépend de l’intégrité des dunes. Les perturbations des milieux 
dunaires, à caractère naturel (érosion) ou non, peut entraîner des phénomènes d’inondation 
(contamination par l’eau de mer) ou d’ensablement.

En outre, les falaises qui bordent certains secteurs des noyaux rocheux des Îles-de-la-Madeleine 
se montrent fragiles et subissent une érosion importante à chaque année. Cette érosion est 
d’autant plus remarquée ces dernières années où les eaux du golfe ne présentent pas suffisamment 
de glace pour une période assez longue pour assurer une protection pour les côtes de l’Archipel 
contres les assauts de la mer. Ce phénomène est un problème que la municipalité des Îles avec 
d’autres intervenants doivent gérer, car il peut s’avérer dangereux pour la population, les visiteurs 
et leurs demeures. Ne connaissant pas la totalité de ces secteurs et surtout le taux de dégradation 
annuelle possible de ces milieux, il est difficile de gérer le territoire et de proposer des pistes de 
solutions au problème.

Solutions envisagée

Vu la complexité de la problématique et la fragilité du milieu naturel madelinot, trois projets 
devront être développés afin de répondre à cette priorité, soit :

· Caractérisation et mise en valeur des accès et sites donnant sur les principaux plans d’eau des
    Îles-de-la-Madeleine.

Ce projet sera constitué en deux phases. La première phase comprend l’inventaire et la 
caractérisation écologique des principaux accès et sites donnant sur les plans d’eau des
Îles-de-la-Madeleine (type de milieu, espèces animales et végétales présentes, sensibilité aux 
perturbations, état de dégradation, etc.). En fonction de cette caractérisation et des activités 
pratiquées sur les différents sites, la pertinence de chacun de ces accès pourra ensuite être évaluée 
en accord avec les différents comités de gestion des principaux plans d’eau intérieurs, qui seront 
consultés à cette étape du projet et la population se prononcera pour ce qui est de la mer. Cette 
démarche permettra de rationaliser le nombre d’accès aux plans d’eau et, le cas échéant, de 
proposer des aménagements pour les zones où l’intégrité du milieu et/ou la survie des espèces 
qui y vivent est menacée.

La deuxième phase du présent projet visera la rationalisation des accès aux milieux 
particuliers que constituent les lagunes, les baies intérieures et la mer avec la collaboration des 
utilisateurs. Il permettra ainsi, de promouvoir la mise en valeur des écosystèmes et de leur 
biodiversité. De plus, suite à la caractérisation faite précédemment, nous pouvons prévoir 
certains aménagements nécessaires pour minimiser les dégâts faits à la végétation tout en 
préservant l’accès aux sites et aux accès des principaux plans d’eau intérieurs des Îles et une
petite campagne d’information sur le sujet.

· Étude biophysique des milieux humides des Îles-de-la-Madeleine.

Comme le manque de connaissances sur les milieux humides semble être une des 
problématiques majeures de leur conservation, nous proposons la mise à jour des
informations disponibles sur ces milieux dans l’archipel (dernière étude datant de 1994) 
et leur cartographie sur support informatique. Cette partie pourrait être accompagnée 
d’une phase de diffusion d’information.

· Cartographie de zones d’érosion le long du littoral – dunes et falaises.

Compte tenu de la complexité du problème, nous proposons une recherche bibliographique 
approfondie sur le sujet, surtout les ouvrages effectués aux Îles-de-la-Madeleine, suivi d’une 
cartographie exhaustive des lieux d’érosion. Les cartes doivent comprendre, si possible, des 
données historiques sur le taux d’érosion. De plus, le tout doit être suivi d’une campagne 
d’information pour la population et les visiteurs.

Avantages

À l’issue de la récolte des données pertinentes, réalisée sur le terrain et/ou en questionnant 
certains utilisateurs et/ou la bibliographie, les informations concernant les accès et sites ciblés, les 
milieux humides et les zones d’érosion seront cartographiées. Les cartes ainsi obtenues 
constitueront le support visuel idéal pour, ensuite, organiser des séances de consultation et 
d’information auprès des utilisateurs des plans d’eau, de la population et de la municipalité locale. 
Cette démarche permettra, d’une part, de tenir ces organismes informés des résultats obtenus au 
cours de la collecte de données et, d’autre part, d’obtenir leur avis sur les accès à privilégier et 
sur les éventuels aménagements proposés.

De plus, nous aurons des documents résumant les caractéristiques écologiques de chacun des 
accès et sites donnant sur les plans d’eau des Îles-de-la-Madeleine, décrivant les milieux 
humides et les zones d’érosion de l’archipel.

Faisabilité

En 2000, dans le cadre du projet Comprendre le passé pour mieux gérer l’avenir, le Comité 
ZIP a tracé un portrait cartographique des ressources et des usages des plans d’eau intérieurs de
l’archipel. De plus, la présentation des résultats de cette étude et des principes de gestion intégrée
aux utilisateurs et intervenants concernés a entraîné la formation d’un comité de gestion pour 
chacun des cinq principaux plans d’eau intérieurs. Ces comités ont pour mandat de favoriser le
développement durable des plans d’eau en harmonisant toutes les activités, présentes et à venir, 
pratiquées dans les zones côtières.

Son objectif principal est de fournir aux nombreux intervenants concernés (comités de gestion 
intégrée, municipalité des Îles, etc.) un outil de gestion efficace qui éclairera, à l’avenir, les 
processus de prise de décision et d’élaboration de plans d’actions. Cette démarche s’inscrit 
dans une optique de développement durable.

De plus, le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine a développé une expertise concernant la 
cartographie, laquelle peut être mise à profit pour les trois solutions envisagées.

Partenaires visés

Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, le MPO, le MAPAQ, la municipalité des
Îles-de-la-Madeleine, le Centre local de développement (CLD) des Îles, la Société d’Aide au
Développement des Collectivités (SADC), Ressources Naturelles Canada, Attention FragÎles, 
etc.

Plusieurs autres intervenants ou usagers peuvent être appelés à participer dans une ou plusieurs 
des actions à entreprendre après l’acquisition des connaissances.

Coûts

· Caractérisation et mise en valeur des accès et sites donnant sur les principaux
   plans d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine.

Première phase :

Main-d’œuvre (incluant le bénévolat) 51 560.00$

Matériel et équipement 31 300.00$

Autres frais 15 600.00$

Total du projet 98 460.00$

* Ce coût n’inclut pas la caractérisation des accès et sites donnant sur la mer.

Deuxième phase : À déterminer

Étude biophysique des milieux humides des Îles-de-la-Madeleine. À déterminer

Cartographie de zones d’érosion le long du littoral – dunes et falaises. À déterminer

Échéancier

Caractérisation et mise en valeur des accès et sites donnant sur les principaux plans d’eau
 intérieurs des Îles-de-la-Madeleine.

Première phase : 2001 – 2003 (en cours)

Deuxième phase : 2003 - 2005

Étude biophysique des milieux humides des Îles-de-la-Madeleine

suivi d’une campagne d’information sur les zones sensibles. 2003 - 2004

Cartographie de zones d’érosion le long du littoral –

dunes et falaises, incluant la diffusion des résultats à

la population et aux visiteurs. 2004 - 2006

Indicateurs

Nombre de personnes rencontrées et sensibilisées au développement durable des plans 
d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine et à l’importance d’en préserver les berges.

Nombre d’accès inventoriés.

Nombre d’accès rationalisés.

Nombre de milieux humides cartographiés

Nombre de zones d’érosion cartographiées.

Références

Cela dépendra du projet entrepris.




Fiche technique 1.2.1

Identification

Thématique :             Protection et restauration des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :         Mettre en valeur les cours d’eau à potentiel de frai pour l’éperlan en 
                               s’attardant, entre autres, aux problèmes des eaux usées, de façon à favoriser 
                               l’éperlan tout en diminuant le rejet des polluants qui mettent en péril certaines                                   ressources aquicoles et marines.

Nom du projet

Mise en valeur des cours d’eau à habitats de frai pour l’Éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax
aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Problématique

Plusieurs témoignages font part de l’utilisation massive d’un grand nombre de cours d’eau sur 
l’archipel pour le frai de l’éperlan et ce, jusque dans les années 70 (pêcheurs, comm. pers.). Afin 
d’aider à localiser les cours d’eau actuellement utilisés, Bourque et Richard (1993), Richard (1995) 
et Verreault (1997) ont évalué le potentiel d’une centaine de cours d’eau sur le territoire. Des 
études menées par l’Aquarium des Îles (1997) et Terramar Environnement (1998) laissent penser 
qu’en dépit des nombreux cours d’eau historiquement favorables à cette espèce, à peine 13 
ruisseaux sont aujourd’hui utilisés par l’éperlan pour la reproduction ou présentent un bon potentiel
d’utilisation.

Le plan d’action, dressé en 1999 par l’Aquarium des Îles, fait ressortir les éléments 
problématiques de nos cours d’eau, et c’est sur cette base que nous avons ciblé les diverses 
actions à mener à court et moyen terme afin de mettre en valeur nos cours d’eau et de 
favoriser la reproduction de l’éperlan arc-en-ciel.

Mentionnons que le problème des eaux usées, qui s’avère également un point important 
à surveiller pour l’espèce en question, est traité dans la fiche technique 4.2 – Inventaire 
des systèmes de traitement des eaux usées des résidences isolées. Ceci n’empêche pas que 
certaines analyses d’eau soient prévues dans le cadre de ce projet, de même qu’une 
sensibilisation des utilisateurs et de la population à cette problématique.

Solution envisagée

Première phase :

Pour les 13 cours d’eau ciblés préférentiellement, il s’agira de s’assurer de l’accessibilité des sites 
de frai pour l’éperlan. Là où des interventions mineures (ajustement de seuil, dégagement léger) 
s’avèrent nécessaires, les travaux devront être exécutés immédiatement après la débâcle de façon 
à ne pas nuire à la montaison de l’éperlan.

De plus, un suivi doit être assuré concernant la reproduction et la mise en valeur des cours d’eau. 
La sensibilisation des propriétaires riverains, des pêcheurs et de la population à l’importance des 
cours d’eau et de leur protection complétera cette phase.

Deuxième phase :

L’étape suivante sera de résoudre la problématique de la qualité de l’eau au niveau de certains 
cours d’eau, en effectuant par exemple certains travaux de restauration des berges.

Avantages

Ces actions permettront : de comprendre la dynamique entourant la reproduction du stock 
d’éperlan arc-en-ciel fréquentant les côtes des Îles-de-la-Madeleine; de favoriser, par des travaux 
de mise en valeur, un apport maximum des cours d’eau de l’archipel pour la population d’éperlan 
arc-en-ciel aux Îles-de-la-Madeleine; de sensibiliser la population des Îles-de-la-Madeleine à 
l’importance de conserver et de protéger ces milieux; et d’impliquer les exploitants des ressources 
marines et les propriétaires de terrains environnants dans la mise en place de solutions durables de
conservation.

Faisabilité

L’implication des intervenants, des propriétaires des terrains environnants et des pêcheurs est 
essentielle pour la réussite de ce projet.

Partenaires visés

L’Aquarium des Îles-de-la-Madeleine, la Fondation de la Faune du Québec, le MENV, la 
FAPAQ, le Comité des Pêcheurs d’éperlans des Îles-de-la-Madeleine, le Comité ZIP des Îles 
(appui scientifique), MAPAQ, etc.

Les municipalités et autres organismes locaux peuvent être appelés à participer comme 
partenaires dans ce projet.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 18 596.00 $

Matériel et équipement 2 800.00 $

Autres frais 3 450.00 $

Total du projet 24 846.00 $

Deuxième phase : À déterminer

Échéancier

Première phase : 2000 (réalisée)

Deuxième phase : 2001 – 2004 (en cours)

Indicateurs

Nombre de ruisseaux aménagés.

Nombre des personnes sensibilisées à la problématique de contamination des cours d’eau 
de l’archipel.

Références

AQUARIUM DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE / BOURQUE F. et S. PEREIRA. 1997. Caractérisation du stock
reproducteur d’Éperlan arc-en-ciel aux Îles-de-la-Madeleine et mise en valeur d’un cours d’eau à habitats 
de fraie. Rapport remis à Saint-Laurent Vision 2000 et à la Fondation de la Faune du Québec. ix + 86 p.

AQUARIUM DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE. 1999. Mise en valeur des ruisseaux à habitats de frai pour 
l’Éperlan arc-en-ciel aux Îles-de-la-Madeleine – Plan d’action. Rapport produit pour le ministère de 
l’Environnement et de la Faune du Québec. Iv + 25 p.

BOURQUE, F. et Y. RICHARD. 1993. Inventaire des sites de reproduction potentiels de l’Éperlan arc-en-
ciel (Osmerus mordax) sur l’île de Havre-Aubert. Rapport présenté au ministère du Loisir, de la Chasse et 
de la Pêche du Québec. 15 p.

BRASSARD, C et G. VERREAULT. 1995. Indice de qualité de l’habitat de reproduction de l’éperlan arc-
en-ciel (Osmerus mordax) anadrome de l’estuaire sud du Saint-Laurent. Ministère de l’Environnement 
et de la faune. Service de l’aménagement et de l’exploitation de la faune. Direction régionale du Bas 
Saint-Laurent. 33 p.

PAQUET, GILLES. 1985. Guide d’amélioration et de restauration de l’habitat du poisson dans les petits 
cours d’eau. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, service des études écologiques. vii + 72 p.

RICHARD, ALAIN. 1995. Inventaire des sites de reproduction potentiels de l’Éperlan arc-en-ciel (Osmerus 
mordax) aux Îles-de-la-Madeleine à l’exception de l’île de Havre-Aubert, de l’île Brion et de l’île d’Entrée. 
Rapport présenté au ministère de l’Environnement et de la Faune, Service de l’aménagement et de 
l’exploitation de la faune, Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine. 56 p.

TERRAMAR ENVIRONNEMENT ENR. 1998. Identification des cours d’eau des Îles-de-la-Madeleine
 utilisés par l’Éperlan arc-en-ciel durant la période de frai au printemps 1998. rapport présenté à 
l’Aquarium des Îles-de-la-Madeleine et au ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec. 
Iv + 29 p.

VERREAULT, GUY. 1997. Inventaire des frayères potentielles pour l’Éperlan arc-en-ciel aux Îles-de-
la-Madeleine. Notes de service. Ministère de l’Environnement et de la Faune, région du Bas Saint-
Laurent.

 

 

Fiche technique 1.2.2

Identification

Thématique :             Protection et restauration des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :           Restaurer les complexes lagunaires

Nom du projet

Restauration des plans d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est un milieu extrêmement particulier, où les milieux terrestres 
et aquatiques sont intimement liés. Ainsi, les cinq principaux plans d’eau intérieurs, à savoir le 
Bassin aux Huîtres, la Baie du Havre-aux-Basques, la Baie du Bassin et les lagunes de Grande-
Entrée et du Havre-aux-Maisons, totalisent à eux seuls plus de 122 km2 de superficie. Ces lagunes 
ou baies intérieures constituent des milieux aquatiques particuliers, en contact avec le milieu marin 
par l’intermédiaire d’un ou plusieurs goulets, et donc influencés par les courants et les marées. Ces 
milieux sont habituellement reconnus pour leur productivité importante et pour la grande diversité 
animale et végétale qu’ils abritent. Cette productivité prend d’autant plus d’importance que
plusieurs espèces constituent des ressources halieutiques traditionnellement exploitées aux Îles. 
Ces milieux sont aussi fréquentés par plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux au cours de l’année, 
parmi lesquelles plusieurs sont en péril. Par ailleurs, comme ils sont délimités par des cordons de 
sable, leur stabilité, ou leur évolution, sont intimement liées à celle des dunes et des plages qui les 
bordent.

Or, au cours des années 1950, ces plans d’eau intérieurs ont subi de profondes modifications 
dans leur dynamique, du fait de la construction de nombreuses infrastructures routières et 
portuaires. L’exemple le plus frappant est celui de l’ancienne lagune du Havre-aux-Basques 
dont les deux principales passes, qui assuraient jusqu’alors la connexion avec le milieu marin, 
ont été fermées suite au parachèvement de la route 199 : ce plan d’eau a alors progressivement 
perdu ses caractéristiques lagunaires, les échanges avec la mer ne se faisant plus que par un goulet
intermittent. De plus, ces baies et lagunes sont fortement sollicitées par des activités d’élevage
(mariculture) et par la récolte, commerciale ou à des fins personnelles, des ressources halieutiques.
Plus récemment, le développement de l’industrie touristique aux Îles a entraîné l’apparition de
nombreuses autres utilisations de ces plans d’eau et de leurs abords, spécialement dans le cas des 
lagunes : navigation de plaisance, plongée et circulation en véhicules hors-route en sont les principaux
exemples. Toutes ces problématiques, compliquées par une mauvaise communication entre 
gestionnaires et utilisateurs, et par un manque de sensibilisation aux questions d’environnement, 
entraînent de fréquents conflits d’utilisation et causent une dégradation progressive des plans d’eau. 
On trouve ainsi, sur les berges et le fond des lagunes et des baies, de nombreux déchets de tailles 
et d’origines diverses, qui font de plus en plus souvent obstacle aux activités humaines.

Une bonne gestion des plans d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine passe donc nécessairement 
par leur restauration progressive, et donc par un nettoyage des berges et des fonds. À plus long 
terme, ces actions contribueront à préserver les activités humaines traditionnellement pratiquées, 
tout en minimisant leur impact sur ces milieux aquatiques et sur les milieux associés.

Solutions envisagées

Dans un premier temps, il était nécessaire de dégager un portrait des cinq principaux plans d’eau 
intérieurs, en terme d’utilisation, de ressources et de problématiques spécifiques. Ceci a fait l’objet 
d’un premier projet : Comprendre le passé pour mieux gérer l’avenir, réalisé au cours de 
l’année 2000, qui a permis de cartographier les spécificités de chaque plan d’eau et de mettre en 
place, pour chacun d’entre eux, un comité de gestion. Parmi les actions qui sont ressorties comme
extrêmement importantes au cours de cette étape, on retrouve le nettoyage des berges de la lagune
de la Grande-Entrée et le nettoyage du fond des deux lagunes de l’archipel.

Le présent projet s’inscrit donc dans la continuité du précédent et s’intéresse plus spécifiquement 
au nettoyage des deux lagunes de l’archipel. Il sera séparé en trois phases distinctes : le nettoyage 
des berges de la lagune de la Grande-Entrée, la localisation des principaux déchets sous-marins et 
le nettoyage du fond des lagunes de la Grande-Entrée et du Havre-aux-Maisons.

Première phase :

Les travaux d’inventaire réalisés au cours du projet Comprendre le passé pour mieux gérer 
l’avenir
avaient permis d’identifier deux secteurs de la lagune de la Grande-Entrée où 
d’importantes quantités de déchets souillent les berges. Dans ces deux secteurs, des activités de 
nettoyage permettront d’enlever ces déchets, essentiellement constitués de dépôts de matériaux 
secs.

Suite à ces travaux, une exposition de photos et de textes explicatifs sera réalisée, puis présentée 
dans les municipalités concernées, les écoles primaires et lors des festivals estivaux. Cette 
démarche de sensibilisation à la problématique des déchets en milieu naturel et à l’importance 
des milieux lagunaires sera par ailleurs complétée par la diffusion, via les médias locaux, des 
informations concernant les différentes étapes du projet.

Deuxième phase :

En ce qui concerne les déchets sous-marins, il est tout d’abord important de consulter les 
utilisateurs des lagunes, afin d’obtenir des informations préliminaires sur l’emplacement des 
principaux déchets : on a ainsi pu localiser 21 grosses cages (trois mètres de haut) ayant 
servi à l’élevage du homard et aujourd’hui abandonnées au fond de la lagune de Havre-aux-
Maisons, ainsi que plusieurs déchets provenant d’élevages de moules dans la lagune de 
Grande-Entrée. Une fois ces renseignements complétés par des prises de vues aériennes, les 
localisations devront être confirmées par GPS et cartographiés à l’aide du logiciel Arc-View.

De plus, un nettoyage expérimental est prévu pour une des grandes cages, afin de pouvoir 
planifier plus efficacement le nettoyage global et de déterminer les techniques qui seront 
employées.

Troisième phase :

Enfin, la phase finale du projet consistera en un nettoyage global des fonds des deux lagunes 
dans la mesure où cela est envisageable. Au cours de l’année 2000, le Comité ZIP s’est 
associé au Comité de suivi de la pêche et de l’aquaculture, au MPO et au MAPAQ lors du 
nettoyage d’une petite portion de la lagune de Grande-Entrée. Une fois les déchets localisés 
et les techniques de nettoyage précisées, le nettoyage des déchets restant ne devrait pas 
poser de problème particulier.

D’autre part, suite à une demande du Comité de gestion de la Baie du Bassin, le fond de ce 
plan d’eau pourrait également faire objet d’un nettoyage.

Enfin, mentionnons que, vu la taille importante de certains déchets présents dans les plans 
d’eau, une certaine remise en suspension des sédiments est attendue. Des mesures 
d’atténuation devront donc être prévues afin de minimiser cet impact.

Avantages

La qualité des plans d’eau étant intimement reliée à celle de leurs berges, le nettoyage de ces 
dernières dans les deux secteurs présentant les plus importantes quantités de déchets contribuera 
au maintien de l’intégrité du milieu lagunaire. De plus, les activités de sensibilisation (communications 
via les médias locaux et exposition) permettront d’ouvrir les yeux du public sur la problématique 
des déchets en milieu naturel et sur l’importance de préserver les berges des plans d’eau, dans une 
optique de développement durable des ressources disponibles et des activités pratiquées.

La localisation des principaux déchets qui gisent au fond des lagunes, ainsi que l’expérience 
pratique acquise lors du nettoyage expérimental et de l’enlèvement d’une partie des débris de la 
lagune de Grande-Entrée, devraient permettre une meilleure gestion et une plus grande efficacité
lors du nettoyage complet des deux lagunes. Cette phase de repérage et de mise au point est 
également importante en terme d’impact sur le milieu naturel : la remise en suspension des 
sédiments aura en effet d’autant moins d’impact que l’enlèvement des déchets se fera rapidement.

À moyen et à long terme, le nettoyage des lagunes participera à l’amélioration de la qualité des 
milieux naturels de l’archipel. Les retombées positives concerneront également les activités 
humaines puisque plusieurs d’entre-elles sont perturbées par la présence de débris.

Faisabilité

Le portrait des principaux plans d’eau intérieurs qui s’était dégagé lors du projet Comprendre le 
passé pour mieux gérer l’avenir
, présentait clairement le nettoyage des berges et du fond des 
lagunes comme une priorité d’action. Le présent projet répond donc à une attente réelle du milieu, 
comme en fait foi l’implication des gestionnaires et utilisateurs des lagunes.

Le projet Comprendre le passé pour mieux gérer l’avenir avait d’ailleurs déjà permis 
d’identifier les secteurs où les berges présentaient les plus grandes quantités de déchets et qui 
feront donc l’objet des travaux de nettoyage de la première phase du présent projet.

Toujours dans le but de répondre le mieux possible aux attentes de la population, les techniques 
qui seront employées pour la localisation des principaux déchets sous-marins utilisent, dans un 
premier temps, les informations disponibles parmi les utilisateurs de ces milieux, qui seront 
complétées et validées par la suite. Pour ce qui est du nettoyage proprement dit, l’expérience 
réalisée en 2000 dans la lagune de Grande-Entrée semble concluante et les techniques seront 
par ailleurs perfectionnées au cours du nettoyage expérimental d’un des déchets les plus 
importants.

De plus, depuis 1994, plusieurs organismes des Îles-de-la-Madeleine, comme Attention 
FragÎles, l’Aquarium des Îles et le Centre Nautique de l’Istorlet ont participé à plusieurs 
campagnes de nettoyage des milieux naturels ce qui a permis au milieu d’acquérir une certaine 
expertise dans ce type de projet.

Partenaires visés

Comité ZIP des Îles-des-Îles-de-la-Madeleine, MPO : Institut Maurice-Lamontagne 
(expertise dans le domaine) et direction régionale des Îles-de-la-Madeleine (prêt d’équipement), 
CLSC régional, usagers des plans d’eau.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 13 275.00 $

Matériel et équipement (bateau) 6 400,00 $

Autres frais 4 490,00 $

Total du projet 24 165.00 $

Deuxième phase :

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 57 261,50 $

Matériel et équipement (bateau et ultra léger) 10 675,00 $

Autres frais 4 000,00 $

Total du projet 71 936.50 $

Troisième phase :

Les coûts associés au nettoyage des fonds proprement dit restent à déterminer.

Échéancier

Première phase : 2001 (réalisée)

Deuxième phase : 2002

Troisième phase : 2003 - 2005

Indicateurs

Quantités de déchets retirés des berges et du fond des lagunes.

Nombre de personnes touchées par les différentes activités de sensibilisation.

Nombre de plainte des utilisateurs vis-à-vis de la présence de déchets.

Références

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.2.3

Identification

Thématique :             Protection et conservation des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :          Restaurer les complexes dunaires.

Nom du projet

Restauration des dunes aux Îles-de-la-Madeleine

Localisation

Problématique

Le territoire des Îles-de-la-Madeleine est un milieu extrêmement particulier, où les dunes couvrent 
presque 30 % des terres émergées (62 km2) et constituent un élément majeur du paysage. Ce 
milieu se retrouve essentiellement au niveau des cordons littoraux qui relient entre-elles sept des 
principales îles de l’archipel : les dunes ont souvent plusieurs mètres de haut et sont généralement
positionnées sur deux ou trois rangs parallèles à la ligne de plage. Ces milieux, outre leur
importance en termes de superficie, jouent de nombreux rôles au sein de l’archipel, avec des 
répercussions sur le milieu naturel, bien sûr, mais aussi sur les activités humaines. L’exemple le plus
probant est celui de la dune bordière, qui constitue le premier et parfois le seul rempart contre les 
assauts de la mer et des vents : elle protège ainsi les milieux intérieurs et les routes des phénomènes
d’inondation et d’ensablement. Le milieu dunaire est, de plus, intimement lié à certains milieux 
humides dont l’importance n’est plus à prouver : ils constituent, entre autres, une protection 
efficace contre les inondations, contribuent à l’épuration des eaux avant qu’elles ne se rendent à 
la nappe phréatique, et sont aussi essentiels à différentes activités humaines, comme la cueillette 
des canneberges par exemple. Enfin, les dunes servent d’habitat à de nombreuses espèces 
animales et végétales, dont certaines sont rares et/ou menacées.

Le principe de formation des dunes est relativement simple : le sable, emporté par le vent, 
s’accumule en certains points, notamment en haut de plage ou sur certains obstacles. Sur ces 
dunes dites « mobiles », seule une végétation herbacée se développera dans un premier temps.
L’espèce la plus fréquente à ce niveau est l’ammophile à ligule courte ou « foin de dune » : ses 
tiges souterraines très nombreuses vont peu à peu constituer le squelette de la dune mobile, 
indispensable à la cohésion du sable. Après le foin de dune, ce sont en général des espèces 
arbustives, puis des conifères qui vont s’installer sur les dunes mobiles les plus anciennes et 
les transformer petit à petit en dunes « fixées », toujours par l’intermédiaire des racines et des
tiges souterraines. Ces étapes successives sont également caractérisées par une augmentation 
de la diversité des espèces. La succession végétale a donc un rôle particulièrement important 
dans ce milieu, chacune de ces étapes participant à une fixation progressive de ces structures 
de sable à l’origine mobiles. Cependant, ce processus de stabilisation par les végétaux est 
relativement lent, et peut être rapidement et profondément bouleversé : si des dégâts 
importants sont causés à la végétation, qu’elle soit herbacée, arbustive ou même 
arborescente, les vents violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à 
leur mobilité originelle ! Les risques de déstabilisation de cet écosystème sont donc toujours 
présents, et d’autant plus importants du fait de sa complexité et de la diversité importante des 
habitats qui le composent et des espèces qu’ils abritent. Notons également qu’à plus long 
terme, en cas de dommages importants causés à ces structures naturelles de protection, et 
plus particulièrement aux dunes bordières, les milieux environnants sont également en danger : 
risques d’inondation lors des tempêtes, de contamination de la nappe phréatique par l’eau 
salée, etc.

Or, en dépit de leur fragilité, ces milieux sont de plus en plus sollicités par les activités humaines, 
depuis l’exploitation du sable, la circulation en véhicules hors route (VTT, camions 4x4, etc.) et 
la cueillette des canneberges, jusqu’à l’importance croissante de l’écotourisme et de 
l’observation des milieux naturels. Le maintien de l’intégrité des milieux dunaires et associés, et 
donc de la diversité des habitats et des espèces qui les caractérisent, passe donc nécessairement 
par la mise en place de mesures de protection et de restauration. C’est à ce prix seulement que 
les principales activités pratiquées dans ces milieux typiques des paysages des Îles, qui sont autant 
d’attraits pour les nombreux touristes qui fréquentent la région, pourront être conservées à long 
terme.

Du point de vue de la municipalité des Îles et du MTQ, qui jouent un rôle actif dans ce domaine, 
un des principaux problèmes est le risque pour la sécurité publique que pose l’accumulation du 
sable ainsi libéré en certains points du réseau routier de l’archipel. C’est donc cette 
problématique particulière qui fait l’objet de la présente fiche technique.

Cependant, il est utile de noter que suite à la décision de la mise en place d’un réseau de 
sentiers VTT balisés sur l’archipel, les milieux dunaires devront faire l’objet de travaux de 
restauration au niveau des nombreux sentiers existants qui ne seront pas retenus (voir fiche 
technique 1.1.3 – Gestion de la circulation VTT aux Îles-de-la-Madeleine). L’organisme 
Attention FragÎles, impliqué dans ce domaine depuis le début des années 1990, assurerait a 
priori ces activités de restauration.

Solutions envisagées

La première démarche est d’identifier les secteurs clés de la problématique. Il s’agit ici des zones 
dont la protection et/ou la restauration sont indispensables au maintien de l’intégrité du réseau 
routier. Les niveaux de priorité des différents secteurs sont ensuite attribués, notamment en 
fonction de leur degré de dégradation et des risques qui sont encourus par les usagers.

Des techniques de restauration peuvent alors être mises en œuvre aux endroits critiques. Plusieurs 
méthodes existent à cet effet, le principe de base étant toujours de placer un obstacle, en partie 
perméable afin d’éviter les phénomènes d’affouillement, aux endroits où l’on veut que le vent 
accumule le sable. Dans le cas de cette fiche, les « capteurs » utilisés seront des clôtures, formées 
d’une double rangée de pieux remplie de fagots de branchages, ces derniers étant récupérés des 
travaux forestiers effectués par la MRC. Ces clôtures permettent une accumulation du sable, plus 
ou moins rapidement selon les endroits, et une restauration progressive des dunes endommagées. 
La végétation naturelle s’installe habituellement d’elle-même au bout d’environ deux ans. 
Cependant, il est recommandé, si possible, de procéder à la végétalisation lors de la première
 année.

Enfin, un suivi régulier des secteurs restaurés et de leur colonisation par la végétation naturelle, 
phase indispensable à une fixation durable des dunes restaurées, devrait également être mis en 
place.

Avantages

L’identification des zones les plus endommagées, ainsi que la définition de secteurs clés, 
permettront une gestion efficace du territoire et une bonne coordination des actions à mener dans 
ce dossier.

La mise en pratique des techniques de restauration permet bien sûr en premier lieu de protéger 
l’intégrité des milieux dunaires et associés. Elle permet aussi, par voie de conséquence, de 
maintenir ou d’améliorer la protection des structures humaines et plus particulièrement des 
réseaux routiers.

Enfin, le suivi régulier des zones restaurées, ainsi que des secteur clés identifiés, présente 
plusieurs avantages. Tout d’abord, il permet de vérifier l’efficacité des techniques employées 
et de prendre, le cas échéant, d’autres mesures de protection et/ou de restauration 
(revégétalisation, restriction de la circulation, etc.). Par ailleurs, un suivi constant devrait permettre 
de mettre en évidence d’éventuelles nouvelles problématiques (nouveaux secteurs clés, impacts 
imprévus des capteurs, etc.) et de réagir rapidement.

Faisabilité

L’identification des zones à restaurer en priorité et des secteurs clés a été réalisée dès 1999, et la 
MRC travaille conjointement avec le MTQ sur les milieux dunaires qui bordent certaines sections 
de la route 199, propices aux ensablements. La même année, 44 capteurs totalisant 893 mètres 
linéaires ont été installés sur la Dune du Nord, entre Pointe-aux-Loups et Grosse-Île. L’efficacité 
des capteurs a, depuis, été amplement vérifiée, bien que d’importantes différences dans la vitesse
d’ensablement aient été mises en évidence entre les sites. Précisons d’autre part que les matériaux 
utilisés dans la confection des fagots de branchages sont en général récupérés sur des terrains 
privés lors de travaux sylvicoles effectués par la MRC.

En 2000, d’autres capteurs ont été érigés sur la dune de la Martinique (Havre-aux-Basques), la 
Pointe de la Grande-Entrée, la plage du Bassin Est (Grande-Entrée). Les efforts de stabilisation 
de la Dune du Nord entrepris en 1999 ont également été poursuivis.

Pour les années futures, d’autres travaux de stabilisation sont prévus, de même que le suivi des 
structures en place et de leur colonisation par la végétation naturelle. Les secteurs à privilégier 
sont la Dune du Nord (entre Fatima et Grosse-Île), la Sablière du Nord (Fatima) et la Dune de 
l’Ouest (entre Étang-du-Nord et Étang-des-Caps). Par ailleurs, d’autres secteurs, comme la 
Pointe de l’Est, pourront s’ajouter aux secteurs clés déjà identifiés.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, MTQ, MRN, Attention FragÎles.

Coûts

Étant donné le nombre important de secteurs déjà restaurés ou dont la restauration est prévue et 
le fait que la technique utilisée est toujours la même, les coûts de réalisation sont présentés pour 
50 m linéaires de capteurs installés.

Main-d’œuvre (confection et mise en place des capteurs) 1 225.00 $

Matériel et équipement 175.00 $

Total pour 50 m de capteurs 1 400.00 $

Soulignons, que le suivi régulier des zones restaurées est une étape importante dans la 
restauration des dunes. Cependant, nous ne pouvons pas estimer ici, les coûts de cette 
étape, car cela rentre dans les tâches régulières du chargé du projet à la municipalité.

Échéancier

Identification des secteurs à restaurer 1999 (réalisé)

Dune du Nord (entre Pointe-aux-Loups et Grosse-Île) 1999 – 2000 (à reprendre)

Dune de la Martinique (Havre-aux-Basques) 2000 (réalisé)

Pointe de la Grande-Entrée 2000 (réalisé)

Plage du Bassin Est (Grande-Entrée) 2000 (à reprendre)

Dune du Nord (entre Fatima et Grosse-Île) 2001 – 2003 (en cours)

Sablière du Nord (Fatima) 2002 – 2004

Dune de l’Ouest (entre Étang-du-Nord et Étang-des-Caps) 2001 – 2003 (en cours)

Mentionnons, qu’en dépendant de l’ampleur de travaux envisagés, ils doivent être fait 
par étape et peuvent donc, se prolonger pendant plusieurs années.

Indicateurs

Rapidité d’accumulation du sable au niveau des capteurs.

Vitesse de « reformation » des dunes

Vitesse de recolonisation par la végétation naturelle.

Références

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

MORIN, I. 2000. Géomorphologie et évolution du système dunaire des Îles-de-la-Madeleine, Québec
Mémoire de maîtrise. Université Laval.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.2.4

Identification

Thématique :             Protection et conservation des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :         Réouvrir et revitaliser la lagune du Havre-aux-Basques.

Nom du projet

Réouverture du Havre-aux-Basques

Localisation

Problématique

La lagune du Havre-aux-Basques, située au sud ouest de l’archipel des Îles-de-la-Madeleine, est 
délimitée par l’Île de Cap-aux-Meules au nord, par l’Île de Havre-Aubert au sud et, à l’est et à 
l’ouest, par deux cordons dunaires (tombolos) : la Martinique et la dune de l’ouest. À l’origine, 
cette lagune communiquait essentiellement avec la Baie de Plaisance, la majorité des échanges 
se faisant au niveau de la passe principale et d’une autre plus petite, toutes deux situées sur le 
cordon dunaire de la Martinique. Mais en 1956, le parachèvement de la route 199 nécessite, 
étant donné les moyens financiers et techniques disponibles, la construction d’une digue qui 
ferme la passe principale de la lagune de Havre-aux-Basques. La construction, en 1963, d’une 
autre digue au niveau de la seconde ouverture du côté est, bloque presque complètement les 
échanges entre la lagune et le milieu marin. Ceux-ci ne se font alors plus que par l’intermédiaire 
d’un goulet qui se forme sporadiquement à l’ouest, en particulier lors des grandes marées 
d’équinoxe.

À partir du moment où la lagune du Havre-aux-Basques est privée des échanges avec la Baie 
de Plaisance et le golfe du Saint-Laurent, les conditions physiques, chimiques et biologiques de
ce plan d’eau subissent de profondes modifications. On observe notamment une absence 
presque totale de courants, une élévation du niveau de l’eau, une baisse de sa salinité, une 
augmentation de sa température et, en certains endroits, une baisse de la concentration en 
oxygène. La lagune a également subi un ensablement progressif et un pré salé s’est installé 
dans sa portion nord. Ces changements se sont accompagnés d’une modification importante 
de la flore et de la faune peuplant la lagune : on note une régression des espèces strictement 
marines, qui sont progressivement remplacées par d’autres, mieux adaptées aux nouvelles 
conditions qui prévalent. Or, la lagune du Havre-aux-Basques était l’une des trois principales 
lagunes de l’archipel et faisait partie autant du patrimoine naturel des Îles que des activités
socio-économiques de leurs habitants.

C’est ainsi que, dès 1966, c’est-à-dire à peine trois ans après la fermeture de la seconde passe 
de la lagune, le sous-comité local des pêches de la municipalité de Havre-aux-Maisons suggère 
la réouverture du chenal. L’implication du milieu devient évidente lors de la formation, en 1987, 
de l’Association pour la revalorisation de la lagune du Havre-aux-Basques, qui a par la suite 
participé à la plupart des actions réalisées à ce sujet. Depuis la fin des années 1960, ce projet 
a en effet donné naissance à un nombre impressionnant d’études, couvrant la majorité des 
aspects de la problématique. Pourtant, si les données concernant les conditions existantes 
dans la lagune depuis sa fermeture sont nombreuses, bien que parfois difficiles à interpréter 
du fait de l’évolution constante du milieu, les connaissances quant aux conditions qui existaient 
avant sa fermeture sont fragmentaires et imprécises. C’est probablement l’une des raisons 
principales qui font que cette problématique n’a pas encore trouvé de solution, en dépit 
des nombreux efforts qui lui ont été consacrés.

En effet, la réouverture de la lagune semble souhaitée par la majorité des habitants des Îles. 
Il est vrai que le milieu lagunaire est intimement lié à la vie madelinienne, autant par la pêche 
et la récolte de fruits de mer que par les activités récréo-touristiques, et que sa fermeture a 
entraîné, dans le cas du Havre-aux-Basques, une perte en termes de ressources halieutiques. 
Jadis, palourdes et coques étaient traditionnellement récoltées dans la lagune, et on y pêchait 
le hareng, l’éperlan, la capucette et l’anguille. Si on y pêche encore l’éperlan, dont la plus 
importante frayère aux Îles se trouve d’ailleurs à cet endroit, certaines de ces espèces sont 
aujourd’hui remplacées par d’autres qui ne sont pas consommées. Il semble également que la 
lagune ait pu jouer un rôle important pour les populations locales de homard, au moins en tant 
que refuge lors de la mue. La Baie de Plaisance a également subi un ensablement depuis la 
fermeture de la lagune, et les pêcheurs de homard de ce secteur espèrent que des fonds plus 
propices à cette espèce se reformeront si on procède à la réouverture. De plus, des odeurs 
nauséabondes se dégagent maintenant du plan d’eau devenu stagnant, indisposant les 
habitants, mais aussi les touristes qui, eux-aussi, font partie intégrante de l’économie 
madelinienne. Par ailleurs, plusieurs études de faisabilité ont jugé cette réouverture 
techniquement possible, écologiquement souhaitable (pour les milieux marins avoisinants) 
et même… économiquement rentable (à plus ou moins long terme).

Cependant, s’il est vrai que la réouverture de l’ancienne passe principale devrait, en 
rétablissant le contact avec le milieu marin, ramener progressivement les conditions vers celles 
qui existaient avant la fermeture, ce processus sera long et les bénéfices ne seront peut-être pas 
à la hauteur des espérances. En effet, depuis presque 40 ans que le plan d’eau est isolé, les 
changements qui y ont eu lieu ont été profonds. Les espèces tant espérées ne pourraient donc 
s’y réinstaller avant longtemps et, plus important, la grande diversité biologique qui caractérise 
maintenant ce plan d’eau se verrait diminuée de nombreuses espèces. Parmi les habitats qui 
sont menacés par une éventuelle réouverture, on retrouve notamment le pré salé et les herbiers 
aquatiques qui se sont développés dans la portion nord. Or, même s’ils sont en grande partie 
responsables du dégagement d’odeurs nauséabondes, ces milieux très productifs abritent
 une importante diversité animale et végétale. En outre, la réalisation des travaux aurait des 
impacts environnementaux à court terme, notamment en termes de risques reliés à l’utilisation 
de produits pétroliers (huiles et carburants), de déstabilisation de milieux dunaires et de 
remise en suspension de sédiments. Enfin, même si les estimations financières réalisées jugent 
que le coût imposant de la réouverture (6,5 M$) sera largement compensé, à long terme, par
les bénéfices provenant en grande partie des « nouvelles » ressources halieutiques, le fait est 
que ces estimations se basent sur des données pour le moins fragmentaires concernant les 
conditions avant fermeture.

La réouverture possible de la lagune du Havre-aux-Basques constitue donc une 
problématique complexe et, bien que ce projet soit issu d’une intention louable de 
restauration d’un milieu perturbé, sa réalisation pourrait causer des dommages importants 
aux différentes espèces végétales et animales qui peuplent aujourd’hui la lagune et les 
milieux environnants. Il est donc important, d’une part d’être bien conscient de ces impacts 
et de les atténuer autant que possible, et d’autre part de se donner les moyens d’établir un 
suivi efficace des milieux influencés et de prendre les mesures nécessaires, le cas échéant, 
pour que les pertes ne soient pas plus importantes que les bénéfices.

Solutions envisagées

Étant donné la complexité de la problématique et la quantité importante de données qui ont été 
récoltées depuis l’origine de ce projet de réouverture de la lagune du Havre-aux-Basques, 
plusieurs phases seront nécessaires afin de répondre au mieux à cette problématique.Première 
phase :

Il convient tout d’abord de faire le point sur les nombreuses informations disponibles et sur les 
conclusions des différentes études réalisées dans ce dossier. De plus, comme ce projet, suscite 
encore plusieurs inquiétudes, il faudrait établir un portrait clair des positions respectives des 
différents intervenants clés et dégager, si possible, un consensus.

Deuxième phase :

La seconde phase devrait être celle de la réalisation des travaux de réouverture eux-mêmes. À 
ce niveau, les mesures d’atténuation nécessaires devront être prises pour que les impacts sur les 
différents milieux situés dans la zone d’influence des travaux soient réduits au minimum. Des 
précautions devront notamment être prises pour conserver, autant que possible, l’intégrité du 
pré salé et des herbiers qui se sont développés au nord de la lagune du fait de l’ensablement : 
ces milieux servent en effet d’habitats à une grande diversité d’espèces. De plus, comme les 
mesures d’atténuation ne permettent en général pas de s’affranchir totalement des dommages 
causés au milieu, un processus de restauration des sites les plus touchés devrait être élaboré et 
mis en œuvre à l’issue des travaux.

Troisième phase :

Comme nous l’avons vu, la réouverture de la lagune met en jeu des facteurs aussi multiples 
que complexes (hydrologie et sédimentation, salinité, oxygénation, etc.) et il demeure difficile 
de prévoir avec certitude les nombreux impacts que ces travaux auront sur la lagune elle-
même, mais aussi sur les milieux environnants. La mise en œuvre, pendant et à l’issue des 
travaux, des mesures d’atténuation et des techniques de restauration, devra donc être 
complétée par un suivi à plus long terme des différentes composantes du milieu lagunaire 
et des milieux environnants. En effet, si un retour vers les conditions lagunaires de pré-
fermeture est probable et souhaitable, celui-ci ne se fera que très lentement car les espèces 
recherchées ne peuvent se réinstaller tant que les conditions physico-chimiques ne leur sont 
pas redevenues favorables. Ces conditions devront donc être mesurées à intervalle régulier 
afin de pouvoir planifier la réapparition des différentes espèces cibles du projet. Bien 
entendu, ce suivi permettra également de juger de l’impact de chacune des étapes 
successives du projet (travaux de réouverture, restauration, etc.) sur les différents milieux 
surveillés, et de prendre éventuellement les mesures nécessaires pour préserver leur intégrité.

Avantages

La revue et la synthèse des informations provenant des nombreux rapports d’étude réalisés à ce 
jour permettra de dégager un portrait le plus complet possible des conditions qui règnent 
ujourd’hui au sein de la lagune. Une bonne compréhension du milieu actuel et des modifications 
qui sont à l’œuvre est d’autant plus importante que les données concernant les conditions pré-
fermeture sont peu nombreuses et fragmentaires. Il faut cependant garder à l’esprit que les 
conditions « actuelles » sont en constante évolution depuis la fermeture de la lagune, et en tenir 
compte lors de l’analyse des conclusions de rapports ayant été réalisés à des époques différentes. 
Par ailleurs, bien que ce projet soit très populaire, il soulève encore plusieurs inquiétudes parmi 
les intervenants concernés et il est important de déterminer clairement leurs positions respectives, 
ainsi que les principales attentes des gens du milieu. Seule la réalisation de cette étape permettra 
de parvenir au consensus indispensable à la poursuite du projet. Cette mise à jour est également 
nécessaire pour « raviver la flamme » des intervenants et de la population en général, beaucoup 
étant quelque peu découragés par l’inertie décisionnelle qui semble caractériser ce dossier.

Une fois la première étape réalisée, et dans la mesure où les différents intervenants seront arrivés 
au consensus recherché, les travaux pourront commencer. Durant ces derniers, la mise en œuvre 
de mesures d’atténuation adaptées devrait permettre de minimiser les impacts directs sur les 
milieux naturels environnants. Ces mesures d’atténuation devraient notamment permettre de 
conserver l’intégrité du pré salé et des herbiers qui occupent maintenant le nord du plan d’eau 
et qui contribuent en grande partie à l’importante biodiversité du milieu. Le rétablissement des 
échanges entre la lagune et le milieu marin entraînera par la suite de nombreuses et profondes 
modifications des milieux lagunaire et associés, et les conditions devraient revenir 
progressivement à ce qu’elles étaient avant la fermeture, ou du moins à ce qu’elles sont dans 
les deux autres grandes lagunes de l’archipel. Ainsi, on devrait voir réapparaître progressivement 
les différentes espèces halieutiques qui étaient traditionnellement exploitées dans la lagune, même
si cette réapparition ne se fera qu’au bout de plusieurs années. Une augmentation de la taille des 
myes a d’ailleurs déjà pu être constatée localement suite à la réouverture du goulet dans la Dune 
de l’Ouest.

Enfin, le suivi attentif des différents milieux concernés permettra de juger de l’efficacité de l’option
de réouverture retenue et de la rapidité des modifications qu’elle entraînera. On pourra ainsi, au 
bout d’une période plus où moins importante, observer la recolonisation par des espèces maritimes 
au potentiel halieutique plus élevé et en tirer des informations importantes sur les processus mis en 
jeu. La réouverture d’une lagune de cette taille représente en effet une occasion inespérée d’étudier 
en détail les patrons de modification du milieu… et de mettre éventuellement en évidence les effets
indésirables d’un tel projet. C’est également dans cette optique que le suivi devra être effectué, les
phénomènes mis en jeu par la réouverture étant très complexes et les prévisions d’autant plus
difficiles à dégager. Il est donc primordial de pouvoir se rendre compte rapidement d’une
éventuelle perturbation, imprévue à l’origine, de certains des milieux particulièrement fragiles 
qui caractérisent le site à l’étude. Les actions et/ou aménagements nécessaires pourront ainsi 
être mis en œuvre efficacement avant que l’impact sur le milieu naturel ne soit trop important. 

Faisabilité

Première phase :

Les nombreux documents déjà disponibles à ce sujet constituent une source d’informations à tous 
es niveaux et plusieurs travaux de synthèse ont déjà été réalisés. De plus, cette problématique a su, 
et saura encore si une issue se dessine pour un avenir pas trop lointain, générer une forte 
implication du milieu. Enfin, le contexte économique actuel, relativement favorable, devrait 
augmenter les chances d’arriver rapidement à un consensus.

Deuxième phase :

Là encore, les nombreuses études techniques réalisées dans le cadre de ce dossier, associées aux
expériences retirées des erreurs passées constituent une base solide sur laquelle appuyer la phase 
de mise en œuvre des travaux. La bonne connaissance du milieu, qui caractérise certains des 
intervenants devrait en outre faciliter la détermination des périodes les moins critiques pour les 
différentes activités.

Troisième phase :

Le suivi d’un tel projet nécessite avant tout une forte participation du milieu. En ce sens, 
l’Association pour la revalorisation de la lagune du Havre-aux-Basques constitue le partenaire 
idéal et a déjà largement témoigné de son implication dans le dossier. Enfin, on dispose, au sein 
des différents organismes concernés sur l’archipel, des compétences et de l’expertise 
indispensables pour assurer un suivi rapproché.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, MENV, MPO, MTQ, Environnement Canada-SCF, 
Comité ZIP des Îles, Travaux Publics Canada, Association pour la revalorisation de la lagune du
Havre-aux-Basques, FAPAQ, ISMER, Université du Québec à Rimouski, Attention FragÎles.

Coûts

Il ne devrait pas y avoir de coûts directement reliés à la première phase de ce projet, en dehors 
bien sûr, des heures que les organismes impliqués lui consacreront. Dans le cas où les travaux 
iraient de l’avant, le coût global de la réouverture proprement dite (phase 2) est estimé à 18 M$. 
Enfin, advenant la réouverture de la baie, les coûts reliés aux activités de suivi et de restauration 
éventuelle (phase 3) resteront à déterminer.

Comme tout récemment il a été décidé de déposer un avis de projet auprès du Ministère de 
l’Environnement du Québec, il se peut que suite à ce dépôt, il y ait certains études à effectuer. 
Ceci pourra entraîner des coûts supplémentaires à la première phase.

Échéancier

Prévision : Phase 1 2000 – 2005 (en cours)

Phase 2 2006 - 2008

Phase 3 2009 - 2013

Indicateurs

Rapidité de retour à l’équilibre des différents paramètres physico-chimiques de l’eau, par
comparaison avec les valeurs de ces paramètres pour les autres lagunes.

Références

ATELIER SUR L’AMÉNAGEMENT D’UN MILIEU LAGUNAIRE. 1994. Actes de l’atelier sur l’aménagement 
d’un milieu lagunaire
. Îles-de-la-Madeleine. Publié par l’Association pour la revalorisation de la lagune du
Havre-aux-Basques et le ministère des Pêches et des Océans du Canada. 241 pages.

COUTURE, R., JACQUAZ, B., DE SÈVE, A., SAVARIA, J., HOULE G. et R. DENIS. 1985. Étude de la 
faisabilité de la réouverture de la lagune du Havre-aux-Basques aux Îles-de-la-Madeleine
. Rapport final 
présenté au ministère Pêches et Océans Canada, Éditeur officiel. 118 pages + 1 annexe.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 2.1

Identification

Thématique :             Récréo-tourisme et mise en valeur du territoire.

Priorité visée :           Aménagement des sentiers de la Pointe de l’Est.

Nom du projet

Randonnées nature

Localisation

Problématique

La Pointe de l’Est est un lieu très dynamique et en continuelle évolution. C’est donc un endroit où
il est possible d’observer la succession écologique à partir du sable nu (plage) jusqu’à la formation
climacique (la forêt boréale). L’écosystème climacique de la Pointe de l’Est est la pessière-
sapinière à épinettes blanches. Ce dernier reposant donc directement sur le sable, peut-être 
facilement bouleversé par un élément naturel ou anthropique.

Pendant les années 1970, le gouvernement du Canada a mis sur pied une Réserve national de la 
faune à la Pointe de l’Est aux Îles-de-la-Madeleine. Afin de mettre en valeur ce territoire et 
concrétiser ce statut, le Service canadien de la faune à qui revenait la gestion de cette réserve, a 
confectionné plusieurs panneaux d’interprétation, a érigé quelques sentiers et a offert certains 
programmes d’éducation de la nature par le biais des randonnées d’interprétation.

D’ailleurs, en 1999, le gouvernement du Québec reconnaît l’importance de la Pointe de l’Est et 
y crée un Refuge Faunique sur les terres qui lui appartiennent. Cela entraîne une plus grande 
pression sur le territoire car les visiteurs des Îles-de-la-Madeleine entendant parler de ce lieu et 
de ses deux statuts de protection, sont d’autant plus intéressés à le visiter.

Par la mise en place de ces deux statuts, les gouvernements n’envisageaient pas l’interdiction de 
fréquenter la Pointe de l’Est, au contraire, on considérait important de permettre l’accès et la 
découverte de ce territoire. Cependant, pour le faire, il ne suffit pas d’avoir un bon programme 
éducatif, il est essentiel de bien aménager le lieu afin de ne pas avoir un effet négatif néfaste sur le 
secteur.

Avec le temps, le Service canadien de la faune, moyennant un montant forfaitaire, a transféré la 
mise en œuvre du programme éducatif au Club Vacances « Les Îles ». Cette responsabilité n’est 
toutefois aucunement associée aux fonds suffisants pour ce faire. Il est aussi impossible 
d’aménager adéquatement les sentiers afin de supporter la fréquentation des lieux. Les visiteurs 
ont un impact sur le territoire qui se voit retourner au stade premier de sa succession : le sable nu!

Mentionnons que la clientèle touristique est croissante et se situait à environ 40 000 touristes, en 
2001 aux Îles-de-la-Madeleine. Ces gens ne demandent pas mieux que des randonnées du genre 
car ils viennent visiter l’archipel dans le but de retrouver la nature dans tous ses états.

Les sentiers présentement fréquentés à la Pointe de l’Est ne sont d’aucune façon acceptables et 
laissent présager le déséquilibre d’un secteur riche et diversifié où nous pouvons retrouver 
presque tous les écosystèmes existants dans l’archipel.

Solutions envisagées

L’aménagement des sentiers pédestres dans la Pointe de l’Est s’avère une solution cible car la
non-canalisation de la promenade peut entraîner à une situation chaotique mettant en péril 
l’intégrité des écosystèmes.

Des aménagements légers sont envisagés de façon à préserver les dunes et les milieux humides qui
constituent la Pointe de l’Est.

De plus, il faut permettre d’assurer un service en continu des randonnées nature afin de mettre en
valeur le territoire.

Avantages

Il y a présentement plusieurs sentiers dans la Pointe de l’Est. Même si quelques-uns furent 
partiellement aménagés, cela n’assure pas pour autant l’intégrité du milieu.

Mentionnons que pendant la saison estivale, où les Îles peuvent recevoir jusqu’à 40 000 visiteurs, 
une grande partie de ces visiteurs envisagent principalement des activités nature. Cela peut 
augmenter considérablement la pression vis-à-vis les milieux naturels de l’archipel. Ainsi, il faut 
aménager le milieu pendant qu’il en est encore temps.

Faisabilité

Le Club Vacances « Les Îles » développe des randonnées nature dans la Pointe de l’Est depuis
Il est donc, en mesure d’identifier les secteurs à aménager et ce, dans le respect de l’environnement.

De plus, étant un milieu protégé par le gouvernement fédéral (Réserve Nationale de la Faune) et 
le gouvernement provincial (Refuge faunique), nous estimons que ces deux gouvernements ont tout 
intérêt à investir dans la Pointe de l’Est afin de préserver ses atouts naturels tout en conservant les 
activités de sensibilisation qui y sont développées.

Partenaires visés

Club Vacances « Les Îles », Société de la Faune et des Parcs du Québec (FAPAQ), Ministère 
de l’Environnement du Québec (MENV), Service canadien de la faune (SCF) – Environnement 
Canada, Attention FragÎles, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (appui scientifique) et Portes 
de l’Est.

Coûts

À déterminer.

Échéancier

2002 – 2005.

Indicateurs

Longueur des sentiers aménagés

Nombre de visiteurs

Nombre d’activités de sensibilisation.

Références

À déterminer selon le type d’aménagement ciblé.

 

 

Fiche technique 3.1

Identification

Thématique :             Pêche et aquaculture

Priorité visée :           Étendre l’échantillonnage d’Environnement Canada à tous les sites à potentiel
                                 maricole.    
                                Obtenir un portrait complet de la qualité des eaux autour des Îles et assurer 
                                la mise à jour régulière des données.

Nom du projet

Qualité des eaux dans les secteurs coquilliers et les sites à potentiel maricole

Localisation

Problématique

Les Îles-de-la-Madeleine situées au cœur du Golfe du Saint-Laurent, à 225 km de la Gaspésie, 
145 km de Terre-Neuve et 80 km de l’Île-du-Prince-Édouard, constituent un territoire 
extrêmement particulier. Les cinq principaux plans d’eau intérieurs, à savoir le Bassin aux Huîtres,
la Baie du Havre-aux-Basques, la Baie du Bassin et les lagunes de Grande-Entrée et du
Havre-aux-Maisons, totalisent à eux seuls plus de 122 km2 de superficie. Ces milieux, comme les 
secteurs côtiers, sont habituellement reconnus pour leur productivité importante et pour la grande 
diversité animale et végétale qu’ils abritent. Il n’est donc pas étonnant que ces plans d’eau 
intérieurs et secteurs côtiers fassent partie intégrante du mode de vie de sa population

En effet, dans ce contexte d’isolement relatif, les ressources locales font l’objet, depuis toujours, 
d’une exploitation importante, qu’elle soit commerciale ou à des fins personnelles. Du fait de 
l’omniprésence des milieux marins et lagunaires, les ressources halieutiques prennent donc une 
importance particulière et doivent faire l’objet d’un suivi régulier afin d’en assurer la pérennité. 
D’autre part, le développement de la mariculture, qui répond également aux besoins particuliers 
de l’économie et du mode de vie madeliniens, prend de plus en plus d’importance, dans la réalité 
du présent comme dans la planification de l’avenir. Aux Îles-de-la-Madeleine, les activités de 
mariculture concernent presque exclusivement les mollusques, et plus particulièrement la Moule 
bleue, la Mye commune, l’Huître américaine et le Pétoncle géant. Pour le pétoncle, il s’agit, en 
partie, moins de culture proprement dite que du captage de naissains, de l’ensemencement des 
gisements naturels et de la pré-élevage. Cette dernière activité consiste à faire profiter les 
premiers stades de développement, caractérisés par un fort taux de mortalité, des conditions 
particulièrement favorables qui règnent dans les lagunes, pour les relâcher ensuite dans des 
secteurs propices, au large des côtes, où ils pourront achever leur développement.

Le suivi de la qualité de l’eau des secteurs coquilliers est assuré par Environnement Canada, via 
son Programme de salubrité des eaux coquillières. C’est donc ce ministère qui recommande 
au MPO la fermeture des secteurs problématiques, ce dernier étant responsable de faire respecter 
la loi concernant la cueillette de mollusques. C’est leur mode de nutrition qui rend les mollusques 
bivalves, d’ailleurs caractérisés de « filtreurs », particulièrement à risque pour la santé humaine. En 
effet, en filtrant leur nourriture, ils absorbent également les contaminants qui peuvent être présents 
dans le milieu et les accumulent dans leur chair : même s’ils ne sont pas incommodés par cette 
contamination, ils peuvent s’avérer impropres à la consommation humaine. Ce suivi est donc 
essentiel, mais il est
a priori limité aux secteurs coquilliers caractérisés par la présence 
d’importants gisements naturels de mollusques ou de parcs aquacoles.

Or, dans le cadre de la cueillette artisanale et du développement de la mariculture, plusieurs autres
secteurs s’avèrent importants. Certains de ces secteurs, par exemple, sont situés à proximité de 
sites maricoles et, dans la mesure ou leur contamination pourrait avoir des répercussions 
importantes sur ces activités, devraient eux-aussi faire l’objet d’un suivi régulier.

Solutions envisagées

Première phase :

Dans un premier temps, tous les secteurs coquilliers de l’archipel devront être évalués en terme 
d’importance vis-à-vis des activités de mariculture et de cueillette artisanale. Puis, en fonction de 
cette évaluation, des solutions pourront être envisagées pour répondre à chaque problématique 
particulière : redivision de secteurs selon leur potentiel ou leur utilisation, échantillonnage de 
secteurs ne faisant pas, jusqu’ici, l’objet d’un suivi, etc.

Deuxième phase :

Une fois ces secteurs coquilliers évalués, des démarches devront être entreprises auprès 
d’Environnement Canada, responsable du suivi de la qualité des eaux coquillières, afin que les 
solutions proposées (exemples cités ci-haut) pour répondre aux diverses problématiques puissent 
être mises en place.

Avantages

Le processus d’évaluation de ces secteurs coquilliers permettra de dresser un portrait éclairé des
problématiques dans une optique de cueillette artisanale des mollusques et de développement de 
la mariculture.

Les démarches ultérieures auprès d’Environnement Canada devraient permettre la division 
éventuelle de certains secteurs et l’ajout des sites d’intérêt potentiel dans la liste des secteurs 
faisant l’objets d’analyses, assurant ainsi une mise à jour régulière des données. Ce suivi est en 
effet essentiel du fait des risques pour la santé publique que peut faire courir la présence de 
contaminants dans le milieu.

Faisabilité

Un premier repérage a déjà été fait, à l’été 2000, par le Comité ZIP des Îles en collaboration 
avec le MPO et Environnement Canada. Ce passage en revue de tous les secteurs coquilliers de 
l’archipel a permis d’identifier les secteurs problématiques et de proposer quelques solutions à 
court terme.

Trois de ces propositions ont été présentées oralement à Environnement Canada : la division du 
secteur de l’Anse aux Étangs, fermé essentiellement à cause de la présence de deux émissaires 
municipaux dans la portion est et l’échantillonnage de la portion ouest en vue de sa réouverture à 
la cueillette artisanale; l’échantillonnage du secteur de la plage de la Martinique, jusqu’alors fermé 
pour cause de non évaluation; et la division du secteur du chenal du Havre-aux-Maisons dans le 
but de réouvrir la portion située au large du chenal.

Suite à ces propositions, la division des secteurs de l’Anse aux Étangs et du chenal du Havre-aux-
Maisons a été effectuée et la nouvelle section, au large du chenal, a été réouverte à la cueillette de
mollusques. De même, le secteur de la plage de la Martinique a fait l’objet d’une évaluation et a, 
lui aussi, été réouvert à la cueillette. Il reste maintenant à échantillonner la portion ouest de l’Anse 
aux Étangs et, si la qualité de l’eau le permet, le rouvrir à la cueillette.

À plus ou moins long terme, d’autres secteurs pourront faire l’objet d’analyses dans le but d’une
réouverture, mais des actions doivent d’abord être posées pour supprimer certaines sources de 
pollution bactériologique reliées à une mauvaise gestion des eaux usées d’habitations isolées (voir 
fiche technique 4.2 – Inventaire des systèmes de traitement des eaux usées des résidences 
isolées
).

Partenaires visés

Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Environnement Canada, MPO, Municipalité des
Îles-de-la-Madeleine.

Coûts

Première phase :

À déterminer.

Deuxième phase :

À déterminer.

Échéancier

Première phase 2000-2003 (en cours)

Deuxième phase 2003-2005

Indicateurs

Nombre de propositions mises en œuvre suite à la première phase (secteurs ouverts, 
divisés, etc.).

Références

COMITÉ ZIP DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE. 2000. Campagne de sensibilisation sur les risques à la santé 
associés à la consommation de mollusques récoltés dans les zones coquillières des Îles-de-la-Madeleine

Rapport présenté à Santé Canada et Pêches et Océans Canada. 8 pages + 9 annexes.

COMITÉ ZIP DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE. 2001. Cueillir des mollusques aux Îles-de-la-Madeleine
Rapport présenté au ministère des Régions du Québec. 26 pages + 7 annexes.

ENVIRONNEMENT CANADA. 1999. Programme de Salubrité des eaux coquillières. Recommandation de 
classification
. Direction de la Protection de l’Environnement – région de Québec.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. Environnement 
Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

PESCA ENVIRONNEMENT. 2000. Classification des secteurs coquilliers de la Baie des Chaleurs/Gaspé sud 
selon leur potentiel de réouverture
. Rapport d’étude remis au Comité ZIP Baie des Chaleurs. 96 pages +12 
annexes.

 

 

Fiche technique 3.2

Identification

Thématique :             Pêche et aquaculture

Priorité visée :           Ensemencer massivement le pétoncle (50 millions par an) pour revenir au 
                                niveau des stocks des années ’70.

Nom du projet

Ensemencement de pétoncles

Localisation

Problématique

Nous retrouvons aux plusieurs espèces de vertébrés et d’invertébrés vivant autour de Îles. Parmi 
eux, les plus communs sont les poissons ; les crustacés, comme le crabe et le homard ; et les 
mollusques, comme la moule, la mye et le pétoncle.

La pêche occupe une place privilégiée dans l’économie des Îles-de-la-Madeleine, fournissant des 
retombées économiques directes d’environ 40 millions de dollars et ce, sans compter les retombées
indirectes (Landry et Barrette, 1992).

La surexploitation des ressources a toutefois amené l’effondrement des stocks de plusieurs 
espèces marines. Comme exemple, nous pouvons citer le stock de pétoncles, dont les 
débarquements ont chuté de 350 t en 1970 à 50 t en 1973, se maintenant à ce niveau les 
années suivantes. Le revenu de cette pêche était essentiel pour les 23 capitaines et leur équipage.

Même si plusieurs mesures de protection de stock ont été établies, comme, entre autres, la non 
émission de nouveau permis, la réduction de la saison de pêche et la détermination d’une taille 
minimale, aucun impact positif significatif n’a été observé sur la ressource.

Cette situation a obligé les Madelinots à trouver d’autres solutions alternatives afin de pallier à 
la réalité économique précaire devant laquelle l’archipel s’est retrouvé pendant cette période.

Plusieurs personnes se sont penchées sur le développement de l’industrie touristique qui a pris 
un grand essor depuis. D’autres, se sont penchées sur la capture d’espèces jusqu‘à présent 
non exploitées. Et finalement, la venue de l’aquaculture est devenue une activité 
complémentaire à la pêche.

Solutions envisagées

En 1990, l’Association des Pêcheurs de Pétoncles des Îles-de-la-Madeleine, le Ministère des 
Pêches et des Océans Canada et le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation 
du Québec ont mis sur pied le programme de recherche sur les pétoncles à des fins d’élevage et 
de repeuplement (REPERE).

L’objectif de ce programme « était initialement de mettre au point une technologie rentable
d’ensemencement de pétoncles sur le fond pour relever le niveau du stock et accroître la 
production de pétoncles aux Îles-de-la-Madeleine » (Cliche et Giguère, 1998).

Aujourd’hui, après un peu plus de dix ans d’expérimentation, nous pouvons conclure que ce 
programme fut une réussite, car les pêcheurs ont déjà commencé, cette année (été 2001), à 
exploiter le secteur ensemencé en 1996. 20 t de muscle ont été pêchées et on estime qu’il 
reste encore dans le même secteur, environ dix tonnes qui seront pêchées en 2002.

Nous pensons donc, que la poursuite de ce programme sur une base commerciale, toujours 
en concertation avec les pêcheurs, soit la meilleure solution pour réussir l’objectif 
d’ensemencer 50 millions de pétoncles, ce qui permettrait une exploitation comparable aux 
années 1970.

Avantages

Le succès atteint dans la réalisation des recherches sur l’aquaculture du pétoncle et du projet 
pilote appliquant la technologie d’ensemencement mise au point pendant les premières années de 
recherche assure les résultats d’un ensemencement à grande échelle (phase commerciale).

Le rétablissement d’un stock est en soi un avantage. Toutefois, la participation active des 
pêcheurs dans tout le processus permet une prise de conscience plus grande des pêcheurs 
assurant ainsi une exploitation responsable de la ressource.

Faisabilité

Dans cette même optique, nous pensons que le projet REPERE développe aujourd’hui des 
études qui peuvent assurer une certaine aide à l’industrie. De plus, l’Association des Pêcheurs de 
Pétoncles des Îles-de-la-Madeleine (maintenant Pétoncle 2000) a acquis, au fil des ans, de 
l’expérience suffisante pour mener à terme ce projet.

De plus, plusieurs paramètres nous amènent à croire au succès de l’opération, soit :

- les Îles-de-la-Madeleine sont un excellent endroit pour ce type de projet car ses lagunes
  représentent des sites exceptionnels pour le pré-élevage, l’eau peu profonde et adéquate
  pour la croissance, leur grande productivité et leurs conditions semblables à la mer;

- le stock de pétoncles assure un approvisionnement en naissain (petit pétoncle) abondant;

- l’entreprise Pétoncle 2000, responsable de l’ensemencement, est en mesure de déterminer
  la meilleur façon possible de l’exploitation du stock ensemencé.

 

Partenaires visés

L’entreprise Pétoncle 2000, responsable du projet, s’allie à plusieurs partenaires financiers.

Coûts

Coût d’entreprise, impossible de divulguer.

Échéancier

Augmenter graduellement l’ensemencement pour atteindre l’objectif de 50 millions de pétoncles 
en 2005.

Indicateurs

· Quantité de pétoncles ensemencés.
·
Taux de pétoncles capturés (retour à la pêche).

Références

CLICHE, G. ET M. GIGUÈRE. 1998. Bilan du programme de recherche sur le pétoncle à des fins d’élevage et 
de repeuplement (REPERE) de 1990 à 1997.
Rapp. Can. Ind. Sci. Halieut. Aquat. 247: x + 74 p.

INFO-GÉOGRAPHES. 1992. Les Îles-de-la-Madeleine : un pays à découvrir. Association professionnelle des 
géographes du Québec et Société des professeurs de géographie du Québec. 126 p.

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L’ALIMENTATION DU QUÉBEC. 2000. 1ère  
Réunion annuelle de transfert de technologie Programme REPERE II – Îles-de-la-Madeleine. Compte rendu # 9. 
Direction de l’innovation et de techniques. Iv + 82 p.

 

 

Fiche technique 3.3

Identification

Thématique :             Pêche et aquaculture

Priorité visée :           Reprendre le dragage d’entretien dans le chenal de Havre-aux-Maisons

Nom du projet

Le chenal de la lagune de Havre-aux-Maisons

Localisation

Problématique

Les Îles abritent cinq plans d’eau intérieurs majeurs : le Bassin aux Huîtres, la Baie du Bassin et 
du Havre-aux-Basques et deux lagunes, celle de Grande-Entrée et celle de Havre-aux-Maisons. 
Les lagunes couvrent une superficie d’environ 122 km2. Sauf la baie du Havre-aux-Basques qui 
a perdu presque tout échange avec l’eau de mer, suite à la construction de la route 199 en 1958, 
les autres plans d’eau sont reliés à la mer par des passes ou goulets. Sous l’effet des courants de 
marées et des vents, les passes permettent aux eaux lagunaires de se mélanger aux eaux marines. 
Comme les lagunes sont délimitées par des cordons de sable, leur évolution et leur stabilité sont 
intimement liées à celles des dunes et des plages. Les goulets, par exemple, qui assurent le 
renouvellement des eaux des lagunes, se sont, ouverts, fermés ou déplacés au cours des années, 
et ce, sans interventions humaines. Les lagunes constituent des milieux aquatiques particuliers 
influencés par les courants marins, les marées et les glaces. Leur salinité et leur température 
varient en fonction des conditions climatiques comme le vent, la pluie et la température de l’air.

Depuis les années 1950, l’homme, avec la construction d’infrastructures routières et portuaires, 
a causé des changements sur la dynamique des lagunes. Depuis ce temps, les activités pratiquées 
dans, et autour des lagunes, ainsi que leurs impacts sur le milieu, n’ont fait que se multiplier. 
L’aquiculture, la navigation de plaisance, la pêche au hareng, à l’éperlan et à l’anguille, la 
circulation motorisée, la chasse à la sauvagine, la cueillette de mollusques, l’ornithologie et les 
sports nautiques sont toutes des activités qui sont pratiquées dans ou en bordure des lagunes.

D’ailleurs, c’est à cause de ces activités que l’on effectuait le dragage du chenal de la lagune du
Havre-aux-Maisons pendant les années 1970. Les bateaux circulant vers le quai du Cap-Vert 
ou vers la marina du Havre-aux-Maisons avaient besoin d’un chenal un peu plus profond pour 
accéder à leur quais respectifs. Au début des années 1990, a commencé le processus de 
privatisation au sein des gouvernements ce qui a affecté également des structures comme les quais. 
Un des deux quais en question, lequel appartenait au gouvernement avant ce processus, appartient
désormais à la municipalité de Fatima. Vu les fonds limités dont disposent les municipalités, les 
activités de dragage du chenal de la lagune du Havre-aux-Maisons ont été interrompues entraînant 
ainsi l’ensablement du lieu, rendant également difficile la circulation vers le quai de la marina.

Mentionnons que les dernières données de bathymétrie de la lagune de Havre-aux-Maisons 
disponibles sur cartes datent de 1920.

Solutions envisagées

Afin de résoudre ce problème, nous envisageons développer une étude sur la bathymétrie de la 
lagune et une étude plus général sur la sédimentation dans la lagune du Havre-aux-Maisons. Si ces 
études se montrent concluantes, nous pourrions poursuivre avec le dragage du chenal principal de 
ce plan d’eau, facilitant ainsi l’accès aux deux quais mentionnés auparavant, soit celui du Cap-Vert 
à Fatima et celui de la marina à Havre-aux-Maisons.

La bathymétrie nous permettra de bien connaître les zones d’ensablement et cibler les zones à 
draguer.

Avant le dragage, une étude préliminaire devrait être faite afin d’évaluer l’impact de ce dragage 
et d’établir les vrais besoins concernant la profondeur à draguer. Mentionnons, que plusieurs 
variables entrent en ligne de compte pour le dragage. D’abord, nous avons une très grande 
diversité d’espèces dans la lagune lesquelles possèdent des périodes critiques pour leur cycle 
de vie et en conséquence leur conservation. De plus, comme les activités d’aquaculture qui se 
développent dans la lagune comprennent des mollusques bivalves filtreurs et comme le dragage 
mettra probablement une grande quantité de sédiment en suspension, il est recommandé de 
déterminer avec les aquaculteurs et les scientifiques la meilleure période pour effectuer cette 
activité. Il ne faut pas non plus stimuler une trop grande circulation dans la lagune car cela 
affecterait la faune et la flore présente de même que les activités qui s’y développent.

Un autre point important à considérer est le site de dépôt du sable de dragage lequel ne doit 
en aucun cas constituer un préjudice pour l’environnement.

L’étude plus approfondie sur la sédimentologie dans la lagune permettra d’identifier les possibles 
raisons de la sédimentation, laquelle peut être occasionnée par des phénomènes naturels ou par 
des activités anthropiques développées dans l’eau ou sur les berges.

Avantages

L’avantage de procéder à la bathymétrie avant d’entreprendre le dragage est de connaître 
précisément les secteurs les plus problématiques pour la sédimentation et ce, en comparant avec 
les études antérieures.

Le dragage du chenal permettra aux pêcheurs et aux plaisanciers de s’équiper plus adéquatement 
sans la contrainte majeure de tirant d’eau. Il est sûr qu’il va falloir composer avec la hauteur du 
pont, les activités que se développent dans la lagune et les organismes qui y vivent. De plus, ce 
dragage permettra une amélioration des échanges entre le golfe et la lagune ce qui contribuera 
possiblement à l’augmentation de la productivité de ce plan d’eau.

Faisabilité

Un point important à considérer ici est l’existence d’un comité de gestion pour la lagune du
Havre-aux-Maisons. Comme ce comité est constitué des utilisateurs de la lagune, il sera plus facile 
d’établir un consensus afin d’établir l’endroit, la profondeur du chenal et la période de dragage.

De plus, une étude est présentement menée pour évaluer les possibilités d’approvisionnement en
sable aux Îles-de-la-Madeleine (voir fiche technique 1.1.4 – Évaluation des possibilités
d’approvisionnement en sable aux Îles-de-la-Madeleine
). Cette étude permettra, entre autres, 
de déterminer la possibilité d’utiliser le sable de dragage pour les besoins en sable dans l’archipel. 
Cela éviterait l’immersion en mer des sédiments ce qui peut s’avérer problématique et plus 
dispendieux.

Il est important de souligner que présentement le Ministère des Transports du Québec a engagé 
une firme de consultant pour faire un étude d’impact sur la construction d’un nouveau pont qui 
remplacera le pont actuel situé à l’entrée de la lagune de Havre-aux-Maisons. Cette étude peut 
être considérée comme une démarche complémentaire et parallèle à la nôtre car elle englobe 
également une modélisation de la circulation des eaux dans lagune.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Travaux Publics Canada, Pêches et Océans Canada, 
Ports pour Petits Bateaux, Environnement Canada, Environnement Québec, Ministère de 
l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Transports Québec MRC des Îles, Comité ZIP 
des Îles-de-la-Madeleine (appui scientifique), Comité de gestion de la lagune du Havre-aux-
Maisons, lequel comprend tous les groupes des utilisateurs sont représentés, ISMER, UQAR.

Coûts

Bathymétrie 35 000.00$

Étude sur la sédimentologie À déterminer

Dragage À déterminer en fonction du volume à extraire

Échéancier

Bathymétrie 2002 –2003

Étude sur la sédimentologie 2003 - 2004

Dragage 2005

Indicateurs

· Quantité de sable dragué.
·
Quantité de sable utilisé.
·
Quantité de sable immergé.

Références

À déterminer

 

 

Fiche technique 4.1

Identification

Thématique :         Santé humaine

Priorités visées :    Réduire à la source le rejet d’eaux usées dans la Petite Baie et au Bassin pour 
                            la réouverture des secteurs coquilliers sans restriction.

Nom du projet

Cueillir des mollusques aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une douzaine d’îlots rocheux. Sept de ces 
îlots sont habités, six sont reliés par d’étroites dunes de sable lesquelles ont permis la formation 
de lagunes. Sa superficie terrestre est de 202 Km2. Environ 13 500 personnes vivent sur ce 
territoire.

Les eaux côtières, bien que de plus en plus recherchées pour l’aquiculture et la cueillette de 
mollusques, sont malheureusement contaminées dans beaucoup de cas (sur 44 zones de cueillette 
autour de l’archipel, 21 étaient fermées en avril 2000).

Certains secteurs, à potentiel économique sont aussi fermés. C’est le cas de La Petite Baie, dans 
la lagune de Havre-aux-Maisons, qui se trouve tout près d’un site aquicole et qui est grandement 
fréquentée par les plaisanciers. La Baie du Bassin est aussi un secteur problématique, ouverte 
sous condition, cette baie est très appréciée par les amateurs de la cueillette artisanale de 
mollusques et utilisée comme site de captage de naissain de moules. On n’y rencontre toutefois 
pas encore de problème de contamination des mollusques. Il vaudrait donc mieux prévenir tout
de suite plutôt que de se retrouver avec une situation plus inquiétante et difficile à résoudre. Les
conséquences seraient plus sérieuses, d’autant plus que l’industrie maricole, une industrie en 
développement aux Îles, dépend directement de ces milieux pour vivre.

Présentement, il y a aux Îles cinq stations d’assainissement des eaux usées municipales en 
opération, soit à Cap-aux-Meules, à Havre-aux-Maisons, à Fatima, à Havre-Aubert et à l’Étang-
du-Nord. Ces stations ont recours à la méthode d’épuration par étangs aérés et desservent moins 
de 40 % de la population des Îles. Malgré l’effort des dernières années, le problème des eaux 
usées est loin d’être réglé car des 60 % restant, environ la moitié utilise des puisards ou des 
installations septiques non conformes. Ces eaux usées ruissellent via les ruisseaux aux lagunes et 
à la mer causant une contamination bactériologique (voir fiche technique 4.2 – Inventaire des 
systèmes de traitement des eaux usées des résidences isolées).

Solution envisagée

Vu la complexité de la problématique, il est nécessaire, avant tout, d’identifier précisément les 
sources de pollution et tracer certaines pistes de solutions pour ensuite mettre en œuvre ces 
solutions. Ces actions permettront de mieux assainir les eaux usées qui se déversent dans le milieu 
afin de pourvoir rouvrir tous les secteurs fermés. Ainsi, ce projet sera développé en deux phases.

Première phase – Caractérisation des sources de pollution :

Préciser les sources ponctuelles de pollution autour de l’archipel et proposer des pistes de 
solutions d’assainissement.

Deuxième phase – Mise en œuvre des plans d’action pour réduire les sources de pollution :

À long terme, nous visons la réouverture des zones coquillières aujourd’hui fermées, et ce, dans 
le but de redonner un des usages traditionnels de nos côtes à la population et aux visiteurs – la 
cueillette des mollusques. Ainsi, durant cette deuxième phase, les secteurs qui ont été identifiés 
comme prioritaires au cours de la phase précédente devront faire l’objet des travaux de 
nettoyage et/ou d’assainissement nécessaires pour atteindre cet objectif. Il serait peut-être 
nécessaire une précision de certaines sources de pollution et des scénarios d’assainissement 
établis dans la première phase.

Avantages

Le volet étude permettra une mise à jour des connaissances des sources de pollution des eaux des
Îles-de-la-Madeleine.

La solution aux problématiques identifiées dans cette phase représentera un gain environnemental
important pour la population.

La précision des sources de pollution aidera la municipalité dans son plan d’assainissement des
eaux usées. Ceci peut signifier une réduction du coût aux citoyens qui, connaissant la 
problématique globale, peuvent à ce moment se regrouper par canton. Et finalement, les citoyens 
pourront récupérer certaines activités perdues à certains endroits, comme par exemple la pêche 
aux coques et les zones aquicoles actuellement condamnées.

Faisabilité

L’implication des propriétaires, des intervenants et des ministères est primordiale pour la réalisation
et la mise en œuvre de l’assainissement des eaux autour de l’archipel.

Partenaires visés

Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, la SODIM, le MAPAQ, le MENV, Environnement
Canada, l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments (ACIA), la municipalité des Îles-de-la-
Madeleine, le Ministère des Affaires Municipales et de la Métropole (MAAM), le CLD, la SADC, 
le Ministère des Régions, le CRCD, Résidents, etc.

Coûts

Première phase – Caractérisation des sources de pollution :

Main-d’œuvre 20 465.00 $

Matériel et équipement 2 600.00 $

Autres frais 3 750.00 $

Total du projet 26 815.00 $

Deuxième phase – Mise en œuvre des plans d’action pour réduire les sources de pollution :

Le coût de cette phase ne peut pas encore être établi avec certitude. Cependant, nous pouvons 
déjà avoir une idée des coûts pour chacun des secteurs identifiés au cours de la première phase, 
en se basant sur les coûts estimés des différents systèmes d’épuration proposés.

Échéancier

Première phase : 2000 – 2001 (réalisée)

Deuxième phase : 2002 – 2004

Indicateurs

Nombre de sources de pollution qui seront résolues.

Nombre des secteurs réouverts

Références

DUCHESNE, J.-F., J.CHARTRAND ET D. GAUVIN (1997). Synthèse des connaissances sur les risques à la 
santé reliés aux usages du Saint-Laurent dans le secteur d’étude Golfe du Saint-Laurent – Baie des Chaleurs

Centre de santé publique de Québec, Direction de santé publique Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, Direction de 
santé publique de la Côte-Nord, ministère de la santé des Services sociaux du Québec, Santé Canada.

ENVIRONNEMENT CANADA (1999). Programme de salubrité des eaux coquillières. Recommandation de 
classification
. Direction de la Protection de l’Environnement - Région du Québec, Éditeur officiel.

ENVIRONNEMENT CANADA (2000). La protection du milieu aquatique ; Le programme de salubrité des 
eaux coquillières : pour la protection de la santé
, Québec, Éditeur officiel.

PÊCHES ET OCÉANS ET ENVIRONNEMENT CANADA (1992). Programme canadien de contrôle de la 
salubrité des mollusques, Chapitre 2 : Étude et classification des secteurs coquilliers
, Éditeur officiel.

PESCA Environnement (2000). Classification des secteurs coquilliers de la Baie-des-Chaleurs/Gaspé sud 
selon leur potentiel de réouverture
. Rapport d ‘étude (version finale) remis au Comité de la Zone 
d’intervention prioritaire (ZIP) Baie de Chaleurs. 96 pages + 12 annexes.

 

 

Fiche technique 4.2

Identification

Thématique :             Santé humaine

Priorité visée :          Assurer une meilleure gestion des eaux usées des maisons isolées.
                               Diminuer de 50 % les rejet des eaux usées d’ici huit ans.

Nom du projet

Inventaire des systèmes de traitement des eaux usées des résidences isolées

Localisation

Problématique

Les Îles-de-la-Madeleine sont situées au cœur du Golfe du Saint-Laurent, à 225 km de la 
Gaspésie, 145 km de Terre-Neuve et 80 km de l’Île-du-Prince-Édouard. Essentiellement 
constitué de cordons dunaires, de milieux humides et de plans d’eau intérieurs, l’archipel est un 
ensemble complexe d’écosystèmes fragiles intimement reliés entre eux et avec le milieu humain. 
Dans ce contexte d’isolement relatif par rapport au continent et à ses ressources, il n’est pas 
étonnant que l’économie des Îles et le mode de vie de ses habitants reposent en grande partie 
sur les ressources de l’archipel.

Ainsi, l’approvisionnement en eau potable se fait exclusivement au niveau de la nappe phréatique 
dont la qualité des eaux est en grande partie assurée par la capacité d’épuration des nombreux 
milieux humides de l’archipel. Or, ces derniers, de même que la plupart des plans d’eau intérieurs, 
subissent de fortes pressions du fait de leur utilisation importante par la population locale et par 
des touristes de plus en plus nombreux. Chasse, pêche, cueillette des fruits sauvages, récolte des 
mollusques et activités récréotouristiques constituent autant de pressions pour ces milieux naturels, 
à la fois très fragiles et indispensables à la vie madeleinienne. Il est donc nécessaire de contrôler et 
de réduire autant que possible les sources de pollution qui pourraient altérer les écosystèmes 
naturels, particulièrement les milieux humides et les plans d’eau, et causer ainsi des problèmes 
de santé publique.

Parmi ces sources de pollution potentielles, les eaux usées domestiques ressortent comme une 
priorité de la plupart des consultations publiques. À l’heure actuelle, il existe sur l’archipel cinq 
stations d’assainissement des eaux usées municipales en opération, qui utilisent la méthode des 
étangs aérés et desservent le district de Cap-aux-Meules ainsi qu’une partie des districts de
Havre-aux-Maisons, Fatima, Havre-Aubert et Étang-du-Nord. Cependant, ces stations
desservent moins de 40 % de la population des Îles et, des 60 % restant, environ la moitié
utilise des puisards ou des installations septiques non conformes. En effet, pour être conforme,
une installation septique doit comprendre une fosse septique, bien sûr, mais aussi un élément 
épurateur qui répartit les eaux sur une surface importante du terrain récepteur : les eaux, en 
s’infiltrant à travers le sol, tirent partie de son pouvoir de filtration et de l’action purificatrice 
des micro-organismes qu’il contient. Or beaucoup de système sont dépourvus d’élément 
épurateur, parfois constitués de vieux réservoirs tenant lieu de fosses septiques ou trop peu 
accessible pour être vidangés, et même quand un élément épurateur est présent, il n’est pas 
toujours adapté au type de sol, au relief du terrain ou aux caractéristiques de la résidence 
qu’il dessert (durée d’occupation, nombre d’occupants, etc.). Les eaux usées ruissellent 
alors, via les canaux, les tranchées et les cours d’eau, vers les lagunes et le milieu marin, 
constituant autant de risques potentiels de contamination de la nappe phréatique ou des 
ressources halieutiques traditionnellement consommées.

Il est donc nécessaire, dans un premier temps, de dégager un portrait réaliste de la gestion 
des eaux usées des résidences isolées, afin de pouvoir cibler les habitations non conformes 
et prévenir ainsi efficacement les risques que ces sources de contamination font peser sur la 
santé publique.

Solution envisagée

Première phase :

En premier lieu, il est nécessaire de faire un inventaire des systèmes de traitement de l’archipel. 
Un questionnaire a été élaboré à cet effet et une opération de porte-à-porte a permis de recueillir 
les informations nécessaires.

Deuxième phase :

Un plan de gestion des résidences isolées sera tout d’abord mis en place à partir des informations 
recueillies lors de la première phase. Ce plan prévoit notamment la mise en œuvre d’une vidange 
régulière (tous les deux ans) des fosses septiques de ces résidences. À plus long terme, cette 
deuxième phase vise la mise en conformité progressive des résidences isolées, au rythme 
d’environ 200 habitations par an. Un plan d’action doit donc être réalisé à cet effet.

Avantages

La première phase de cette étude devrait permettre d’obtenir un portrait éclairé de la gestion des 
eaux usées des résidences isolées de l’archipel, et de cibler ainsi les zones d’intervention 
prioritaires. L’analyse des questionnaires et des autres informations obtenues donnera également 
à la municipalité des Îles-de-la-Madeleine une bonne idée des quantités de boues à traiter.

La seconde phase permettra, à la lumière des renseignements obtenus, la mise en œuvre d’une 
gestion raisonnée des eaux usées des résidences isolées. La mise en conformité progressive des 
systèmes d’épuration devrait avoir des répercussions positives sur la qualité des milieux naturels 
environnants et diminuer ainsi les risques de contamination bactériologique.

À plus long terme, la réalisation de ce projet pourrait marquer le passage d’une gestion 
municipale (voire individuelle) des boues d’épuration à une gestion régionale. La municipalité des 
Îles est à mettre en place un centre de traitement des boues pour l’ensemble de l’archipel.

Faisabilité

La première phase de ce projet a déjà été réalisée et les données recueillies sont en cours 
d’analyse. Par ailleurs, la réalisation des étapes ultérieures devrait être facilitée par la somme 
importante de données déjà recueillies (résultats des questionnaires, données numérisées sur les 
types de sol, etc.) et par la prise de conscience du milieu dans ce domaine. Il semble en effet que 
la problématique soit bien comprise par la population, ce qui constitue un atout majeur dans la 
mise en œuvre du plan de gestion.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Ministère des Affaires Municipaux (MAMM), MENV
et Centre Local d’Emploi.

Coûts

Première phase :

Total du projet 53 470.00 $

Deuxième phase :

Les coûts reliés à la réalisation de cette seconde phase restent à déterminer.

Échéancier

Première phase : 2000-2001 (réalisée)

Deuxième phase : 2001-2005

Indicateurs

Nombre de résidences isolées qui seront mises en conformité.

Nombre de maisons dont la fosse septique sera vidangée régulièrement.

Références

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 5.1

Identification

Thématique :             Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorité visée :           Augmenter la sensibilisation et l’éducation auprès de la population.
                                Sensibilisation à la défense de l’habitat madelinot.

Nom du projet

Sensibilisation aux problématiques environnementales des Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

Situé au cœur du golfe du Saint-Laurent, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux, dont six sont reliés entre eux par des cordons littoraux. Ce territoire très 
particulier, où l’influence de la mer se fait partout profondément sentir, abrite des milieux naturels 
uniques à l’échelle du Québec. Ainsi, les milieux dunaires constituent presque 30 % de la surface 
des terres émergées, alors que les plans d’eau intérieurs, essentiellement composés de lagunes et 
de baies en relation plus ou moins étroite avec la mer, occupent une superficie encore deux fois 
plus grande (122 km2). Forêts et milieux humides représentent les autres principaux milieux naturels 
de l’archipel et, s’ils ne sont pas spécifiques aux milieux côtiers, ils sont néanmoins soumis aux 
mêmes fortes influences maritimes que le reste du territoire madelinot.

La plupart de ces milieux naturels sont généralement considérés comme étant d’une grande 
importance écologique. Les lagunes, très productives, offrent des conditions idéales pour la 
croissance de nombreuses espèces. Les milieux humides, riches et diversifiés, constituent un 
système de filtration qui assure la qualité de la nappe phréatique. La dune bordière protège 
les terres intérieures contre les vents et les inondations. L’importance de la forêt est ici 
grandement augmentée par les conditions particulières qui caractérisent les Îles : son rôle de 
protection vis-à-vis des vents et sa rareté au sein de l’archipel y contribuent notamment. Par 
ailleurs, ces fonctions ne sont pas sans répercussion sur l’environnement humain. Ainsi, la 
protection contre les vents et les inondations permet d’éviter des dommages importants au 
réseau routier et aux autres aménagements. De plus, la nappe phréatique constitue la seule 
source d’eau potable aux Îles-de-la-Madeleine, ce qui rend d’autant plus importants les 
milieux naturels contribuant à la protéger de la contamination par l’eau de mer (milieux 
dunaires et humides) ou encore à en entretenir la qualité (rôle de filtration des milieux 
humides).

Or, ces milieux, si utiles aux environnements naturel et humain, subissent de fortes contraintes 
du fait des conditions particulières qui règnent au sein de l’archipel. Les vents continus et 
souvent violents, les embruns salés, les vagues et les tempêtes fréquentes sont autant de
paramètres propres aux milieux insulaires marins qui contribuent à perturber les milieux 
naturels. Ainsi, dans les milieux forestiers, la régénération des arbres est souvent très lente 
du fait de ces facteurs, voire même inexistante dans les endroits les plus exposés aux vents 
dominants. Cette altération de la croissance s’étend d’ailleurs à la plupart des espèces 
végétales, et rend d’autant plus préjudiciables les dommages qui peuvent leur être causés. 
Les effets de la destruction de la végétation sont particulièrement frappants quand on 
s’intéresse au milieu dunaire. En effet, les dunes sont issues d’accumulations locales de sable,
progressivement stabilisées par la végétation : si des dégâts importants sont causés à cette
dernière, les vents violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à leur
mobilité originelle! De plus, les milieux dunaires sont étroitement associés à d’autres milieux 
naturels (lagunes, milieux humides, etc.), dont la qualité dépend de l’intégrité des dunes.

Les milieux naturels particuliers des Îles-de-la-Madeleine, en plus d’assurer d’importantes 
fonctions écologiques, sont donc aussi très fragiles, du fait des fortes pressions que font peser 
sur eux les conditions locales (vents, air salin, etc.), mais aussi à cause des relations étroites 
qui existent entre eux.

À ces pressions naturelles, s’ajoute l’utilisation intense du territoire par la population locale. 
En effet, la densité de population assez importante et l’isolement relatif qui caractérisent 
l’archipel sont à l’origine d’une exploitation intensive des milieux et des ressources naturelles. 
La pêche, la récolte des mollusques, le développement de la mariculture, la cueillette des fruits 
sauvages, la chasse, etc. sont autant d’activités traditionnelles qui sollicitent ces écosystèmes 
fragiles. Or, si ces activités en elles-mêmes ne constituent pas, en général, une menace pour
l’environnement naturel, certaines s’accompagnent d’une circulation de véhicules motorisés, 
souvent hors route, qui constitue l’une des principales problématiques dans ce domaine. La 
sensibilisation à la protection des milieux naturels est donc également essentielle dans une 
optique de développement durable des activités humaines qui s’y pratiquent.

Et ce, d’autant plus que le développement de l’industrie touristique amène, année après année, 
un nombre de visiteurs croissant : ces dernières années, le nombre de touristes saisonniers était 
deux fois supérieur à la population locale. En outre, avec l’avènement du tourisme « vert », 
l’utilisation des milieux naturels à des fins de loisirs est de plus en plus intensive, spécialement 
durant la période estivale. L’environnement naturel de l’archipel constitue donc un attrait majeur 
pour cette nouvelle sorte de visiteurs : les passionnés d’écotourisme. Ainsi, à l’importance 
écologique et sociale de la protection et la restauration de l’environnement naturel, s’ajoute un 
poids économique non négligeable. L’industrie touristique représente en effet le second joueur 
d’importance aux Îles-de-la-Madeleine, en termes de retombées économiques.

Pour toutes ces raisons, la préservation de l’intégrité des écosystèmes de l’archipel, dans un 
cadre de développement durable, s’impose comme une nécessité d’un point de vue biologique, 
social et économique.

Solutions envisagées

Afin d’éviter, dans la mesure du possible, d’ajouter les activités humaines aux contraintes 
drastiques que le climat local fait peser sur l’environnement naturel, il convient de faire en sorte 
que les utilisateurs de ces milieux prennent conscience de leur fragilité. Or, à la base de cette 
problématique, se trouve l’éducation et la sensibilisation à l’importance des milieux naturels. Du 
fait de la multitude de médias aujourd’hui disponibles pour diffuser des informations au sein de la 
population, plusieurs solutions seront mises en place. Et ce, d’autant plus que les utilisateurs et les 
activités pratiquées dans ces milieux naturels sont aussi extrêmement diversifiés. Afin de se donner 
les moyens de rejoindre toutes ces cibles potentielles, plusieurs techniques seront employées 
depuis la réalisation de publications écrites, électroniques et vidéos, jusqu’à la mise en place 
d’activités d’interaction avec le public. La présente fiche ne constitue donc pas un projet unique, 
mais plutôt un ensemble d’actions s’inscrivant dans une logique de sensibilisation.

Dans le domaine de l’information écrite et visuelle, Attention FragÎles est à l’origine de la 
création d’une revue de sensibilisation au patrimoine naturel des Îles, Mer nature
, dont l’édition,
commencée en 2001, sera poursuivie en 2003. De plus, deux séries de fiches d’identification, 
portant respectivement sur la faune et la flore en péril aux Îles-de-la-Madeleine, ont été réalisés. 
Ces publications sont distribuées dans plusieurs points de vente (commerces, ATR, etc.) aux 
Îles. Mentionnons qu’un kiosque de sensibilisation sur les espèces en péril a été installé dans les 
locaux de l’ATR des Îles. De plus, une exposition sur les principaux milieux naturels des
Îles-de-la-Madeleine (dunes, forêt, milieux humides et lagunes) sera confectionné afin de les 
mettre en valeur et de sensibiliser la population et les visiteurs quant à leurs richesses et fragilité.

En ce qui concerne l’information vidéo, la production d’un document télévisé sur les espèces 
en péril sera réalisée. De plus, l’organisme réunira des images recueillies au cours des années 
pour élaborer un document de sensibilisation sur les dégâts causés par la circulation des véhicules 
hors-route (spécialement les VTT) dans les milieux naturels, qui sera diffusé, entre autres, à la 
télévision des Îles.

Étant donné l’engouement que suscite actuellement le média Internet, ce dernier ne peut être 
ignoré dans une optique de sensibilisation. Attention FragÎles veut donc mettre en place une page 
Web sur le site officiel des Îles-de-la-Madeleine, qui décrira les principales problématiques
environnementales de l’archipel et les actions en cours dans ce domaine.

Enfin, d’autres activités favorisant les interactions humaines seront également mises en place, 
le contact avec la population restant un atout majeur dans le domaine de la sensibilisation et de 
l’information. Attention FragÎles développera et offrira notamment de nouvelles activités scolaires 
sur les espèces en péril et leurs habitats et ce, dans le but de mettre en œuvre la partie s
ensibilisation du Plan de conservation des habitats des espèces en péril. De nouvelles activités 
de sensibilisation seront également développées, pour être présentées lors du concours annuel 
de châteaux de sable. Il ne fat pas oublier que cet organisme utilise les médias locaux pour faire 
de la sensibilisation concernant les espèces menacées et en péril.

Avantages

D’un point de vue général, ces activités de sensibilisation permettront de faire valoir, aux yeux de 
la population locale et des visiteurs saisonniers de l’archipel, l’importance des milieux naturels et 
de leur préservation. Une meilleure connaissance des diverses fonctions qu’assurent ces 
, mais aussi des activités qui y sont reliées, devrait en effet favoriser le développement de réflexes 
et de comportements pertinents pour en assurer la protection. La diversité des actions entreprises 
et des moyens de diffusion employés représente un atout dans cette démarche de sensibilisation, 
dans la mesure où elle permet d’atteindre un plus large éventail de la population.

L’utilisation des médias locaux garantira une bonne diffusion de l’information au sein de la 
population madelinienne. La présence d’une revue locale de sensibilisation au patrimoine naturel 
permettra en outre à cette dernière de mettre à jour ses connaissances dans le domaine et de 
suivre l’évolution des dossiers environnementaux, plus efficacement que dans le cas de publications
ponctuelles. De plus, le fait de prendre le problème à la base, en développant des activités 
d’éducation et de sensibilisation dans le milieu scolaire, est un gage de succès supplémentaire. 
En effet, en plus de représenter l’avenir de l’archipel, les enfants ont souvent un accès privilégié 
à l’oreille de leurs parents et des autres membres de la famille, et devraient donc participer à leur
sensibilisation.

Par ailleurs, la création d’une page WEB présentant les principales problématiques 
environnementales et les activités prévues dans le domaine, permet de tirer parti des techniques 
de communication les plus récentes. Un autre avantage provient du fait que cette page fera partie 
du site officiel des Îles-de-la-Madeleine : ce dernier est en effet une référence pour les nombreux 
visiteurs saisonniers, qui seront ainsi informés, avant même leur arrivée sur l’archipel, des 
problématiques environnementales locales et des comportements appropriés.

La sensibilisation de ces visiteurs, occasionnels mais néanmoins très nombreux, est d’ailleurs 
l’objectif spécifique de certaines des solutions proposées, comme l’installation d’un kiosque 
d’information dans les locaux de l’ATR. Cette démarche est indispensable dans la mesure où 
la densité de population constitue un facteur aggravant dans toutes ces problématiques 
environnementales et où le nombre annuel de touristes représente plus de deux fois l’ensemble 
de la population madelinienne. Cette catégorie de public sera également approchée lors de 
certaines activités récréatives, comme le concours de châteaux de sable organisé chaque 
année, ainsi qu’à travers la revue Mer nature.

Faisabilité

Attention FragÎles a pour mandat principal de promouvoir la conservation et la mise en valeur du 
patrimoine naturel des Îles-de-la-Madeleine. À ce titre, l’organisme est actif depuis plus de dix ans 
dans la sensibilisation de la population comme dans la protection et la restauration des milieux 
naturels. Au cours des années, il s’est ainsi progressivement intégré au sein du milieu, développant 
de nombreuses relations avec la population, les intervenants et les médias locaux. Ces relations 
s’avèreront utiles lors de la réalisation des différentes activités de sensibilisation prévues.

Par ailleurs, l’expertise de l’organisme lui-même, en termes de sensibilisation aux problématiques
environnementales, est importante et généralement reconnue dans le milieu. De plus, bon nombre 
de données, de documents et de matériaux sont déjà disponibles, ce qui facilitera la mise en 
œuvre des différentes solutions envisagées plus haut.

En outre, Attention FragÎles met sur pied, depuis plus de dix ans, des programmes éducatifs sur
 la protection des espèces en péril et de leurs habitats, et les nouvelles activités scolaires prévues 
assureront la continuation de cette démarche.

Enfin, plusieurs des solutions proposées sous-entendent des interactions avec le public visé ou 
les partenaires de réalisation (ATR, institutions scolaires, médias locaux, etc.). L’implication du 
milieu est en effet une condition nécessaire à une bonne perception de la part du public.

Partenaires visés

Attention FragÎles, ATR des Îles, CTMA, compagnies aériennes, Commission scolaire, 
Corporation des châteaux de sable, Environnement Canada - Service canadien de la faune, 
MENV, CRCDGIM, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Club Vacances « Les Îles », 
Association des Chasseurs et Pêcheurs Sportifs des Îles, Club VTT, Aquarium des Îles, 
Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, etc.

Coûts

Les principales activités de sensibilisation, prévues et/ou réalisées, qui sont regroupées dans la
présente fiche proviennent en fait de plusieurs projets différents. Il est donc difficile de déterminer
précisément les coûts pour chacune de ces activités séparément.

Un ordre de grandeur est cependant fourni par les dépenses d’une année de fonctionnement 
(2000), correspondant essentiellement à des activités de sensibilisation. Ainsi, nous estimons 
environ 140 000.00$/année pour assurer la continuité des actions entreprises.

Échéancier

Mer nature Aux deux ans

Fiches d’identification 2001 (réalisées)

Kiosque de sensibilisation 2001 (réalisé)

Exposition « Milieux de vie » 2002 - 2003

Document télévisé « espèces en péril » 2002 - 2003

Document vidéo VTT 2002 - 2003

Page WEB 2003 - 2004

Activités scolaires Annuellement

Campagne de sensibilisation médiatique sur les espèces en péril Annuellement.

Indicateurs

Nombre d’exemplaires de la revue Mer nature vendus.

Nombre de fiches d’identification distribuées (total et kiosque ATR).

Nombre de visiteurs sur le site Web (compteur).

Nombre d’activités scolaires réalisées.

Nombre de personnes touchées lors des activités de sensibilisation.

Nombre de personnes ayant répondu au sondage.

Références

Cela dépendra du sujet abordé à chaque activité.

 

 

Fiche technique 5.2

Identification

Thématique :           Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorité visée :         Plan de sensibilisation aux lagunes et plans d’eau intérieurs.
                              Sensibiliser les responsables à effectuer un contrôle rigoureux de 
                              réglementation sur le déballastage.

Nom du projet

Sensibilisation aux problématique environnementales des eaux des Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

Situé au cœur du golfe du Saint-Laurent, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux, dont six sont reliés entre eux par des cordons littoraux. Ce territoire très
particulier, où l’influence de la mer se fait partout profondément sentir, abrite des milieux naturels 
uniques à l’échelle du Québec. En plus des nombreux milieux côtiers qui caractérisent les paysages
insulaires, les plans d’eau intérieurs, essentiellement composés de lagunes et de baies en relation 
plus ou moins étroite avec la mer, occupent une superficie très importante (122 km2). Parmi les 
milieux qui sont en général associés à ces plans d’eau, on note essentiellement les milieux dunaires, 
qui constituent presque 30 % de la surface des terres émergées, ainsi que de nombreux milieux 
humides.

La plupart de ces milieux naturels sont généralement considérés comme étant d’une grande 
importance écologique. Les lagunes, très productives, offrent des conditions idéales pour la 
croissance de nombreuses espèces. Les milieux humides, riches et diversifiés, constituent un 
système de filtration qui assure la qualité de la nappe phréatique. La dune bordière protège 
les terres intérieures contre les vents et les inondations. Par ailleurs, ces fonctions ne sont pas 
sans répercussion sur l’environnement humain. Ainsi, la protection contre les vents et les 
inondations permet d’éviter des dommages importants au réseau routier et aux autres 
aménagements. De plus, la nappe phréatique constitue la seule source d’eau potable aux
Îles-de-la-Madeleine, ce qui rend d’autant plus importants les milieux naturels contribuant à la 
protéger de la contamination par l’eau de mer (milieux dunaires et humides) ou encore à en 
entretenir la qualité (rôle de filtration des milieux humides).

Or, ces milieux, si utiles aux environnements naturel et humain, subissent de fortes contraintes 
du fait des conditions particulières qui règnent au sein de l’archipel. Les vents continus et 
souvent violents, les embruns salés, les vagues et les tempêtes fréquentes sont autant de 
paramètres propres aux milieux insulaires marins qui contribuent à perturber les milieux 
naturels. Ainsi, la régénération de la végétation est souvent très lente du fait de ces facteurs, 
voire même inexistante dans les endroits les plus exposés aux vents dominants. Cette 
ltération de la croissance rend d’autant plus préjudiciables les dommages qui peuvent leur être 
causés. Les effets de la destruction de la végétation sont particulièrement frappants quand on 
s’intéresse au milieu dunaire. En effet, les dunes sont issues d’accumulations locales de sable,
progressivement stabilisées par la végétation : si des dégâts importants sont causés à cette 
dernière, les vents violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à leur 
mobilité originelle ! Or, ces milieux dunaires sont étroitement associés à d’autres milieux 
naturels (lagunes, milieux humides, etc.), dont la qualité dépend de l’intégrité des dunes qui les 
protègent des phénomènes d’inondation (contamination par l’eau de mer) ou d’ensablement.

Ces milieux naturels, en plus d’assurer d’importantes fonctions écologiques, sont donc aussi 
très fragiles, du fait des fortes pressions que font peser sur eux les conditions locales (vents, 
air salin, etc.), mais aussi à cause des relations étroites qui existent entre eux.

À ces pressions naturelles, s’ajoute l’utilisation intense du territoire par la population locale. En 
effet, la densité de population assez importante et l’isolement relatif qui caractérisent l’archipel 
sont à l’origine d’une exploitation intensive des milieux et des ressources naturelles. La pêche, la 
récolte des mollusques, le développement de la mariculture, la cueillette des fruits sauvages, la 
chasse, etc. sont autant d’activités traditionnelles qui sollicitent ces écosystèmes fragiles. La 
sensibilisation à la protection des milieux naturels et de leurs ressources est donc également 
essentielle dans une optique de développement durable des activités humaines qui s’y pratiquent.

Et ce, d’autant plus que le développement de l’industrie touristique amène, année après année, 
un nombre de visiteurs croissant : ces dernières années, le nombre de touristes saisonniers était 
deux fois supérieur à la population locale. En outre, avec l’avènement du tourisme « vert », 
l’utilisation des milieux naturels à des fins de loisirs est de plus en plus intensive, spécialement 
durant la période estivale. L’environnement naturel de l’archipel constitue donc un attrait majeur 
pour cette nouvelle sorte de visiteurs : les passionnés d’écotourisme. Ainsi, à l’importance 
écologique et sociale de la protection et la restauration de l’environnement naturel, s’ajoute 
un poids économique non négligeable. L’industrie touristique représente en effet le second joueur
d’importance aux Îles-de-la-Madeleine, en termes de retombées économiques.

Encore selon le point de vue économique et considérant notre réalité insulaire, il y a plusieurs 
bateaux qui viennent d’ailleurs pour l’approvisionnement des marchandises ou autres. Ces 
bateaux doivent respecter la réglementation concernant les eaux de ballast. Au début des années 
1980, les compagnies devaient assurer le contrôle du déballastage. Toutefois, depuis 1994, 
c’est le Ministère Pêches et Océans Canada (MPO) qui se charge d’effectuer le contrôle auprès 
des bateaux qui doivent changer leurs eaux de ballast à cinq milles de l’entrée du fleuve, soit à 
dix milles des Îles. À chaque fois qu’un bateau entre dans un port des Îles, le capitaine a le 
devoir d’effectuer un rapport qu’il remet au MPO, bureau régional, ou à la compagnie avec 
qui il fait l’affaire, que par la suite le remettra au MPO, comme c’est le cas des Mines Seleine. 
Quand les capitaines livrent la marchandise toujours à une même compagnie, celle-ci se 
charge de lui sensibiliser sur l’importance de la rigueur du suivi du protocole de déballastage. 
Cependant, lors des arrivés sporadiques, certains capitaines ne sont pas conscients du 
problème ce qui peu occasionner de sérieux risques pour l’environnement marin et à la 
limite à ses utilisateurs. Cette problématique inquiète beaucoup la population qui n’est pas au 
courant de ce que se fait à ce sujet présentement.

Pour toutes ces raisons, dans une optique de développement durable, la préservation de 
l’intégrité des écosystèmes de l’archipel, et plus particulièrement des milieux côtiers, plans 
d’eau intérieurs, milieux humides et milieux dunaires associés, s’impose comme une nécessité 
d’un point de vue biologique, social et économique.

Solutions envisagées

Dans ce contexte, la sensibilisation et l’information sont à la base d’une gestion durable des 
ressources environnementales et des activités humaines qui leurs sont associées. En effet, afin 
d’éviter, dans la mesure du possible, d’ajouter ces activités humaines aux contraintes drastiques 
que le climat local fait peser sur l’environnement naturel, il convient de faire en sorte que les 
utilisateurs de ces milieux prennent conscience de leur fragilité. C’est pourquoi le Comité ZIP des 
Îles a prévu plusieurs démarches de sensibilisation dans le cadre de projets concernant différentes
problématiques environnementales de l’archipel. Selon le cas, la sensibilisation peut constituer 
l’objectif principal du projet, ou représenter une phase de diffusion de l’information au sein d’un
projet plus large.

Tout d’abord, afin de pallier à un manque d’information concernant la problématique de 
contamination des ressources coquillières locales, et aux risques pour la santé humaine qui en 
découlent du fait de leur cueillette artisanale, un projet de sensibilisation devrait être élaboré. En 
effet, la cueillette des mollusques à des fins personnelles a toujours été pratiquée aux Îles, 
notamment dans les nombreuses lagunes et baies qui caractérisent le paysage madelinot. La 
diffusion d’informations pertinentes, concernant à la fois les sources potentielles de 
contamination des mollusques et les risques qui peuvent être associés à leur consommation, 
est donc essentielle sur l’archipel.

De la même manière, une campagne de sensibilisation serait nécessaire pour répondre aux 
inquiétudes de la population vis-à-vis de la problématique du déballastage. En effet, les 
navires approchant du Golfe Saint-Laurent doivent en principe changer leurs eaux de ballast 
au large, afin de minimiser les risques de contamination. Cependant, le peu de contrôle et 
certains exemples récents d’introduction d’espèces non-indigènes, comme la Moule zébrée 
dans le fleuve Saint-Laurent, laissent planer un doute sur l’efficacité du système. Une campagne 
de sensibilisation, auprès des professionnels de la navigation, bien sûr, mais aussi de la 
population en général, permettrait une prise de conscience à ce niveau.

Les accès aux plans d’eau intérieurs représentent une autre problématique nécessitant une 
démarche de sensibilisation. Ces derniers sont en effet sollicités par de nombreuses activités en 
dépit du fait qu’ils abritent ou sont bordés par des milieux particulièrement sensibles. Dans ce 
contexte, une rationalisation intelligente des accès et des utilisations passe nécessairement par 
une gestion intégrée, qui nécessite la participation active de toutes les parties utilisatrices d’une 
zone donnée. Un inventaire complet des utilisation et accès de ces plans d’eau, avec 
consultation des utilisateurs et intervenants concernés, serait donc indispensable à ce niveau et 
fournirait un outil de gestion efficace. Cependant, une telle démarche ne saurait porter fruit sans 
une campagne de sensibilisation auprès de la population, mais aussi des nombreux visiteurs 
saisonniers.

La dernière démarche de sensibilisation jugée prioritaire concerne la problématique des déchets 
en milieu naturel – mer, plages, lagunes. Un nettoyage devrait en effet être effectué, au moins 
dans certains secteurs ou de nombreux déchets se sont accumulés, au cours de l’histoire de
l’archipel, sur les berges, sur les plages et sur le fond de l’eau. Là encore, dans la mesure où 
cette problématique provient en grande partie de comportements inadaptés et d’un manque 
de connaissances quant à leurs conséquences possibles, toute intervention dans ce domaine 
devrait être complétée d’une diffusion des informations pertinentes et des résultats obtenus au 
sein de la population, des visiteurs saisonniers et principalement des utilisateurs des milieux visés.

Avantages

D’une manière générale, les avantages reliés aux démarches de sensibilisation sont d’augmenter 
les connaissances de la population et des visiteurs concernant l’environnement naturel de l’archipel 
et les problématiques qui lui sont associées, et de faire ainsi ressortir l’importance de ces milieux et 
la nécessité de les préserver. Une meilleure connaissance des diverses fonctions qu’assurent ces
écosystèmes, mais aussi des activités qui y sont reliées, devrait en effet favoriser le développement 
de réflexes et de comportements pertinents pour en assurer la protection.

Dans le cas des ressources coquillières, la démarche sera d’informer et de sensibiliser la 
population et les visiteurs sur cette problématique, particulièrement importante étant donné 
l’environnement et le mode de vie madelinot. Bien sûr, l’objectif principal, à savoir de rendre les 
gens plus vigilants lors de la cueillette et la consommation de mollusques, ne vise pas directement 
la préservation d’un milieu ou d’une ressource naturelle. Cependant, le fait d’insister sur les causes
potentielles de contamination de ces mollusques et sur les risques de santé humaines qui sont 
associés à leur consommation devrait susciter une prise de conscience vis-à-vis l’importance de 
préserver les milieux naturels. La gestion des eaux usées de résidences isolées, qui constitue la 
principale source potentielle de contamination pour les ressources coquillières, pourrait 
notamment profiter de cette conscientisation de la population et des décideurs locaux.

En ce qui concerne la problématique du déballastage, il est essentiel de sensibiliser les 
professionnels concernés qui le sont pas encore, aux risques qui seraient encourus si le 
protocole de déballastage n’est pas suivi. L’information devrait également circuler à travers 
la population locale, particulièrement concernée du fait du mode de vie de l’archipel. En effet, 
du fait de la présence de vastes plans d’eau intérieurs en relation avec la mer, de l’exploitation 
traditionnelle des nombreuses ressources halieutiques locales et du développement important 
de la mariculture, les conséquences d’une contamination accidentelle (chimique ou biologique) 
seraient dramatiques pour l’environnement naturel comme pour l’économie locale. Tout doit 
donc être mis en œuvre pour prévenir un tel « accident » et la sensibilisation constitue l’un 
des meilleurs moyens d’y parvenir, même si cette démarche devrait idéalement être combinée 
à l’exercice d’un certain contrôle.

Dans le cadre de la rationalisation des accès aux plans d’eau intérieurs, l’outil de gestion 
obtenu suite à l’inventaire des utilisations et des accès ne saurait être réellement efficace sans 
qu’une mini-campagne de sensibilisation ne vienne compléter la démarche. Celle-ci portera 
sur l’importance de préserver l’intégrité des plans d’eau intérieurs et des milieux associés 
dans une optique de développement durable, en insistant sur l’importance particulière des 
berges de ces plans d’eau et sur les impacts qui peuvent découler de leur perturbation. La 
diffusion de ces informations devrait entraîner une modification des comportements et 
permettre, à plus long terme, de préserver les milieux naturels associés aux plans d’eau tout 
en profitant des activités qui peuvent s’y pratiquer.

Enfin, le projet de nettoyage des milieux naturels s’inscrivant dans une optique de 
conservation, de protection et de développement durable, l’un des objectifs majeurs est la 
diffusion des informations et résultats au sein de la population, des touristes et des utilisateurs 
des milieux visés. En effet, si le nettoyage en lui-même permet, à court terme, de régler 
certaines conséquences de cette problématique, seules des activités de sensibilisation pourront 
favoriser une modification des comportements qui sont à l’origine du problème. Là encore, seule 
une prise de conscience de l’importance et de la fragilité de ces milieux, ainsi que des 
conséquences qu’un geste en apparence banal peut avoir sur ces derniers, serait un gage de 
réussite à long terme.

Faisabilité

De manière générale, la multiplicité des médias aujourd’hui disponibles facilite grandement les 
démarches de sensibilisation et de diffusion de l’information. De plus, une des caractéristiques 
des milieux insulaires est qu’il est relativement aisé de rejoindre la totalité de la population. Dans 
le cas des Îles-de-la-Madeleine, ces activités profitent aussi, en règle générale, d’une implication 
importante des intervenants du milieu. Par ailleurs, toutes ces problématiques touchent, de près 
ou de loin, les plans d’eau intérieurs de l’archipel. Or, dans le cadre d’un autre projet, le Comité 
ZIP des Îles a participé à la création de plusieurs comités de gestion intégrée (un pour chacun 
des cinq principaux plans d’eau). Ces comités, qui regroupent l’essentiel des utilisateurs et des 
intervenants concernés, sont donc bien conscients de ces différents problèmes et pourront 
apporter un soutien important à toutes ces démarches de sensibilisation.

Pour ce qui est de la problématique des ressources coquillières, la sensibilisation étant 
l’objectif même du projet, l’information devra circuler à travers autant de médias différents 
que possible. De plus, étant donné la nature du problème, on devra distinguer la diffusion 
d’informations en général (conférence de presse, articles de journaux, dépliants, info-
publicité, capsules radio, etc.) et la signalisation qui permettra, sur le terrain, de rejoindre 
plus spécifiquement les cueilleurs de mollusques (panneaux informatifs). Par ailleurs, la 
participation des ministères Pêches et Océans Canada (MPO), Environnement Canada 
et Santé Canada est jugée essentielle dans ce dossier. En effet cette problématique 
touche à la fois la santé humaine et les ressources halieutiques, et l’implication de ces 
ministères donnerait probablement plus de poids à la campagne de sensibilisation. Dans 
ce dossier, un suivi de l’impact de la campagne et une mise à jour régulière des 
informations seraient également souhaitables.

En dehors des panneaux informatifs, tous les médias cités ci-dessus seraient également 
pertinents dans le cadre de la problématique du déballastage. D’autre part, la 
participation du MPO, autorité responsable dans ce dossier, est essentielle. Du fait des 
risques encourus en termes de contamination chimique ou biologique, associés à la grande 
fragilité des milieux et ressources qui caractérisent l’archipel, l’implication d’Environnement 
Canada et/ou du ministère de l’Environnement du Québec (MENV) serait également s
ouhaitable.

Dans le cadre du projet concernant les accès aux plans d’eau intérieurs, la mini-
campagne de sensibilisation sera réalisée auprès des utilisateurs, via les médias locaux et les 
comités de gestion intégrée. Par ailleurs, l’outil de gestion que constituera le rapport final sera 
fourni aux décideurs locaux, mais aussi à l’Association Touristique Régionale (ATR) des
Îles-de-la-Madeleine, qui pourra ainsi assurer la sensibilisation des visiteurs à la nécessité 
d’une utilisation rationnelle des accès.

Enfin, le projet de nettoyage des milieux naturels mettra en œuvre plusieurs actions pour 
assurer la diffusion des informations et la sensibilisation de la population à cette problématique. 
Tout d’abord, les médias locaux (journaux, radio, etc.) permettront de tenir la population 
informée de l’évolution du projet au cours des différentes étapes de réalisation. Par ailleurs, 
des expositions seront réalisées à partir de textes de sensibilisation, de photos prises au 
cours des activités de nettoyage et de certains des déchets récoltés. Présentées dans les 
festivals estivaux et dans les établissements scolaires des municipalités concernées, ces 
expositions permettront de rejoindre la population et les visiteurs saisonniers, mais aussi, en 
visant également le milieu scolaire, de prendre le problème à la base. En effet, en plus de 
représenter l’avenir de l’archipel, les enfants ont souvent un accès privilégié à l’oreille de 
leurs parents et des autres membres de la famille, et devraient donc participer à leur 
sensibilisation.

Partenaires visés

Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, MPO, Environnement Canada, MENV, Santé Canada, 
MRC des Îles, municipalités, ATR des Îles, Comités de gestion des plans d’eau intérieurs des Îles, 
Mines Seleine, Commission Scolaire des Îles, Aquarium des Îles, etc.

Coûts

Certaines des activités de sensibilisation, prévues et/ou réalisées, qui sont regroupées dans la 
présente fiche font partie de projets plus larges. Les coûts des volets de sensibilisation sont donc 
parfois encore à déterminer.

Ressources coquillières :

Campagne de sensibilisation

Main-d’œuvre (conception et mise en œuvre) 8 221.75 $

Matériel et équipement 10 102.46 $

Autres frais 1 642.04 $

Total du projet 19 966.25 $

Suivi et mise à jour

Main-d’œuvre 12 560.80 $

Matériel et équipement 1 600.00 $

Autres frais 2 050.00 $

Total du projet 16 210.80 $

Comme les ressources coquillières sont beaucoup exploitées aux Îles-de-la-Madeleine, on peu
être appelé à continuer cette campagne de sensibilisation en ajustant à chaque année.

Déballastage :

Les coûts restent à déterminer.

Accès aux plans d’eau intérieurs :

Les coûts restent à déterminer.

Nettoyage des milieux naturels:

Les coûts restent à déterminer.

Échéancier

Ressources coquillières : 2000-2003 (en cours)

Accès aux plans d’eau intérieurs : 2001-2003 (en cours)

Déballastage : 2003

Nettoyage des milieux naturels : 2001-2005 (en cours)

Indicateurs

Nombre de personnes touchées lors des activités de sensibilisation.

Références

Cela dépendra du sujet abordé à chaque activité.

 

 

Fiche technique 5.3

Identification

Thématique :         Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorité visée :       Mise en place d’un éco-centre.

Nom du projet

Une fenêtre sur l’environnement

Localisation

Problématique

Situé au cœur du golfe du Saint-Laurent, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux, dont six sont reliés entre eux par des cordons littoraux. Ce territoire très 
particulier, où l’influence de la mer se fait partout profondément sentir, abrite des milieux naturels 
uniques à l’échelle du Québec. Ainsi, les milieux dunaires constituent presque 30 % de la surface 
des terres émergées, alors que les plans d’eau intérieurs, essentiellement composés de lagunes et 
de baies en relation plus ou moins étroite avec la mer, occupent une superficie encore deux fois 
plus grande (122 km2). Forêts et milieux humides représentent les autres principaux milieux 
naturels de l’archipel et, s’ils ne sont pas spécifiques aux milieux côtiers, ils sont néanmoins 
soumis aux mêmes fortes influences maritimes que le reste du territoire madelinot.

La plupart de ces milieux naturels sont généralement considérés comme étant d’une grande 
importance écologique. Les lagunes, très productives, abritent des conditions idéales pour la 
croissance de nombreuses espèces. Les milieux humides, riches et diversifiés, constituent un 
système de filtration qui assure la qualité de la nappe phréatique. La dune bordière protège 
les terres intérieures contre les vents et les inondations. L’importance de la forêt est ici 
grandement augmentée par les conditions particulières qui caractérisent les Îles : son rôle de 
protection vis-à-vis des vents et sa rareté au sein de l’archipel y contribuent notamment.

Ces milieux naturels particuliers des Îles-de-la-Madeleine, en plus d’assurer d’importantes 
onctions écologiques, sont donc aussi très fragiles, du fait des fortes pressions que font peser 
sur eux les conditions locales (vents, air salin, etc.), mais aussi à cause des relations étroites 
qui existent entre eux.

À ces pressions naturelles, s’ajoute l’utilisation intense du territoire par la population locale. En 
effet, la densité de population assez importante et l’isolement relatif qui caractérisent l’archipel 
sont à l’origine d’une exploitation intensive des milieux et des ressources naturelles. La 
divulgation de connaissance sur les milieux naturels et leur importance ainsi que la 
sensibilisation à leur protection sont donc essentielles dans une optique de développement 
durable des activités humaines qui s’y pratiquent.

C’est dans cette optique de protection et de mise en valeur de ces milieux riches et diversifiés, 
que nous avons aux Îles, plusieurs zones protégées par un statut, comme la Réserve 
écologique de l’Île Brion, la Réserve nationale de la faune et le Refuge faunique à la Pointe 
de l’Est, le Refuge d’oiseaux migrateurs au Rocher-aux-Oiseaux et deux aires d’interdiction de 
chasse à Havre-aux-Basques et au Portage à Grosse-Île. Comme un statut sans contrôle ne 
constitue pas une protection en soi et que la population est plus encline à protéger un milieu si elle 
comprend son importance, il convient de montrer et d’expliquer à la population madelinienne et à 
ses visiteurs l’importance de ces milieux riches et diversifiés qui constituent l’archipel des
Îles-de-la-Madeleine.

Solutions envisagées

Le comité de développement touristique de l’Est des Îles a mis sur pieds en 2000 un centre 
d’interprétation de l’Est des Îles - « Portes de l’Est » à Grosse-Île. Ce centre d’interprétation a 
connu le succès escompté pendant sa première année d’opération. Maintenant, pour répondre 
partiellement aux priorités émises lors de la mise en œuvre d’un eco-centre, il faudrait élargir le 
mandat des « Portes de l’Est » en établissant un plan de protection et de mise en valeur de
l’environnement naturel de l’Est des Îles. Ce plan devrait inclure des suivis environnementaux, des 
ouvrages de protection et/ou de mise en valeur et le maintien de guides d’information afin de mettre 
en valeur l’environnement unique et fragile de l’Est des Îles.

En outre, un Institut de sciences et techniques environnementales des Îles-de-la-Madeleine 
pourrait combler en partie le tout. Cet Institut visera entre autres le développement des 
connaissances scientifiques et techniques dans le domaine de l’environnement. En partenariat 
avec les organismes locaux, l’Institut favorisera notamment des activités de diffusion et de 
sensibilisation environnementale aux différents écosystèmes de l’archipel et aux problématiques 
qui leur sont associées.

Avantages

Comme l’Est des Îles est un territoire qui possède presque tous les écosystèmes existants aux Îles 
et que l’on y trouve une grande diversité d’espèces, dont plusieurs à statut particulier, il est 
avantageux d’avoir un centre d’interprétation directement à l’entrée de cette région. Cela 
permettra à la population et aux visiteurs des Îles-de-la-Madeleine de découvrir cette partie de 
l’archipel connaissant sa fragilité et l’importance des milieux qui y sont présents. De plus, en 
comprenant cette région des Îles, nous pouvons déjà comprendre une bonne partie des richesses
écologiques du territoire Madelinot.

D’une façon plus globale, l’Institut pourra venir combler une lacune assez importante dans l’archipel 
car même s’il y a plusieurs recherches qui se font aux Îles, souvent nous n’ayons pas accès aux 
rapports de ces études. Or, l’Institut aura le mandat de mettre sur pieds et de gérer un centre de
documentation et collaborer à l’amélioration des bases de données existantes. L’Institut doit 
également se doter d’infrastructures pour l’accueil de chercheurs venant d’ailleurs. Soulignons que
les Îles par la petitesse du territoire et la diversité de ses écosystèmes et de ses ressources servent 
souvent de laboratoire pour mieux comprendre certains processus environnementaux. Finalement,
 l’Institut prévoit soutenir les activités de sensibilisation qui se déroulent aux Îles tout en permettant 
d’en développer d’autres.

Faisabilité

En mai 2000, il y a eu la formation du comité de développement touristique de l’Est des Îles, 
établissant un partenariat entre les deux communautés linguistiques de l’est des Îles.

Ce comité s’est donné comme objectifs de:

- catalyser et de canaliser le développement des produits et services touristiques dans l’Est 
   et de supporter les promoteurs;

- mettre en place une structure d’interprétation et d’accueil à l’entrée du territoire et;

- assurer une prise en charge par le milieu.

Ayant déjà un organisme du genre dans l’Est des Îles, cela augmente les chances de réussite.

Pour ce qui est de l’institut, il est suggéré d’abord de faire une étude de faisabilité avant 
d’entreprendre sa réalisation comme telle. Il faut souligner que le tout doit être fait en 
concertation avec le milieu et les organismes présents dans la région.

Partenaires visés

Comité de développement de l’Est des Îles, Ministère de l’Environnement du Québec 
(MENV)
, Mines Seleine, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Community economic 
development and employability commitee (CEDE), Club Vacances « Les Îles », Ministère des 
Régions, Centre Local d’Emploi (CLE), Développement Économique Canada – Gaspésie 
(DEC), CRCD Gaspésie-Les Îles, Centre Local de Développement (CLD), Société de la 
Faune et des Parcs du Québec (FAPAQ), Service canadien de la faune – Environnement 
Canada (SCF), Patrimoine Canada, Attention FragÎles, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine 
(appui scientifique).

Coûts

· Portes de l’Est :

Première phase (mise en place):

Préparation des Portes de l’Est 140 217.00$

Construction des Portes de l’Est 103 961.00$

Exposition aux Portes de l’Est 145 186.00$

Aire d’observation 63 000.00$

Programme d’interprétation 35 500.00$

Promotion 9 700.00$

Total du projet 497 564.00$

Deuxième phase : À déterminer

Institut des sciences et techniques environnementales :

Première phase (étude de faisabilité): 200 000.00$

Deuxième phase : À déterminer

Échéancier

Portes de l’Est 2001 – 2003 (en cours)

Institut des sciences et techniques environnementales 2001 – 2005 (en cours)

Indicateurs

Nombre de visiteurs.

Nombre de chercheurs.

Nombre d’activités de sensibilisation.

Nombre de documents acquis.

Références

Cela dépendra du sujet abordé à chaque activité.

Fiche technique 1.1.1

Identification

Thématique :         Protection et conservation des habitats / Territoires protégés
                            Protection et restauration des habitats / Restauration de sites naturels perturbés
                            Récréotourisme et mise en valeur du territoire
                            Pêche et aquaculture
                            Santé humaine
                            Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorités visées :     Plan de gestion des lagunes et plans d’eau intérieurs.
                             Prendre les moyens pour impliquer les utilisateurs de plans d’eau (pêcheurs,
                             aquaculteurs, plaisanciers, etc.).

Nom du projet

Gestion intégrée des lagunes et des plans d’eau intérieurs des Îles.

Localisation

Problématique

De façon naturelle, le paysage lagunaire, étroitement lié à celui des dunes qui le bordent, évolue 
suivant les conditions environnementales. Les goulets, par exemple, qui assurent le renouvellement 
des eaux des lagunes, se sont, ouverts, fermés ou déplacés au cours des années, et ce, sans 
interventions humaines. Cependant, depuis les années 1950, l’homme, avec la construction 
d’infrastructures routières et portuaires, a causé des changements sur la dynamique des lagunes. 
Depuis ce temps, les activités pratiquées dans, et autour des lagunes, ainsi que leurs impacts sur le 
milieu, n’ont fait que se multiplier. L’aquiculture, la navigation de plaisance, la pêche au hareng, à 
l’éperlan et à l’anguille, la circulation motorisée, la chasse à la sauvagine, la cueillette de mollusques,
l’ornithologie et les sports nautiques sont toutes des activités qui sont pratiquées dans les lagunes, 
dans des zones voisines et parfois très proches, qui ne sont pas toutes bien délimitées. Cette 
situation cause parfois des conflits d’utilisation entre les usagers qui, plus souvent qu’autrement, ne
se consultent pas.

Bon nombre de ces activités ont de plus des impacts nuisibles sur la santé des écosystèmes. Les 
berges sont de plus en plus utilisées par les véhicules motorisés puisque l’accès aux dunes est plus
restreint suite à l’adoption, par les municipalités, d’un règlement sur la circulation motorisée hors-
route en juillet 1995. La fréquentation humaine des lagunes laisse des traces permanentes néfastes 
pour la faune et la flore. Des déchets non-dégradables ont été jetés dans le milieu naturel, sur les 
rives et le fond des lagunes. La lagune de Havre-aux-Maisons contient de nombreuses cages de 
métal imposantes et des paniers de plastique. Ces déchets ont été laissés par des activités aquicoles 
sur le homard, effectuées par une compagnie locale qui a opéré de 1981 à 1986. Les aquiculteurs 
actuels frappent régulièrement ces cages et doivent condamner certaines zones pour leurs travaux. 
D’autre part, plusieurs installations majeures sont aussi localisées au pourtour des lagunes et utilisent 
parfois des méthodes et produits dommageables pour les plans d’eau qui les bordent. Par exemple,
l’aéroport, qui se trouve à proximité de la lagune de Havre-aux-Maisons, utilise des produits de 
déglaçage (urée et glycol) dont les effets sur l’environnement n’ont pas été évalués en 
profondeur - diminution de la concentration d’oxygène dissous dans l’eau. Il arrive également que
des bouleversements majeurs surviennent dans les lagunes et que les autorités en place n’interviennent 
d’aucune façon ou ne soient tout simplement pas toujours au fait de ce qui s’y passe.

Malgré une volonté générale de préserver les lagunes et les usages, il y a donc un manque de 
planification d’ensemble qui permettrait de protéger, d’aménager, de mettre en valeur et d’utiliser
judicieusement les lagunes des Îles. On note, de plus, un manque de connaissances globales des 
lagunes et de localisations des rejets de certaines activités aquicoles passées, notamment dans la 
lagune de Havre-aux-Maisons et de Grande-Entrée, ainsi qu’un manque d’analyse de l’évolution des 
lagunes et des activités anthropiques qui influencent la qualité de ces milieux.

Solutions envisagée

Vu la complexité de la problématique, il est nécessaire, avant tout, d’établir un plan d’ensemble des 
lagunes qui identifierait précisément les sources de pollution et de dégradation ainsi que les usagers 
par secteurs. Ce projet sera donc développé en deux phases.

Première phase :

Dresser un portrait global des lagunes des Îles-de-la-Madeleine, ce qui n'a encore jamais été fait 
jusqu’à maintenant. Cette vue d'ensemble aidera à mieux planifier la gestion de ces plans d'eau et 
à conserver et/ou améliorer la qualité de ces milieux exceptionnels. De plus, l'inventaire des sources 
de pollution des lagunes et l'identification des utilisateurs et de l’impact de leurs activités
sur le milieu, dirigeront, par concertation, les actions à entreprendre pour préserver ou améliorer 
(dépendant des zones) la qualité des eaux lagunaires. Pour chacun des plans d’eau, il s’agit de mettre
en place un comité de gestion intégrée regroupant les principaux gestionnaires et utilisateurs.

Deuxième phase :

Cette deuxième phase débutera par la consolidation des comités de gestion intégrée qui devront 
ensuite, pour chacun des plans d’eau intérieurs, dégager des priorités d’action et de gestion. Après
la présentation des résultats de l’étude et suite à une concertation entre les utilisateurs, les 
intervenants et la population, un plan de gestion devrait être établi afin de satisfaire les besoins de 
protection des milieux lagunaires tout en conservant les usages. Selon la nature des problèmes 
ressortis, les actions pourront être, par exemple, un nettoyage des berges et/ou des fonds, 
l’organisation d’activités de sensibilisation, la réouverture de zones coquillières fermées ou
même l’établissement d’un plan de gestion qui amenuiserait ou préviendrait d’éventuels conflits
d’utilisation ou de problèmes majeurs de contamination des eaux.

Avantages

Ce portrait des lagunes dotera la population des Îles d'un outil qui lui fera mieux connaître ses 
lagunes et leurs problématiques associées, et qui lui servira à gérer, de façon durable, ses plans 
d'eau de grande importance pour l'écologie et l'économie des Îles.

Les différents comités de gestion intégrée mis en place assureront une meilleure implication des 
gestionnaires et des utilisateurs de ces milieux, et permettront de réaliser le développement durable 
de ces plans d’eau. C’est-à-dire, ils permettront de trouver un équilibre entre la protection des 
milieux et le développement économique, dans le respect de tous.

Faisabilité

L’implication des utilisateurs, des intervenants et de la population est primordiale pour la réalisation
et la mise en œuvre d’un plan de gestion des lagunes et des plans d’eaux intérieurs des Îles-de-la-
Madeleine.

Partenaires visés

Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (mise en place et coordination des comités), le 
programme Interactions Communautaires de Saint-Laurent Vision 2000, le MPO, le MAPAQ,
la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, le Centre local de développement (CLD) des Îles, la 
Société d’Aide au Développement des Collectivités (SADC), Association des Pêcheurs, etc.

Plusieurs autres intervenants ou usagers peuvent être appelés à participer dans une ou plusieurs 
des actions à entreprendre après l’acquisition des connaissances.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (inventaire et rapport, incluant le bénévolat) 43 354.00 $

Matériel et équipement (informatique et bateau) 4 800.00 $

Autres frais (déplacement, location des salles et gestion de projet) 8 200.00 $

Total du projet 56 354.00 $

Deuxième phase :

Main d’œuvre (coordination et confection des fiches techniques, incluant le bénévolat) 
50 828.00 $

Matériel (de bureau) et équipement (informatique) 6 675.00 $

Autres frais (déplacement et gestion de projet) 6 550.00 $

Total du projet 64 053.00 $

* Le coût prévu pour la deuxième phase comprend seulement la première année mais le travail 
  de consolidation des comités de gestion peut s’avérer un travail à plus long terme.

Échéancier

Première phase : 2000 (réalisée)

Deuxième phase : début 2001 (en cours)

Indicateurs

Nombre de personnes qui participeront aux réunions.

Nombre de actions proposées dans le plan de gestion.

Nombre d’actions dont la mise en œuvre est amorcée ou complétée.

Références

LALUMIÈRE, R ET J. MORISSET. 1998. Projet - pilote (Phase II) Cadre de référence pour la gestion intégrée
de la zone côtière les escoumins – rivière Betsiamites. Pêches et Océans Canada. 37 pages + annexes.

COMMISSION EUROPÉENNE. 1999. Les enseignements du programme de démonstration de la Commission
européenne sur l’aménagement intégré des zones côtières (AIZC). Directions générales Environnement, 
sécurité nucléaire et protection civile; Pêche et Politique régionale et cohésion.
98 pages.

PISCES. 2001. A comparative review of the coast and estuary initiatives on the North West coast of England. 
Based on compilations by Kathy Kennedy and Emily Forsythe. Edited by Susannah Bleakley and Rona Arkle.
32 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.2

Identification

Thématique :         Protection et conservation des habitats
                            / Territoires protégés

Priorité visée :      Évaluer l’impact des méthodes de cueillette de la canneberge, en développer 
                           de nouvelles et délimiter des zones pour la cueillette commerciale.

Nom du projet

La cueillette des canneberges sauvages aux Îles-de-la-Madeleine

Localisation

Problématique

De tout temps, la récolte automnale des canneberges a constitué une activité traditionnelle aux
Îles-de-la-Madeleine. Anciennement, on allait ainsi « aux graines » ou « aux pommes de pré » pour
faire provision annuelle de ce petit fruit. Dans les années 1950, une première ébauche de cueillette
commerciale s’est même dessinée mais, malgré des débuts intéressants, seule la cueillette à des fins
personnelles a perduré… jusqu’à récemment. Depuis l’automne 1998, on assiste à une nouvelle 
tentative de développement du commerce, à l’heure où l’appellation « fruit sauvage » ou 
« biologique » représente un avantage compétitif non négligeable. Ce renouveau de la cueillette 
commerciale s’accompagne en outre d’une augmentation des récoltes à des fins personnelles, les 
vertus de ce petit fruit étant de plus en plus reconnues.

Or, la canneberge est associée à des milieux particulièrement fragiles. On la retrouve en effet dans
certains milieux humides, plus ou moins intimement liés au milieu dunaire : les caoudeyres (trous de
déflation), les prés humides et les tourbières. Considérées longtemps comme des terres insalubres,
 l’intérêt des milieux humides est maintenant reconnu et largement documenté. À leurs fonctions de
répartition des eaux, de protection contre l’érosion, de filtration des eaux, s’ajoute une forte 
productivité qui profite à la grande diversité d’espèces qui en usent… ainsi qu’aux nombreuses 
activités humaines qui s’y développent. De plus, ces milieux sont des habitats propices à la présence 
de plantes menacées, vulnérables ou susceptibles de l’être. On comprend donc l’importance de les
conserver, et ce d’autant plus qu’aux Îles, ils compensent l’absence de lacs et de rivières pour 
assurer le stockage et la répartition des eaux de précipitation, ainsi que leur distribution dans la 
nappe phréatique. Au schéma d’aménagement des Îles, les milieux humides ont d’ailleurs reçu 
l’affectation « conservation », preuve de leur importance aux yeux de la MRC. Les milieux dunaires, 
qui y sont associés, sont également d’une importance cruciale pour le milieu naturel comme pour les
activités humaines. Représentant presque 30 % des superficies terrestres de l’archipel, ce type de 
milieu assure notamment une protection efficace contre les vagues de tempête et les inondations 
d’eau salée qui pourraient en résulter. La gestion de la ressource canneberge est donc fortement 
liée à la conservation de ces milieux.

Précisons tout d’abord qu’à la base de cette problématique, se trouve la question de la gestion
des terres publiques. En effet, ces terres sont propriété du Ministère de Ressources Naturelles 
du Québec (MRN), qui ne dispose malheureusement d’aucun représentant, permanent ou 
temporaire, aux Îles-de-la-Madeleine. La municipalité des Îles-de-la-Madeleine ne dispose donc
que de moyens limités pour assurer une gestion efficace des terres publiques de l’archipel. Cet état
 de fait complique énormément les différentes problématiques reliées au dossier de la récolte des
canneberges et rend souvent les solutions envisagées plus difficiles à mettre en œuvre.

L’un des principaux problèmes découle directement de la circulation reliée à la cueillette. Cette 
dernière, qui se faisait à l’origine à pied, utilise aujourd’hui de plus en plus des véhicules hors route,
notamment des VTT. Cette pratique est d’autant plus dommageable que ces véhicules sont souvent
employés pour parcourir les zones de cueillettes (et non seulement pour s’en approcher), et parfois
même équipés de systèmes de récolte bricolés pour servir à la cueillette proprement dite. Or, dans 
ces milieux fragiles, les passages répétés détériorent la végétation en place, compactant le sol et en 
modifiant le drainage (ornières) ou libère le sable jusqu’alors fixé (érosion, ensablement, etc.). Si une
intense circulation piétonne peut à elle seule causer de sérieux dommages dans ces milieux, quelques
passages de véhicules motorisés sont suffisants pour donner les mêmes résultats.

Un autre grand problème concerne la méthode de récolte. En effet, devant les impératifs de rentabilité
imposés par la cueillette commerciale, les cueilleurs ont en général recours à des outils de type 
« peigne » au lieu de la traditionnelle technique « à la main ». Mais si certains peignes peuvent être à la
 fois plus efficaces et moins dommageables pour les plants de canneberge, ce n’est pas le cas de la 
majorité des outils utilisés ici : peignes à bleuets dont les dimensions ne sont pas adaptées, peigne « à
roues », râteau à feuilles, peigne géant fixé à l’avant d’un VTT ou même à l’arrière d’un tracteur, tout
est bon pour la récolte de ce qui n’est, pour beaucoup, qu’une source de revenus « à court terme »
(traduire : avant l’épuisement de la ressource). Il va sans dire que l’utilisation de tels outils est 
dommageable non seulement pour les fruits et les plants de canneberge eux-mêmes, mais aussi pour
la végétation associée et même, dans les cas les plus extrêmes, pour le sol.

Le dernier problème majeur est lié au fait que la canneberge rencontre des conditions propices à sa
croissance aux environs d’au moins quatre dépotoirs fermés, les milieux humides ayant longtemps 
servi de zones de dépôt ou d’enfouissement des déchets. Il est difficile, sans analyse poussée de
l’historique et des conditions hydrogéologiques de ces sites, d’évaluer leur degré de contamination 
et celui des milieux environnants, mais on dénote la présence, sur plusieurs lieux de cueillette proches,
d’indices visuels de contamination (flaques irisées, déchets divers, etc.). Bien que les milieux humides
soient connus pour leurs propriétés épuratives, certains contaminants se retrouvent simplement 
« piégés » et souvent concentrés dans le sol et/ou dans les espèces végétales et animales présentes. 
Cette contamination potentielle de certaines zones de récoltes représente donc un danger bien réel 
pour la santé humaine. En ce qui concerne la cueillette commerciale, le label de production 
biologique, avec lequel la canneberge des Îles est vendue, pourrait être aisément remis en question
 si des analyses révélaient une contamination des fruits, ou même des zones de récolte.

Solutions envisagées

Au vu des différents problèmes évoqués dans le cadre de ce dossier, il devient évident qu’une 
exploitation encadrée de la ressource canneberge est nécessaire pour en assurer la pérennité. Les 
solutions envisagées, dont certaines ont déjà été mises en place, sont ici regroupées en deux 
grandes  phases.

Première phase :

La première priorité est de localiser et de cartographier les principales zones de cueillette. Il faut 
également limiter la cueillette commerciale à une période bien définie, mais qui pourra changer 
d’une année à l’autre pour s’adapter aux conditions climatiques et assurer la pérennité de la 
ressource. Une campagne de sensibilisation permettra en outre de faire comprendre, aux 
producteurs et aux cueilleurs, l’importance d’exploiter cette ressource dans le respect de 
l’environnement.

Par ailleurs, un suivi sera réalisé au cours de la cueillette et de l’après-cueillette, afin d’identifier
les différentes techniques utilisées. Il est, en effet, important d’étudier les impacts des différents 
types de peigne utilisés et de définir des caractéristiques réglementaires. À ce niveau, le principe
d’un groupe de cueilleurs sous la responsabilité d’un acheteur devrait être utilisé, car, en plus 
d’une formation ou d’une information sur les techniques à utiliser, l’acheteur pourrait fournir à ses
cueilleurs les peignes adéquats (essayé en 1999 par un acheteur). L’impact de la circulation 
motorisée sur la ressource sera également évalué (voir aussi la section Circulation sur et aux
abords des lieux de cueillette
présentée plus loin).

Les activités réalisées au cours de cette phase feront l’objet d’un rapport, qui identifiera les 
principales problématiques reliées à l’exploitation de cette ressource, et proposera les 
premières grandes lignes d’un plan de gestion visant à l’encadrer.

Deuxième phase :

Nous avons vu qu’il est difficile d’envisager la gestion des terres publiques tant que leur 
propriétaire, le MRN, ne s’en sera pas donné les moyens. Dans la mesure où ce ministère 
n’a aucun représentant aux Îles-de-la-Madeleine, il est indispensable qu’il permette à la 
municipalité de gérer elle-même ces terres publiques : la mise en place de plusieurs 
solutions en dépend. Il serait également intéressant d’étudier la possibilité de fonctionner 
avec des concessions accordées aux acheteurs ou de mettre en place un système coopératif. 
Ultérieurement, on pourra éventuellement discuter de possibilités d’aménagement, dans le 
cadre d’un développement durable et sous contrôle, mais d’autres points sont plus pressants 
à régler.

Pour ce qui est des techniques de récolte, une étude complémentaire devrait viser à évaluer 
plus précisément l’impact réel des méthodes de cueillette, par exemple, en comparant un terrain 
témoin, non récolté, avec un second où la récolte se fait à la main et un troisième où elle se fait 
au peigne.

Enfin, la cueillette commerciale des canneberges sauvages des Îles n’est envisageable, en termes 
de rentabilité et de conservation du milieu, que dans la mesure où ces fruits sont « sauvages ». Il 
faut donc axer la mise en marché sur les étiquettes « produit biologique » ou « fruit sauvage ». Or, 
pour conserver cette appellation, il faut prendre conscience qu’elle impose des contraintes de 
qualité, tant pour les méthodes de cueillette et la conservation de la ressource que pour les fruits 
eux-mêmes. Il est donc impératif d’améliorer la cartographie sur la distribution de ce fruit dans 
l’archipel, de réaliser les études nécessaires pour délimiter les zones de contamination potentielle 
à proximité des anciens dépotoirs et d’équiper ces sites de panneaux d’information destinés aux 
cueilleurs.

Circulation sur et aux abords des lieux de cueillette :

Pour envisager de régler ce problème, il faudrait que chaque acheteur soit responsable d’un 
groupe de cueilleurs, sur lequel il exerce un contrôle effectif. La formation, ou au moins la 
distribution des informations concernant cette problématique aux cueilleurs, serait assurée par 
l’acheteur, qui serait ainsi responsabilisé face aux dommages qui peuvent être causés à 
l’environnement. Cependant, la création d’un réseau de sentiers VTT balisés, ainsi que la mise
en application de l’interdiction de circuler en véhicule motorisé dans les milieux humides et 
dunaires, font aussi partie intégrante de la solution au problème de la circulation au niveau des
lieux de cueillette (voir fiche technique 1.1.3 – Gestion de la circulation VTT aux Îles-de-la-
Madeleine
). La problématique de la circulation motorisée dans les milieux naturels faisant l’objet
 d’une autre fiche technique, elle ne sera pas discutée plus ici.

Avantages

La mise en place des différentes solutions envisagées permettra de gérer plus efficacement la
récolte des canneberges aux Îles-de-la-Madeleine. En effet, si la présence de ces fruits sauvages 
atteste de l’existence de conditions favorables à leur développement sur l’archipel, les milieux qui 
les accueillent sont trop importants, et surtout trop fragiles, pour supporter une exploitation 
commerciale intensive… surtout si elle n’est pas contrôlée. De plus, la récolte commerciale ne peut 
être rentable que si elle est faite sous l’étiquette « biologique », que seule les solutions proposées 
pourront garantir à long terme.

Faisabilité

L’implication de la municipalité des Îles-de-la-Madeleine dans ce dossier a déjà permis de poser 
plusieurs actions dans le cadre de ce dossier et de mettre en place certaines des solutions 
proposées dans la première phase. Si le MRN lui en donne les moyens, elle devrait continuer à 
œuvrer dans le sens d’une gestion réaliste des canneberges sauvages et de leur milieu.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, MRN, promoteurs, Union des producteurs agricoles 
(UPA), CLD des Îles, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (appui scientifique), Attention 
FragÎles, Bon goût frais des Îles, Commission sectorielle « Agriculture-Îles » du CRCD, Ministère
des Régions, MAPAQ, Fonds de création d’emplois municipaux Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (inventaire, cartographie et rapport) 33 095.00 $

Matériel de bureau et équipement informatique 3 250.00 $

Autres frais 2 450.00 $

Total du projet 38 795.00 $

Deuxième phase :

Les coûts reliés à la réalisation de cette seconde phase restent à déterminer.

Échéancier

Première phase : 1999-2000 (réalisée)

Deuxième phase : à déterminer

Indicateurs

Nombre de tracés occasionné par la circulation en VTT.

Baisse de fréquentation des zones de contamination potentielle durant la récolte.

Stabilité des récoltes et maintien de la pérennité de la ressource canneberge.

Références

BASTIEN, I. 2000. La problématique de la cueillette de la canneberge sauvage aux Îles-de-la-Madeleine
Document présenté à la MRC des Îles-de-la-Madeleine. 90 pages + 7 annexes.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. Environnement 
Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

 

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.3

Identification

Thématiques :         Protection et conservation des habitats
                              / Territoires protégés
                              Récréotourisme et mise en valeur du territoire

Priorités visées :     Réglementer et appliquer ces règlements à tous les usages du milieu côtier.
                             Mesures de contrôle de la circulation motorisée dans les dunes et aux abords
                            des lagunes.
                             

Nom du projet

Gestion de la circulation VTT aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

Depuis toujours, les habitants des Îles-de-la-Madeleine se sentent très proches de leur milieu et le
parcourent sans restriction tant les clôtures y sont rares. Cette soif de plein air, qui se traduit par la 
présence de nombreux promeneurs un peu partout dans l’archipel, est à première vue plutôt 
sympathique et s’explique aisément dans ce contexte insulaire. Pourtant, ce comportement a de plus 
en plus de répercussions sur le milieu naturel. En effet, au début des années 1980, apparaissent aux 
Îles des véhicules spécialisés dans la circulation hors-route : les VTT (Véhicules Tout Terrain). Le 
premier point de vente aux Îles s’installe en 1986 et on note ensuite une augmentation régulière des
utilisateurs, la pratique du VTT devenant même plus populaire que dans le reste du Québec. Ces 
véhicules permettent alors aux Madelinots de parcourir plus rapidement le territoire et de s’enfoncer 
de plus en plus profondément dans des milieux auparavant relativement difficiles d’accès.

Pourtant, il devient rapidement évident que les VTT causent des dommages non négligeables à
l’environnement, notamment dans certains milieux sensibles. Ainsi, dans les milieux dunaires, qui 
représentent presque 30 % de la superficie terrestre des Îles, le passage répété de ces véhicules 
détruit la végétation qui constitue le squelette des dunes remettant le sable à la merci des caprices
du vent. Dans les milieux humides, en plus des dommages causés à la végétation et de la 
compaction du sol, ornières et bourbiers altèrent le drainage, entraînant parfois l’assèchement de 
certaines zones. Or, ces milieux particulièrement sensibles sont également très importants, abritant
de nombreuses espèces animales et végétales, dont plusieurs sont rares, ainsi que diverses activités
humaines (tourisme, chasse, pêche, récolte des canneberges, etc.). En conséquence, dès 1994, sur
l’initiative d’Attention FragÎles, un comité de travail est formé pour étudier cette problématique. Ce 
comité réunit le CLSC, l’ATR, Attention FragÎles et la MRC des Îles. Suite aux travaux de ce 
comité, les municipalités des Îles se dotent d’une réglementation qui restreint la circulation dans les 
milieux dunaires, et le gouvernement provincial interdit la circulation des VTT dans les milieux 
humides à partir de 1997. Pourtant, aucun contrôle n’est exercé pour veiller à l’application de ces
règlements, et la situation ne connaît donc pas de changement majeur. Deux ans plus tard, 
Attention FragÎles présente à la MRC un avis de limitation de l’accès des VTT aux seuls anciens 
chemins déjà tracés. Ce dossier reste sans suite !

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à expliquer l’absence d’avancement du dossier : l’absence 
d’un bureau du Ministère des Ressources Naturelles du Québec (MRN), propriétaire des terres
publiques aux Îles, un manque de moyens pour contrôler et faire appliquer les règlements, mais 
aussi un manque de volonté de la part des autorités concernées. À cela s’ajoute l’absence de 
sentiers balisés, qui, en plus de rendre problématique l’application des règlements, empêche de 
tirer tous les bénéfices du regroupement progressif des utilisateurs au sein des différents Clubs 
de VTT existant maintenant aux Îles. Afin d’illustrer cet état de fait, notons que la Société 
d’Assurance Automobile du Québec (SAAQ, 1998) mentionne qu’il y a 489 VTT immatriculés
aux Îles, alors que les estimations du Club VTT des Îles porte le nombre total de ces véhicules 
sur le territoire madelinien à environ 1200, soit près de deux VTT sur trois qui ne seraient pas
immatriculés ! Mentionnons que le Club VTT compte présentement avec 350 membres 
seulement.

Pendant ce temps, la situation s’aggrave rapidement dans les milieux les plus sensibles et le 
réseau despistes « sauvages » s’étend de plus en plus à travers l’archipel. De plus, depuis 
quelques années, la récolte commerciale de canneberges prend un nouvel essor, augmentant 
d’autant la circulation VTT dans les zones de récolte (milieux humides et dunaires). Et cette 
problématique devient d’autant plus préoccupante que l’industrie du tourisme est en croissance, 
et que les risques pour la sécurité humaine augmentent d’autant chaque année. Certains adeptes 
en visite aux Îles ont d’ailleurs vanté les possibilités de randonnées motorisées sur les plages et 
les dunes : dans un numéro spécial Îles-de-la-Madeleine du journal Sentier Quad (1999), on 
peut lire « Le vent, le soleil, le sable et la mer en quad, que demander de plus ? » !

Solution envisagée

Étant donné la complexité de cette problématique et la fragilité des milieux considérés, il est 
nécessaire, de se doter d’un réseau de sentiers balisés, mais aussi d’en assurer le suivi et de se 
donner la possibilité d’y apporter des correctifs le cas échéant.

Première phase :

Mettre en place, en collaboration avec les organismes et personnes concernés, un réseau de 
sentiers balisés qui respectera autant que possible les différents intérêts en jeu, à savoir les 
activités humaines et la protection des milieux sensibles. Une homogénéisation des règlements 
municipaux et provinciaux serait par ailleurs grandement souhaitable ainsi que l’implication du 
Club VTT de Grosse-Île et les utilisateurs de Grande-Entrée dans la démarche.

Deuxième phase :

Parallèlement, il faudrait offrir aux propriétaires concernés l’expertise et l’assistance technique 
nécessaires pour que les sentiers en terres privées soient aménagés dans le même respect du 
milieu naturel (ponceaux, etc.). De plus, dans la mesure où des milieux naturels fragiles et 
importants seront concernés par certains sentiers, il est primordial d’établir un suivi annuel en 
certains points du réseau. Dans les cas où le milieu montrerait une dégradation importante, de 
nouveaux aménagements ou une modification du tracé pourront être envisagés.

Enfin, suite à l’adoption d’un réseau de sentiers balisés, les sentiers existants qui n’auront pas 
été sélectionnés devront faire l’objet de travaux de restauration. Cette restauration des sentiers 
fermés sera probablement assurée par l’organisme Attention FragÎles, qui œuvre dans ce 
domaine depuis le début des années 1990 et a développé une expertise certaine dans la 
plantation d’espèces végétales fixatrices (voir aussi fiche technique 1.2.3 – Restauration des 
dunes aux Îles-de-la-Madeleine
). Notons que ces travaux de plantation s’accompagnent 
généralement de la pose de panneaux explicatifs visant à prévenir le piétinement prématuré de 
ces secteurs et d’une campagne de sensibilisation.

Avantages

La mise en place d’un réseau officiel de sentiers balisés facilitera la mise en application, par les 
agents de la Sûreté du Québec (SQ), des règlements en vigueur pour les VTT, permettant ainsi 
de réduire le nombre de pistes « sauvages » (non balisées) qui sillonnent actuellement l’archipel. 
D’autre part, le réseau sera pourvu, par les différents clubs VTT des Îles, de patrouilleurs qui 
pourront exercer un certain contrôle sur l’immatriculation et l’état des véhicules, et même 
éventuellement sur le comportement des utilisateurs.

Le suivi régulier de certains secteurs « cibles » fournira, par la suite, des informations sur la 
résistance effective des milieux les plus sensibles, mais aussi sur le respect du tracé par les 
utilisateurs. Cette phase permettra ainsi de faire les correctifs nécessaires (nouveaux 
aménagements, modifications du tracé, etc.) avant que les dégâts au milieu soient irrémédiables.
L’identification de ces secteurs cibles permettra en outre aux agents de la SQ de concentrer 
éventuellement leurs contrôles sur les zones les plus « à risque ».

D’autre part, la restauration des sentiers non retenus dans le réseau balisé permettra de faire 
disparaître plus rapidement les traces qu’ils ont laissées dans les milieux dunaires et de diminuer 
ainsi le risque que des utilisateurs les empruntent encore par inadvertance.

Faisabilité

L’implication des différentes parties concernées par ce dossier (clubs VTT, MRC, organismes
environnementaux, ministères, etc.) est essentielle, et des compromis devront être faits de part et 
d’autre pour en arriver à un consensus.

D’autre part, la réussite de ce projet est fortement tributaire de la capacité des utilisateurs à
s’auto-discipliner… et de la volonté des autorités et des clubs VTT à faire respecter les décisions 
qui seront prises.

La mise en place d’un réseau de sentiers balisés, en collaboration avec les différents gestionnaires 
et utilisateurs du milieu (questionnaire, consultations publiques, etc.), est déjà presque complétée 
pour les municipalités de Grosse-Île et de Grande-Entrée. Ces réalisations servent de modèles 
pour l’extension de cette démarche au reste de l’archipel.

Mentionnons également, que la Réserve nationale de la Faune de la Pointe de l’Est est un lieu 
privilégié par les utilisateurs des VTT. Cette réserve, étant de juridiction du gouvernement fédéral, 
relève du Service canadien de la faune (SCF) d’Environnement Canada. Depuis 1994, le SCF a 
autorisé quelques sentiers dans la réserve dans le but de diminuer la circulation désordonnée 
observée. Ces sentiers font l’objet d’un suivi par Attention FragÎles ainsi que la régénération dans
les sentiers fermés. Cela constitue une expertise non négligeable pour les travaux qui doivent être 
mis en place.

Partenaires visés

MENV, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Club VTT des Îles et de Grosse-Île, ministère 
des Transports du Québec (MTQ), SCF, SQ, Attention FragÎles, Association touristique 
Régionale, Club Vacances Les Îles et Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (membre du comité 
de travail sur le sujet).

Coûts

Il ne devrait pas y avoir de coûts directement reliés à ce projet en dehors, bien sûr, des heures 
que les organismes impliqués lui consacreront. Par ailleurs, les coûts des travaux d’aménagement 
et de restauration des sentiers seront a priori défrayés par le club VTT concernés. En outre, il se 
peut que des panneaux d’information et une campagne de sensibilisation soient nécessaires. Ceci 
engendra de coûts supplémentaires.

Échéancier

Première phase : 2001-2002 (en cours)

Deuxième phase : à déterminer

Indicateurs

Rapidité à laquelle les sentiers « sauvages » disparaîtront du paysage madelinien.
Rapidité de « récupération » des milieux les plus endommagés.
Nombre de VTT immatriculés sur les Îles.

Références

BASTIEN, I. 2000. La problématique de la cueillette de la canneberge sauvage aux Îles-de-la-Madeleine. 
Document présenté à la MRC des Îles-de-la-Madeleine. 90 pages + 7 annexes.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. 
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 
pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

Règlement sur la circulation de véhicules motorisés dans certains milieux fragiles

Loi sur la qualité de l’environnement du ministère de l'Environnement du Québec (L.R.Q., c. Q-2,
a.31, par c et e et a. 124.1)

Les courses, rallyes et autres compétions de véhicules motorisés sont interdits dans 
les marais, marécages et tourbières ainsi que sur les dunes, cordons littoraux et 
plages.

Sur les dunes situées aux Îles-de-la-Madeleine, la circulation de véhicules motorisés n’est
permise que dans des sentiers identifiés à cette fin et aménagés conformément à la loi. 
Ailleurs aux Québec, elle est interdite sur les dunes du domaine public.

Dans les tourbières du domaine public, au sud du fleuve Saint-Laurent, de l’estuaire et du
golfe du Saint-Laurent, la circulation de véhicules motorisés, autres que les motoneiges, est
interdite.

Cependant, le présent article n’a pas pour effet d’empêcher la récupération d’un gros gibier,
au sens de l’article 1 de la loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c.
C-61.1), tué dans le cadre d’une activité de chasse autorisée.

La circulation de véhicules motorisés, autres que les motoneiges, est interdite sur les plages, sur
les cordons littoraux, dans les marais et dans les marécages, situés sur les littoraux, dans les
marais et dans les marécages, situés sur le littoral du fleuve Saint-Laurent (en aval du pont
Laviolette), l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, de la Baie-des-Chaleurs et des Îles qui y
sont situées.

Cependant, le présent article n’a pas pour effet d’empêcher l’exercice d’activités reliées à
la chasse, à la pêche ou au piégeage qui sont pratiquées légalement, ni la circulation de
véhicules motorisés conformément à la loi, ni l’utilisation de tels véhicules motorisés dans
les sentiers identifiés à cette fin et aménagés conformément à la loi, ni l’utilisation de tels
véhicules pour permettre l’accès à une propriété privée.

Pour l’application du présent article, le mot « littoral » a le sens qui lui est donné dans la
Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables, adoptée par le
décret 103-96 du 24 janvier 1996.

Le présent règlement n’a pas pour effet d’empêcher l’utilisation de véhicules 
motorisés dans l’exécution d’un travail.

Le présent règlement s’applique notamment dans une aire pour fins de contrôle et dans 
une zone agricole établie suivant la Loi sur la protection du territoire agricole (L.R.Q., c.
P-41.1).

Le présent règlement entrera en vigueur le quinzième jour qui suivra la date de sa 
publication à la Gazette officielle du Québec.

 


Fiche technique 1.1.4

Identification

Thématique :         Protection et conservation des habitats / Territoires protégés

Priorité visée :       Mesures de protection des dunes.
                            Révision de la réglementation des carrières et sablières en fonction des 
                            particularités (dépôts de dragage) des Îles (statut particulier).

Nom du projet

Évaluation des possibilités d’approvisionnement en sable aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une douzaine d’îlots rocheux, dont six sont 
reliés par des cordons littoraux. C’est essentiellement au niveau de ces cordons que l’on retrouve
le milieu dunaire, qui représente presque 30 % de la superficie des milieux terrestres des Îles 
(62 km2). Ces dunes ont souvent plusieurs mètres de haut et sont en général positionnées sur 2 
ou 3 rangs parallèles à la ligne de la plage, sauf dans certaines zones particulières comme Les 
Sillons où l’on peut compter jusqu’à 30 rangs. En plus de leur importance en termes de superficie 
occupée, les dunes jouent de nombreux rôles au sein de l’archipel, avec des répercussions sur le 
milieu naturel, bien sûr, mais aussi sur le milieu humain. Ainsi, la dune bordière, colonisée 
principalement par l’Ammophile à ligule courte, protège les milieux intérieurs et les routes des 
assauts de la mer, du vent et de l’ensablement. Les milieux dunaires sont également intimement 
liés à certains milieux humides dont l’importance écologique n’est plus à prouver et dont 
dépendent certaines activités humaines, comme l’exploitation de la canneberge. De plus, ces 
dunes servent d’habitat à de nombreuses espèces animales et végétales, dont certaines sont 
rares et/ou menacées.

Les milieux dunaires sont donc essentiels pour l’équilibre des écosystèmes naturels et des 
activités humaines… mais aussi très fragiles. En effet, les dunes sont au départ des formations 
mobiles, qui sont progressivement stabilisées par une végétation herbacée, arbustive puis 
arborescente. Les racines et les tiges souterraines de ces plantes constituent donc en quelque 
sorte le squelette de ces formations qui, sans elles, seraient balayées par les vents. Cependant,
ce processus de stabilisation par les végétaux est relativement lent, et peut être rapidement et 
profondément bouleversé : si des dégâts importants sont causés à la végétation, les vents 
violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à leur mobilité originelle! 
Malgré leur fragilité, les milieux dunaires sont de plus en plus sollicités pour diverses activités 
humaines, récréatives ou commerciales. Et bien que certaines soient de toute évidence 
nuisibles pour la conservation de ces habitats, comme la circulation motorisée hors route, 
aucune mesure de contrôle n’est encore disponible pour assurer efficacement l’application 
des lois (quand celles-ci existent).

Dernièrement, un autre problème est venu s’ajouter aux différents facteurs qui menacent les 
milieux dunaires : l’exploitation des sablières. En effet, l’unique sablière légalement autorisée 
sur le territoire madelinien démontre des signes évidents d’épuisement et plusieurs 
municipalités ont entamé des démarches pour avoir le droit d’exploiter d’autres sites. En 
attendant, les prélèvements de sable nécessaires se font essentiellement dans les milieux 
dunaires. Il est vrai que les coûts de transport depuis le continent seraient élevés et que 
l’importance des superficies occupées par les milieux dunaires donne souvent aux personnes 
mal informées l’impression d’une ressource inépuisable. Les madelinots prélèvent d’ailleurs 
depuis toujours le sable nécessaire à leurs besoins individuels dans ces milieux, sans que ce 
prélèvement ne soit vraiment perceptible « à l’œil ». Pourtant, connaissant l’importance et la 
fragilité de ces milieux, il apparaît évident que d’autres techniques d’exploitation doivent être 
mises en place.

En plus des sablières, nous avons également aux Îles des carrières qui défigurent énormément
nos buttes. Comme cette question inquiète aussi les élus, le nouveau schéma d’aménagement 
de la municipalité limite l’étendu du zonage « industriel lourd », où les carrières peuvent être 
exploitées. Cela empêchera le développement de nouvelles carrières. De plus, il est prévu que 
lors de la demande de renouvellement d’un permis d’exploitation d’une carrière, le promoteur 
doit présenter un certificat de localisation de son site ce qui permettra d’empêcher le 
débordement d’exploitation. Il est sûr que cela ne réglera pas le cas des carrières aux Îles mais 
cela limitera un peu la problématique. Ce sujet concerne également la demande d’une présence 
accrue du MENV aux Îles, comme il est mentionné dans la fiche 1.1.1 – Respect de la 
réglementation dans les territoires protégés.

Solutions envisagées

Plusieurs solutions peuvent être envisagées pour régler le problème de l’approvisionnement en 
sable aux Îles-de-la-Madeleine : le captage de sable en milieu terrestre, l’exploitation du sable de 
dragage et, éventuellement, le pompage sous-marin.

Captage de sable :

Les techniques de captage sont utilisées depuis de nombreuses années en différents points 
de l’archipel pour restaurer certains milieux dunaires particulièrement endommagés par les 
activités humaines. Le principe de ces capteurs est relativement simple et consiste à installer, 
en milieu terrestre, des structures permettant de retenir et d’accumuler le sable porté par les 
vents (palissades, fascines, etc.). Le suivi des sites où les capteurs ont déjà été installés, a 
déjà permis de vérifier l’efficacité de cette technique dans le cadre des travaux de 
restauration : la végétation semble s’installer d’elle-même au bout d’environ deux ans. On a 
aussi mis en évidence des différences d’ensablement importantes selon les endroits, les 
conditions optimales étant obtenues sur la Dune du nord, à proximité de Grosse-Île. À partir 
de ces données de base, les sites les mieux adaptés pourront être définis, en tenant compte 
également de leur accessibilité.

Sable de dragage :

Les activités humaines, dans les lagunes et sur les côtes, rendent nécessaires des opérations de 
dragage qui sont répétées plus ou moins fréquemment en différents points de l’archipel. 
Généralement, le sable de dragage est rejeté au large, ce qui entraîne des coûts relativement 
importants. Des études seraient nécessaires pour vérifier les volumes disponibles, la 
granulométrie et la contamination éventuelle du sable dans différentes zones de dragage afin de 
déterminer les sources les plus adaptées pour une exploitation. Les renseignements déjà 
disponibles indiquent que deux sites, soit Grosse-Île nord et Millerand, à Havre-Aubert, sont 
potentiellement intéressants : ces deux sites subissent régulièrement des opérations de dragage 
et Grosse-Île nord constitue en outre une zone d’accumulation (importants volumes de sable 
disponibles). Là encore, l’accessibilité sera prise en compte dans la sélection du ou des sites 
d’exploitation. D’autre part, dans la mesure où les sables dragués ne seront pas utilisés 
immédiatement (période de séchage), les possibilités d’entreposage devront être étudiées.

Pompage sous-marin :

Une autre solution envisageable serait le pompage de sable sous-marin. Cette technique étant 
déjà utilisée au lieu du dragage pour aspirer le sable accumulé en certains points de l’archipel, 
on pourrait simplement récupérer ce sable après vérification de sa granulométrie et de son 
degré de contamination éventuelle (voir paragraphe précédent). L’alternative à cette 
« réutilisation » serait de pomper le sable sous la mer, à proximité des côtes : cette dernière 
solution présente cependant des risques relativement importants, les bancs prélittoraux jouant 
un rôle atténuateur sur les grosses vagues de tempêtes. Pour être inoffensif, ces prélèvements 
doivent donc obéir à des contraintes de profondeur et de distance par rapport aux côtes, qui 
dépendent des caractéristiques de houles les plus fortes. Étant donné les risques potentiels de 
cette technique (mentionnés ci-haut et pour les communautés benthiques) et l’existence des 
deux alternatives mentionnées plus haut, l’option pompage sous-marin ne sera pas retenue 
pour l’étude.

Inventaire des carrières et sablières existantes et des sites potentiels d’exploitation de sable

Comme les études de faisabilité d’utilisation d’autres techniques pour l’exploitation de sable 
telles le captage de sable, l’utilisation du sable de dragage et le pompage sous-marin peuvent 
entraîner des délais importants avant d’être concluantes et que le besoin en sable est assez 
pressant dans le milieu, l’évaluation générale des sites ayant un potentiel d’exploitation peut 
également s’avérer une solution valable. Ainsi, une cartographie des sites, l’analyse générale 
des impacts d’une exploitation de sable et les pistes de solution pour palier ces impacts 
permettraient de compléter le tout.

Avantages

L’avantage principal de ce projet est la possibilité de conserver les dunes des Îles-de-la-
Madeleine dans leur état naturel, tout en permettant l’exploitation du sable nécessaire au 
développement de l’archipel.

Faisabilité

Captage de sable :

L’efficacité des « trappes à sable » a déjà été démontrée en plusieurs endroits des Îles, dans le 
cadre de la restauration de dunes, et le suivi de ces zones de captage a également permis de 
mettre en évidence des sites potentiellement propices à l’exploitation en termes de volumes de 
sable et de vitesse d’ensablement. La MRC locale et Attention FragÎles ont d’ailleurs développé 
une certaine expertise dans le domaine.

Sable de dragage :

Là encore, plusieurs secteurs de l’archipel subissent plus ou moins régulièrement des opérations 
de dragage, dont deux paraissent particulièrement indiqués pour une exploitation du sable ainsi 
récolté.

De plus, Barbara Karakiewick, spécialiste dans les domaines de l’érosion et de la sédimentation 
du littoral de l’Institut des Sciences de la Mer (ISMER) de l’Université du Québec à Rimouski, 
s’est déjà montrée intéressée à travailler en collaboration avec les organismes des Îles-de-la-
Madeleine dans le cadre du présent projet.

Inventaire des carrières et sablières existantes et des sites potentiels d’exploitation de sable :

En 1999, lors d’une demande d’utilisation d’un site provisoire d’exploitation de sable par 
l’ancienne municipalité de l’Île du Havre-Aubert afin de pourvoir à un besoin urgent en sable, 
une analyse des sites potentiels a été effectuée pour quelques sites sur cette Île ainsi que les 
impacts d’une exploitation. L’expertise acquise à ce moment peut donc être mise à profit dans 
le cadre de la mise en œuvre de cette fiche.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Travaux 
publics Canada, le MPO, le MENV, le MTQ, , l’ISMER et Bernard Long de l’Institut National 
de Recherches Scientifiques (INRS) à Québec, Attention FragÎles, MRN, SCF.

Autres organismes locaux peuvent être appelés à participer comme partenaire ou comme expert 
dans le domaine.

Coûts

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 106 274.00 $

Matériel (pour les capteurs à sable) et équipement (bateau) 8 700.00 $

Autres frais (déplacement et frais de gestion) 11 400.00 $

Total du projet 126 374.00 $

Échéancier

Prévision : 2002 - 2005

Indicateurs

Nombre de solutions validées (faisabilité technique te financière) pour résoudre le problème
d’approvisionnement en sable dans l’archipel.

Références

BERNATCHEZ, P. 2000. Évolution de la technique de restauration de plages du système d’épis Maltais-
Savard (SEMS) et analyse des composantes contrôlant la morphosédimentologie des plages. Rapport rédigé 
et remis au Comité ZIP de la rive nord de l’estuaire, Baie-Comeau, Québec. 33 pages.

BOCZAR-KARAKIEWICZ, B. et W. ROMANCZYK. 2000. Modèle conceptuel de fonctionnement d’un ouvrage 
de protection du littoral : système d’épis Maltais-Savard (SEMS). Rapport rédigé et remis au Comité ZIP de 
la rive nord de l’estuaire, Baie-Comeau, Québec. 35 pages.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. 
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 
pages.

MORIN, I. 2000. Géomorphologie et évolution du système dunaire des Îles-de-la-Madeleine, Québec. 
Mémoire de maîtrise. Université Laval.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.5

Identification

Thématique :            Protection et conservation des habitats / Territoires protégés

Priorité visée :          Instaurer un système efficace d’application des règlements en place avec le 
                               personnel nécessaire.

Nom du projet

Respect de la réglementation dans les territoires protégés

Localisation

Problématique

Les Îles-de-la-Madeleine constituent un territoire extrêmement particulier et ce, à plusieurs 
niveaux. Situé au cœur du Golfe du Saint-Laurent, à 225 km de la Gaspésie, 145 km de Terre-
Neuve et 80 km de l’Île-du-Prince-Édouard, l’archipel est en grande partie constitué de cordons 
dunaires, de milieux humides et de plans d’eau intérieurs. C’est donc un ensemble complexe 
d’écosystèmes fragiles, intimement reliés entre eux et avec le milieu humain.

Or, dans ce contexte d’isolement relatif par rapport au continent et à ses ressources, l’économie 
des Îles et le mode de vie de ses habitants reposent en grande partie sur les ressources de l’archipel. 
Depuis toujours, les madelinots se sentent très proches de leur milieu et le parcourent sans restriction 
tant les clôtures y sont rares. Avec les progrès de la technologie, ces déplacements se font de plus en
plus à l’aide de véhicules motorisés, les plus prisés étant ceux qui permettent de se déplacer dans 
tous les types de milieu : VTT, motoneiges et autres véhicules hors-route sillonnent aujourd’hui le 
territoire, y compris les milieux dunaires et humides. De plus, le développement de l’industrie 
touristique est en pleine croissance dans la région, ce qui constitue une pression supplémentaire pour 
le milieu déjà fragile des Îles-de-la-Madeleine.

De nombreuses activités mettent ainsi en péril l’environnement naturel de l’archipel, ce qui est 
d’autant plus dangereux du fait de l’exploitation importante dont font l’objet la plupart des 
ressources naturelles locales. Parmi les principales activités potentiellement dommageables, on 
trouve : le remblayage de milieux humides, l’exploitation du sable, la chasse (pratiquée 
essentiellement dans les milieux humides), la pêche à l’éperlan et à l’anguille (souvent pratiquée 
en dehors des périodes autorisées) et l’exploitation de la canneberge. Ce sont, bien entendu, les 
milieux les plus fragiles qui se ressentent le plus de ces pressions humaines. Or, ces milieux très 
sensibles sont également essentiels au maintien de l’équilibre des écosystèmes naturels et, par 
voie de conséquence, à l’intégrité du mode de vie et de l’économie des Îles. L’exemple le plus 
frappant est celui des milieux dunaires et des milieux humides associés. En effet, ces milieux, en
plus d’abriter une diversité importante d’espèces animales et végétales, dont certaines sont en 
péril, jouent un rôle important vis-à-vis des environnements naturel et humain. Ainsi, la dune 
bordière constitue le premier et parfois le seul rempart contre les assauts de la mer et des vents : 
elle protège ainsi les milieux intérieurs et les routes des phénomènes d’inondation et 
d’ensablement. De même, les milieux humides, dont l’importance n’est plus à prouver, 
constituent également une protection efficace contre les inondations, contribuent à l’épuration 
des eaux avant qu’elles ne se rendent à la nappe phréatique, et sont aussi essentiels à différentes 
activités humaines, comme la cueillette des canneberges par exemple.

Dans ces conditions, il est nécessaire de pouvoir gérer efficacement les différentes activités 
humaines qui menacent l’intégrité de l’environnement naturel des Îles-de-la-Madeleine. Or, 
plusieurs circonstances, particulières à cette région, viennent compliquer cette problématique. À la
base, se trouve la question des terres publiques. En effet, ces terres sont propriétés du Ministère 
des Ressources Naturelles du Québec (MRN), qui ne dispose malheureusement d’aucun 
représentant, permanent ou temporaire, aux Îles-de-la-Madeleine. La municipalité des Îles, qui est
appelée à régler des problèmes de plus en plus complexes (déchets, eaux usées, exploitation de la
canneberge, etc.), ne dispose donc que de moyens limités pour assurer une gestion efficace des 
terres publiques de l’archipel. Ce manque de présence se retrouve, bien que dans une moindre 
mesure, en ce qui concerne le Ministère de l’Environnement du Québec (MENV) et la Société 
de la faune et des Parcs du Québec (FAPAQ). En effet, le représentant du MENV n’est aux 
Îles que durant 8 mois et la présence de la FAPAQ est plutôt saisonnière. Or, plusieurs activités 
humaines potentiellement dommageables nécessitent l’intervention de ces Ministères en dehors 
de leurs périodes de présence actuelles. De plus, étant donné la vitesse de circulation des 
informations en milieu insulaire, leur visites « surprises » ne surprennent souvent que les touristes !

Ainsi, malgré le fait que les problématiques reliées aux activités humaines sont, pour la plupart, 
bien identifiées, et que des règlements susceptibles de permettre leur gestion existent, l’absence, 
ou le manque de permanence, des autorités responsables dans le domaine de l’environnement 
rend difficile l’application de cette réglementation.

Solution envisagée

Étant donné la complexité croissante des problématiques environnementales et l’importance des
enjeux qui y sont associés, il appartient aux ministères de combler cette lacune concernant leur 
présence et l’accomplissement de leurs mandats. Il convient donc de faire pression sur les 
responsables de ces différents ministères afin que des mesures soient prises en ce sens.

Dans le cas du MRN, il est peu probable d’obtenir un représentant, permanent ou non, sur 
l’archipel. En effet, ce ministère montre une certaine réticence à s’impliquer vis-à-vis des 
problématiques locales concernant les terres publiques (voir fiches 1.1.2 – La cueillette des 
canneberges sauvages aux Îles-de-la-madeleine
et 1.1.3 – Gestion de la circulation VTT 
aux Îles-de-la-Madeleine
). Dans ces conditions, il est indispensable qu’il transfère cette gestion 
des terres publiques à la MRC locale et qu’il donne les moyens d’accomplir efficacement cette 
tâche.

En ce qui concerne le MENV et la FAPAQ, étant donné que la plupart des problématiques 
reliées à l’environnement tombent sous leur responsabilité ou demandent leur collaboration, il
est absolument nécessaire que leur présence aux Îles soit assurée à l’année.

Avantages

La délégation des pouvoirs du MRN vers la municipalité des Îles, concernant les terres publiques, 
est une condition sine qua non à leur gestion efficace. En effet, l’isolement relatif des Îles-de-la-
Madeleine et les conditions particulières qui caractérisent cette région génèrent des problématiques
spécifiques, qui ne peuvent être totalement appréhendées depuis le continent. La municipalité 
dispose, en plus d’une présence continuelle, d’une longue expérience d’implication dans les 
problématiques du milieu et serait, pour peu qu’on lui en donne les moyens, en mesure d’y 
apporter des solutions éclairées.

Pour les mêmes raisons, la présence permanente de représentants du MENV et de la FAPAQ 
contribuerait sans aucun doute à une meilleure gestion des espaces naturels et des activités 
humaines qui peuvent interférer avec ceux-ci. C’est à ce prix seulement que la mise en 
application efficace des règlements protégeant l’intégrité des écosystèmes particulièrement fragiles
de l’archipel pourra être envisagée.

Faisabilité

Étant donné l’évidence des problèmes soulevés et des responsabilités en jeu, il semble possible, 
ou du moins souhaitable, d’obtenir une réponse favorable des ministères concernés.

Une lettre, adressée en 1999 au ministre de l’Environnement du Québec, M. Paul Bégin, a ainsi 
permis de voir la période de présence de la représentante du MENV aux Îles étendue de 6 à 8 
mois. Bien que cette concession ne soit pas jugée suffisante et que d’autres demandes écrites 
soient prévues, elle constitue un précédant encourageant dans ce dossier.

Des démarches du même type doivent être utilisées pour le MRN et la FAPAQ, qui devraient 
permettre d’obtenir satisfaction.

Les chances de succès sont d’autant plus grande que le milieu est fortement impliqué, comme 
en témoigne le fait que ces actions, concernant le MENV et le MRN, figurent au Plan d’action 
quinquennal de la Commission sectorielle « Environnement – Îles » du Conseil régional de 
conservation et de développement de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CRCD).

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Commission sectorielle « Environnement – Îles » du 
CRCD (le Comité ZIP est membre de cette commission), FAPAQ, MRN, MENV.

Coûts

La démarche proposée pour résoudre cette problématique ne devrait pas entraîner de dépenses 
en elle-même. Par contre, l’augmentation de la période de présence des représentants génèrera 
des coûts qui seront assumés par les ministères concernés.

Échéancier

Prévision : 2002 - 2005

Indicateurs

Nombre de mois de présence supplémentaires pour chacun des ministères.

Références

BASTIEN, I. 2000. La problématique de la cueillette de la canneberge sauvage aux Îles-de-la-Madeleine. 
Document présenté à la MRC des Îles-de-la-Madeleine. 90 pages + 7 annexes.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. 
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 
pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.1.6

Identification

Thématique : Protection et conservation des habitats / Territoires protégés

Priorités visées : Identification des zones les plus fragiles du littoral.

Nom du projet

Inventaire des zones côtières fragiles de l’Archipel.

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine, situé en plein golfe Saint-Laurent, est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux. Sept d’entre eux sont habités dont six sont reliés par d’étroites dunes 
de sable, lesquelles ont permis la formation de lagunes. Les Îles possèdent une superficie terrestre 
de 202 km2, dont le tiers est formé de sable et 35% de côtes sont constitués de milieux humides 
(en bordure des plans d’eau intérieurs). Environ 13 500 personnes vivent sur ce territoire.

Les Îles abritent cinq plans d’eau intérieurs majeurs : le Bassin aux Huîtres, la baie du Havre-aux-
Basques, la Baie du Bassin et deux lagunes, celles de Grande-Entrée et du Havre-aux-Maisons. 
Ces lagunes et baies, couvrant une superficie d’environ 122 km2, sont reliées à la mer par des 
passes ou des goulets qui, sous l’effet des courants de marées et des vents, permettent des 
échanges plus ou moins importants avec le milieu marin. De plus, comme elles sont délimitées 
par des cordons de sable, leur évolution et leur stabilité sont intimement liées à celles des dunes 
et des plages. Les lagunes et baies intérieures constituent donc des milieux aquatiques particuliers, 
influencés par les courants marins, les marées et les glaces. Leur salinité et leur température varient 
en fonction des conditions climatiques comme le vent, la pluie et la température de l’air.

Ces milieux sont généralement considérés comme très productifs, abritant une diversité de 
mollusques, de crustacés, de poissons, de plantes, etc., et constituent un environnement favorable 
à la croissance de plusieurs espèces dont le homard. Ils procurent ainsi de nombreuses 
ressources à la population. De plus, du fait des variations dans la profondeur de l’eau et de la
présence de zones d’accumulation de matière organique (vasières, herbiers aquatiques, etc.) où 
les proies sont abondantes, la faune ailée y est bien représentée.

De façon naturelle, l’évolution des plans d’eau intérieurs est étroitement liée à celle des dunes qui 
les bordent et aux conditions environnementales locales. Les goulets, par exemple, qui assurent le
renouvellement des eaux, s’ouvrent, se ferment ou se déplacent au cours des années, et ce, sans
l’intervention de l’homme. Cependant, la construction d’infrastructures routières et portuaires dans
les années 1950 a provoqué des changements majeurs sur la dynamique des plans d’eau. Depuis, 
les activités anthropiques et leurs impacts sur le milieu n’ont fait que se multiplier, d’autant qu’à 
cause des bonnes conditions de température et d’abondance de nourriture qui caractérisent ces 
milieux, presque tous les plans d’eau abritent des milieux d’élevage pour la mye commune, la moule
bleue, le pétoncle, l’huître ou l’oursin. L’aquaculture et la cueillette artisanale de mollusques, mais 
aussi la cueillette de petits fruits sauvages (canneberges, bleuets, fraises,…), la navigation de 
plaisance et autres sports nautiques, la pêche, la circulation motorisée, la chasse à la sauvagine et
l’ornithologie sont toutes des activités pratiquées dans ou aux abords des plans d’eau.

Les usagers des plans d’eau sont donc nombreux et, selon leurs besoins, utilisent souvent des sites
et des accès différents. Progressivement, les utilisateurs se sont appropriés des sites qui, sans être
officiellement désignés, sont devenus reconnus pour la pratique d’activités précises. C’est le cas, 
par exemple, du site de planche à voile de la baie du Havre-aux-Basques, et du «platier» utilisé 
pour le cerf-volant à traction sur la Dune-du-Nord. Au fil des ans et en l’absence de toute 
planification, les divers groupes d’utilisateurs ont ainsi créé leur(s) propre(s) passage(s) pour se 
rendre au bord de l’eau : à certains endroits, on peut trouver jusqu’à une dizaine d’accès sur une
distance d’à peine 1 km. Cette problématique semble être la même pour la mer où plusieurs 
utilisateurs visent l’atteindre à des fins diverses.

Or, les habitats associés aux plans d’eau sont très diversifiés (milieux humides, dunes, forêts, 
falaises, etc.), de même que la faune et la flore qu’ils abritent. Tous ces écosystèmes sont
intimement reliés entre eux et plusieurs, comme les milieux humides et dunaires, sont 
particulièrement sensibles aux perturbations humaines. Par ailleurs, en plus de leur importance 
écologique, les plans d’eau et les milieux humides et dunaires qui leurs sont associés assurent 
une bonne protection des structures et des activités humaines. Pour toutes ces raisons, selon 
les caractéristiques du milieu dans lequel se trouve un accès donné, les impacts sur 
l’environnement naturel et/ou humain ne seront pas les mêmes. D’une manière générale, la 
prolifération de passages vers l’eau perturbe la végétation en place et accélère l’érosion des 
berges. Ce phénomène est ici d’autant plus important que la majorité des plans d’eau sont 
délimités par des cordons littoraux et que, par voie de conséquence, bon nombre de ces 
accès traversent des milieux dunaires, ce qui a pour effet d’affaiblir la protection contre les 
assauts de la mer et d’accélérer l’ensablement des plans d’eau.

Comme la plupart des milieux insulaires, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine comporte des 
milieux particuliers et riches, mais cette même insularité rend ces milieux fragiles et 
vulnérables aux interventions humaines.

Aux Îles-de-la-Madeleine, nous trouvons une diversité intéressante de milieux humides dont les
marais salés, les marais d’eau douce et saumâtre, les tourbières et les étangs. Rencontre entre la 
terre et l’eau, ces milieux sont des écosystèmes en soi qui jouent un rôle très important dans le 
maintien de l’équilibre écologique de l’archipel.

La détérioration graduelle des milieux humides engendrée par les activités humaines entraîne de 
graves conséquences sur les espèces qui y vivent et menace d’autres milieux d’un éventuel 
déséquilibre écologique. Ces actes pour la plupart, involontaires ont de conséquences très 
importantes souvent irréversibles.

De plus, la dune bordière protège les terres intérieures contre les vents et les inondations. 
Les milieux dunaires sont étroitement associés à d’autres milieux naturels (lagunes, milieux 
humides, etc.), dont la qualité dépend de l’intégrité des dunes. Les perturbations des milieux 
dunaires, à caractère naturel (érosion) ou non, peut entraîner des phénomènes d’inondation 
(contamination par l’eau de mer) ou d’ensablement.

En outre, les falaises qui bordent certains secteurs des noyaux rocheux des Îles-de-la-Madeleine 
se montrent fragiles et subissent une érosion importante à chaque année. Cette érosion est 
d’autant plus remarquée ces dernières années où les eaux du golfe ne présentent pas suffisamment 
de glace pour une période assez longue pour assurer une protection pour les côtes de l’Archipel 
contres les assauts de la mer. Ce phénomène est un problème que la municipalité des Îles avec 
d’autres intervenants doivent gérer, car il peut s’avérer dangereux pour la population, les visiteurs 
et leurs demeures. Ne connaissant pas la totalité de ces secteurs et surtout le taux de dégradation 
annuelle possible de ces milieux, il est difficile de gérer le territoire et de proposer des pistes de 
solutions au problème.

Solutions envisagée

Vu la complexité de la problématique et la fragilité du milieu naturel madelinot, trois projets 
devront être développés afin de répondre à cette priorité, soit :

· Caractérisation et mise en valeur des accès et sites donnant sur les principaux plans d’eau des
    Îles-de-la-Madeleine.

Ce projet sera constitué en deux phases. La première phase comprend l’inventaire et la 
caractérisation écologique des principaux accès et sites donnant sur les plans d’eau des
Îles-de-la-Madeleine (type de milieu, espèces animales et végétales présentes, sensibilité aux 
perturbations, état de dégradation, etc.). En fonction de cette caractérisation et des activités 
pratiquées sur les différents sites, la pertinence de chacun de ces accès pourra ensuite être évaluée 
en accord avec les différents comités de gestion des principaux plans d’eau intérieurs, qui seront 
consultés à cette étape du projet et la population se prononcera pour ce qui est de la mer. Cette 
démarche permettra de rationaliser le nombre d’accès aux plans d’eau et, le cas échéant, de 
proposer des aménagements pour les zones où l’intégrité du milieu et/ou la survie des espèces 
qui y vivent est menacée.

La deuxième phase du présent projet visera la rationalisation des accès aux milieux 
particuliers que constituent les lagunes, les baies intérieures et la mer avec la collaboration des 
utilisateurs. Il permettra ainsi, de promouvoir la mise en valeur des écosystèmes et de leur 
biodiversité. De plus, suite à la caractérisation faite précédemment, nous pouvons prévoir 
certains aménagements nécessaires pour minimiser les dégâts faits à la végétation tout en 
préservant l’accès aux sites et aux accès des principaux plans d’eau intérieurs des Îles et une
petite campagne d’information sur le sujet.

· Étude biophysique des milieux humides des Îles-de-la-Madeleine.

Comme le manque de connaissances sur les milieux humides semble être une des 
problématiques majeures de leur conservation, nous proposons la mise à jour des
informations disponibles sur ces milieux dans l’archipel (dernière étude datant de 1994) 
et leur cartographie sur support informatique. Cette partie pourrait être accompagnée 
d’une phase de diffusion d’information.

· Cartographie de zones d’érosion le long du littoral – dunes et falaises.

Compte tenu de la complexité du problème, nous proposons une recherche bibliographique 
approfondie sur le sujet, surtout les ouvrages effectués aux Îles-de-la-Madeleine, suivi d’une 
cartographie exhaustive des lieux d’érosion. Les cartes doivent comprendre, si possible, des 
données historiques sur le taux d’érosion. De plus, le tout doit être suivi d’une campagne 
d’information pour la population et les visiteurs.

Avantages

À l’issue de la récolte des données pertinentes, réalisée sur le terrain et/ou en questionnant 
certains utilisateurs et/ou la bibliographie, les informations concernant les accès et sites ciblés, les 
milieux humides et les zones d’érosion seront cartographiées. Les cartes ainsi obtenues 
constitueront le support visuel idéal pour, ensuite, organiser des séances de consultation et 
d’information auprès des utilisateurs des plans d’eau, de la population et de la municipalité locale. 
Cette démarche permettra, d’une part, de tenir ces organismes informés des résultats obtenus au 
cours de la collecte de données et, d’autre part, d’obtenir leur avis sur les accès à privilégier et 
sur les éventuels aménagements proposés.

De plus, nous aurons des documents résumant les caractéristiques écologiques de chacun des 
accès et sites donnant sur les plans d’eau des Îles-de-la-Madeleine, décrivant les milieux 
humides et les zones d’érosion de l’archipel.

Faisabilité

En 2000, dans le cadre du projet Comprendre le passé pour mieux gérer l’avenir, le Comité 
ZIP a tracé un portrait cartographique des ressources et des usages des plans d’eau intérieurs de
l’archipel. De plus, la présentation des résultats de cette étude et des principes de gestion intégrée
aux utilisateurs et intervenants concernés a entraîné la formation d’un comité de gestion pour 
chacun des cinq principaux plans d’eau intérieurs. Ces comités ont pour mandat de favoriser le
développement durable des plans d’eau en harmonisant toutes les activités, présentes et à venir, 
pratiquées dans les zones côtières.

Son objectif principal est de fournir aux nombreux intervenants concernés (comités de gestion 
intégrée, municipalité des Îles, etc.) un outil de gestion efficace qui éclairera, à l’avenir, les 
processus de prise de décision et d’élaboration de plans d’actions. Cette démarche s’inscrit 
dans une optique de développement durable.

De plus, le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine a développé une expertise concernant la 
cartographie, laquelle peut être mise à profit pour les trois solutions envisagées.

Partenaires visés

Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, le MPO, le MAPAQ, la municipalité des
Îles-de-la-Madeleine, le Centre local de développement (CLD) des Îles, la Société d’Aide au
Développement des Collectivités (SADC), Ressources Naturelles Canada, Attention FragÎles, 
etc.

Plusieurs autres intervenants ou usagers peuvent être appelés à participer dans une ou plusieurs 
des actions à entreprendre après l’acquisition des connaissances.

Coûts

· Caractérisation et mise en valeur des accès et sites donnant sur les principaux
   plans d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine.

Première phase :

Main-d’œuvre (incluant le bénévolat) 51 560.00$

Matériel et équipement 31 300.00$

Autres frais 15 600.00$

Total du projet 98 460.00$

* Ce coût n’inclut pas la caractérisation des accès et sites donnant sur la mer.

Deuxième phase : À déterminer

Étude biophysique des milieux humides des Îles-de-la-Madeleine. À déterminer

Cartographie de zones d’érosion le long du littoral – dunes et falaises. À déterminer

Échéancier

Caractérisation et mise en valeur des accès et sites donnant sur les principaux plans d’eau
 intérieurs des Îles-de-la-Madeleine.

Première phase : 2001 – 2003 (en cours)

Deuxième phase : 2003 - 2005

Étude biophysique des milieux humides des Îles-de-la-Madeleine

suivi d’une campagne d’information sur les zones sensibles. 2003 - 2004

Cartographie de zones d’érosion le long du littoral –

dunes et falaises, incluant la diffusion des résultats à

la population et aux visiteurs. 2004 - 2006

Indicateurs

Nombre de personnes rencontrées et sensibilisées au développement durable des plans 
d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine et à l’importance d’en préserver les berges.

Nombre d’accès inventoriés.

Nombre d’accès rationalisés.

Nombre de milieux humides cartographiés

Nombre de zones d’érosion cartographiées.

Références

Cela dépendra du projet entrepris.




Fiche technique 1.2.1

Identification

Thématique :             Protection et restauration des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :         Mettre en valeur les cours d’eau à potentiel de frai pour l’éperlan en 
                               s’attardant, entre autres, aux problèmes des eaux usées, de façon à favoriser 
                               l’éperlan tout en diminuant le rejet des polluants qui mettent en péril certaines                                   ressources aquicoles et marines.

Nom du projet

Mise en valeur des cours d’eau à habitats de frai pour l’Éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax
aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Problématique

Plusieurs témoignages font part de l’utilisation massive d’un grand nombre de cours d’eau sur 
l’archipel pour le frai de l’éperlan et ce, jusque dans les années 70 (pêcheurs, comm. pers.). Afin 
d’aider à localiser les cours d’eau actuellement utilisés, Bourque et Richard (1993), Richard (1995) 
et Verreault (1997) ont évalué le potentiel d’une centaine de cours d’eau sur le territoire. Des 
études menées par l’Aquarium des Îles (1997) et Terramar Environnement (1998) laissent penser 
qu’en dépit des nombreux cours d’eau historiquement favorables à cette espèce, à peine 13 
ruisseaux sont aujourd’hui utilisés par l’éperlan pour la reproduction ou présentent un bon potentiel
d’utilisation.

Le plan d’action, dressé en 1999 par l’Aquarium des Îles, fait ressortir les éléments 
problématiques de nos cours d’eau, et c’est sur cette base que nous avons ciblé les diverses 
actions à mener à court et moyen terme afin de mettre en valeur nos cours d’eau et de 
favoriser la reproduction de l’éperlan arc-en-ciel.

Mentionnons que le problème des eaux usées, qui s’avère également un point important 
à surveiller pour l’espèce en question, est traité dans la fiche technique 4.2 – Inventaire 
des systèmes de traitement des eaux usées des résidences isolées. Ceci n’empêche pas que 
certaines analyses d’eau soient prévues dans le cadre de ce projet, de même qu’une 
sensibilisation des utilisateurs et de la population à cette problématique.

Solution envisagée

Première phase :

Pour les 13 cours d’eau ciblés préférentiellement, il s’agira de s’assurer de l’accessibilité des sites 
de frai pour l’éperlan. Là où des interventions mineures (ajustement de seuil, dégagement léger) 
s’avèrent nécessaires, les travaux devront être exécutés immédiatement après la débâcle de façon 
à ne pas nuire à la montaison de l’éperlan.

De plus, un suivi doit être assuré concernant la reproduction et la mise en valeur des cours d’eau. 
La sensibilisation des propriétaires riverains, des pêcheurs et de la population à l’importance des 
cours d’eau et de leur protection complétera cette phase.

Deuxième phase :

L’étape suivante sera de résoudre la problématique de la qualité de l’eau au niveau de certains 
cours d’eau, en effectuant par exemple certains travaux de restauration des berges.

Avantages

Ces actions permettront : de comprendre la dynamique entourant la reproduction du stock 
d’éperlan arc-en-ciel fréquentant les côtes des Îles-de-la-Madeleine; de favoriser, par des travaux 
de mise en valeur, un apport maximum des cours d’eau de l’archipel pour la population d’éperlan 
arc-en-ciel aux Îles-de-la-Madeleine; de sensibiliser la population des Îles-de-la-Madeleine à 
l’importance de conserver et de protéger ces milieux; et d’impliquer les exploitants des ressources 
marines et les propriétaires de terrains environnants dans la mise en place de solutions durables de
conservation.

Faisabilité

L’implication des intervenants, des propriétaires des terrains environnants et des pêcheurs est 
essentielle pour la réussite de ce projet.

Partenaires visés

L’Aquarium des Îles-de-la-Madeleine, la Fondation de la Faune du Québec, le MENV, la 
FAPAQ, le Comité des Pêcheurs d’éperlans des Îles-de-la-Madeleine, le Comité ZIP des Îles 
(appui scientifique), MAPAQ, etc.

Les municipalités et autres organismes locaux peuvent être appelés à participer comme 
partenaires dans ce projet.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 18 596.00 $

Matériel et équipement 2 800.00 $

Autres frais 3 450.00 $

Total du projet 24 846.00 $

Deuxième phase : À déterminer

Échéancier

Première phase : 2000 (réalisée)

Deuxième phase : 2001 – 2004 (en cours)

Indicateurs

Nombre de ruisseaux aménagés.

Nombre des personnes sensibilisées à la problématique de contamination des cours d’eau 
de l’archipel.

Références

AQUARIUM DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE / BOURQUE F. et S. PEREIRA. 1997. Caractérisation du stock
reproducteur d’Éperlan arc-en-ciel aux Îles-de-la-Madeleine et mise en valeur d’un cours d’eau à habitats 
de fraie. Rapport remis à Saint-Laurent Vision 2000 et à la Fondation de la Faune du Québec. ix + 86 p.

AQUARIUM DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE. 1999. Mise en valeur des ruisseaux à habitats de frai pour 
l’Éperlan arc-en-ciel aux Îles-de-la-Madeleine – Plan d’action. Rapport produit pour le ministère de 
l’Environnement et de la Faune du Québec. Iv + 25 p.

BOURQUE, F. et Y. RICHARD. 1993. Inventaire des sites de reproduction potentiels de l’Éperlan arc-en-
ciel (Osmerus mordax) sur l’île de Havre-Aubert. Rapport présenté au ministère du Loisir, de la Chasse et 
de la Pêche du Québec. 15 p.

BRASSARD, C et G. VERREAULT. 1995. Indice de qualité de l’habitat de reproduction de l’éperlan arc-
en-ciel (Osmerus mordax) anadrome de l’estuaire sud du Saint-Laurent. Ministère de l’Environnement 
et de la faune. Service de l’aménagement et de l’exploitation de la faune. Direction régionale du Bas 
Saint-Laurent. 33 p.

PAQUET, GILLES. 1985. Guide d’amélioration et de restauration de l’habitat du poisson dans les petits 
cours d’eau. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, service des études écologiques. vii + 72 p.

RICHARD, ALAIN. 1995. Inventaire des sites de reproduction potentiels de l’Éperlan arc-en-ciel (Osmerus 
mordax) aux Îles-de-la-Madeleine à l’exception de l’île de Havre-Aubert, de l’île Brion et de l’île d’Entrée. 
Rapport présenté au ministère de l’Environnement et de la Faune, Service de l’aménagement et de 
l’exploitation de la faune, Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine. 56 p.

TERRAMAR ENVIRONNEMENT ENR. 1998. Identification des cours d’eau des Îles-de-la-Madeleine
 utilisés par l’Éperlan arc-en-ciel durant la période de frai au printemps 1998. rapport présenté à 
l’Aquarium des Îles-de-la-Madeleine et au ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec. 
Iv + 29 p.

VERREAULT, GUY. 1997. Inventaire des frayères potentielles pour l’Éperlan arc-en-ciel aux Îles-de-
la-Madeleine. Notes de service. Ministère de l’Environnement et de la Faune, région du Bas Saint-
Laurent.

 

 

Fiche technique 1.2.2

Identification

Thématique :             Protection et restauration des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :           Restaurer les complexes lagunaires

Nom du projet

Restauration des plans d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est un milieu extrêmement particulier, où les milieux terrestres 
et aquatiques sont intimement liés. Ainsi, les cinq principaux plans d’eau intérieurs, à savoir le 
Bassin aux Huîtres, la Baie du Havre-aux-Basques, la Baie du Bassin et les lagunes de Grande-
Entrée et du Havre-aux-Maisons, totalisent à eux seuls plus de 122 km2 de superficie. Ces lagunes 
ou baies intérieures constituent des milieux aquatiques particuliers, en contact avec le milieu marin 
par l’intermédiaire d’un ou plusieurs goulets, et donc influencés par les courants et les marées. Ces 
milieux sont habituellement reconnus pour leur productivité importante et pour la grande diversité 
animale et végétale qu’ils abritent. Cette productivité prend d’autant plus d’importance que
plusieurs espèces constituent des ressources halieutiques traditionnellement exploitées aux Îles. 
Ces milieux sont aussi fréquentés par plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux au cours de l’année, 
parmi lesquelles plusieurs sont en péril. Par ailleurs, comme ils sont délimités par des cordons de 
sable, leur stabilité, ou leur évolution, sont intimement liées à celle des dunes et des plages qui les 
bordent.

Or, au cours des années 1950, ces plans d’eau intérieurs ont subi de profondes modifications 
dans leur dynamique, du fait de la construction de nombreuses infrastructures routières et 
portuaires. L’exemple le plus frappant est celui de l’ancienne lagune du Havre-aux-Basques 
dont les deux principales passes, qui assuraient jusqu’alors la connexion avec le milieu marin, 
ont été fermées suite au parachèvement de la route 199 : ce plan d’eau a alors progressivement 
perdu ses caractéristiques lagunaires, les échanges avec la mer ne se faisant plus que par un goulet
intermittent. De plus, ces baies et lagunes sont fortement sollicitées par des activités d’élevage
(mariculture) et par la récolte, commerciale ou à des fins personnelles, des ressources halieutiques.
Plus récemment, le développement de l’industrie touristique aux Îles a entraîné l’apparition de
nombreuses autres utilisations de ces plans d’eau et de leurs abords, spécialement dans le cas des 
lagunes : navigation de plaisance, plongée et circulation en véhicules hors-route en sont les principaux
exemples. Toutes ces problématiques, compliquées par une mauvaise communication entre 
gestionnaires et utilisateurs, et par un manque de sensibilisation aux questions d’environnement, 
entraînent de fréquents conflits d’utilisation et causent une dégradation progressive des plans d’eau. 
On trouve ainsi, sur les berges et le fond des lagunes et des baies, de nombreux déchets de tailles 
et d’origines diverses, qui font de plus en plus souvent obstacle aux activités humaines.

Une bonne gestion des plans d’eau intérieurs des Îles-de-la-Madeleine passe donc nécessairement 
par leur restauration progressive, et donc par un nettoyage des berges et des fonds. À plus long 
terme, ces actions contribueront à préserver les activités humaines traditionnellement pratiquées, 
tout en minimisant leur impact sur ces milieux aquatiques et sur les milieux associés.

Solutions envisagées

Dans un premier temps, il était nécessaire de dégager un portrait des cinq principaux plans d’eau 
intérieurs, en terme d’utilisation, de ressources et de problématiques spécifiques. Ceci a fait l’objet 
d’un premier projet : Comprendre le passé pour mieux gérer l’avenir, réalisé au cours de 
l’année 2000, qui a permis de cartographier les spécificités de chaque plan d’eau et de mettre en 
place, pour chacun d’entre eux, un comité de gestion. Parmi les actions qui sont ressorties comme
extrêmement importantes au cours de cette étape, on retrouve le nettoyage des berges de la lagune
de la Grande-Entrée et le nettoyage du fond des deux lagunes de l’archipel.

Le présent projet s’inscrit donc dans la continuité du précédent et s’intéresse plus spécifiquement 
au nettoyage des deux lagunes de l’archipel. Il sera séparé en trois phases distinctes : le nettoyage 
des berges de la lagune de la Grande-Entrée, la localisation des principaux déchets sous-marins et 
le nettoyage du fond des lagunes de la Grande-Entrée et du Havre-aux-Maisons.

Première phase :

Les travaux d’inventaire réalisés au cours du projet Comprendre le passé pour mieux gérer 
l’avenir
avaient permis d’identifier deux secteurs de la lagune de la Grande-Entrée où 
d’importantes quantités de déchets souillent les berges. Dans ces deux secteurs, des activités de 
nettoyage permettront d’enlever ces déchets, essentiellement constitués de dépôts de matériaux 
secs.

Suite à ces travaux, une exposition de photos et de textes explicatifs sera réalisée, puis présentée 
dans les municipalités concernées, les écoles primaires et lors des festivals estivaux. Cette 
démarche de sensibilisation à la problématique des déchets en milieu naturel et à l’importance 
des milieux lagunaires sera par ailleurs complétée par la diffusion, via les médias locaux, des 
informations concernant les différentes étapes du projet.

Deuxième phase :

En ce qui concerne les déchets sous-marins, il est tout d’abord important de consulter les 
utilisateurs des lagunes, afin d’obtenir des informations préliminaires sur l’emplacement des 
principaux déchets : on a ainsi pu localiser 21 grosses cages (trois mètres de haut) ayant 
servi à l’élevage du homard et aujourd’hui abandonnées au fond de la lagune de Havre-aux-
Maisons, ainsi que plusieurs déchets provenant d’élevages de moules dans la lagune de 
Grande-Entrée. Une fois ces renseignements complétés par des prises de vues aériennes, les 
localisations devront être confirmées par GPS et cartographiés à l’aide du logiciel Arc-View.

De plus, un nettoyage expérimental est prévu pour une des grandes cages, afin de pouvoir 
planifier plus efficacement le nettoyage global et de déterminer les techniques qui seront 
employées.

Troisième phase :

Enfin, la phase finale du projet consistera en un nettoyage global des fonds des deux lagunes 
dans la mesure où cela est envisageable. Au cours de l’année 2000, le Comité ZIP s’est 
associé au Comité de suivi de la pêche et de l’aquaculture, au MPO et au MAPAQ lors du 
nettoyage d’une petite portion de la lagune de Grande-Entrée. Une fois les déchets localisés 
et les techniques de nettoyage précisées, le nettoyage des déchets restant ne devrait pas 
poser de problème particulier.

D’autre part, suite à une demande du Comité de gestion de la Baie du Bassin, le fond de ce 
plan d’eau pourrait également faire objet d’un nettoyage.

Enfin, mentionnons que, vu la taille importante de certains déchets présents dans les plans 
d’eau, une certaine remise en suspension des sédiments est attendue. Des mesures 
d’atténuation devront donc être prévues afin de minimiser cet impact.

Avantages

La qualité des plans d’eau étant intimement reliée à celle de leurs berges, le nettoyage de ces 
dernières dans les deux secteurs présentant les plus importantes quantités de déchets contribuera 
au maintien de l’intégrité du milieu lagunaire. De plus, les activités de sensibilisation (communications 
via les médias locaux et exposition) permettront d’ouvrir les yeux du public sur la problématique 
des déchets en milieu naturel et sur l’importance de préserver les berges des plans d’eau, dans une 
optique de développement durable des ressources disponibles et des activités pratiquées.

La localisation des principaux déchets qui gisent au fond des lagunes, ainsi que l’expérience 
pratique acquise lors du nettoyage expérimental et de l’enlèvement d’une partie des débris de la 
lagune de Grande-Entrée, devraient permettre une meilleure gestion et une plus grande efficacité
lors du nettoyage complet des deux lagunes. Cette phase de repérage et de mise au point est 
également importante en terme d’impact sur le milieu naturel : la remise en suspension des 
sédiments aura en effet d’autant moins d’impact que l’enlèvement des déchets se fera rapidement.

À moyen et à long terme, le nettoyage des lagunes participera à l’amélioration de la qualité des 
milieux naturels de l’archipel. Les retombées positives concerneront également les activités 
humaines puisque plusieurs d’entre-elles sont perturbées par la présence de débris.

Faisabilité

Le portrait des principaux plans d’eau intérieurs qui s’était dégagé lors du projet Comprendre le 
passé pour mieux gérer l’avenir
, présentait clairement le nettoyage des berges et du fond des 
lagunes comme une priorité d’action. Le présent projet répond donc à une attente réelle du milieu, 
comme en fait foi l’implication des gestionnaires et utilisateurs des lagunes.

Le projet Comprendre le passé pour mieux gérer l’avenir avait d’ailleurs déjà permis 
d’identifier les secteurs où les berges présentaient les plus grandes quantités de déchets et qui 
feront donc l’objet des travaux de nettoyage de la première phase du présent projet.

Toujours dans le but de répondre le mieux possible aux attentes de la population, les techniques 
qui seront employées pour la localisation des principaux déchets sous-marins utilisent, dans un 
premier temps, les informations disponibles parmi les utilisateurs de ces milieux, qui seront 
complétées et validées par la suite. Pour ce qui est du nettoyage proprement dit, l’expérience 
réalisée en 2000 dans la lagune de Grande-Entrée semble concluante et les techniques seront 
par ailleurs perfectionnées au cours du nettoyage expérimental d’un des déchets les plus 
importants.

De plus, depuis 1994, plusieurs organismes des Îles-de-la-Madeleine, comme Attention 
FragÎles, l’Aquarium des Îles et le Centre Nautique de l’Istorlet ont participé à plusieurs 
campagnes de nettoyage des milieux naturels ce qui a permis au milieu d’acquérir une certaine 
expertise dans ce type de projet.

Partenaires visés

Comité ZIP des Îles-des-Îles-de-la-Madeleine, MPO : Institut Maurice-Lamontagne 
(expertise dans le domaine) et direction régionale des Îles-de-la-Madeleine (prêt d’équipement), 
CLSC régional, usagers des plans d’eau.

Coûts

Première phase :

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 13 275.00 $

Matériel et équipement (bateau) 6 400,00 $

Autres frais 4 490,00 $

Total du projet 24 165.00 $

Deuxième phase :

Main-d’œuvre (bénévole, rémunérée et professionnelle) 57 261,50 $

Matériel et équipement (bateau et ultra léger) 10 675,00 $

Autres frais 4 000,00 $

Total du projet 71 936.50 $

Troisième phase :

Les coûts associés au nettoyage des fonds proprement dit restent à déterminer.

Échéancier

Première phase : 2001 (réalisée)

Deuxième phase : 2002

Troisième phase : 2003 - 2005

Indicateurs

Quantités de déchets retirés des berges et du fond des lagunes.

Nombre de personnes touchées par les différentes activités de sensibilisation.

Nombre de plainte des utilisateurs vis-à-vis de la présence de déchets.

Références

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.2.3

Identification

Thématique :             Protection et conservation des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :          Restaurer les complexes dunaires.

Nom du projet

Restauration des dunes aux Îles-de-la-Madeleine

Localisation

Problématique

Le territoire des Îles-de-la-Madeleine est un milieu extrêmement particulier, où les dunes couvrent 
presque 30 % des terres émergées (62 km2) et constituent un élément majeur du paysage. Ce 
milieu se retrouve essentiellement au niveau des cordons littoraux qui relient entre-elles sept des 
principales îles de l’archipel : les dunes ont souvent plusieurs mètres de haut et sont généralement
positionnées sur deux ou trois rangs parallèles à la ligne de plage. Ces milieux, outre leur
importance en termes de superficie, jouent de nombreux rôles au sein de l’archipel, avec des 
répercussions sur le milieu naturel, bien sûr, mais aussi sur les activités humaines. L’exemple le plus
probant est celui de la dune bordière, qui constitue le premier et parfois le seul rempart contre les 
assauts de la mer et des vents : elle protège ainsi les milieux intérieurs et les routes des phénomènes
d’inondation et d’ensablement. Le milieu dunaire est, de plus, intimement lié à certains milieux 
humides dont l’importance n’est plus à prouver : ils constituent, entre autres, une protection 
efficace contre les inondations, contribuent à l’épuration des eaux avant qu’elles ne se rendent à 
la nappe phréatique, et sont aussi essentiels à différentes activités humaines, comme la cueillette 
des canneberges par exemple. Enfin, les dunes servent d’habitat à de nombreuses espèces 
animales et végétales, dont certaines sont rares et/ou menacées.

Le principe de formation des dunes est relativement simple : le sable, emporté par le vent, 
s’accumule en certains points, notamment en haut de plage ou sur certains obstacles. Sur ces 
dunes dites « mobiles », seule une végétation herbacée se développera dans un premier temps.
L’espèce la plus fréquente à ce niveau est l’ammophile à ligule courte ou « foin de dune » : ses 
tiges souterraines très nombreuses vont peu à peu constituer le squelette de la dune mobile, 
indispensable à la cohésion du sable. Après le foin de dune, ce sont en général des espèces 
arbustives, puis des conifères qui vont s’installer sur les dunes mobiles les plus anciennes et 
les transformer petit à petit en dunes « fixées », toujours par l’intermédiaire des racines et des
tiges souterraines. Ces étapes successives sont également caractérisées par une augmentation 
de la diversité des espèces. La succession végétale a donc un rôle particulièrement important 
dans ce milieu, chacune de ces étapes participant à une fixation progressive de ces structures 
de sable à l’origine mobiles. Cependant, ce processus de stabilisation par les végétaux est 
relativement lent, et peut être rapidement et profondément bouleversé : si des dégâts 
importants sont causés à la végétation, qu’elle soit herbacée, arbustive ou même 
arborescente, les vents violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à 
leur mobilité originelle ! Les risques de déstabilisation de cet écosystème sont donc toujours 
présents, et d’autant plus importants du fait de sa complexité et de la diversité importante des 
habitats qui le composent et des espèces qu’ils abritent. Notons également qu’à plus long 
terme, en cas de dommages importants causés à ces structures naturelles de protection, et 
plus particulièrement aux dunes bordières, les milieux environnants sont également en danger : 
risques d’inondation lors des tempêtes, de contamination de la nappe phréatique par l’eau 
salée, etc.

Or, en dépit de leur fragilité, ces milieux sont de plus en plus sollicités par les activités humaines, 
depuis l’exploitation du sable, la circulation en véhicules hors route (VTT, camions 4x4, etc.) et 
la cueillette des canneberges, jusqu’à l’importance croissante de l’écotourisme et de 
l’observation des milieux naturels. Le maintien de l’intégrité des milieux dunaires et associés, et 
donc de la diversité des habitats et des espèces qui les caractérisent, passe donc nécessairement 
par la mise en place de mesures de protection et de restauration. C’est à ce prix seulement que 
les principales activités pratiquées dans ces milieux typiques des paysages des Îles, qui sont autant 
d’attraits pour les nombreux touristes qui fréquentent la région, pourront être conservées à long 
terme.

Du point de vue de la municipalité des Îles et du MTQ, qui jouent un rôle actif dans ce domaine, 
un des principaux problèmes est le risque pour la sécurité publique que pose l’accumulation du 
sable ainsi libéré en certains points du réseau routier de l’archipel. C’est donc cette 
problématique particulière qui fait l’objet de la présente fiche technique.

Cependant, il est utile de noter que suite à la décision de la mise en place d’un réseau de 
sentiers VTT balisés sur l’archipel, les milieux dunaires devront faire l’objet de travaux de 
restauration au niveau des nombreux sentiers existants qui ne seront pas retenus (voir fiche 
technique 1.1.3 – Gestion de la circulation VTT aux Îles-de-la-Madeleine). L’organisme 
Attention FragÎles, impliqué dans ce domaine depuis le début des années 1990, assurerait a 
priori ces activités de restauration.

Solutions envisagées

La première démarche est d’identifier les secteurs clés de la problématique. Il s’agit ici des zones 
dont la protection et/ou la restauration sont indispensables au maintien de l’intégrité du réseau 
routier. Les niveaux de priorité des différents secteurs sont ensuite attribués, notamment en 
fonction de leur degré de dégradation et des risques qui sont encourus par les usagers.

Des techniques de restauration peuvent alors être mises en œuvre aux endroits critiques. Plusieurs 
méthodes existent à cet effet, le principe de base étant toujours de placer un obstacle, en partie 
perméable afin d’éviter les phénomènes d’affouillement, aux endroits où l’on veut que le vent 
accumule le sable. Dans le cas de cette fiche, les « capteurs » utilisés seront des clôtures, formées 
d’une double rangée de pieux remplie de fagots de branchages, ces derniers étant récupérés des 
travaux forestiers effectués par la MRC. Ces clôtures permettent une accumulation du sable, plus 
ou moins rapidement selon les endroits, et une restauration progressive des dunes endommagées. 
La végétation naturelle s’installe habituellement d’elle-même au bout d’environ deux ans. 
Cependant, il est recommandé, si possible, de procéder à la végétalisation lors de la première
 année.

Enfin, un suivi régulier des secteurs restaurés et de leur colonisation par la végétation naturelle, 
phase indispensable à une fixation durable des dunes restaurées, devrait également être mis en 
place.

Avantages

L’identification des zones les plus endommagées, ainsi que la définition de secteurs clés, 
permettront une gestion efficace du territoire et une bonne coordination des actions à mener dans 
ce dossier.

La mise en pratique des techniques de restauration permet bien sûr en premier lieu de protéger 
l’intégrité des milieux dunaires et associés. Elle permet aussi, par voie de conséquence, de 
maintenir ou d’améliorer la protection des structures humaines et plus particulièrement des 
réseaux routiers.

Enfin, le suivi régulier des zones restaurées, ainsi que des secteur clés identifiés, présente 
plusieurs avantages. Tout d’abord, il permet de vérifier l’efficacité des techniques employées 
et de prendre, le cas échéant, d’autres mesures de protection et/ou de restauration 
(revégétalisation, restriction de la circulation, etc.). Par ailleurs, un suivi constant devrait permettre 
de mettre en évidence d’éventuelles nouvelles problématiques (nouveaux secteurs clés, impacts 
imprévus des capteurs, etc.) et de réagir rapidement.

Faisabilité

L’identification des zones à restaurer en priorité et des secteurs clés a été réalisée dès 1999, et la 
MRC travaille conjointement avec le MTQ sur les milieux dunaires qui bordent certaines sections 
de la route 199, propices aux ensablements. La même année, 44 capteurs totalisant 893 mètres 
linéaires ont été installés sur la Dune du Nord, entre Pointe-aux-Loups et Grosse-Île. L’efficacité 
des capteurs a, depuis, été amplement vérifiée, bien que d’importantes différences dans la vitesse
d’ensablement aient été mises en évidence entre les sites. Précisons d’autre part que les matériaux 
utilisés dans la confection des fagots de branchages sont en général récupérés sur des terrains 
privés lors de travaux sylvicoles effectués par la MRC.

En 2000, d’autres capteurs ont été érigés sur la dune de la Martinique (Havre-aux-Basques), la 
Pointe de la Grande-Entrée, la plage du Bassin Est (Grande-Entrée). Les efforts de stabilisation 
de la Dune du Nord entrepris en 1999 ont également été poursuivis.

Pour les années futures, d’autres travaux de stabilisation sont prévus, de même que le suivi des 
structures en place et de leur colonisation par la végétation naturelle. Les secteurs à privilégier 
sont la Dune du Nord (entre Fatima et Grosse-Île), la Sablière du Nord (Fatima) et la Dune de 
l’Ouest (entre Étang-du-Nord et Étang-des-Caps). Par ailleurs, d’autres secteurs, comme la 
Pointe de l’Est, pourront s’ajouter aux secteurs clés déjà identifiés.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, MTQ, MRN, Attention FragÎles.

Coûts

Étant donné le nombre important de secteurs déjà restaurés ou dont la restauration est prévue et 
le fait que la technique utilisée est toujours la même, les coûts de réalisation sont présentés pour 
50 m linéaires de capteurs installés.

Main-d’œuvre (confection et mise en place des capteurs) 1 225.00 $

Matériel et équipement 175.00 $

Total pour 50 m de capteurs 1 400.00 $

Soulignons, que le suivi régulier des zones restaurées est une étape importante dans la 
restauration des dunes. Cependant, nous ne pouvons pas estimer ici, les coûts de cette 
étape, car cela rentre dans les tâches régulières du chargé du projet à la municipalité.

Échéancier

Identification des secteurs à restaurer 1999 (réalisé)

Dune du Nord (entre Pointe-aux-Loups et Grosse-Île) 1999 – 2000 (à reprendre)

Dune de la Martinique (Havre-aux-Basques) 2000 (réalisé)

Pointe de la Grande-Entrée 2000 (réalisé)

Plage du Bassin Est (Grande-Entrée) 2000 (à reprendre)

Dune du Nord (entre Fatima et Grosse-Île) 2001 – 2003 (en cours)

Sablière du Nord (Fatima) 2002 – 2004

Dune de l’Ouest (entre Étang-du-Nord et Étang-des-Caps) 2001 – 2003 (en cours)

Mentionnons, qu’en dépendant de l’ampleur de travaux envisagés, ils doivent être fait 
par étape et peuvent donc, se prolonger pendant plusieurs années.

Indicateurs

Rapidité d’accumulation du sable au niveau des capteurs.

Vitesse de « reformation » des dunes

Vitesse de recolonisation par la végétation naturelle.

Références

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

MORIN, I. 2000. Géomorphologie et évolution du système dunaire des Îles-de-la-Madeleine, Québec
Mémoire de maîtrise. Université Laval.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 1.2.4

Identification

Thématique :             Protection et conservation des habitats
                                / Restauration de sites naturels perturbés

Priorité visée :         Réouvrir et revitaliser la lagune du Havre-aux-Basques.

Nom du projet

Réouverture du Havre-aux-Basques

Localisation

Problématique

La lagune du Havre-aux-Basques, située au sud ouest de l’archipel des Îles-de-la-Madeleine, est 
délimitée par l’Île de Cap-aux-Meules au nord, par l’Île de Havre-Aubert au sud et, à l’est et à 
l’ouest, par deux cordons dunaires (tombolos) : la Martinique et la dune de l’ouest. À l’origine, 
cette lagune communiquait essentiellement avec la Baie de Plaisance, la majorité des échanges 
se faisant au niveau de la passe principale et d’une autre plus petite, toutes deux situées sur le 
cordon dunaire de la Martinique. Mais en 1956, le parachèvement de la route 199 nécessite, 
étant donné les moyens financiers et techniques disponibles, la construction d’une digue qui 
ferme la passe principale de la lagune de Havre-aux-Basques. La construction, en 1963, d’une 
autre digue au niveau de la seconde ouverture du côté est, bloque presque complètement les 
échanges entre la lagune et le milieu marin. Ceux-ci ne se font alors plus que par l’intermédiaire 
d’un goulet qui se forme sporadiquement à l’ouest, en particulier lors des grandes marées 
d’équinoxe.

À partir du moment où la lagune du Havre-aux-Basques est privée des échanges avec la Baie 
de Plaisance et le golfe du Saint-Laurent, les conditions physiques, chimiques et biologiques de
ce plan d’eau subissent de profondes modifications. On observe notamment une absence 
presque totale de courants, une élévation du niveau de l’eau, une baisse de sa salinité, une 
augmentation de sa température et, en certains endroits, une baisse de la concentration en 
oxygène. La lagune a également subi un ensablement progressif et un pré salé s’est installé 
dans sa portion nord. Ces changements se sont accompagnés d’une modification importante 
de la flore et de la faune peuplant la lagune : on note une régression des espèces strictement 
marines, qui sont progressivement remplacées par d’autres, mieux adaptées aux nouvelles 
conditions qui prévalent. Or, la lagune du Havre-aux-Basques était l’une des trois principales 
lagunes de l’archipel et faisait partie autant du patrimoine naturel des Îles que des activités
socio-économiques de leurs habitants.

C’est ainsi que, dès 1966, c’est-à-dire à peine trois ans après la fermeture de la seconde passe 
de la lagune, le sous-comité local des pêches de la municipalité de Havre-aux-Maisons suggère 
la réouverture du chenal. L’implication du milieu devient évidente lors de la formation, en 1987, 
de l’Association pour la revalorisation de la lagune du Havre-aux-Basques, qui a par la suite 
participé à la plupart des actions réalisées à ce sujet. Depuis la fin des années 1960, ce projet 
a en effet donné naissance à un nombre impressionnant d’études, couvrant la majorité des 
aspects de la problématique. Pourtant, si les données concernant les conditions existantes 
dans la lagune depuis sa fermeture sont nombreuses, bien que parfois difficiles à interpréter 
du fait de l’évolution constante du milieu, les connaissances quant aux conditions qui existaient 
avant sa fermeture sont fragmentaires et imprécises. C’est probablement l’une des raisons 
principales qui font que cette problématique n’a pas encore trouvé de solution, en dépit 
des nombreux efforts qui lui ont été consacrés.

En effet, la réouverture de la lagune semble souhaitée par la majorité des habitants des Îles. 
Il est vrai que le milieu lagunaire est intimement lié à la vie madelinienne, autant par la pêche 
et la récolte de fruits de mer que par les activités récréo-touristiques, et que sa fermeture a 
entraîné, dans le cas du Havre-aux-Basques, une perte en termes de ressources halieutiques. 
Jadis, palourdes et coques étaient traditionnellement récoltées dans la lagune, et on y pêchait 
le hareng, l’éperlan, la capucette et l’anguille. Si on y pêche encore l’éperlan, dont la plus 
importante frayère aux Îles se trouve d’ailleurs à cet endroit, certaines de ces espèces sont 
aujourd’hui remplacées par d’autres qui ne sont pas consommées. Il semble également que la 
lagune ait pu jouer un rôle important pour les populations locales de homard, au moins en tant 
que refuge lors de la mue. La Baie de Plaisance a également subi un ensablement depuis la 
fermeture de la lagune, et les pêcheurs de homard de ce secteur espèrent que des fonds plus 
propices à cette espèce se reformeront si on procède à la réouverture. De plus, des odeurs 
nauséabondes se dégagent maintenant du plan d’eau devenu stagnant, indisposant les 
habitants, mais aussi les touristes qui, eux-aussi, font partie intégrante de l’économie 
madelinienne. Par ailleurs, plusieurs études de faisabilité ont jugé cette réouverture 
techniquement possible, écologiquement souhaitable (pour les milieux marins avoisinants) 
et même… économiquement rentable (à plus ou moins long terme).

Cependant, s’il est vrai que la réouverture de l’ancienne passe principale devrait, en 
rétablissant le contact avec le milieu marin, ramener progressivement les conditions vers celles 
qui existaient avant la fermeture, ce processus sera long et les bénéfices ne seront peut-être pas 
à la hauteur des espérances. En effet, depuis presque 40 ans que le plan d’eau est isolé, les 
changements qui y ont eu lieu ont été profonds. Les espèces tant espérées ne pourraient donc 
s’y réinstaller avant longtemps et, plus important, la grande diversité biologique qui caractérise 
maintenant ce plan d’eau se verrait diminuée de nombreuses espèces. Parmi les habitats qui 
sont menacés par une éventuelle réouverture, on retrouve notamment le pré salé et les herbiers 
aquatiques qui se sont développés dans la portion nord. Or, même s’ils sont en grande partie 
responsables du dégagement d’odeurs nauséabondes, ces milieux très productifs abritent
 une importante diversité animale et végétale. En outre, la réalisation des travaux aurait des 
impacts environnementaux à court terme, notamment en termes de risques reliés à l’utilisation 
de produits pétroliers (huiles et carburants), de déstabilisation de milieux dunaires et de 
remise en suspension de sédiments. Enfin, même si les estimations financières réalisées jugent 
que le coût imposant de la réouverture (6,5 M$) sera largement compensé, à long terme, par
les bénéfices provenant en grande partie des « nouvelles » ressources halieutiques, le fait est 
que ces estimations se basent sur des données pour le moins fragmentaires concernant les 
conditions avant fermeture.

La réouverture possible de la lagune du Havre-aux-Basques constitue donc une 
problématique complexe et, bien que ce projet soit issu d’une intention louable de 
restauration d’un milieu perturbé, sa réalisation pourrait causer des dommages importants 
aux différentes espèces végétales et animales qui peuplent aujourd’hui la lagune et les 
milieux environnants. Il est donc important, d’une part d’être bien conscient de ces impacts 
et de les atténuer autant que possible, et d’autre part de se donner les moyens d’établir un 
suivi efficace des milieux influencés et de prendre les mesures nécessaires, le cas échéant, 
pour que les pertes ne soient pas plus importantes que les bénéfices.

Solutions envisagées

Étant donné la complexité de la problématique et la quantité importante de données qui ont été 
récoltées depuis l’origine de ce projet de réouverture de la lagune du Havre-aux-Basques, 
plusieurs phases seront nécessaires afin de répondre au mieux à cette problématique.Première 
phase :

Il convient tout d’abord de faire le point sur les nombreuses informations disponibles et sur les 
conclusions des différentes études réalisées dans ce dossier. De plus, comme ce projet, suscite 
encore plusieurs inquiétudes, il faudrait établir un portrait clair des positions respectives des 
différents intervenants clés et dégager, si possible, un consensus.

Deuxième phase :

La seconde phase devrait être celle de la réalisation des travaux de réouverture eux-mêmes. À 
ce niveau, les mesures d’atténuation nécessaires devront être prises pour que les impacts sur les 
différents milieux situés dans la zone d’influence des travaux soient réduits au minimum. Des 
précautions devront notamment être prises pour conserver, autant que possible, l’intégrité du 
pré salé et des herbiers qui se sont développés au nord de la lagune du fait de l’ensablement : 
ces milieux servent en effet d’habitats à une grande diversité d’espèces. De plus, comme les 
mesures d’atténuation ne permettent en général pas de s’affranchir totalement des dommages 
causés au milieu, un processus de restauration des sites les plus touchés devrait être élaboré et 
mis en œuvre à l’issue des travaux.

Troisième phase :

Comme nous l’avons vu, la réouverture de la lagune met en jeu des facteurs aussi multiples 
que complexes (hydrologie et sédimentation, salinité, oxygénation, etc.) et il demeure difficile 
de prévoir avec certitude les nombreux impacts que ces travaux auront sur la lagune elle-
même, mais aussi sur les milieux environnants. La mise en œuvre, pendant et à l’issue des 
travaux, des mesures d’atténuation et des techniques de restauration, devra donc être 
complétée par un suivi à plus long terme des différentes composantes du milieu lagunaire 
et des milieux environnants. En effet, si un retour vers les conditions lagunaires de pré-
fermeture est probable et souhaitable, celui-ci ne se fera que très lentement car les espèces 
recherchées ne peuvent se réinstaller tant que les conditions physico-chimiques ne leur sont 
pas redevenues favorables. Ces conditions devront donc être mesurées à intervalle régulier 
afin de pouvoir planifier la réapparition des différentes espèces cibles du projet. Bien 
entendu, ce suivi permettra également de juger de l’impact de chacune des étapes 
successives du projet (travaux de réouverture, restauration, etc.) sur les différents milieux 
surveillés, et de prendre éventuellement les mesures nécessaires pour préserver leur intégrité.

Avantages

La revue et la synthèse des informations provenant des nombreux rapports d’étude réalisés à ce 
jour permettra de dégager un portrait le plus complet possible des conditions qui règnent 
ujourd’hui au sein de la lagune. Une bonne compréhension du milieu actuel et des modifications 
qui sont à l’œuvre est d’autant plus importante que les données concernant les conditions pré-
fermeture sont peu nombreuses et fragmentaires. Il faut cependant garder à l’esprit que les 
conditions « actuelles » sont en constante évolution depuis la fermeture de la lagune, et en tenir 
compte lors de l’analyse des conclusions de rapports ayant été réalisés à des époques différentes. 
Par ailleurs, bien que ce projet soit très populaire, il soulève encore plusieurs inquiétudes parmi 
les intervenants concernés et il est important de déterminer clairement leurs positions respectives, 
ainsi que les principales attentes des gens du milieu. Seule la réalisation de cette étape permettra 
de parvenir au consensus indispensable à la poursuite du projet. Cette mise à jour est également 
nécessaire pour « raviver la flamme » des intervenants et de la population en général, beaucoup 
étant quelque peu découragés par l’inertie décisionnelle qui semble caractériser ce dossier.

Une fois la première étape réalisée, et dans la mesure où les différents intervenants seront arrivés 
au consensus recherché, les travaux pourront commencer. Durant ces derniers, la mise en œuvre 
de mesures d’atténuation adaptées devrait permettre de minimiser les impacts directs sur les 
milieux naturels environnants. Ces mesures d’atténuation devraient notamment permettre de 
conserver l’intégrité du pré salé et des herbiers qui occupent maintenant le nord du plan d’eau 
et qui contribuent en grande partie à l’importante biodiversité du milieu. Le rétablissement des 
échanges entre la lagune et le milieu marin entraînera par la suite de nombreuses et profondes 
modifications des milieux lagunaire et associés, et les conditions devraient revenir 
progressivement à ce qu’elles étaient avant la fermeture, ou du moins à ce qu’elles sont dans 
les deux autres grandes lagunes de l’archipel. Ainsi, on devrait voir réapparaître progressivement 
les différentes espèces halieutiques qui étaient traditionnellement exploitées dans la lagune, même
si cette réapparition ne se fera qu’au bout de plusieurs années. Une augmentation de la taille des 
myes a d’ailleurs déjà pu être constatée localement suite à la réouverture du goulet dans la Dune 
de l’Ouest.

Enfin, le suivi attentif des différents milieux concernés permettra de juger de l’efficacité de l’option
de réouverture retenue et de la rapidité des modifications qu’elle entraînera. On pourra ainsi, au 
bout d’une période plus où moins importante, observer la recolonisation par des espèces maritimes 
au potentiel halieutique plus élevé et en tirer des informations importantes sur les processus mis en 
jeu. La réouverture d’une lagune de cette taille représente en effet une occasion inespérée d’étudier 
en détail les patrons de modification du milieu… et de mettre éventuellement en évidence les effets
indésirables d’un tel projet. C’est également dans cette optique que le suivi devra être effectué, les
phénomènes mis en jeu par la réouverture étant très complexes et les prévisions d’autant plus
difficiles à dégager. Il est donc primordial de pouvoir se rendre compte rapidement d’une
éventuelle perturbation, imprévue à l’origine, de certains des milieux particulièrement fragiles 
qui caractérisent le site à l’étude. Les actions et/ou aménagements nécessaires pourront ainsi 
être mis en œuvre efficacement avant que l’impact sur le milieu naturel ne soit trop important. 

Faisabilité

Première phase :

Les nombreux documents déjà disponibles à ce sujet constituent une source d’informations à tous 
es niveaux et plusieurs travaux de synthèse ont déjà été réalisés. De plus, cette problématique a su, 
et saura encore si une issue se dessine pour un avenir pas trop lointain, générer une forte 
implication du milieu. Enfin, le contexte économique actuel, relativement favorable, devrait 
augmenter les chances d’arriver rapidement à un consensus.

Deuxième phase :

Là encore, les nombreuses études techniques réalisées dans le cadre de ce dossier, associées aux
expériences retirées des erreurs passées constituent une base solide sur laquelle appuyer la phase 
de mise en œuvre des travaux. La bonne connaissance du milieu, qui caractérise certains des 
intervenants devrait en outre faciliter la détermination des périodes les moins critiques pour les 
différentes activités.

Troisième phase :

Le suivi d’un tel projet nécessite avant tout une forte participation du milieu. En ce sens, 
l’Association pour la revalorisation de la lagune du Havre-aux-Basques constitue le partenaire 
idéal et a déjà largement témoigné de son implication dans le dossier. Enfin, on dispose, au sein 
des différents organismes concernés sur l’archipel, des compétences et de l’expertise 
indispensables pour assurer un suivi rapproché.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, MENV, MPO, MTQ, Environnement Canada-SCF, 
Comité ZIP des Îles, Travaux Publics Canada, Association pour la revalorisation de la lagune du
Havre-aux-Basques, FAPAQ, ISMER, Université du Québec à Rimouski, Attention FragÎles.

Coûts

Il ne devrait pas y avoir de coûts directement reliés à la première phase de ce projet, en dehors 
bien sûr, des heures que les organismes impliqués lui consacreront. Dans le cas où les travaux 
iraient de l’avant, le coût global de la réouverture proprement dite (phase 2) est estimé à 18 M$. 
Enfin, advenant la réouverture de la baie, les coûts reliés aux activités de suivi et de restauration 
éventuelle (phase 3) resteront à déterminer.

Comme tout récemment il a été décidé de déposer un avis de projet auprès du Ministère de 
l’Environnement du Québec, il se peut que suite à ce dépôt, il y ait certains études à effectuer. 
Ceci pourra entraîner des coûts supplémentaires à la première phase.

Échéancier

Prévision : Phase 1 2000 – 2005 (en cours)

Phase 2 2006 - 2008

Phase 3 2009 - 2013

Indicateurs

Rapidité de retour à l’équilibre des différents paramètres physico-chimiques de l’eau, par
comparaison avec les valeurs de ces paramètres pour les autres lagunes.

Références

ATELIER SUR L’AMÉNAGEMENT D’UN MILIEU LAGUNAIRE. 1994. Actes de l’atelier sur l’aménagement 
d’un milieu lagunaire
. Îles-de-la-Madeleine. Publié par l’Association pour la revalorisation de la lagune du
Havre-aux-Basques et le ministère des Pêches et des Océans du Canada. 241 pages.

COUTURE, R., JACQUAZ, B., DE SÈVE, A., SAVARIA, J., HOULE G. et R. DENIS. 1985. Étude de la 
faisabilité de la réouverture de la lagune du Havre-aux-Basques aux Îles-de-la-Madeleine
. Rapport final 
présenté au ministère Pêches et Océans Canada, Éditeur officiel. 118 pages + 1 annexe.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 2.1

Identification

Thématique :             Récréo-tourisme et mise en valeur du territoire.

Priorité visée :           Aménagement des sentiers de la Pointe de l’Est.

Nom du projet

Randonnées nature

Localisation

Problématique

La Pointe de l’Est est un lieu très dynamique et en continuelle évolution. C’est donc un endroit où
il est possible d’observer la succession écologique à partir du sable nu (plage) jusqu’à la formation
climacique (la forêt boréale). L’écosystème climacique de la Pointe de l’Est est la pessière-
sapinière à épinettes blanches. Ce dernier reposant donc directement sur le sable, peut-être 
facilement bouleversé par un élément naturel ou anthropique.

Pendant les années 1970, le gouvernement du Canada a mis sur pied une Réserve national de la 
faune à la Pointe de l’Est aux Îles-de-la-Madeleine. Afin de mettre en valeur ce territoire et 
concrétiser ce statut, le Service canadien de la faune à qui revenait la gestion de cette réserve, a 
confectionné plusieurs panneaux d’interprétation, a érigé quelques sentiers et a offert certains 
programmes d’éducation de la nature par le biais des randonnées d’interprétation.

D’ailleurs, en 1999, le gouvernement du Québec reconnaît l’importance de la Pointe de l’Est et 
y crée un Refuge Faunique sur les terres qui lui appartiennent. Cela entraîne une plus grande 
pression sur le territoire car les visiteurs des Îles-de-la-Madeleine entendant parler de ce lieu et 
de ses deux statuts de protection, sont d’autant plus intéressés à le visiter.

Par la mise en place de ces deux statuts, les gouvernements n’envisageaient pas l’interdiction de 
fréquenter la Pointe de l’Est, au contraire, on considérait important de permettre l’accès et la 
découverte de ce territoire. Cependant, pour le faire, il ne suffit pas d’avoir un bon programme 
éducatif, il est essentiel de bien aménager le lieu afin de ne pas avoir un effet négatif néfaste sur le 
secteur.

Avec le temps, le Service canadien de la faune, moyennant un montant forfaitaire, a transféré la 
mise en œuvre du programme éducatif au Club Vacances « Les Îles ». Cette responsabilité n’est 
toutefois aucunement associée aux fonds suffisants pour ce faire. Il est aussi impossible 
d’aménager adéquatement les sentiers afin de supporter la fréquentation des lieux. Les visiteurs 
ont un impact sur le territoire qui se voit retourner au stade premier de sa succession : le sable nu!

Mentionnons que la clientèle touristique est croissante et se situait à environ 40 000 touristes, en 
2001 aux Îles-de-la-Madeleine. Ces gens ne demandent pas mieux que des randonnées du genre 
car ils viennent visiter l’archipel dans le but de retrouver la nature dans tous ses états.

Les sentiers présentement fréquentés à la Pointe de l’Est ne sont d’aucune façon acceptables et 
laissent présager le déséquilibre d’un secteur riche et diversifié où nous pouvons retrouver 
presque tous les écosystèmes existants dans l’archipel.

Solutions envisagées

L’aménagement des sentiers pédestres dans la Pointe de l’Est s’avère une solution cible car la
non-canalisation de la promenade peut entraîner à une situation chaotique mettant en péril 
l’intégrité des écosystèmes.

Des aménagements légers sont envisagés de façon à préserver les dunes et les milieux humides qui
constituent la Pointe de l’Est.

De plus, il faut permettre d’assurer un service en continu des randonnées nature afin de mettre en
valeur le territoire.

Avantages

Il y a présentement plusieurs sentiers dans la Pointe de l’Est. Même si quelques-uns furent 
partiellement aménagés, cela n’assure pas pour autant l’intégrité du milieu.

Mentionnons que pendant la saison estivale, où les Îles peuvent recevoir jusqu’à 40 000 visiteurs, 
une grande partie de ces visiteurs envisagent principalement des activités nature. Cela peut 
augmenter considérablement la pression vis-à-vis les milieux naturels de l’archipel. Ainsi, il faut 
aménager le milieu pendant qu’il en est encore temps.

Faisabilité

Le Club Vacances « Les Îles » développe des randonnées nature dans la Pointe de l’Est depuis
Il est donc, en mesure d’identifier les secteurs à aménager et ce, dans le respect de l’environnement.

De plus, étant un milieu protégé par le gouvernement fédéral (Réserve Nationale de la Faune) et 
le gouvernement provincial (Refuge faunique), nous estimons que ces deux gouvernements ont tout 
intérêt à investir dans la Pointe de l’Est afin de préserver ses atouts naturels tout en conservant les 
activités de sensibilisation qui y sont développées.

Partenaires visés

Club Vacances « Les Îles », Société de la Faune et des Parcs du Québec (FAPAQ), Ministère 
de l’Environnement du Québec (MENV), Service canadien de la faune (SCF) – Environnement 
Canada, Attention FragÎles, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine (appui scientifique) et Portes 
de l’Est.

Coûts

À déterminer.

Échéancier

2002 – 2005.

Indicateurs

Longueur des sentiers aménagés

Nombre de visiteurs

Nombre d’activités de sensibilisation.

Références

À déterminer selon le type d’aménagement ciblé.

 

 

Fiche technique 3.1

Identification

Thématique :             Pêche et aquaculture

Priorité visée :           Étendre l’échantillonnage d’Environnement Canada à tous les sites à potentiel
                                 maricole.    
                                Obtenir un portrait complet de la qualité des eaux autour des Îles et assurer 
                                la mise à jour régulière des données.

Nom du projet

Qualité des eaux dans les secteurs coquilliers et les sites à potentiel maricole

Localisation

Problématique

Les Îles-de-la-Madeleine situées au cœur du Golfe du Saint-Laurent, à 225 km de la Gaspésie, 
145 km de Terre-Neuve et 80 km de l’Île-du-Prince-Édouard, constituent un territoire 
extrêmement particulier. Les cinq principaux plans d’eau intérieurs, à savoir le Bassin aux Huîtres,
la Baie du Havre-aux-Basques, la Baie du Bassin et les lagunes de Grande-Entrée et du
Havre-aux-Maisons, totalisent à eux seuls plus de 122 km2 de superficie. Ces milieux, comme les 
secteurs côtiers, sont habituellement reconnus pour leur productivité importante et pour la grande 
diversité animale et végétale qu’ils abritent. Il n’est donc pas étonnant que ces plans d’eau 
intérieurs et secteurs côtiers fassent partie intégrante du mode de vie de sa population

En effet, dans ce contexte d’isolement relatif, les ressources locales font l’objet, depuis toujours, 
d’une exploitation importante, qu’elle soit commerciale ou à des fins personnelles. Du fait de 
l’omniprésence des milieux marins et lagunaires, les ressources halieutiques prennent donc une 
importance particulière et doivent faire l’objet d’un suivi régulier afin d’en assurer la pérennité. 
D’autre part, le développement de la mariculture, qui répond également aux besoins particuliers 
de l’économie et du mode de vie madeliniens, prend de plus en plus d’importance, dans la réalité 
du présent comme dans la planification de l’avenir. Aux Îles-de-la-Madeleine, les activités de 
mariculture concernent presque exclusivement les mollusques, et plus particulièrement la Moule 
bleue, la Mye commune, l’Huître américaine et le Pétoncle géant. Pour le pétoncle, il s’agit, en 
partie, moins de culture proprement dite que du captage de naissains, de l’ensemencement des 
gisements naturels et de la pré-élevage. Cette dernière activité consiste à faire profiter les 
premiers stades de développement, caractérisés par un fort taux de mortalité, des conditions 
particulièrement favorables qui règnent dans les lagunes, pour les relâcher ensuite dans des 
secteurs propices, au large des côtes, où ils pourront achever leur développement.

Le suivi de la qualité de l’eau des secteurs coquilliers est assuré par Environnement Canada, via 
son Programme de salubrité des eaux coquillières. C’est donc ce ministère qui recommande 
au MPO la fermeture des secteurs problématiques, ce dernier étant responsable de faire respecter 
la loi concernant la cueillette de mollusques. C’est leur mode de nutrition qui rend les mollusques 
bivalves, d’ailleurs caractérisés de « filtreurs », particulièrement à risque pour la santé humaine. En 
effet, en filtrant leur nourriture, ils absorbent également les contaminants qui peuvent être présents 
dans le milieu et les accumulent dans leur chair : même s’ils ne sont pas incommodés par cette 
contamination, ils peuvent s’avérer impropres à la consommation humaine. Ce suivi est donc 
essentiel, mais il est
a priori limité aux secteurs coquilliers caractérisés par la présence 
d’importants gisements naturels de mollusques ou de parcs aquacoles.

Or, dans le cadre de la cueillette artisanale et du développement de la mariculture, plusieurs autres
secteurs s’avèrent importants. Certains de ces secteurs, par exemple, sont situés à proximité de 
sites maricoles et, dans la mesure ou leur contamination pourrait avoir des répercussions 
importantes sur ces activités, devraient eux-aussi faire l’objet d’un suivi régulier.

Solutions envisagées

Première phase :

Dans un premier temps, tous les secteurs coquilliers de l’archipel devront être évalués en terme 
d’importance vis-à-vis des activités de mariculture et de cueillette artisanale. Puis, en fonction de 
cette évaluation, des solutions pourront être envisagées pour répondre à chaque problématique 
particulière : redivision de secteurs selon leur potentiel ou leur utilisation, échantillonnage de 
secteurs ne faisant pas, jusqu’ici, l’objet d’un suivi, etc.

Deuxième phase :

Une fois ces secteurs coquilliers évalués, des démarches devront être entreprises auprès 
d’Environnement Canada, responsable du suivi de la qualité des eaux coquillières, afin que les 
solutions proposées (exemples cités ci-haut) pour répondre aux diverses problématiques puissent 
être mises en place.

Avantages

Le processus d’évaluation de ces secteurs coquilliers permettra de dresser un portrait éclairé des
problématiques dans une optique de cueillette artisanale des mollusques et de développement de 
la mariculture.

Les démarches ultérieures auprès d’Environnement Canada devraient permettre la division 
éventuelle de certains secteurs et l’ajout des sites d’intérêt potentiel dans la liste des secteurs 
faisant l’objets d’analyses, assurant ainsi une mise à jour régulière des données. Ce suivi est en 
effet essentiel du fait des risques pour la santé publique que peut faire courir la présence de 
contaminants dans le milieu.

Faisabilité

Un premier repérage a déjà été fait, à l’été 2000, par le Comité ZIP des Îles en collaboration 
avec le MPO et Environnement Canada. Ce passage en revue de tous les secteurs coquilliers de 
l’archipel a permis d’identifier les secteurs problématiques et de proposer quelques solutions à 
court terme.

Trois de ces propositions ont été présentées oralement à Environnement Canada : la division du 
secteur de l’Anse aux Étangs, fermé essentiellement à cause de la présence de deux émissaires 
municipaux dans la portion est et l’échantillonnage de la portion ouest en vue de sa réouverture à 
la cueillette artisanale; l’échantillonnage du secteur de la plage de la Martinique, jusqu’alors fermé 
pour cause de non évaluation; et la division du secteur du chenal du Havre-aux-Maisons dans le 
but de réouvrir la portion située au large du chenal.

Suite à ces propositions, la division des secteurs de l’Anse aux Étangs et du chenal du Havre-aux-
Maisons a été effectuée et la nouvelle section, au large du chenal, a été réouverte à la cueillette de
mollusques. De même, le secteur de la plage de la Martinique a fait l’objet d’une évaluation et a, 
lui aussi, été réouvert à la cueillette. Il reste maintenant à échantillonner la portion ouest de l’Anse 
aux Étangs et, si la qualité de l’eau le permet, le rouvrir à la cueillette.

À plus ou moins long terme, d’autres secteurs pourront faire l’objet d’analyses dans le but d’une
réouverture, mais des actions doivent d’abord être posées pour supprimer certaines sources de 
pollution bactériologique reliées à une mauvaise gestion des eaux usées d’habitations isolées (voir 
fiche technique 4.2 – Inventaire des systèmes de traitement des eaux usées des résidences 
isolées
).

Partenaires visés

Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Environnement Canada, MPO, Municipalité des
Îles-de-la-Madeleine.

Coûts

Première phase :

À déterminer.

Deuxième phase :

À déterminer.

Échéancier

Première phase 2000-2003 (en cours)

Deuxième phase 2003-2005

Indicateurs

Nombre de propositions mises en œuvre suite à la première phase (secteurs ouverts, 
divisés, etc.).

Références

COMITÉ ZIP DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE. 2000. Campagne de sensibilisation sur les risques à la santé 
associés à la consommation de mollusques récoltés dans les zones coquillières des Îles-de-la-Madeleine

Rapport présenté à Santé Canada et Pêches et Océans Canada. 8 pages + 9 annexes.

COMITÉ ZIP DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE. 2001. Cueillir des mollusques aux Îles-de-la-Madeleine
Rapport présenté au ministère des Régions du Québec. 26 pages + 7 annexes.

ENVIRONNEMENT CANADA. 1999. Programme de Salubrité des eaux coquillières. Recommandation de 
classification
. Direction de la Protection de l’Environnement – région de Québec.

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21. Environnement 
Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PASKOFF, R. 1993. Côtes en danger. Pratiques de la géographie. Masson Éditeur, Paris. 250 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

PESCA ENVIRONNEMENT. 2000. Classification des secteurs coquilliers de la Baie des Chaleurs/Gaspé sud 
selon leur potentiel de réouverture
. Rapport d’étude remis au Comité ZIP Baie des Chaleurs. 96 pages +12 
annexes.

 

 

Fiche technique 3.2

Identification

Thématique :             Pêche et aquaculture

Priorité visée :           Ensemencer massivement le pétoncle (50 millions par an) pour revenir au 
                                niveau des stocks des années ’70.

Nom du projet

Ensemencement de pétoncles

Localisation

Problématique

Nous retrouvons aux plusieurs espèces de vertébrés et d’invertébrés vivant autour de Îles. Parmi 
eux, les plus communs sont les poissons ; les crustacés, comme le crabe et le homard ; et les 
mollusques, comme la moule, la mye et le pétoncle.

La pêche occupe une place privilégiée dans l’économie des Îles-de-la-Madeleine, fournissant des 
retombées économiques directes d’environ 40 millions de dollars et ce, sans compter les retombées
indirectes (Landry et Barrette, 1992).

La surexploitation des ressources a toutefois amené l’effondrement des stocks de plusieurs 
espèces marines. Comme exemple, nous pouvons citer le stock de pétoncles, dont les 
débarquements ont chuté de 350 t en 1970 à 50 t en 1973, se maintenant à ce niveau les 
années suivantes. Le revenu de cette pêche était essentiel pour les 23 capitaines et leur équipage.

Même si plusieurs mesures de protection de stock ont été établies, comme, entre autres, la non 
émission de nouveau permis, la réduction de la saison de pêche et la détermination d’une taille 
minimale, aucun impact positif significatif n’a été observé sur la ressource.

Cette situation a obligé les Madelinots à trouver d’autres solutions alternatives afin de pallier à 
la réalité économique précaire devant laquelle l’archipel s’est retrouvé pendant cette période.

Plusieurs personnes se sont penchées sur le développement de l’industrie touristique qui a pris 
un grand essor depuis. D’autres, se sont penchées sur la capture d’espèces jusqu‘à présent 
non exploitées. Et finalement, la venue de l’aquaculture est devenue une activité 
complémentaire à la pêche.

Solutions envisagées

En 1990, l’Association des Pêcheurs de Pétoncles des Îles-de-la-Madeleine, le Ministère des 
Pêches et des Océans Canada et le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation 
du Québec ont mis sur pied le programme de recherche sur les pétoncles à des fins d’élevage et 
de repeuplement (REPERE).

L’objectif de ce programme « était initialement de mettre au point une technologie rentable
d’ensemencement de pétoncles sur le fond pour relever le niveau du stock et accroître la 
production de pétoncles aux Îles-de-la-Madeleine » (Cliche et Giguère, 1998).

Aujourd’hui, après un peu plus de dix ans d’expérimentation, nous pouvons conclure que ce 
programme fut une réussite, car les pêcheurs ont déjà commencé, cette année (été 2001), à 
exploiter le secteur ensemencé en 1996. 20 t de muscle ont été pêchées et on estime qu’il 
reste encore dans le même secteur, environ dix tonnes qui seront pêchées en 2002.

Nous pensons donc, que la poursuite de ce programme sur une base commerciale, toujours 
en concertation avec les pêcheurs, soit la meilleure solution pour réussir l’objectif 
d’ensemencer 50 millions de pétoncles, ce qui permettrait une exploitation comparable aux 
années 1970.

Avantages

Le succès atteint dans la réalisation des recherches sur l’aquaculture du pétoncle et du projet 
pilote appliquant la technologie d’ensemencement mise au point pendant les premières années de 
recherche assure les résultats d’un ensemencement à grande échelle (phase commerciale).

Le rétablissement d’un stock est en soi un avantage. Toutefois, la participation active des 
pêcheurs dans tout le processus permet une prise de conscience plus grande des pêcheurs 
assurant ainsi une exploitation responsable de la ressource.

Faisabilité

Dans cette même optique, nous pensons que le projet REPERE développe aujourd’hui des 
études qui peuvent assurer une certaine aide à l’industrie. De plus, l’Association des Pêcheurs de 
Pétoncles des Îles-de-la-Madeleine (maintenant Pétoncle 2000) a acquis, au fil des ans, de 
l’expérience suffisante pour mener à terme ce projet.

De plus, plusieurs paramètres nous amènent à croire au succès de l’opération, soit :

- les Îles-de-la-Madeleine sont un excellent endroit pour ce type de projet car ses lagunes
  représentent des sites exceptionnels pour le pré-élevage, l’eau peu profonde et adéquate
  pour la croissance, leur grande productivité et leurs conditions semblables à la mer;

- le stock de pétoncles assure un approvisionnement en naissain (petit pétoncle) abondant;

- l’entreprise Pétoncle 2000, responsable de l’ensemencement, est en mesure de déterminer
  la meilleur façon possible de l’exploitation du stock ensemencé.

 

Partenaires visés

L’entreprise Pétoncle 2000, responsable du projet, s’allie à plusieurs partenaires financiers.

Coûts

Coût d’entreprise, impossible de divulguer.

Échéancier

Augmenter graduellement l’ensemencement pour atteindre l’objectif de 50 millions de pétoncles 
en 2005.

Indicateurs

· Quantité de pétoncles ensemencés.
·
Taux de pétoncles capturés (retour à la pêche).

Références

CLICHE, G. ET M. GIGUÈRE. 1998. Bilan du programme de recherche sur le pétoncle à des fins d’élevage et 
de repeuplement (REPERE) de 1990 à 1997.
Rapp. Can. Ind. Sci. Halieut. Aquat. 247: x + 74 p.

INFO-GÉOGRAPHES. 1992. Les Îles-de-la-Madeleine : un pays à découvrir. Association professionnelle des 
géographes du Québec et Société des professeurs de géographie du Québec. 126 p.

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE, DES PÊCHERIES ET DE L’ALIMENTATION DU QUÉBEC. 2000. 1ère  
Réunion annuelle de transfert de technologie Programme REPERE II – Îles-de-la-Madeleine. Compte rendu # 9. 
Direction de l’innovation et de techniques. Iv + 82 p.

 

 

Fiche technique 3.3

Identification

Thématique :             Pêche et aquaculture

Priorité visée :           Reprendre le dragage d’entretien dans le chenal de Havre-aux-Maisons

Nom du projet

Le chenal de la lagune de Havre-aux-Maisons

Localisation

Problématique

Les Îles abritent cinq plans d’eau intérieurs majeurs : le Bassin aux Huîtres, la Baie du Bassin et 
du Havre-aux-Basques et deux lagunes, celle de Grande-Entrée et celle de Havre-aux-Maisons. 
Les lagunes couvrent une superficie d’environ 122 km2. Sauf la baie du Havre-aux-Basques qui 
a perdu presque tout échange avec l’eau de mer, suite à la construction de la route 199 en 1958, 
les autres plans d’eau sont reliés à la mer par des passes ou goulets. Sous l’effet des courants de 
marées et des vents, les passes permettent aux eaux lagunaires de se mélanger aux eaux marines. 
Comme les lagunes sont délimitées par des cordons de sable, leur évolution et leur stabilité sont 
intimement liées à celles des dunes et des plages. Les goulets, par exemple, qui assurent le 
renouvellement des eaux des lagunes, se sont, ouverts, fermés ou déplacés au cours des années, 
et ce, sans interventions humaines. Les lagunes constituent des milieux aquatiques particuliers 
influencés par les courants marins, les marées et les glaces. Leur salinité et leur température 
varient en fonction des conditions climatiques comme le vent, la pluie et la température de l’air.

Depuis les années 1950, l’homme, avec la construction d’infrastructures routières et portuaires, 
a causé des changements sur la dynamique des lagunes. Depuis ce temps, les activités pratiquées 
dans, et autour des lagunes, ainsi que leurs impacts sur le milieu, n’ont fait que se multiplier. 
L’aquiculture, la navigation de plaisance, la pêche au hareng, à l’éperlan et à l’anguille, la 
circulation motorisée, la chasse à la sauvagine, la cueillette de mollusques, l’ornithologie et les 
sports nautiques sont toutes des activités qui sont pratiquées dans ou en bordure des lagunes.

D’ailleurs, c’est à cause de ces activités que l’on effectuait le dragage du chenal de la lagune du
Havre-aux-Maisons pendant les années 1970. Les bateaux circulant vers le quai du Cap-Vert 
ou vers la marina du Havre-aux-Maisons avaient besoin d’un chenal un peu plus profond pour 
accéder à leur quais respectifs. Au début des années 1990, a commencé le processus de 
privatisation au sein des gouvernements ce qui a affecté également des structures comme les quais. 
Un des deux quais en question, lequel appartenait au gouvernement avant ce processus, appartient
désormais à la municipalité de Fatima. Vu les fonds limités dont disposent les municipalités, les 
activités de dragage du chenal de la lagune du Havre-aux-Maisons ont été interrompues entraînant 
ainsi l’ensablement du lieu, rendant également difficile la circulation vers le quai de la marina.

Mentionnons que les dernières données de bathymétrie de la lagune de Havre-aux-Maisons 
disponibles sur cartes datent de 1920.

Solutions envisagées

Afin de résoudre ce problème, nous envisageons développer une étude sur la bathymétrie de la 
lagune et une étude plus général sur la sédimentation dans la lagune du Havre-aux-Maisons. Si ces 
études se montrent concluantes, nous pourrions poursuivre avec le dragage du chenal principal de 
ce plan d’eau, facilitant ainsi l’accès aux deux quais mentionnés auparavant, soit celui du Cap-Vert 
à Fatima et celui de la marina à Havre-aux-Maisons.

La bathymétrie nous permettra de bien connaître les zones d’ensablement et cibler les zones à 
draguer.

Avant le dragage, une étude préliminaire devrait être faite afin d’évaluer l’impact de ce dragage 
et d’établir les vrais besoins concernant la profondeur à draguer. Mentionnons, que plusieurs 
variables entrent en ligne de compte pour le dragage. D’abord, nous avons une très grande 
diversité d’espèces dans la lagune lesquelles possèdent des périodes critiques pour leur cycle 
de vie et en conséquence leur conservation. De plus, comme les activités d’aquaculture qui se 
développent dans la lagune comprennent des mollusques bivalves filtreurs et comme le dragage 
mettra probablement une grande quantité de sédiment en suspension, il est recommandé de 
déterminer avec les aquaculteurs et les scientifiques la meilleure période pour effectuer cette 
activité. Il ne faut pas non plus stimuler une trop grande circulation dans la lagune car cela 
affecterait la faune et la flore présente de même que les activités qui s’y développent.

Un autre point important à considérer est le site de dépôt du sable de dragage lequel ne doit 
en aucun cas constituer un préjudice pour l’environnement.

L’étude plus approfondie sur la sédimentologie dans la lagune permettra d’identifier les possibles 
raisons de la sédimentation, laquelle peut être occasionnée par des phénomènes naturels ou par 
des activités anthropiques développées dans l’eau ou sur les berges.

Avantages

L’avantage de procéder à la bathymétrie avant d’entreprendre le dragage est de connaître 
précisément les secteurs les plus problématiques pour la sédimentation et ce, en comparant avec 
les études antérieures.

Le dragage du chenal permettra aux pêcheurs et aux plaisanciers de s’équiper plus adéquatement 
sans la contrainte majeure de tirant d’eau. Il est sûr qu’il va falloir composer avec la hauteur du 
pont, les activités que se développent dans la lagune et les organismes qui y vivent. De plus, ce 
dragage permettra une amélioration des échanges entre le golfe et la lagune ce qui contribuera 
possiblement à l’augmentation de la productivité de ce plan d’eau.

Faisabilité

Un point important à considérer ici est l’existence d’un comité de gestion pour la lagune du
Havre-aux-Maisons. Comme ce comité est constitué des utilisateurs de la lagune, il sera plus facile 
d’établir un consensus afin d’établir l’endroit, la profondeur du chenal et la période de dragage.

De plus, une étude est présentement menée pour évaluer les possibilités d’approvisionnement en
sable aux Îles-de-la-Madeleine (voir fiche technique 1.1.4 – Évaluation des possibilités
d’approvisionnement en sable aux Îles-de-la-Madeleine
). Cette étude permettra, entre autres, 
de déterminer la possibilité d’utiliser le sable de dragage pour les besoins en sable dans l’archipel. 
Cela éviterait l’immersion en mer des sédiments ce qui peut s’avérer problématique et plus 
dispendieux.

Il est important de souligner que présentement le Ministère des Transports du Québec a engagé 
une firme de consultant pour faire un étude d’impact sur la construction d’un nouveau pont qui 
remplacera le pont actuel situé à l’entrée de la lagune de Havre-aux-Maisons. Cette étude peut 
être considérée comme une démarche complémentaire et parallèle à la nôtre car elle englobe 
également une modélisation de la circulation des eaux dans lagune.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Travaux Publics Canada, Pêches et Océans Canada, 
Ports pour Petits Bateaux, Environnement Canada, Environnement Québec, Ministère de 
l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Transports Québec MRC des Îles, Comité ZIP 
des Îles-de-la-Madeleine (appui scientifique), Comité de gestion de la lagune du Havre-aux-
Maisons, lequel comprend tous les groupes des utilisateurs sont représentés, ISMER, UQAR.

Coûts

Bathymétrie 35 000.00$

Étude sur la sédimentologie À déterminer

Dragage À déterminer en fonction du volume à extraire

Échéancier

Bathymétrie 2002 –2003

Étude sur la sédimentologie 2003 - 2004

Dragage 2005

Indicateurs

· Quantité de sable dragué.
·
Quantité de sable utilisé.
·
Quantité de sable immergé.

Références

À déterminer

 

 

Fiche technique 4.1

Identification

Thématique :         Santé humaine

Priorités visées :    Réduire à la source le rejet d’eaux usées dans la Petite Baie et au Bassin pour 
                            la réouverture des secteurs coquilliers sans restriction.

Nom du projet

Cueillir des mollusques aux Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une douzaine d’îlots rocheux. Sept de ces 
îlots sont habités, six sont reliés par d’étroites dunes de sable lesquelles ont permis la formation 
de lagunes. Sa superficie terrestre est de 202 Km2. Environ 13 500 personnes vivent sur ce 
territoire.

Les eaux côtières, bien que de plus en plus recherchées pour l’aquiculture et la cueillette de 
mollusques, sont malheureusement contaminées dans beaucoup de cas (sur 44 zones de cueillette 
autour de l’archipel, 21 étaient fermées en avril 2000).

Certains secteurs, à potentiel économique sont aussi fermés. C’est le cas de La Petite Baie, dans 
la lagune de Havre-aux-Maisons, qui se trouve tout près d’un site aquicole et qui est grandement 
fréquentée par les plaisanciers. La Baie du Bassin est aussi un secteur problématique, ouverte 
sous condition, cette baie est très appréciée par les amateurs de la cueillette artisanale de 
mollusques et utilisée comme site de captage de naissain de moules. On n’y rencontre toutefois 
pas encore de problème de contamination des mollusques. Il vaudrait donc mieux prévenir tout
de suite plutôt que de se retrouver avec une situation plus inquiétante et difficile à résoudre. Les
conséquences seraient plus sérieuses, d’autant plus que l’industrie maricole, une industrie en 
développement aux Îles, dépend directement de ces milieux pour vivre.

Présentement, il y a aux Îles cinq stations d’assainissement des eaux usées municipales en 
opération, soit à Cap-aux-Meules, à Havre-aux-Maisons, à Fatima, à Havre-Aubert et à l’Étang-
du-Nord. Ces stations ont recours à la méthode d’épuration par étangs aérés et desservent moins 
de 40 % de la population des Îles. Malgré l’effort des dernières années, le problème des eaux 
usées est loin d’être réglé car des 60 % restant, environ la moitié utilise des puisards ou des 
installations septiques non conformes. Ces eaux usées ruissellent via les ruisseaux aux lagunes et 
à la mer causant une contamination bactériologique (voir fiche technique 4.2 – Inventaire des 
systèmes de traitement des eaux usées des résidences isolées).

Solution envisagée

Vu la complexité de la problématique, il est nécessaire, avant tout, d’identifier précisément les 
sources de pollution et tracer certaines pistes de solutions pour ensuite mettre en œuvre ces 
solutions. Ces actions permettront de mieux assainir les eaux usées qui se déversent dans le milieu 
afin de pourvoir rouvrir tous les secteurs fermés. Ainsi, ce projet sera développé en deux phases.

Première phase – Caractérisation des sources de pollution :

Préciser les sources ponctuelles de pollution autour de l’archipel et proposer des pistes de 
solutions d’assainissement.

Deuxième phase – Mise en œuvre des plans d’action pour réduire les sources de pollution :

À long terme, nous visons la réouverture des zones coquillières aujourd’hui fermées, et ce, dans 
le but de redonner un des usages traditionnels de nos côtes à la population et aux visiteurs – la 
cueillette des mollusques. Ainsi, durant cette deuxième phase, les secteurs qui ont été identifiés 
comme prioritaires au cours de la phase précédente devront faire l’objet des travaux de 
nettoyage et/ou d’assainissement nécessaires pour atteindre cet objectif. Il serait peut-être 
nécessaire une précision de certaines sources de pollution et des scénarios d’assainissement 
établis dans la première phase.

Avantages

Le volet étude permettra une mise à jour des connaissances des sources de pollution des eaux des
Îles-de-la-Madeleine.

La solution aux problématiques identifiées dans cette phase représentera un gain environnemental
important pour la population.

La précision des sources de pollution aidera la municipalité dans son plan d’assainissement des
eaux usées. Ceci peut signifier une réduction du coût aux citoyens qui, connaissant la 
problématique globale, peuvent à ce moment se regrouper par canton. Et finalement, les citoyens 
pourront récupérer certaines activités perdues à certains endroits, comme par exemple la pêche 
aux coques et les zones aquicoles actuellement condamnées.

Faisabilité

L’implication des propriétaires, des intervenants et des ministères est primordiale pour la réalisation
et la mise en œuvre de l’assainissement des eaux autour de l’archipel.

Partenaires visés

Le Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, la SODIM, le MAPAQ, le MENV, Environnement
Canada, l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments (ACIA), la municipalité des Îles-de-la-
Madeleine, le Ministère des Affaires Municipales et de la Métropole (MAAM), le CLD, la SADC, 
le Ministère des Régions, le CRCD, Résidents, etc.

Coûts

Première phase – Caractérisation des sources de pollution :

Main-d’œuvre 20 465.00 $

Matériel et équipement 2 600.00 $

Autres frais 3 750.00 $

Total du projet 26 815.00 $

Deuxième phase – Mise en œuvre des plans d’action pour réduire les sources de pollution :

Le coût de cette phase ne peut pas encore être établi avec certitude. Cependant, nous pouvons 
déjà avoir une idée des coûts pour chacun des secteurs identifiés au cours de la première phase, 
en se basant sur les coûts estimés des différents systèmes d’épuration proposés.

Échéancier

Première phase : 2000 – 2001 (réalisée)

Deuxième phase : 2002 – 2004

Indicateurs

Nombre de sources de pollution qui seront résolues.

Nombre des secteurs réouverts

Références

DUCHESNE, J.-F., J.CHARTRAND ET D. GAUVIN (1997). Synthèse des connaissances sur les risques à la 
santé reliés aux usages du Saint-Laurent dans le secteur d’étude Golfe du Saint-Laurent – Baie des Chaleurs

Centre de santé publique de Québec, Direction de santé publique Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine, Direction de 
santé publique de la Côte-Nord, ministère de la santé des Services sociaux du Québec, Santé Canada.

ENVIRONNEMENT CANADA (1999). Programme de salubrité des eaux coquillières. Recommandation de 
classification
. Direction de la Protection de l’Environnement - Région du Québec, Éditeur officiel.

ENVIRONNEMENT CANADA (2000). La protection du milieu aquatique ; Le programme de salubrité des 
eaux coquillières : pour la protection de la santé
, Québec, Éditeur officiel.

PÊCHES ET OCÉANS ET ENVIRONNEMENT CANADA (1992). Programme canadien de contrôle de la 
salubrité des mollusques, Chapitre 2 : Étude et classification des secteurs coquilliers
, Éditeur officiel.

PESCA Environnement (2000). Classification des secteurs coquilliers de la Baie-des-Chaleurs/Gaspé sud 
selon leur potentiel de réouverture
. Rapport d ‘étude (version finale) remis au Comité de la Zone 
d’intervention prioritaire (ZIP) Baie de Chaleurs. 96 pages + 12 annexes.

 

 

Fiche technique 4.2

Identification

Thématique :             Santé humaine

Priorité visée :          Assurer une meilleure gestion des eaux usées des maisons isolées.
                               Diminuer de 50 % les rejet des eaux usées d’ici huit ans.

Nom du projet

Inventaire des systèmes de traitement des eaux usées des résidences isolées

Localisation

Problématique

Les Îles-de-la-Madeleine sont situées au cœur du Golfe du Saint-Laurent, à 225 km de la 
Gaspésie, 145 km de Terre-Neuve et 80 km de l’Île-du-Prince-Édouard. Essentiellement 
constitué de cordons dunaires, de milieux humides et de plans d’eau intérieurs, l’archipel est un 
ensemble complexe d’écosystèmes fragiles intimement reliés entre eux et avec le milieu humain. 
Dans ce contexte d’isolement relatif par rapport au continent et à ses ressources, il n’est pas 
étonnant que l’économie des Îles et le mode de vie de ses habitants reposent en grande partie 
sur les ressources de l’archipel.

Ainsi, l’approvisionnement en eau potable se fait exclusivement au niveau de la nappe phréatique 
dont la qualité des eaux est en grande partie assurée par la capacité d’épuration des nombreux 
milieux humides de l’archipel. Or, ces derniers, de même que la plupart des plans d’eau intérieurs, 
subissent de fortes pressions du fait de leur utilisation importante par la population locale et par 
des touristes de plus en plus nombreux. Chasse, pêche, cueillette des fruits sauvages, récolte des 
mollusques et activités récréotouristiques constituent autant de pressions pour ces milieux naturels, 
à la fois très fragiles et indispensables à la vie madeleinienne. Il est donc nécessaire de contrôler et 
de réduire autant que possible les sources de pollution qui pourraient altérer les écosystèmes 
naturels, particulièrement les milieux humides et les plans d’eau, et causer ainsi des problèmes 
de santé publique.

Parmi ces sources de pollution potentielles, les eaux usées domestiques ressortent comme une 
priorité de la plupart des consultations publiques. À l’heure actuelle, il existe sur l’archipel cinq 
stations d’assainissement des eaux usées municipales en opération, qui utilisent la méthode des 
étangs aérés et desservent le district de Cap-aux-Meules ainsi qu’une partie des districts de
Havre-aux-Maisons, Fatima, Havre-Aubert et Étang-du-Nord. Cependant, ces stations
desservent moins de 40 % de la population des Îles et, des 60 % restant, environ la moitié
utilise des puisards ou des installations septiques non conformes. En effet, pour être conforme,
une installation septique doit comprendre une fosse septique, bien sûr, mais aussi un élément 
épurateur qui répartit les eaux sur une surface importante du terrain récepteur : les eaux, en 
s’infiltrant à travers le sol, tirent partie de son pouvoir de filtration et de l’action purificatrice 
des micro-organismes qu’il contient. Or beaucoup de système sont dépourvus d’élément 
épurateur, parfois constitués de vieux réservoirs tenant lieu de fosses septiques ou trop peu 
accessible pour être vidangés, et même quand un élément épurateur est présent, il n’est pas 
toujours adapté au type de sol, au relief du terrain ou aux caractéristiques de la résidence 
qu’il dessert (durée d’occupation, nombre d’occupants, etc.). Les eaux usées ruissellent 
alors, via les canaux, les tranchées et les cours d’eau, vers les lagunes et le milieu marin, 
constituant autant de risques potentiels de contamination de la nappe phréatique ou des 
ressources halieutiques traditionnellement consommées.

Il est donc nécessaire, dans un premier temps, de dégager un portrait réaliste de la gestion 
des eaux usées des résidences isolées, afin de pouvoir cibler les habitations non conformes 
et prévenir ainsi efficacement les risques que ces sources de contamination font peser sur la 
santé publique.

Solution envisagée

Première phase :

En premier lieu, il est nécessaire de faire un inventaire des systèmes de traitement de l’archipel. 
Un questionnaire a été élaboré à cet effet et une opération de porte-à-porte a permis de recueillir 
les informations nécessaires.

Deuxième phase :

Un plan de gestion des résidences isolées sera tout d’abord mis en place à partir des informations 
recueillies lors de la première phase. Ce plan prévoit notamment la mise en œuvre d’une vidange 
régulière (tous les deux ans) des fosses septiques de ces résidences. À plus long terme, cette 
deuxième phase vise la mise en conformité progressive des résidences isolées, au rythme 
d’environ 200 habitations par an. Un plan d’action doit donc être réalisé à cet effet.

Avantages

La première phase de cette étude devrait permettre d’obtenir un portrait éclairé de la gestion des 
eaux usées des résidences isolées de l’archipel, et de cibler ainsi les zones d’intervention 
prioritaires. L’analyse des questionnaires et des autres informations obtenues donnera également 
à la municipalité des Îles-de-la-Madeleine une bonne idée des quantités de boues à traiter.

La seconde phase permettra, à la lumière des renseignements obtenus, la mise en œuvre d’une 
gestion raisonnée des eaux usées des résidences isolées. La mise en conformité progressive des 
systèmes d’épuration devrait avoir des répercussions positives sur la qualité des milieux naturels 
environnants et diminuer ainsi les risques de contamination bactériologique.

À plus long terme, la réalisation de ce projet pourrait marquer le passage d’une gestion 
municipale (voire individuelle) des boues d’épuration à une gestion régionale. La municipalité des 
Îles est à mettre en place un centre de traitement des boues pour l’ensemble de l’archipel.

Faisabilité

La première phase de ce projet a déjà été réalisée et les données recueillies sont en cours 
d’analyse. Par ailleurs, la réalisation des étapes ultérieures devrait être facilitée par la somme 
importante de données déjà recueillies (résultats des questionnaires, données numérisées sur les 
types de sol, etc.) et par la prise de conscience du milieu dans ce domaine. Il semble en effet que 
la problématique soit bien comprise par la population, ce qui constitue un atout majeur dans la 
mise en œuvre du plan de gestion.

Partenaires visés

Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Ministère des Affaires Municipaux (MAMM), MENV
et Centre Local d’Emploi.

Coûts

Première phase :

Total du projet 53 470.00 $

Deuxième phase :

Les coûts reliés à la réalisation de cette seconde phase restent à déterminer.

Échéancier

Première phase : 2000-2001 (réalisée)

Deuxième phase : 2001-2005

Indicateurs

Nombre de résidences isolées qui seront mises en conformité.

Nombre de maisons dont la fosse septique sera vidangée régulièrement.

Références

GAGNON, M. 1998. Bilan régional – Îles-de-la-Madeleine. Zone d’intervention prioritaire 21
Environnement Canada – région du Québec, Conservation de l’environnement, Centre Saint-Laurent. 78 pages.

PEREIRA, S. et I. HUBERT. 1999. Le golfe et ses Îles : une association durable! Rapport de la consultation 
publique tenue les 28 et 29 mai 1999. Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine. 41 pages.

 

 

Fiche technique 5.1

Identification

Thématique :             Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorité visée :           Augmenter la sensibilisation et l’éducation auprès de la population.
                                Sensibilisation à la défense de l’habitat madelinot.

Nom du projet

Sensibilisation aux problématiques environnementales des Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

Situé au cœur du golfe du Saint-Laurent, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux, dont six sont reliés entre eux par des cordons littoraux. Ce territoire très 
particulier, où l’influence de la mer se fait partout profondément sentir, abrite des milieux naturels 
uniques à l’échelle du Québec. Ainsi, les milieux dunaires constituent presque 30 % de la surface 
des terres émergées, alors que les plans d’eau intérieurs, essentiellement composés de lagunes et 
de baies en relation plus ou moins étroite avec la mer, occupent une superficie encore deux fois 
plus grande (122 km2). Forêts et milieux humides représentent les autres principaux milieux naturels 
de l’archipel et, s’ils ne sont pas spécifiques aux milieux côtiers, ils sont néanmoins soumis aux 
mêmes fortes influences maritimes que le reste du territoire madelinot.

La plupart de ces milieux naturels sont généralement considérés comme étant d’une grande 
importance écologique. Les lagunes, très productives, offrent des conditions idéales pour la 
croissance de nombreuses espèces. Les milieux humides, riches et diversifiés, constituent un 
système de filtration qui assure la qualité de la nappe phréatique. La dune bordière protège 
les terres intérieures contre les vents et les inondations. L’importance de la forêt est ici 
grandement augmentée par les conditions particulières qui caractérisent les Îles : son rôle de 
protection vis-à-vis des vents et sa rareté au sein de l’archipel y contribuent notamment. Par 
ailleurs, ces fonctions ne sont pas sans répercussion sur l’environnement humain. Ainsi, la 
protection contre les vents et les inondations permet d’éviter des dommages importants au 
réseau routier et aux autres aménagements. De plus, la nappe phréatique constitue la seule 
source d’eau potable aux Îles-de-la-Madeleine, ce qui rend d’autant plus importants les 
milieux naturels contribuant à la protéger de la contamination par l’eau de mer (milieux 
dunaires et humides) ou encore à en entretenir la qualité (rôle de filtration des milieux 
humides).

Or, ces milieux, si utiles aux environnements naturel et humain, subissent de fortes contraintes 
du fait des conditions particulières qui règnent au sein de l’archipel. Les vents continus et 
souvent violents, les embruns salés, les vagues et les tempêtes fréquentes sont autant de
paramètres propres aux milieux insulaires marins qui contribuent à perturber les milieux 
naturels. Ainsi, dans les milieux forestiers, la régénération des arbres est souvent très lente 
du fait de ces facteurs, voire même inexistante dans les endroits les plus exposés aux vents 
dominants. Cette altération de la croissance s’étend d’ailleurs à la plupart des espèces 
végétales, et rend d’autant plus préjudiciables les dommages qui peuvent leur être causés. 
Les effets de la destruction de la végétation sont particulièrement frappants quand on 
s’intéresse au milieu dunaire. En effet, les dunes sont issues d’accumulations locales de sable,
progressivement stabilisées par la végétation : si des dégâts importants sont causés à cette
dernière, les vents violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à leur
mobilité originelle! De plus, les milieux dunaires sont étroitement associés à d’autres milieux 
naturels (lagunes, milieux humides, etc.), dont la qualité dépend de l’intégrité des dunes.

Les milieux naturels particuliers des Îles-de-la-Madeleine, en plus d’assurer d’importantes 
fonctions écologiques, sont donc aussi très fragiles, du fait des fortes pressions que font peser 
sur eux les conditions locales (vents, air salin, etc.), mais aussi à cause des relations étroites 
qui existent entre eux.

À ces pressions naturelles, s’ajoute l’utilisation intense du territoire par la population locale. 
En effet, la densité de population assez importante et l’isolement relatif qui caractérisent 
l’archipel sont à l’origine d’une exploitation intensive des milieux et des ressources naturelles. 
La pêche, la récolte des mollusques, le développement de la mariculture, la cueillette des fruits 
sauvages, la chasse, etc. sont autant d’activités traditionnelles qui sollicitent ces écosystèmes 
fragiles. Or, si ces activités en elles-mêmes ne constituent pas, en général, une menace pour
l’environnement naturel, certaines s’accompagnent d’une circulation de véhicules motorisés, 
souvent hors route, qui constitue l’une des principales problématiques dans ce domaine. La 
sensibilisation à la protection des milieux naturels est donc également essentielle dans une 
optique de développement durable des activités humaines qui s’y pratiquent.

Et ce, d’autant plus que le développement de l’industrie touristique amène, année après année, 
un nombre de visiteurs croissant : ces dernières années, le nombre de touristes saisonniers était 
deux fois supérieur à la population locale. En outre, avec l’avènement du tourisme « vert », 
l’utilisation des milieux naturels à des fins de loisirs est de plus en plus intensive, spécialement 
durant la période estivale. L’environnement naturel de l’archipel constitue donc un attrait majeur 
pour cette nouvelle sorte de visiteurs : les passionnés d’écotourisme. Ainsi, à l’importance 
écologique et sociale de la protection et la restauration de l’environnement naturel, s’ajoute un 
poids économique non négligeable. L’industrie touristique représente en effet le second joueur 
d’importance aux Îles-de-la-Madeleine, en termes de retombées économiques.

Pour toutes ces raisons, la préservation de l’intégrité des écosystèmes de l’archipel, dans un 
cadre de développement durable, s’impose comme une nécessité d’un point de vue biologique, 
social et économique.

Solutions envisagées

Afin d’éviter, dans la mesure du possible, d’ajouter les activités humaines aux contraintes 
drastiques que le climat local fait peser sur l’environnement naturel, il convient de faire en sorte 
que les utilisateurs de ces milieux prennent conscience de leur fragilité. Or, à la base de cette 
problématique, se trouve l’éducation et la sensibilisation à l’importance des milieux naturels. Du 
fait de la multitude de médias aujourd’hui disponibles pour diffuser des informations au sein de la 
population, plusieurs solutions seront mises en place. Et ce, d’autant plus que les utilisateurs et les 
activités pratiquées dans ces milieux naturels sont aussi extrêmement diversifiés. Afin de se donner 
les moyens de rejoindre toutes ces cibles potentielles, plusieurs techniques seront employées 
depuis la réalisation de publications écrites, électroniques et vidéos, jusqu’à la mise en place 
d’activités d’interaction avec le public. La présente fiche ne constitue donc pas un projet unique, 
mais plutôt un ensemble d’actions s’inscrivant dans une logique de sensibilisation.

Dans le domaine de l’information écrite et visuelle, Attention FragÎles est à l’origine de la 
création d’une revue de sensibilisation au patrimoine naturel des Îles, Mer nature
, dont l’édition,
commencée en 2001, sera poursuivie en 2003. De plus, deux séries de fiches d’identification, 
portant respectivement sur la faune et la flore en péril aux Îles-de-la-Madeleine, ont été réalisés. 
Ces publications sont distribuées dans plusieurs points de vente (commerces, ATR, etc.) aux 
Îles. Mentionnons qu’un kiosque de sensibilisation sur les espèces en péril a été installé dans les 
locaux de l’ATR des Îles. De plus, une exposition sur les principaux milieux naturels des
Îles-de-la-Madeleine (dunes, forêt, milieux humides et lagunes) sera confectionné afin de les 
mettre en valeur et de sensibiliser la population et les visiteurs quant à leurs richesses et fragilité.

En ce qui concerne l’information vidéo, la production d’un document télévisé sur les espèces 
en péril sera réalisée. De plus, l’organisme réunira des images recueillies au cours des années 
pour élaborer un document de sensibilisation sur les dégâts causés par la circulation des véhicules 
hors-route (spécialement les VTT) dans les milieux naturels, qui sera diffusé, entre autres, à la 
télévision des Îles.

Étant donné l’engouement que suscite actuellement le média Internet, ce dernier ne peut être 
ignoré dans une optique de sensibilisation. Attention FragÎles veut donc mettre en place une page 
Web sur le site officiel des Îles-de-la-Madeleine, qui décrira les principales problématiques
environnementales de l’archipel et les actions en cours dans ce domaine.

Enfin, d’autres activités favorisant les interactions humaines seront également mises en place, 
le contact avec la population restant un atout majeur dans le domaine de la sensibilisation et de 
l’information. Attention FragÎles développera et offrira notamment de nouvelles activités scolaires 
sur les espèces en péril et leurs habitats et ce, dans le but de mettre en œuvre la partie s
ensibilisation du Plan de conservation des habitats des espèces en péril. De nouvelles activités 
de sensibilisation seront également développées, pour être présentées lors du concours annuel 
de châteaux de sable. Il ne fat pas oublier que cet organisme utilise les médias locaux pour faire 
de la sensibilisation concernant les espèces menacées et en péril.

Avantages

D’un point de vue général, ces activités de sensibilisation permettront de faire valoir, aux yeux de 
la population locale et des visiteurs saisonniers de l’archipel, l’importance des milieux naturels et 
de leur préservation. Une meilleure connaissance des diverses fonctions qu’assurent ces 
, mais aussi des activités qui y sont reliées, devrait en effet favoriser le développement de réflexes 
et de comportements pertinents pour en assurer la protection. La diversité des actions entreprises 
et des moyens de diffusion employés représente un atout dans cette démarche de sensibilisation, 
dans la mesure où elle permet d’atteindre un plus large éventail de la population.

L’utilisation des médias locaux garantira une bonne diffusion de l’information au sein de la 
population madelinienne. La présence d’une revue locale de sensibilisation au patrimoine naturel 
permettra en outre à cette dernière de mettre à jour ses connaissances dans le domaine et de 
suivre l’évolution des dossiers environnementaux, plus efficacement que dans le cas de publications
ponctuelles. De plus, le fait de prendre le problème à la base, en développant des activités 
d’éducation et de sensibilisation dans le milieu scolaire, est un gage de succès supplémentaire. 
En effet, en plus de représenter l’avenir de l’archipel, les enfants ont souvent un accès privilégié 
à l’oreille de leurs parents et des autres membres de la famille, et devraient donc participer à leur
sensibilisation.

Par ailleurs, la création d’une page WEB présentant les principales problématiques 
environnementales et les activités prévues dans le domaine, permet de tirer parti des techniques 
de communication les plus récentes. Un autre avantage provient du fait que cette page fera partie 
du site officiel des Îles-de-la-Madeleine : ce dernier est en effet une référence pour les nombreux 
visiteurs saisonniers, qui seront ainsi informés, avant même leur arrivée sur l’archipel, des 
problématiques environnementales locales et des comportements appropriés.

La sensibilisation de ces visiteurs, occasionnels mais néanmoins très nombreux, est d’ailleurs 
l’objectif spécifique de certaines des solutions proposées, comme l’installation d’un kiosque 
d’information dans les locaux de l’ATR. Cette démarche est indispensable dans la mesure où 
la densité de population constitue un facteur aggravant dans toutes ces problématiques 
environnementales et où le nombre annuel de touristes représente plus de deux fois l’ensemble 
de la population madelinienne. Cette catégorie de public sera également approchée lors de 
certaines activités récréatives, comme le concours de châteaux de sable organisé chaque 
année, ainsi qu’à travers la revue Mer nature.

Faisabilité

Attention FragÎles a pour mandat principal de promouvoir la conservation et la mise en valeur du 
patrimoine naturel des Îles-de-la-Madeleine. À ce titre, l’organisme est actif depuis plus de dix ans 
dans la sensibilisation de la population comme dans la protection et la restauration des milieux 
naturels. Au cours des années, il s’est ainsi progressivement intégré au sein du milieu, développant 
de nombreuses relations avec la population, les intervenants et les médias locaux. Ces relations 
s’avèreront utiles lors de la réalisation des différentes activités de sensibilisation prévues.

Par ailleurs, l’expertise de l’organisme lui-même, en termes de sensibilisation aux problématiques
environnementales, est importante et généralement reconnue dans le milieu. De plus, bon nombre 
de données, de documents et de matériaux sont déjà disponibles, ce qui facilitera la mise en 
œuvre des différentes solutions envisagées plus haut.

En outre, Attention FragÎles met sur pied, depuis plus de dix ans, des programmes éducatifs sur
 la protection des espèces en péril et de leurs habitats, et les nouvelles activités scolaires prévues 
assureront la continuation de cette démarche.

Enfin, plusieurs des solutions proposées sous-entendent des interactions avec le public visé ou 
les partenaires de réalisation (ATR, institutions scolaires, médias locaux, etc.). L’implication du 
milieu est en effet une condition nécessaire à une bonne perception de la part du public.

Partenaires visés

Attention FragÎles, ATR des Îles, CTMA, compagnies aériennes, Commission scolaire, 
Corporation des châteaux de sable, Environnement Canada - Service canadien de la faune, 
MENV, CRCDGIM, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Club Vacances « Les Îles », 
Association des Chasseurs et Pêcheurs Sportifs des Îles, Club VTT, Aquarium des Îles, 
Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, etc.

Coûts

Les principales activités de sensibilisation, prévues et/ou réalisées, qui sont regroupées dans la
présente fiche proviennent en fait de plusieurs projets différents. Il est donc difficile de déterminer
précisément les coûts pour chacune de ces activités séparément.

Un ordre de grandeur est cependant fourni par les dépenses d’une année de fonctionnement 
(2000), correspondant essentiellement à des activités de sensibilisation. Ainsi, nous estimons 
environ 140 000.00$/année pour assurer la continuité des actions entreprises.

Échéancier

Mer nature Aux deux ans

Fiches d’identification 2001 (réalisées)

Kiosque de sensibilisation 2001 (réalisé)

Exposition « Milieux de vie » 2002 - 2003

Document télévisé « espèces en péril » 2002 - 2003

Document vidéo VTT 2002 - 2003

Page WEB 2003 - 2004

Activités scolaires Annuellement

Campagne de sensibilisation médiatique sur les espèces en péril Annuellement.

Indicateurs

Nombre d’exemplaires de la revue Mer nature vendus.

Nombre de fiches d’identification distribuées (total et kiosque ATR).

Nombre de visiteurs sur le site Web (compteur).

Nombre d’activités scolaires réalisées.

Nombre de personnes touchées lors des activités de sensibilisation.

Nombre de personnes ayant répondu au sondage.

Références

Cela dépendra du sujet abordé à chaque activité.

 

 

Fiche technique 5.2

Identification

Thématique :           Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorité visée :         Plan de sensibilisation aux lagunes et plans d’eau intérieurs.
                              Sensibiliser les responsables à effectuer un contrôle rigoureux de 
                              réglementation sur le déballastage.

Nom du projet

Sensibilisation aux problématique environnementales des eaux des Îles-de-la-Madeleine.

Localisation

Problématique

Situé au cœur du golfe du Saint-Laurent, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux, dont six sont reliés entre eux par des cordons littoraux. Ce territoire très
particulier, où l’influence de la mer se fait partout profondément sentir, abrite des milieux naturels 
uniques à l’échelle du Québec. En plus des nombreux milieux côtiers qui caractérisent les paysages
insulaires, les plans d’eau intérieurs, essentiellement composés de lagunes et de baies en relation 
plus ou moins étroite avec la mer, occupent une superficie très importante (122 km2). Parmi les 
milieux qui sont en général associés à ces plans d’eau, on note essentiellement les milieux dunaires, 
qui constituent presque 30 % de la surface des terres émergées, ainsi que de nombreux milieux 
humides.

La plupart de ces milieux naturels sont généralement considérés comme étant d’une grande 
importance écologique. Les lagunes, très productives, offrent des conditions idéales pour la 
croissance de nombreuses espèces. Les milieux humides, riches et diversifiés, constituent un 
système de filtration qui assure la qualité de la nappe phréatique. La dune bordière protège 
les terres intérieures contre les vents et les inondations. Par ailleurs, ces fonctions ne sont pas 
sans répercussion sur l’environnement humain. Ainsi, la protection contre les vents et les 
inondations permet d’éviter des dommages importants au réseau routier et aux autres 
aménagements. De plus, la nappe phréatique constitue la seule source d’eau potable aux
Îles-de-la-Madeleine, ce qui rend d’autant plus importants les milieux naturels contribuant à la 
protéger de la contamination par l’eau de mer (milieux dunaires et humides) ou encore à en 
entretenir la qualité (rôle de filtration des milieux humides).

Or, ces milieux, si utiles aux environnements naturel et humain, subissent de fortes contraintes 
du fait des conditions particulières qui règnent au sein de l’archipel. Les vents continus et 
souvent violents, les embruns salés, les vagues et les tempêtes fréquentes sont autant de 
paramètres propres aux milieux insulaires marins qui contribuent à perturber les milieux 
naturels. Ainsi, la régénération de la végétation est souvent très lente du fait de ces facteurs, 
voire même inexistante dans les endroits les plus exposés aux vents dominants. Cette 
ltération de la croissance rend d’autant plus préjudiciables les dommages qui peuvent leur être 
causés. Les effets de la destruction de la végétation sont particulièrement frappants quand on 
s’intéresse au milieu dunaire. En effet, les dunes sont issues d’accumulations locales de sable,
progressivement stabilisées par la végétation : si des dégâts importants sont causés à cette 
dernière, les vents violents qui caractérisent l’archipel ont tôt fait de rendre les dunes à leur 
mobilité originelle ! Or, ces milieux dunaires sont étroitement associés à d’autres milieux 
naturels (lagunes, milieux humides, etc.), dont la qualité dépend de l’intégrité des dunes qui les 
protègent des phénomènes d’inondation (contamination par l’eau de mer) ou d’ensablement.

Ces milieux naturels, en plus d’assurer d’importantes fonctions écologiques, sont donc aussi 
très fragiles, du fait des fortes pressions que font peser sur eux les conditions locales (vents, 
air salin, etc.), mais aussi à cause des relations étroites qui existent entre eux.

À ces pressions naturelles, s’ajoute l’utilisation intense du territoire par la population locale. En 
effet, la densité de population assez importante et l’isolement relatif qui caractérisent l’archipel 
sont à l’origine d’une exploitation intensive des milieux et des ressources naturelles. La pêche, la 
récolte des mollusques, le développement de la mariculture, la cueillette des fruits sauvages, la 
chasse, etc. sont autant d’activités traditionnelles qui sollicitent ces écosystèmes fragiles. La 
sensibilisation à la protection des milieux naturels et de leurs ressources est donc également 
essentielle dans une optique de développement durable des activités humaines qui s’y pratiquent.

Et ce, d’autant plus que le développement de l’industrie touristique amène, année après année, 
un nombre de visiteurs croissant : ces dernières années, le nombre de touristes saisonniers était 
deux fois supérieur à la population locale. En outre, avec l’avènement du tourisme « vert », 
l’utilisation des milieux naturels à des fins de loisirs est de plus en plus intensive, spécialement 
durant la période estivale. L’environnement naturel de l’archipel constitue donc un attrait majeur 
pour cette nouvelle sorte de visiteurs : les passionnés d’écotourisme. Ainsi, à l’importance 
écologique et sociale de la protection et la restauration de l’environnement naturel, s’ajoute 
un poids économique non négligeable. L’industrie touristique représente en effet le second joueur
d’importance aux Îles-de-la-Madeleine, en termes de retombées économiques.

Encore selon le point de vue économique et considérant notre réalité insulaire, il y a plusieurs 
bateaux qui viennent d’ailleurs pour l’approvisionnement des marchandises ou autres. Ces 
bateaux doivent respecter la réglementation concernant les eaux de ballast. Au début des années 
1980, les compagnies devaient assurer le contrôle du déballastage. Toutefois, depuis 1994, 
c’est le Ministère Pêches et Océans Canada (MPO) qui se charge d’effectuer le contrôle auprès 
des bateaux qui doivent changer leurs eaux de ballast à cinq milles de l’entrée du fleuve, soit à 
dix milles des Îles. À chaque fois qu’un bateau entre dans un port des Îles, le capitaine a le 
devoir d’effectuer un rapport qu’il remet au MPO, bureau régional, ou à la compagnie avec 
qui il fait l’affaire, que par la suite le remettra au MPO, comme c’est le cas des Mines Seleine. 
Quand les capitaines livrent la marchandise toujours à une même compagnie, celle-ci se 
charge de lui sensibiliser sur l’importance de la rigueur du suivi du protocole de déballastage. 
Cependant, lors des arrivés sporadiques, certains capitaines ne sont pas conscients du 
problème ce qui peu occasionner de sérieux risques pour l’environnement marin et à la 
limite à ses utilisateurs. Cette problématique inquiète beaucoup la population qui n’est pas au 
courant de ce que se fait à ce sujet présentement.

Pour toutes ces raisons, dans une optique de développement durable, la préservation de 
l’intégrité des écosystèmes de l’archipel, et plus particulièrement des milieux côtiers, plans 
d’eau intérieurs, milieux humides et milieux dunaires associés, s’impose comme une nécessité 
d’un point de vue biologique, social et économique.

Solutions envisagées

Dans ce contexte, la sensibilisation et l’information sont à la base d’une gestion durable des 
ressources environnementales et des activités humaines qui leurs sont associées. En effet, afin 
d’éviter, dans la mesure du possible, d’ajouter ces activités humaines aux contraintes drastiques 
que le climat local fait peser sur l’environnement naturel, il convient de faire en sorte que les 
utilisateurs de ces milieux prennent conscience de leur fragilité. C’est pourquoi le Comité ZIP des 
Îles a prévu plusieurs démarches de sensibilisation dans le cadre de projets concernant différentes
problématiques environnementales de l’archipel. Selon le cas, la sensibilisation peut constituer 
l’objectif principal du projet, ou représenter une phase de diffusion de l’information au sein d’un
projet plus large.

Tout d’abord, afin de pallier à un manque d’information concernant la problématique de 
contamination des ressources coquillières locales, et aux risques pour la santé humaine qui en 
découlent du fait de leur cueillette artisanale, un projet de sensibilisation devrait être élaboré. En 
effet, la cueillette des mollusques à des fins personnelles a toujours été pratiquée aux Îles, 
notamment dans les nombreuses lagunes et baies qui caractérisent le paysage madelinot. La 
diffusion d’informations pertinentes, concernant à la fois les sources potentielles de 
contamination des mollusques et les risques qui peuvent être associés à leur consommation, 
est donc essentielle sur l’archipel.

De la même manière, une campagne de sensibilisation serait nécessaire pour répondre aux 
inquiétudes de la population vis-à-vis de la problématique du déballastage. En effet, les 
navires approchant du Golfe Saint-Laurent doivent en principe changer leurs eaux de ballast 
au large, afin de minimiser les risques de contamination. Cependant, le peu de contrôle et 
certains exemples récents d’introduction d’espèces non-indigènes, comme la Moule zébrée 
dans le fleuve Saint-Laurent, laissent planer un doute sur l’efficacité du système. Une campagne 
de sensibilisation, auprès des professionnels de la navigation, bien sûr, mais aussi de la 
population en général, permettrait une prise de conscience à ce niveau.

Les accès aux plans d’eau intérieurs représentent une autre problématique nécessitant une 
démarche de sensibilisation. Ces derniers sont en effet sollicités par de nombreuses activités en 
dépit du fait qu’ils abritent ou sont bordés par des milieux particulièrement sensibles. Dans ce 
contexte, une rationalisation intelligente des accès et des utilisations passe nécessairement par 
une gestion intégrée, qui nécessite la participation active de toutes les parties utilisatrices d’une 
zone donnée. Un inventaire complet des utilisation et accès de ces plans d’eau, avec 
consultation des utilisateurs et intervenants concernés, serait donc indispensable à ce niveau et 
fournirait un outil de gestion efficace. Cependant, une telle démarche ne saurait porter fruit sans 
une campagne de sensibilisation auprès de la population, mais aussi des nombreux visiteurs 
saisonniers.

La dernière démarche de sensibilisation jugée prioritaire concerne la problématique des déchets 
en milieu naturel – mer, plages, lagunes. Un nettoyage devrait en effet être effectué, au moins 
dans certains secteurs ou de nombreux déchets se sont accumulés, au cours de l’histoire de
l’archipel, sur les berges, sur les plages et sur le fond de l’eau. Là encore, dans la mesure où 
cette problématique provient en grande partie de comportements inadaptés et d’un manque 
de connaissances quant à leurs conséquences possibles, toute intervention dans ce domaine 
devrait être complétée d’une diffusion des informations pertinentes et des résultats obtenus au 
sein de la population, des visiteurs saisonniers et principalement des utilisateurs des milieux visés.

Avantages

D’une manière générale, les avantages reliés aux démarches de sensibilisation sont d’augmenter 
les connaissances de la population et des visiteurs concernant l’environnement naturel de l’archipel 
et les problématiques qui lui sont associées, et de faire ainsi ressortir l’importance de ces milieux et 
la nécessité de les préserver. Une meilleure connaissance des diverses fonctions qu’assurent ces
écosystèmes, mais aussi des activités qui y sont reliées, devrait en effet favoriser le développement 
de réflexes et de comportements pertinents pour en assurer la protection.

Dans le cas des ressources coquillières, la démarche sera d’informer et de sensibiliser la 
population et les visiteurs sur cette problématique, particulièrement importante étant donné 
l’environnement et le mode de vie madelinot. Bien sûr, l’objectif principal, à savoir de rendre les 
gens plus vigilants lors de la cueillette et la consommation de mollusques, ne vise pas directement 
la préservation d’un milieu ou d’une ressource naturelle. Cependant, le fait d’insister sur les causes
potentielles de contamination de ces mollusques et sur les risques de santé humaines qui sont 
associés à leur consommation devrait susciter une prise de conscience vis-à-vis l’importance de 
préserver les milieux naturels. La gestion des eaux usées de résidences isolées, qui constitue la 
principale source potentielle de contamination pour les ressources coquillières, pourrait 
notamment profiter de cette conscientisation de la population et des décideurs locaux.

En ce qui concerne la problématique du déballastage, il est essentiel de sensibiliser les 
professionnels concernés qui le sont pas encore, aux risques qui seraient encourus si le 
protocole de déballastage n’est pas suivi. L’information devrait également circuler à travers 
la population locale, particulièrement concernée du fait du mode de vie de l’archipel. En effet, 
du fait de la présence de vastes plans d’eau intérieurs en relation avec la mer, de l’exploitation 
traditionnelle des nombreuses ressources halieutiques locales et du développement important 
de la mariculture, les conséquences d’une contamination accidentelle (chimique ou biologique) 
seraient dramatiques pour l’environnement naturel comme pour l’économie locale. Tout doit 
donc être mis en œuvre pour prévenir un tel « accident » et la sensibilisation constitue l’un 
des meilleurs moyens d’y parvenir, même si cette démarche devrait idéalement être combinée 
à l’exercice d’un certain contrôle.

Dans le cadre de la rationalisation des accès aux plans d’eau intérieurs, l’outil de gestion 
obtenu suite à l’inventaire des utilisations et des accès ne saurait être réellement efficace sans 
qu’une mini-campagne de sensibilisation ne vienne compléter la démarche. Celle-ci portera 
sur l’importance de préserver l’intégrité des plans d’eau intérieurs et des milieux associés 
dans une optique de développement durable, en insistant sur l’importance particulière des 
berges de ces plans d’eau et sur les impacts qui peuvent découler de leur perturbation. La 
diffusion de ces informations devrait entraîner une modification des comportements et 
permettre, à plus long terme, de préserver les milieux naturels associés aux plans d’eau tout 
en profitant des activités qui peuvent s’y pratiquer.

Enfin, le projet de nettoyage des milieux naturels s’inscrivant dans une optique de 
conservation, de protection et de développement durable, l’un des objectifs majeurs est la 
diffusion des informations et résultats au sein de la population, des touristes et des utilisateurs 
des milieux visés. En effet, si le nettoyage en lui-même permet, à court terme, de régler 
certaines conséquences de cette problématique, seules des activités de sensibilisation pourront 
favoriser une modification des comportements qui sont à l’origine du problème. Là encore, seule 
une prise de conscience de l’importance et de la fragilité de ces milieux, ainsi que des 
conséquences qu’un geste en apparence banal peut avoir sur ces derniers, serait un gage de 
réussite à long terme.

Faisabilité

De manière générale, la multiplicité des médias aujourd’hui disponibles facilite grandement les 
démarches de sensibilisation et de diffusion de l’information. De plus, une des caractéristiques 
des milieux insulaires est qu’il est relativement aisé de rejoindre la totalité de la population. Dans 
le cas des Îles-de-la-Madeleine, ces activités profitent aussi, en règle générale, d’une implication 
importante des intervenants du milieu. Par ailleurs, toutes ces problématiques touchent, de près 
ou de loin, les plans d’eau intérieurs de l’archipel. Or, dans le cadre d’un autre projet, le Comité 
ZIP des Îles a participé à la création de plusieurs comités de gestion intégrée (un pour chacun 
des cinq principaux plans d’eau). Ces comités, qui regroupent l’essentiel des utilisateurs et des 
intervenants concernés, sont donc bien conscients de ces différents problèmes et pourront 
apporter un soutien important à toutes ces démarches de sensibilisation.

Pour ce qui est de la problématique des ressources coquillières, la sensibilisation étant 
l’objectif même du projet, l’information devra circuler à travers autant de médias différents 
que possible. De plus, étant donné la nature du problème, on devra distinguer la diffusion 
d’informations en général (conférence de presse, articles de journaux, dépliants, info-
publicité, capsules radio, etc.) et la signalisation qui permettra, sur le terrain, de rejoindre 
plus spécifiquement les cueilleurs de mollusques (panneaux informatifs). Par ailleurs, la 
participation des ministères Pêches et Océans Canada (MPO), Environnement Canada 
et Santé Canada est jugée essentielle dans ce dossier. En effet cette problématique 
touche à la fois la santé humaine et les ressources halieutiques, et l’implication de ces 
ministères donnerait probablement plus de poids à la campagne de sensibilisation. Dans 
ce dossier, un suivi de l’impact de la campagne et une mise à jour régulière des 
informations seraient également souhaitables.

En dehors des panneaux informatifs, tous les médias cités ci-dessus seraient également 
pertinents dans le cadre de la problématique du déballastage. D’autre part, la 
participation du MPO, autorité responsable dans ce dossier, est essentielle. Du fait des 
risques encourus en termes de contamination chimique ou biologique, associés à la grande 
fragilité des milieux et ressources qui caractérisent l’archipel, l’implication d’Environnement 
Canada et/ou du ministère de l’Environnement du Québec (MENV) serait également s
ouhaitable.

Dans le cadre du projet concernant les accès aux plans d’eau intérieurs, la mini-
campagne de sensibilisation sera réalisée auprès des utilisateurs, via les médias locaux et les 
comités de gestion intégrée. Par ailleurs, l’outil de gestion que constituera le rapport final sera 
fourni aux décideurs locaux, mais aussi à l’Association Touristique Régionale (ATR) des
Îles-de-la-Madeleine, qui pourra ainsi assurer la sensibilisation des visiteurs à la nécessité 
d’une utilisation rationnelle des accès.

Enfin, le projet de nettoyage des milieux naturels mettra en œuvre plusieurs actions pour 
assurer la diffusion des informations et la sensibilisation de la population à cette problématique. 
Tout d’abord, les médias locaux (journaux, radio, etc.) permettront de tenir la population 
informée de l’évolution du projet au cours des différentes étapes de réalisation. Par ailleurs, 
des expositions seront réalisées à partir de textes de sensibilisation, de photos prises au 
cours des activités de nettoyage et de certains des déchets récoltés. Présentées dans les 
festivals estivaux et dans les établissements scolaires des municipalités concernées, ces 
expositions permettront de rejoindre la population et les visiteurs saisonniers, mais aussi, en 
visant également le milieu scolaire, de prendre le problème à la base. En effet, en plus de 
représenter l’avenir de l’archipel, les enfants ont souvent un accès privilégié à l’oreille de 
leurs parents et des autres membres de la famille, et devraient donc participer à leur 
sensibilisation.

Partenaires visés

Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, MPO, Environnement Canada, MENV, Santé Canada, 
MRC des Îles, municipalités, ATR des Îles, Comités de gestion des plans d’eau intérieurs des Îles, 
Mines Seleine, Commission Scolaire des Îles, Aquarium des Îles, etc.

Coûts

Certaines des activités de sensibilisation, prévues et/ou réalisées, qui sont regroupées dans la 
présente fiche font partie de projets plus larges. Les coûts des volets de sensibilisation sont donc 
parfois encore à déterminer.

Ressources coquillières :

Campagne de sensibilisation

Main-d’œuvre (conception et mise en œuvre) 8 221.75 $

Matériel et équipement 10 102.46 $

Autres frais 1 642.04 $

Total du projet 19 966.25 $

Suivi et mise à jour

Main-d’œuvre 12 560.80 $

Matériel et équipement 1 600.00 $

Autres frais 2 050.00 $

Total du projet 16 210.80 $

Comme les ressources coquillières sont beaucoup exploitées aux Îles-de-la-Madeleine, on peu
être appelé à continuer cette campagne de sensibilisation en ajustant à chaque année.

Déballastage :

Les coûts restent à déterminer.

Accès aux plans d’eau intérieurs :

Les coûts restent à déterminer.

Nettoyage des milieux naturels:

Les coûts restent à déterminer.

Échéancier

Ressources coquillières : 2000-2003 (en cours)

Accès aux plans d’eau intérieurs : 2001-2003 (en cours)

Déballastage : 2003

Nettoyage des milieux naturels : 2001-2005 (en cours)

Indicateurs

Nombre de personnes touchées lors des activités de sensibilisation.

Références

Cela dépendra du sujet abordé à chaque activité.

 

 

Fiche technique 5.3

Identification

Thématique :         Sensibilisation et éducation relatives à l’environnement

Priorité visée :       Mise en place d’un éco-centre.

Nom du projet

Une fenêtre sur l’environnement

Localisation

Problématique

Situé au cœur du golfe du Saint-Laurent, l’archipel des Îles-de-la-Madeleine est constitué d’une 
douzaine d’îlots rocheux, dont six sont reliés entre eux par des cordons littoraux. Ce territoire très 
particulier, où l’influence de la mer se fait partout profondément sentir, abrite des milieux naturels 
uniques à l’échelle du Québec. Ainsi, les milieux dunaires constituent presque 30 % de la surface 
des terres émergées, alors que les plans d’eau intérieurs, essentiellement composés de lagunes et 
de baies en relation plus ou moins étroite avec la mer, occupent une superficie encore deux fois 
plus grande (122 km2). Forêts et milieux humides représentent les autres principaux milieux 
naturels de l’archipel et, s’ils ne sont pas spécifiques aux milieux côtiers, ils sont néanmoins 
soumis aux mêmes fortes influences maritimes que le reste du territoire madelinot.

La plupart de ces milieux naturels sont généralement considérés comme étant d’une grande 
importance écologique. Les lagunes, très productives, abritent des conditions idéales pour la 
croissance de nombreuses espèces. Les milieux humides, riches et diversifiés, constituent un 
système de filtration qui assure la qualité de la nappe phréatique. La dune bordière protège 
les terres intérieures contre les vents et les inondations. L’importance de la forêt est ici 
grandement augmentée par les conditions particulières qui caractérisent les Îles : son rôle de 
protection vis-à-vis des vents et sa rareté au sein de l’archipel y contribuent notamment.

Ces milieux naturels particuliers des Îles-de-la-Madeleine, en plus d’assurer d’importantes 
onctions écologiques, sont donc aussi très fragiles, du fait des fortes pressions que font peser 
sur eux les conditions locales (vents, air salin, etc.), mais aussi à cause des relations étroites 
qui existent entre eux.

À ces pressions naturelles, s’ajoute l’utilisation intense du territoire par la population locale. En 
effet, la densité de population assez importante et l’isolement relatif qui caractérisent l’archipel 
sont à l’origine d’une exploitation intensive des milieux et des ressources naturelles. La 
divulgation de connaissance sur les milieux naturels et leur importance ainsi que la 
sensibilisation à leur protection sont donc essentielles dans une optique de développement 
durable des activités humaines qui s’y pratiquent.

C’est dans cette optique de protection et de mise en valeur de ces milieux riches et diversifiés, 
que nous avons aux Îles, plusieurs zones protégées par un statut, comme la Réserve 
écologique de l’Île Brion, la Réserve nationale de la faune et le Refuge faunique à la Pointe 
de l’Est, le Refuge d’oiseaux migrateurs au Rocher-aux-Oiseaux et deux aires d’interdiction de 
chasse à Havre-aux-Basques et au Portage à Grosse-Île. Comme un statut sans contrôle ne 
constitue pas une protection en soi et que la population est plus encline à protéger un milieu si elle 
comprend son importance, il convient de montrer et d’expliquer à la population madelinienne et à 
ses visiteurs l’importance de ces milieux riches et diversifiés qui constituent l’archipel des
Îles-de-la-Madeleine.

Solutions envisagées

Le comité de développement touristique de l’Est des Îles a mis sur pieds en 2000 un centre 
d’interprétation de l’Est des Îles - « Portes de l’Est » à Grosse-Île. Ce centre d’interprétation a 
connu le succès escompté pendant sa première année d’opération. Maintenant, pour répondre 
partiellement aux priorités émises lors de la mise en œuvre d’un eco-centre, il faudrait élargir le 
mandat des « Portes de l’Est » en établissant un plan de protection et de mise en valeur de
l’environnement naturel de l’Est des Îles. Ce plan devrait inclure des suivis environnementaux, des 
ouvrages de protection et/ou de mise en valeur et le maintien de guides d’information afin de mettre 
en valeur l’environnement unique et fragile de l’Est des Îles.

En outre, un Institut de sciences et techniques environnementales des Îles-de-la-Madeleine 
pourrait combler en partie le tout. Cet Institut visera entre autres le développement des 
connaissances scientifiques et techniques dans le domaine de l’environnement. En partenariat 
avec les organismes locaux, l’Institut favorisera notamment des activités de diffusion et de 
sensibilisation environnementale aux différents écosystèmes de l’archipel et aux problématiques 
qui leur sont associées.

Avantages

Comme l’Est des Îles est un territoire qui possède presque tous les écosystèmes existants aux Îles 
et que l’on y trouve une grande diversité d’espèces, dont plusieurs à statut particulier, il est 
avantageux d’avoir un centre d’interprétation directement à l’entrée de cette région. Cela 
permettra à la population et aux visiteurs des Îles-de-la-Madeleine de découvrir cette partie de 
l’archipel connaissant sa fragilité et l’importance des milieux qui y sont présents. De plus, en 
comprenant cette région des Îles, nous pouvons déjà comprendre une bonne partie des richesses
écologiques du territoire Madelinot.

D’une façon plus globale, l’Institut pourra venir combler une lacune assez importante dans l’archipel 
car même s’il y a plusieurs recherches qui se font aux Îles, souvent nous n’ayons pas accès aux 
rapports de ces études. Or, l’Institut aura le mandat de mettre sur pieds et de gérer un centre de
documentation et collaborer à l’amélioration des bases de données existantes. L’Institut doit 
également se doter d’infrastructures pour l’accueil de chercheurs venant d’ailleurs. Soulignons que
les Îles par la petitesse du territoire et la diversité de ses écosystèmes et de ses ressources servent 
souvent de laboratoire pour mieux comprendre certains processus environnementaux. Finalement,
 l’Institut prévoit soutenir les activités de sensibilisation qui se déroulent aux Îles tout en permettant 
d’en développer d’autres.

Faisabilité

En mai 2000, il y a eu la formation du comité de développement touristique de l’Est des Îles, 
établissant un partenariat entre les deux communautés linguistiques de l’est des Îles.

Ce comité s’est donné comme objectifs de:

- catalyser et de canaliser le développement des produits et services touristiques dans l’Est 
   et de supporter les promoteurs;

- mettre en place une structure d’interprétation et d’accueil à l’entrée du territoire et;

- assurer une prise en charge par le milieu.

Ayant déjà un organisme du genre dans l’Est des Îles, cela augmente les chances de réussite.

Pour ce qui est de l’institut, il est suggéré d’abord de faire une étude de faisabilité avant 
d’entreprendre sa réalisation comme telle. Il faut souligner que le tout doit être fait en 
concertation avec le milieu et les organismes présents dans la région.

Partenaires visés

Comité de développement de l’Est des Îles, Ministère de l’Environnement du Québec 
(MENV)
, Mines Seleine, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Community economic 
development and employability commitee (CEDE), Club Vacances « Les Îles », Ministère des 
Régions, Centre Local d’Emploi (CLE), Développement Économique Canada – Gaspésie 
(DEC), CRCD Gaspésie-Les Îles, Centre Local de Développement (CLD), Société de la 
Faune et des Parcs du Québec (FAPAQ), Service canadien de la faune – Environnement 
Canada (SCF), Patrimoine Canada, Attention FragÎles, Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine 
(appui scientifique).

Coûts

· Portes de l’Est :

Première phase (mise en place):

Préparation des Portes de l’Est 140 217.00$

Construction des Portes de l’Est 103 961.00$

Exposition aux Portes de l’Est 145 186.00$

Aire d’observation 63 000.00$

Programme d’interprétation 35 500.00$

Promotion 9 700.00$

Total du projet 497 564.00$

Deuxième phase : À déterminer

Institut des sciences et techniques environnementales :

Première phase (étude de faisabilité): 200 000.00$

Deuxième phase : À déterminer

Échéancier

Portes de l’Est 2001 – 2003 (en cours)

Institut des sciences et techniques environnementales 2001 – 2005 (en cours)

Indicateurs

Nombre de visiteurs.

Nombre de chercheurs.

Nombre d’activités de sensibilisation.

Nombre de documents acquis.

Références

Cela dépendra du sujet abordé à chaque activité.